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ISBN : 2211220185
Éditeur : L'Ecole des loisirs (04/02/2015)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Un pauvre marionnettiste italien qui, avec l'aide d'une sorcière, donne vie à un pantin de bois… Cela vous rappelle quelque chose, ou quelqu'un ? Oui, bien sûr ! Voyons, ne mentez pas, votre nez risquerait de s'allonger. Imaginons maintenant que Gepetto ait créé non pas une petite marionnette enfantine, mais un grand fantoche de bois, doué de la parole et des facultés de penser, ressentir et agir. Un fantoche grâce auquel, espère Gepetto, il pourra proposer un numér... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Nadael
  10 avril 2015
Fantoccio est un pantin de bois et de fils, et comme toutes les marionnettes il est assujetti à son maître qui l'anime régulièrement sur scène dans une sorte de danse endiablée. Sauf que Fantaccio n'est pas un pantin comme les autres ; son regard n'est pas perdu, les fibres de son bois vibrent et gonflent, ses gestes sont contrôlés et sa tête n'est pas vide, il voit, entend, parle et raisonne.
Giuseppe, un vieux marionnettiste installé à Sienne a façonné de ses mains ce petit homme en bois comme il en a l'habitude mais celui-ci était différent, plus grand, ressemblant davantage à un garçon. Car Geppetto, comme on le nomme parfois, avait une idée très précise en tête. Une idée incroyable, farfelue : celle de rendre son pantin vivant. Et, grâce à la Strega, une sorcière usée par les ans, son rêve devint réalité. Par magie, elle insuffla la vie à l'intérieur de ce morceau de bois.
Une exaltation emplie le corps boisé de Fantoccio quand il découvre son existence propre ; il n'est plus accroché avec les autres fantoches sur la poutre, le corps désarticulé, la tête baissée, les yeux dans le vide, il n'est plus un objet, ses fils lui sont désormais inutiles, il se déplace comme bon lui semble. Enfin tout n'est pas si merveilleux, car Giuseppe a des projets mercantiles: Fantoccio devra poursuivre son travail de marionnette. Il devra mentir. le public sera ébahi devant ce pantin se mouvant comme un être humain...
Fantoccio joue le jeu un temps, aimant tellement être sur les planches en compagnie de la belle Livia. Sa beauté l'a ensorcelé. Valser avec elle le comble de joie et fait jaillir en lui une émotion saisissante. Il joue au pantin, se laisse manipuler par son maître, fait exactement ce qu'il lui dit. Mais à la longue, le gentil petit garçon en a assez de ce mensonge, de cette pseudo existence. Il voudrait être bien plus qu'un pantin, prendre des décisions, découvrir le vaste monde, déambuler parmi les gens. Sa condition de pantin l'oblige à retourner dans un coffre une fois le spectacle terminé. Il vit et est pourtant prisonnier.
Il a soif de liberté, de connaissance. Alors, il apprend à lire. Il se passionne pour le théâtre. Il se consume d'amour pour la belle Livia... Il n'en peut plus de vivre ainsi, enfermé. Sa rencontre avec deux jeunes malfrats va être déterminante. Fantoccio va enfin lever le voile sur la ville, ses tentations, ses bas-fonds, parcourir ses chemins tortueux, lugubres et mystérieux la nuit, assister aux courses effrénées de chevaux de l'illustre Palio...
Cette liberté savourée, son élan retombera comme un soufflet lorsqu' il comprendra que son corps de bois n'est pas aussi malléable qu'il le croyait... Il en percevra les limites, à son grand désespoir. Si son esprit est vivant, son corps n'est pas fait de chair. Si ses sentiments sont profonds, certains sens ne fonctionnent pas. S'il vit, il demeure pourtant un pantin, sans consistance. Un homme, voilà ce qu'il voudrait devenir.
En s'inspirant ouvertement des Aventures de Pinocchio créées par Carlo Collodi, Gilles Barraqué écrit un roman très personnel sur ce personnage, lui donnant de l'épaisseur et de la réflexion sur sa condition. Il fait de cette histoire un parcours initiatique, évoquant évidemment le passage de l'adolescence à l'âge adulte avec ses interrogations, ses doutes, l'éveil des sens aussi, s'attachant à la liberté individuelle et des choix qu'elle engendre. Un roman sur la vie qui palpite, mené tambour battant sur la terre brûlée et brûlante de Sienne, où s'exaltent les sentiments et les passions dans un lyrisme flamboyant jusqu'au paroxysme : les battements d'un coeur.

