AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2377351123
Éditeur : Archipoche (03/01/2018)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 8 notes)
Résumé :

1792 La France est aux mains des révolutionnaires qui chassent et exécutent les aristocrates.

Mais un Anglais se donne pour mission de leur épargner la mort : le baron Percy Blakeney, maître du déguisement et de l'épée, qui agit sous le nom du Mouron rouge.

Même son épouse, Marguerite, actrice française exilée en Angleterre, n'est pas au courant des agissements de son mari.Jusqu'au jour où son frère est enlevé, et menacé d'êtr... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Lunartic
  26 mai 2019
Tout d'abord, un grand merci aux éditions L'Archipel pour ce bel envoi qui m'intriguait beaucoup. En effet, la saga à succès du début des années 1900 le Mouron rouge m'était tout à fait inconnue avant cette sublime réédition en poche, à la couverture dont le ciel est saturé de rouge, ce qui me fait grandement penser au danger que court notre intrépide héros so british tout au long de cette première aventure sur papier, alors que le Scarlet Pimpernel (surnom original du héros) né sous la plume de la fascinante Baronne Orczy n'a pas été que le fleuron de la mode de la cour anglaise de la fin dix-huitième siècle.
Ce héros sans peur et sans reproche s'est vu, suite à ses florissantes et palpitantes intrigues en romans, star de cinéma, de comédie musicale et même de feuilletons télévisés ! Ce n'est pas rien tout de même ! Sir Percy Blakeney a eu sacrément la côte au vingtième siècle et je remercie grandement les éditions L'Archipel de redonner un second souffle à sa réputation à notre époque en publiant dans leur catalogue ce grand classique du roman de cape et d'épée, cette fois au temps de la sanglante Révolution française.
C'est amusant tiens, ce combat rouge contre rouge. le rouge de la fleur dite du mouron, une fleur écarlate à la jolie et plaisante forme d'étoile, contre le rouge de la fleur de la cocarde tricolore, le rouge de la hampe à laquelle pend le drapeau de la République française, flottant au vent comme pour mettre un pied de nez à ces Anglais et ces Autrichiens royalistes, impérialistes, ennemis numéro 1 avec les Aristocrates à la lanterne qui abreuvent nos sillons, le rouge enfin de la Terreur et de la mère guillotine.
Guillotine que, par ailleurs, la Baronne Emmuska, appelée Emma sur le sol français, personnifie très bien. Aux yeux de personnages odieux comme Chauvelin (qui a été incarné par Ian McKellen, j'adorerais voir ça tiens !), représentant hautain et sans pitié (la Baronne le souligne à de nombreuses reprises, c'est son trait de caractère principal), la bien-aimée guillotine mérite bien de se nourrir du sang des traîtres.
Le sang de la violence, de la brutalité qui fait froid dans le dos, des Révolutionnaires embrigadés d'un côté, et le rouge de la lutte sans répit pour l'Humanité et la liberté, pour la décence de l'Homme et sa solidarité de l'autre, donne au roman son atmosphère et sa couleur si singulière.
Bien que née un siècle presque après ces événements drastiques du passage d'un monde ancien de royauté et de privilèges à celui d'un monde soit-disant nouveau des Droits de l'Homme, qui s'érige dans l'injustice et le bain de sang, la Baronne Orczy a elle aussi connu, dès son plus jeune âge, la haine que le petit peuple porte à ces "damnés aristos" et ce que cette haine viscérale peut les pousser à faire. Traumatisée par ce passé qui ne passe pas dans sa mémoire, si l'on met en lumière le récit des aventures de Percy Blakeney en sachant ce que l'autrice a vécu, cette façon de peindre d'un côté les braves Anglais et de l'autre les vils Français ne nous surprend guère. Emmuska, appelons-là par son si joli et exotique prénom, s'est effectivement aussi nourrie du matériau de son histoire pour teinter son récit de rouge éclatant, ce qui ne le rend que plus intense et crédible à nos yeux.
Cependant, si l'on pourrait penser le récit empreint d'un certain manichéisme, cela n'est assurément pas le cas pour moi. La réalité s'offre à nous : le Comité de Salut Public, des personnalités telles que Robespierre, Marat ou Danton, ne se souciaient guère des hommes, femmes et enfants ; de l'être humain dans son essence même. A partir du moment où la personne était accusée d'être née avec une cuillère en argent dans la bouche, les têtes roulaient et on s'en donnait à coeur joie.
Il n'y a pas de billevesées dans ce que la Baronne Orczy nous raconte. Certes, elle a romancé avec sa plume féministe, séduisante, mordante et appelant d'un cri qui s'échappe des pages au respect de ces "Droits de l'Homme" ce pan sombre de l'Histoire en inventant les ruses et astuces extraordinaires de Percy Blakeney pour échapper à la Dame guillotine et à ses adorateurs.