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c.brijs
  16 février 2015
En pleine nuit, aux abords de Sienne, la sorcière Strega donne vie au grand pantin de bois taillé par Guiseppe Taddei, dit Gepetto. Celui-ci espère bien que Fantoccio, son ultime marionnette, lui rapportera gloire et fortune. Cela semble bien parti : l'élève obéit au maître et apprend avec une facilité déconcertante les mouvements de leur prochain numéro, gardant juste ce qu'il faut de raideur pour mystifier le public, faisant à merveille le mort quand pointe le moindre danger... Il ne faudrait surtout pas que quiconque devine leur secret. Pourtant, la vie pulse au coeur de ce bout de bois de hêtre. L'envie d'être le pousse à une première imprudence... Finira-t-il par se brûler les ailes ?
"Tout est neuf pour moi, j'ai tout à débrouiller. J'ai quand même appris ce que le maître attend de moi. Danser, mentir, pour l'aider à gagner son pain. Une question pourtant : comment vais-je avoir la vie belle, moi qui ne mange pas de pain ?"
Avec ce Fantoccio, l'auteur, Gilles Barraqué, découvert avec bonheur avec cet autre titre à l'école des loisirs, Au ventre du monde, confirme son talent de raconteur d'histoires.
Ici, il réinvente un récit bien connu des petits et des grands, celui du Pinocchio de Carlo Collodi. Sa version est cependant bien plus intimiste et bien plus mature. Dans sa dédicace, l'auteur parle de "démarcation".
Le mot est bien choisi. Si Pinocchio rêvait de devenir un vrai petit garçon ; Fantoccio, lui, rêve de devenir un homme. Dès le départ, il est tourmenté par sa condition, mi-homme mi-pantin. Il rêve de s'en émanciper, d'exister à part entière, de pouvoir vivre et, surtout, de pouvoir aimer ! Car notre fantoche, de toutes les fibres de son bois, se sent attiré par la belle Livia avec qui il danse tous les soirs au théâtre. Une attirance loin d'être platonique ! En s'éveillant à la vie, Fantoccio découvre que, dans son fort intérieur, il est un être sexué animé des mêmes désirs que tout être de chair et de sang.
Les tourments de Fantoccio, le lecteur les vit de l'intérieur puisque l'auteur a choisi d'en faire le narrateur. Dès le départ, on découvre une âme avide d'apprendre : la lecture, la scène, le théâtre... mais aussi la vie qui grouille dans sa ville et les secrets qu'elle recèle.
"Je sais que le rôle ne sera pas facile. Il me faudra faire le mort avec la plus grande vigilance tout le temps que je ne serai pas sur scène. Ne pas se trahir. Ça ne m'empêchera pas d'écouter, d'observer, d'apprendre, de ressentir."
Cette pulsion de vie le mènera sur des chemins de traverse où le risque de se perdre est grand.
Avec ce récit, l'auteur offre donc aux adolescents qui le liront une métaphore avec leur propre condition. En effet, la quête initiatique de son héros est celle qui anime tout adolescent, dans son passage de l'enfance à l'âge adulte : le besoin d'être reconnu comme individu à part entière et non plus comme l'enfant de ses parents, le besoin d'aimer et d'être aimé.
De cet éveil à la vie et à la sexualité, l'auteur parle sans tabou, de manière assez explicite même. Aussi, sans vouloir jouer les prudes, je conseillerais cette lecture aux plus grands, à partir de 14-15 ans.
Parallèlement à cet éveil de Fantoccio, fil rouge de ce roman, l'auteur nous plonge également dans le renouveau théâtral du XVIIIe siècle. Ainsi, il évoque avec enthousiasme l'apport du grand dramaturge italien Carlo Goldoni qui, par ses textes s'inspirant de la vie des gens, a révolutionné, comme avant lui Shakespeare et Molière, cet art du vivant. On découvre aussi à travers les yeux de son héros toute l'animation de cette ville de Toscane, Sienne. A commencer par cette célèbre course de chevaux, le Palio... Une belle invitation au voyage, dans le temps et l'espace...
Bref, avec son Fantoccio, Gilles Barraqué nous offre une relecture à la fois troublante, passionnée et passionnante de Pinocchio. de quoi dépoussiérer définitivement nos souvenirs d'enfance ! Coup de coeur garanti !
Lien : http://lacoupeetleslevres.bl..
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gayane
  27 avril 2015
Un soir en Toscane, Fantoccio s'éveille. Il voit, sent pour la première fois grâce à la main de Giuseppe Taddei dit Geppetto et la magie de la sorcière, la Strega. Pour gagner de l'argent, Geppetto va avoir l'idée de monter une combine : le phénomène de l'Homme-Marionnette.
Fantoccio né donc sous le signe du mensonge : faire croire qu'il n'est qu'une chose inanimée, qui ne voit ni ne ressent rien.
Mais comment s'empêcher de vivre lorsque la ville, le monde tout autour de lui grouille de sons, de sensations ... comment contenir la voix qui lui dit "Je suis un homme" alors qu'il est fait de bois ?
Un roman basé sur les aventures de Pinnocchio.
Le récit est beau et émouvant. Fantoccio est un personnage attachant qui évolue, qui apprend, qui grandit. Il voit le monde d'une façon naïve, touchante, d'une façon tellement innocente au début du roman que lorsqu'il expérimente les déceptions et la peine, il ne peut que partir en vrille, il ne peut que devenir incontrôlable. Il s'agit donc d'un récit initiatique sur l'apprentissage de la vie, sur le passage de l'enfance à l'âge adulte.
Je regrette cependant l'écriture de l'auteur que j'ai parfois trouvé fastidieuse et la psychologie des personnages peu approfondie. le lecteur suit les changements, l'évolution de Fantoccio, mais il n'a aucune idée de ce qui peut bien se passer dans la tête de Giuseppe ou de Livia. Cela est dommage car cela enlève une grande part de vraisemblance au déroulement du récit.
La fin est très belle mais j'ai encore du mal à comprendre comment l'auteur en est arrivé là.
Cela n'en reste pas moins une lecture intéressante.
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temps-de-livres
  26 mars 2015
Un artiste marionnettiste a un grand projet. Créer un pantin de bois, le faire venir à la vie puis faire en sorte que ce nouveau-né lui fasse gagner de l'argent. Oui, mais ce fantocchio est doué d'une conscience et d'un coeur de bois. le monde du dehors l'appelle !
Encore Pinocchio me direz-vous ? Pas tout à fait. Gilles Barraqué transfère la création de Carlo Collodi dans la Toscane du XVIIIè siècle. Alors que le monde de Pinocchio est fantasmé, celui de Fantocchio est réel.
Tout en suivant la narration du roman initial (Mange-feu, le renard, le chat, le grillon, etc.), l'auteur réinvente l'univers de ce pantin de bois. Né d'après un mensonge (une marionnette ne peut pas vivre sauf s'il y a magie), Fantocchio ne sera pas un vilain garnement, mais un adolescent curieux, qui faute de morale, expérimente la vie. Ses professeurs seront les personnes qu'il rencontre. Raconté à la première personne, Fantocchio est un roman d'apprentissage dur et tendre. On reconnaît le pantin qu'on aime, passé dans le monde réel. Adolescent, il ressent les appels de son corps. A contrario des humains, il n'est pourvu d'aucun appendice pour se soulager. Tout au plus peut-il être sculpté... Comme le fait remarquer un personnage, il n'est qu'un pantin de bois, un fantoche d'humain. L'auteur le fait réagir. Fantocchio expérimente, apprend, découvre les bons et les mauvais côtés de l'humanité... Jusqu'à être ému par l'amour.
La Toscane de Barraqué, c'est Sienne en période du palio (une course de chevaux des différents quartiers dans le centre ville), la douce chaleur, mais à hauteur de pantin. La naïveté de Fantocchio est touchante dans cette période de fête où les quartiers s'affrontent. C'est aussi le monde du théâtre avec les marionnettese et les comédiens, sa réalité et les artifices diffusés.
Avec Fantocchio, Gilles Barraqué montre la difficulté d'être différent. Fantocchio ressent des émotions, apprend à être humain, tout en étant qu'un pantin de bois. Roman "réaliste" d'apprentissage, il ne laissera pas indifférent le lecteur.
Lien : https://tempsdelivresdotcom...