De quoi faire briller nos yeux, de la façon semblable dont ces derniers sont captivés et scintillants lorsqu'on lit Les trois Mousquetaires de Dumas et les péripéties de ces derniers au temps de Richelieu et de Louis XIII. Ce que je puis vous assurer, c'est que l'autrice ne triche pas, qu'elle nous livre une histoire pleine de rebondissements, de frayeurs, de vertus héroïques et sacrées, enracinées dans l'Homme profondément bon ou qui devrait aspirer à l'être, mais cependant elle n'enjolive pas l'atroce réalité de ce temps-là, elle ne la dénature pas.
Au contraire, dès les premières pages, cette dernière nous est balancée brute de pomme avec un bourreau qui tranche une tête sur une place publique qui semble impossible à franchir pour les aristocrates, dont c'est pourtant l'échappatoire afin de pouvoir sortir des portes de Paris, Paris l'ensanglantée, Paris la terrorisée. Mais tromper habilement l'ennemi, c'est le grand art de Percy Blakeney, mesdames et messieurs.
Ce grand homme dégingandé m'a impressionnée car non seulement, il est un maître du déguisement et a réussi à me berner comme un bleu à chaque nouveau personnage pour lequel il se faisait passer, mais surtout il a à coeur de protéger ceux qui ne peuvent pas se défendre et qui ont besoin de lui, de sa malice et de son cran, ici les aristocrates français piégés dans les méandres de la Terreur, qui n'épargne personne et établit des procès sommaires et qui n'en sont guère.
Sous ses apparences de benêt nonchalant se cache un coeur de lion en or massif, une âme de meneur de gentlemen aux nobles intentions et à la jeunesse insouciante, doublé d'une grande sensibilité. Bref, Percy Blakeney a de quoi charmer tous les médias et plaire au plus grand nombre, difficile de lui résister.
Et à son bras, la "femme la plus fine d'Europe", j'ai nommé Marguerite Saint-Just. Expatriée anglaise, Marguerite est dans ce récit l'avatar de la citoyenne fidèle à sa patrie et à ses élans de liberté et d'égalité entre les peuples et qui cependant réprouve en son âme et conscience la barbarie de ses compatriotes. La splendide et éblouissante Margot incarne la révolutionnaire modérée, celle qui veut faire avancer les différents membres de la société main dans la main sans que celles-ci soient couvertes du sang d'innocents.
Marguerite est un personnage exquis et de femme extrêmement intéressant. de prime abord, elle m'a fait très mauvaise impression car, à l'image des nobles français assez effacés de ce récit, son orgueil borné la rend désagréable et presque agaçante. Or, Marguerite va connaître une belle évolution au fur et à mesure qu'elle va réaliser que son esprit raffiné n'est pas si perspicace qu'elle ne le croyait.
De la femme qui cherchait à combler son coeur de l'amour sans bornes d'un homme lui étant dévoué des pieds à la tête, la jeune femme-enfant, en réalité encore bien fragile et incertaine dans ses sentiments et dans ses idées, va s'épanouir avec cet amour grandissant en elle, cet amour pour son respectueux mari et pour son combat, de la femme qui attend d'être servie, Marguerite deviendra celle qui se salira les mains et la tenue et qui prendra tous les risques, sans délai, pour protéger ceux qu'elle aime.
Qui plus est, son attachement vital et débordant d'amour à son frère, Armand Saint-Just (à ne pas confondre avec Louis Antoine de Saint-Just, dit « L'Archange de la Terreur », qui a véritablement existé, lui), ainsi qu'à la mignonne petite Française Suzanne, sa soeur de coeur de couvent, ne la rend que plus touchante et plus belle. Cette façon dont la Baronne a de peindre l'âme et les tourments du coeur d'une femme, sa fragilité et sa grande force à la fois, donne à ce premier tome une valeur d'autant plus précieuse.
Pour conclure, le premier tome phare de la rivalité du héros vénéré par les Anglais du Mouron rouge se sera révélé plein de surprise et de richesse pour moi. J'ai grandement apprécié cette lecture, qui m'a fait faire des aller-retours constants entre une France qui se construit sur la rancoeur et l'effroi et une Angleterre élégante et vertueuse, digne de tous les éloges.
On sent que la Baronne Orczy a grandement apprécié son exil à Londres, où est d'ailleurs né son charmant héros, si je ne m'y trompe pas. Tout comme la Baronne à la genèse de sa grande oeuvre d'aventure, de sentiments profonds et complexes et de lutte entre le gentil et le vilain, j'ai vu de mes propres yeux le grand gaillard Percy, vêtu de la plus fine dentelle et du complet le plus chic d'Angleterre, au coin du trottoir, face à l'aigri et rêche Chauvelin et à ses yeux perçants, inquisiteurs et intimidants de renard (c'est méchant pour les renards, sniff), ils étaient palpables, ils étaient réels.
J'espère de tout coeur que les éditions L'Archipel publieront la suite des histoires de Sir Blakeney chez eux, car il me tarde de retrouver cette ligue de personnages et de savoir ce qu'ils sont devenus ! Je croise les doigts pour que cela se fasse et je remercie encore mille fois L'Archipel pour ce savoureux envoi, j'ai été conquise, c'est le mot !
Lien : https://lunartic.skyrock.com..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
rulhe
  06 juillet 2017
le mouron rouge ou les aventures historico romanesque sous la révolution française de 1799.
le mouron rouge est un lord anglais qui sous de multiples déguisements,
fait passer en Angleterre.
les nobles français dont le seul crime est leurs noms.
mais très peu de personnes savaient que le mystérieux justicier n'est autre que sir Percy blakeney qui passe ses journées à lire, ou a organisé des réceptions.
et qui la nuit venus avec ses amis devient le mouron rouge l,homme a l,
audace et au courage presque fabuleux qui enlève a la guillotine ses
victimes. et qui s, échappe par des moyens presque surnaturel. et qui ridiculise
l, infâme Chauvelin commissaire de la république.
ou rigoler au exploit du mouron rouge, et on tremble pour les condamnés à mort.
pour tout ceux qui veulent en savoir plus sur la révolution, et qui aime les histoires mouvementé.
Commenter  J’apprécie          100
raton-liseur
  13 janvier 2019
Au printemps dernier, il y avait du mouron rouge dans mon jardin et je m'extasiais devant ces petites tâches de couleur toutes discrètes et simples. Par une étrange association d'idées, cela m'a refait penser à un livre découvert sur les étagères virtuelles d'internet, je ne sais plus tout à fait où et que j'avais mis sur ma liseuse, car il est libre de droit et je l'avais trouvé sur le très précieux site de la Bibliothèque électronique du Québec. J'aime aller y chiner quelques livres que je n'aurais probablement pas acheté sinon mais qui me tentent bien tout de même. Drôle d'entrée en matière, mais ce fut la mienne, pour ce roman de cape et d'épée.
Un roman de cape et d'épée anglais qui se passe pendant la Révolution française, cela renouvelle le genre et promet d'être intéressant. On y trouve bien sûr une vision de notre histoire bien différente de notre historiographie habituelle, et qui m'a d'ailleurs fait penser au livre de Dickens, A Tale of Two Cities, que j'avais lu quelques mois plus tôt et qui parlent sur le même ton horrifié de la même période historique.
Revenons à notre mouron, donc. Un personnage insaisissable, un peu à Zorro, mais qui, parce que l'on est en Angleterre quand même, sauve les nobles de l'effroyable folie sanguinaire du petit peuple révolutionnaire, plutôt qu'il ne vient en aide aux pauvres, opprimés et affamés.
Le livre est plutôt cousu de fil blanc. Les ficelles qu'emploie la Baronne (oui, l'auteur est Baronne, cela explique peut-être en grande partie cela), sont assez visibles, les effets de surprise prévisibles, mais cela n'enlève rien au plaisir de cette lecture, qui réside plus dans la découverte de la façon dont la belle ingénue va enfin se rendre compte de l'évidence et tomber amoureuse, enfin du courageux mouron rouge, qu'il va enfin tomber, pâmée, dans les bras du sublime héros qu'elle aura découvert maintenant que ses yeux sont décillés.
Je n'ai pas encore lu la suite parce que ma liseuse fait des siennes et que je n'ai pas pris le temps de voir si j'arrivais à la réparer. Mais je sais que je continuerai cette saga qui remet notre petite fierté républicaine à sa place (difficile de ne pas se sentir un peu coupable de prendre du plaisir quand la Révolution, ce monument de notre mémoire collective…). C'est amusant, on passe un bon moment avec ce personnage qui contourne tous les obstacles les plus machiavéliques de ces Français dévoyés qui ont commis le suprême pêché de guillotiner leur bon roi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Sami33
  21 février 2018
Nous sommes à Paris, en 1792 où la révolution fait rage. En Angleterre, un mystérieux aventurier, le "Mouron Rouge" s'est promis de faire échapper ces aristocrates qui sont promis à la guillotine ! Ses exploits intriguent bon nombre de personne, le monde entier est en admiration ou pas des exploits de cet homme. Si les personnes sont admiratives, il n'en est rien pour les hommes de loi mais surtout pour Fouquier-Tinville...