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Milleviesenune
  04 novembre 2015
Avec Fantoccio, Gilles Barraqué livre une réécriture du célèbre conte de Carlo Collodi, Pinocchio. le pantin de Barraqué est plus grand ; il a presque la taille d'un homme et raisonne plus comme un adolescent que comme un petit garçon. Avide de connaissances, il apprend à lire et dévore tout ce qu'il trouve. Il ne veut pas se contenter de la vie que lui a offert Giuseppe, il veut être plus qu'un pantin que l'on fait semblant de manipuler devant une foule ébahie. Car si, sur scène, le marionnettiste fait semblant, dans les coulisses le maître se montre très autoritaire. Fantoccio n'est rien d'autre que sa créature, il doit lui obéir.
Fantoccio s'ennuie de la compagnie de son maître. Il veut parler avec d'autres personnes, en apprendre plus sur les gens, sur les relations que l'on peut entretenir. Avec les femmes, en particulier. Car au théâtre, lorsqu'il danse avec Livia, il ressent quelque chose … quelque chose qui ne devrait normalement pas affecter ce petit être de bois. Et la belle Livia n'est pas bête ; elle a bien compris que quelque chose ne tournait pas rond avec ce pantin. D'autant qu'elle jurerait l'avoir entendu murmurer un « pardon » lorsqu'il lui a marché sur le pied …
Le moins que l'on puisse dire, c'est que je n'ai pas du tout accroché à Fantoccio. Je ne l'ai pas trouvé adapté à son public cible, annoncé comme étant les 12-16 ans – je serais d'ailleurs curieuse d'avoir l'avis de lecteurs adolescents. L'écriture ne m'a pas charmée, j'ai trouvé l'auteur trop distant par rapport à son personnage principal. N'ayant jamais réussi à entrer dans le roman, je me suis ennuyée tout au long de ma lecture.
Lien : http://milleviesenune.com/fa..
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Les critiques presse (1)
Ricochet   09 juin 2015
L'écriture est fluide, les réflexions nombreuses, pas si lointaines du précédent beau roman de l'auteur, Au ventre du monde. Une version pour grands adolescents ou adultes.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations & extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   10 avril 2015
« Ainsi, j'ai deux nez amovibles. Celui dont m'a doté Giuseppe à ma fabrication, que je vais remettre en place quand je l'aurai poli à neuf, et un appendice ridicule long d'une quinzaine de centimètres. Ce sera l'élément déterminant de mon masque. Selon le choix du nez, il y aura désormais deux Fantoccio : la marionnette sage qui danse sur la scène comme un bon petit fantoche, et un personnage des rues, des vadrouilles ; un Fantoccio des heures volées, maître des ses évolutions, de ses agissements, quels qu'ils soient. L'outrance même de son apparence le légitimera. »
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c.brijsc.brijs   16 février 2015
C'est vrai que je ne suis qu'un pantin. Mais comprenez, comprenez, je ne l'ai pas choisi :he, le corps irradiant de Livia. A en ordre mon âme de bois. ils m'ont fait aussi petit homme ! Ils m'ont donné le désir ! Moi, pantin ou pas, je rêve de toucher la peau blanc
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NadaelNadael   10 avril 2015
« Giuseppe, tu prévois donc de retrouver un bon garçon, confit de remords, maté par l'isolement et l'ennui ? Rêve ! J'ai tellement changé en l'espace de trois nuits. La punition, pour moi, sera de te voir revenir. De reprendre nos rôles, tant dans le mensonge des fils que dans celui que nous vivons, de créateur à créature. Je ne veux plus être ta marionnette, je ne veux plus être cet insecte englué dans tes ficelles, dans une fausse liberté de mouvements. Je ne serai plus jamais ta chose. Par mes fibres, je veux vivre. Vivre le théâtre, dans la relation particulière qui me lie à Livia ; pas simplement le goût commun des mots et de leur écho sur nos vies, aussi le rapport vibrant de ma matière à la sienne. C'est ici très douloureux, cher payé, mais Livia, par la chimie des corps, me révèle ma part d'homme. »
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c.brijsc.brijs   16 février 2015
Tout est neuf pour moi, j'ai tout à débrouiller. J'ai quand même appris ce que le maître attend de moi. Danser, mentir, pour l'aider à gagner son pain. Une question pourtant : comment vais-je avoir la vie belle, moi qui ne mange pas de pain ?
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c.brijsc.brijs   16 février 2015
Marquer, inscrire, c'est le rôle des signes qu'on dispose d'une certaine façon. Pour dire ce qui est ou même ce qui n'est pas. Les mots servent aussi à inventer.
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