La question qui brûle toutes les lèvres : qui est le "Mouron rouge" ? Qui se cache derrière ce costume qui fait tourner en bourrique tout le monde ? C'est la mission de Chauvelin qui va découvrir qui est ce "Mouron rouge". Pour se faire, il va faire appel à la charmante Lady Marguerite Blakeney en lui faisant un abominable chantage pour qu'elle accepte de l'aider : la vie de son frère en échange de son aide... Marguerite n'aura d'autre choix que d'accéder à cette requête...

Lorsque l'on fait connaissance de Marguerite, elle n'inspire pas confiance, on l'exècre mais lorsque l'on sait pourquoi elle agit ainsi, on ne peut que s'inquiéter pour elle et vouloir l'aider. C'est un personnage fort courageux qui force l'admiration parce qu'elle n'est pas dans une position des plus faciles.

Percy est l'époux de cette chère Marguerite qui joue parfaitement la comédie ! Tout le monde le prend pour le plus gros idiot qui existe mais queneni, il ne faut pas se fier aux apparences ! Il manipule son monde comme personne, il est bluffant, il faudrait lui décerner un oscar du meilleur acteur ! Il est un véritable James Bond, il se fond dans la masse, il sait manipuler les gens avec brio, et il a tel pouvoir sur les gens, comme un véritable magicien, on se laisse subjuguer par son talent.

La plume de l'auteur est simple, fluide et addictive. J'ai beaucoup aimé sa façon de nous décrire les personnages, les émotions qui émanaient d'eux.

Tout ça pour vous dire que si vous ne connaissez pas l'histoire du "Mouron rouge" et que vous êtes fan des histoires de capes et d'épées telle que Les trois mousquetaires, ce livre devrait vous plaire !


Lien : http://leslecturesdeladiablo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
lessortilegesdesmots
  09 février 2018
Lorsque j'ai lu le résumé de ce livre, j'ai été vraiment intriguée. C'est à contre-courant des romans sur cette période historique. le roman est vraiment addictif et remplie d'informations données l'air de rien. le lecteur pénètre au sein de l'aristocratie et voit tout ces faux semblants et ce besoin impérieux de faire attention tout le temps aux apparences. La maison d'édition a fait le choix de conserver un minimum le style de l'époque sans que ce ne soit trop lourd. Cela nous pousse vraiment à l'époque des faits.

Lorsque l'on rencontre Margueritte, on la déteste. Cependant, en quelques lignes, on change d'avis. On a mal pour elle. Ce personnage va nous mener de surprises en surprises. J'ai apprécié le fait que ses réactions soient réalistes. Certains jugeront que non mais je leur répondrai : que feriez-vous en pareil circonstance? Ne me souvenant pas du résumé, je me suis amusée à chercher qui était le mouron rouge (même si on nous le dit dans la préface. J'avais d'ailleurs un peu râlé). Au final, je comprends pourquoi on nous le dit dans le résumé. On le comprend pas tout de suite mais les indices sont vraiment gros. Je l'ai compris avant sa femme. Certes, elle avait de bonnes raisons de refuser à le comprendre mais bon.

Percy manipule bien son monde. On le prend vraiment, comme sa femme, pour un crétin fini alors qu'il est très certainement bien meilleur comédien que sa femme ne le sera jamais. Il excelle dans l'art d'espionner, de se déguiser et de manipuler les gens. Il aurait pu être magicien. Certains tiquent de langage m'ont un peu agacé au point que je les zappais mais il m'a vraiment amusé surtout une fois qu'on le vois vraiment en tant que mouron rouge. Les trois quarts de l'histoire étant écrite du point de vue de Margueritte, on ressent vraiment la même chose qu'elle. On se pose cent questions. Bref, on nous torture émotionnellement et ça en vaut la peine.

En bref, j'ai adoré cette lecture. Si vous aimez les romans d'aventures, historique et un soupçon de romance, c'est un parfait mélange.
Lien : https://lessortilegesdesmots..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
meknes56meknes56   12 août 2019
Tout à coup, de même que dans le cas de Grospierre, un capitaine de la garde apparut. Mais Bibot le connaissait et il n’était pas à craindre qu’on eût affaire à quelque Anglais déguisé.
— Une voiture ! cria-t-il hors d’haleine, même avant d’être arrivé à la barrière.
— Quelle voiture ? demanda Bibot brusquement.
— Conduite par une vieille sorcière, une voiture couverte ?
— Il y en avait une douzaine.
— Une vieille furie qui disait que son petit-fils avait la peste ?
— Oui.
— Vous ne les avez pas laissés passer ?
— Morbleu ! dit Bibot dont les joues pourpres étaient soudainement devenues exsangues de peur.
— La voiture contenait la ci-devant comtesse de Tournay et ses deux enfants, tous traîtres et condamnés à mort.
— Et leur conducteur ? gronda Bibot, en frissonnant.
— Sacré tonnerre ! mais on craint que ce ne soit ce maudit Anglais lui-même, le Mouron Rouge !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
meknes56meknes56   12 août 2019
Aujourd’hui tous les sergents qui commandaient aux différentes portes avaient reçu des ordres spéciaux. Récemment, un grand nombre de ci-devant avaient réussi à se sauver de France et à gagner l’Angleterre. Il courait des bruits curieux à propos de ces disparitions : elles étaient devenues très fréquentes et extraordinairement audacieuses ; l’opinion publique en était étrangement surexcitée. Le sergent Grospierre avait été condamné à mort pour avoir, à la porte Nord, laissé filer sous ses yeux toute une famille de ci-devant.
On assurait que ces évasions étaient organisées par une bande d’Anglais, dont la témérité était sans égale et qui, par pure manie de se mêler de ce qui ne les regardait pas, occupaient leurs loisirs à enlever à madame Guillotine ses victimes légales.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
SZRAMOWOSZRAMOWO   04 avril 2016
Mais cela allait de soi : le peuple ne gouvernait-il pas la France ? Tout aristocrate était un traître, tous ses ancêtres l’avaient été avant lui : pendant deux cents ans, le peuple avait sué, avait peiné, était mort de faim, pour entretenir une cour débauchée dans une extravagante prodigalité ; et maintenant les descendants de ceux qui avaient aidé à rendre cette cour si brillante avaient à se cacher pour échapper à la mort, à s’enfuir s’ils voulaient éviter la vengeance tardive du peuple.
Oui, ils cherchaient à se cacher, ils cherchaient à s’enfuir ; de là le plaisir ! Chaque après-midi avant la fermeture des portes, lorsque les voitures des maraîchers s’en allaient en processions par les diverses barrières, il y avait quelques fous d’aristos qui tentaient de s’échapper des griffes du Tribunal révolutionnaire. Sous différents déguisements, sous divers prétextes, ils essayaient de se glisser à travers les portes si bien gardées par les soldats-citoyens de la République. Hommes en femmes, femmes en hommes, enfants en haillons : il y en avait de toutes sortes : ci-devant comtes, marquis et même ducs, qui voulaient s’enfuir de France, atteindre l’Angleterre ou quelque autre pays maudit, et là, chercher à exciter l’étranger contre la glorieuse Révolution, ou à lever une armée pour délivrer les malheureux prisonniers du Temple, qui naguère s’appelaient la famille royale de France.
Mais ils étaient presque toujours pincés aux barrières. Le sergent Bibot surtout, à la barrière de Neuilly, avait un flair extraordinaire pour reconnaître un aristo sous le plus parfait déguisement. C’est alors que le jeu commençait. Bibot regardait sa proie comme un chat regarde une souris, il jouait avec elle pendant un bon quart d’heure quelquefois, faisait semblant d’être trompé par l’apparence, par la perruque et les autres arrangements d’acteurs qui cachaient l’identité d’un noble comte ou d’une marquise.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
raton-liseurraton-liseur   20 janvier 2019
– Mais dites-moi, pour quelle raison votre chef et vous tous, messieurs, dépensez-vous vos biens et risquez-vous votre vie, car enfin c’est votre existence que vous risquez chaque fois que vous posez le pied en France, et tout cela pour nous autres Français, hommes et femmes qui ne vous sommes rien ?
– Pour le sport, madame la comtesse, affirma Lord Antony de sa voix agréable et chaude ; nous sommes un peuple de veneurs, vous savez, et actuellement il est à la mode d’arracher le lièvre de la gueule même des chiens.
(p. 34-35, Chapitre 4, “La ligue : le Mouron rouge”).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
LunarticLunartic   26 mai 2019
Le cœur d'une femme est un problème si compliqué à résoudre ; il n'est pas jusqu'à son possesseur qui ne soit souvent incapable de trouver la solution de cette énigme.
Commenter  J’apprécie          00
Video de Baronne Emmuska Orczy (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Baronne Emmuska Orczy
Vidéo de Emmuska Orczy
autres livres classés : révolution françaiseVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1704 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre