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EAN : 9782213626369
676 pages
Éditeur : Fayard (04/03/2009)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 6 notes)
Résumé :

François Mauriac est un des écrivains les plus engagés dans l’histoire littéraire, spirituelle et politique du xxe siècle. Mais sa véritable destinée s’est jouée sur un tout autre plan: celui d’une vie intime qu’il s’est employé, jusqu’à sa mort, à dissimuler, refusant de «tout dire» sur lui-même par crainte d’être incompris ou r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
yann-frat
  16 août 2009
Francois mauriac biographie
La fameuse biographie qui fait scandale... Mais que vaut-elle?
Mauriac est bi?
C'est évidemment le centre médiatique du livre. Jean Luc Barré lève l'anathème et révèle que Mauriac était pour le moins bisexuel. le plus intéressant dans cette (petite) histoire me semble alors les boucliers qui se lèvent sur le thème du : fallait-il le dire ou pas?
D'un coté je comprends que ceux qui l'ont connu rechignent à voir leur ami fiché par là dans les auteurs gays au risque de finir enfermé dans un ghetto car vraiment son travail vaut plus que ça...
D'un autre coté quand on a lu comme moi "naïvement" "la chair et le sang" ou "un adolescent d'autrefois" on ne pouvait pas rester indifférent ou du moins se douter que l'auteur tourne ouvertement autour de la question. le dire ouvertement une bonne fois me semble donc tout à fait utile dans la compréhension d'une oeuvre, surtout chez quelqu'un d'aussi paradoxal, d'aussi travaillé en profondeur par des courants contraires que Mauriac.
Cependant peut-on lire Mauriac sans savoir cet aspect de sa vie, tout à fait; cet aspect de sa vie permet il de mieux comprendre son travail, tout à fait aussi... Il n'y a donc pas lieu apparemment à polémique mais pourtant elle fait rage notamment ici. Et dont le pire réside dans cette phrase de Lacouture (accusé d'avoir changé le sexe d'un amour mauriacien):
"Aucun de nous n'aura compris que tout Mauriac s'explique par le désir ou le refus homosexuels. Que si le maître de Malagar a su prendre parti, à l'encontre de tous ceux de son milieu, pour la République espagnole, c'est qu'il prenait la Pasionaria pour un homme - ou qu'il était épris d'un torero républicain ; que s'il a, héroïquement, dénoncé avant tous la torture en Algérie, c'est parce que la trogne du général Massu n'incitait pas au désir ; s'il a été le compagnon de route de Pierre Mendès France et de Charles de Gaulle, c'est que le beau regard brun de celui-là, la prestance de celui-ci l'incitaient au rêve..." (jean lacouture libération)
En clair Lacouture, en roue libre, assume l'idée que dire de Mauriac qu'il appréciait ses pairs reviendrait à nier toute l'originalité de son oeuvre... Qu' une fois qu'on aura dit que Mauriac regardait le corps des hommes c'est fini, il sera banni, tout s'effondrera car l'homosexualité est la négation de toute oeuvre... Belle ouverture d'esprit donc... Surtout quand il dénonce un livre qui ne tombe pas dans ce travers là (malgré la survente éditoriale de la "biographie intime" ) et donne de Mauriac au contraire une image polymorphe et complexe à l'image de ses livres, image dont simplement il ne cache pas un des aspect. Polémique stérile donc si ce n'est pour protéger la mémoire d'un ami qu'on ne voudrait surtout pas salir et accessoirement enfermer sous cloche pour l'étouffer.
Note : Je trouve d'ailleurs assez ridicule qu'on parle "d'homosexualité " pour Mauriac et qu'on le range avec Proust en particulier. Soyons précis: d'après cette bio, Mauriac, père de 4 enfants avec la même femme (!!), aimait la compagnie trouble de jeunes hommes et ne consommait apparemment pas tant que ça... En clair il n'est donc, pour le moins, pas homosexuel mais bisexuel tendance pédérastie... Ce qui le différencie totalement de Proust (Proust faire des enfants?) ou de Gide (et son mariage non consommé)...
D'ailleurs, évoquer cet aspect de sa vie montre encore une fois que Mauriac, même intime, est profondément double et paradoxal, ici et ailleurs, libre et enfermé... (Mais à part ça, ces révélations n'ont aucun intérêt).
Une bio de mauriac?
Alors une fois qu'on a dit ça, est-ce que ça vaut le coup de lire cette bio de Mauriac? Si comme moi vous connaissez assez bien son oeuvre mais pas du tout sa vie, oui certainement car tout à coup des lumières s'allument, des explications et des contrepoints viennent. Par contre si vous ne connaissez pas bien l'oeuvre, vous pouvez passer votre chemin car ce bio est particulièrement confuse, tourne en rond allègrement sans parti pris chronologique très clair et sans critique de l'oeuvre... Une bio qui tourne autour de son sujet donc, "impressionniste" diront les charitables, "chaotique et incomplète sur 580 pages le tome I" diront les autres... de fait cette bio semble surtout s'adresser au petit cercle des mauriaciens convaincus et ne se justifie que par le luxe de détails qu'elle donne à certains aspects (apparemment jusque là ignorés) de la vie de l'auteur... En clair si vous êtes un béotien de la galaxie Mauriac vous pouvez passer votre chemin, cette bio n'est pas pour vous.
Mauriac: Penser avec postulat.
Cette bio en outre, ne rend pas le personnage de Mauriac bien attrayant tant on le voit toute sa vie porter profondément en lui les chaines exténuantes du catholicisme le plus fervent. Évidemment toute la dynamique d'opposition entre ses désirs et ses devoirs de catholique est le moteur de son oeuvre... Cependant le voir se battre sur 580 pages contre les mêmes chaines est à proprement parler épuisant (comme sont épuisants les luttes de ceux qui s'enferment dans une cage en hurlant ne pouvoir en sortir, les délires stériles des intellectuels qui s'escriment à prouver, à la fin de tous les comptes, que leur postulat de départ est la seule vérité possible).
En clair, tout le long de sa vie, Mauriac, grand bourgeois vaguement pédéraste s'est battu intérieurement contre les principes de la morale bourgeoise et contre ses penchants... Sans pourtant ne jamais rien mettre en oeuvre pour s'en libérer, pire en épousant lui même la pensée droitière des possédants(!). Ainsi, tout le long de cette bio, on voit Mauriac se flageller en prières contre les désirs banals de ses sens mais appliquer une telle pensée de droite qu'il ne verra pas immédiatement le danger de la montée nationaliste et du fascisme (tant il est aveuglé par sa peur de possédant face aux communistes)... tout en faisant en même temps sa carrière entière sur des livres fustigeant ce mode de pensée de pharisien !!!
Ainsi, moi qui pensait que Mauriac, libre penseur, dénonçait dans ses livres les basses préoccupations des autres, je me rends compte dans cette bio qu'il ne fait finalement que décrire peu ou prou son quotidien de bourgeois catholique et son incapacité à s'en extraire... Alors en fermant ce livre j'ai donc tout de même l'envie assez claire d'acheter (enfin!) mon second volume de la pléiade sur Mauriac... Mais vraiment pas sûr qu'il en soit de même pour celui de cette bio...
Note : Seule pointe drôle (enfin...) dans cet océan de doute et de vocation, Céline écrit à Mauriac peu après la sortie du voyage " Je suis écrasé par la vie. Je veux qu'on le sache avant de crever, le reste je m'en fous. Je n'ai l'ambition que d'une mort peu douloureuse mais lucide, et tout le reste est du yoyo..". Étrangement, ils n'ont pas été amis...

Lien : http://xannadu.canalblog.com
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Floccus
  30 novembre 2018

La médiathèque du Saint-affricain propose une fort alliciante étagère consacrée aux biographies et au sein de laquelle j'avais depuis longtemps envie de puiser. Au premier creux de la vague qui s'est présenté dans mes projets de lecture, je suis allée l'explorer pour en émerger assez rapidement avec ce volume. Tels des poissons tirés hors de l'eau de leur époque, beaucoup de romans de François Mauriac vieillissent mal. J'aime bien cependant en ouvrir un de temps à autre, le mordant des peintures familiales restant jubilatoire. On les glane assez facilement dans les boîtes à livres. Ces lectures défraîchies ont trouvé tout leur sens à travers cette biographie.
"Mais, pour le jeune écrivain qui rentre d'Italie en novembre 1910, l'équivoque n'est pas loin d'être devenue, dans tous les domaines, une règle de vie. Et le meilleur garant de sa liberté d'être." (180)
Suivre la pensée de François Mauriac n'est pas une mince affaire. Il y faut beaucoup de souplesse d'esprit. Jean-Luc Barré se prête à l'exercice avec habileté. Il ne s'attache pas à donner une image définie mais suit les les inspirations, les liens, les résonances, déniche les documents significatifs. du jeune François Mauriac élevé dans "un climat de piété anxieuse et obsessionnelle" qui communie avec les chênes et chipe de la culture en douce jusqu'à l'adulte conservateur, abonné à l'Action française, tenté par le totalitarisme, mais toujours en quête de lumière, il suit le flot, ne juge jamais, mêle faits établis et construction intérieure de l'homme avec fluidité, honnêteté et clarté. Les paradoxes de l'homme confronté à sa représentation sociale et aux turbulences de son temps rendent le récit passionnant.
"C'est vrai que le choix d'une doctrine nous oblige, dans les instants où les forces en nous la renient, à continuer de la professer des lèvres, jusqu'au retour de la Grâce." (323)
"(…) il n'est pas mauvais (…) de tirer de soi un monstre, de le poser sur une table et de contempler cette bête méchante et trop caressée que nous aurions pu devenir." (390)
Les paradoxes et une aspiration à la grâce en constant renouvellement. François Mauriac est un chercheur qui a toujours été habité par une grande lucidité. Son oeil acéré sur la vie et les êtres le poussent à l'ironie et plus douloureusement, vers la déception. Elle fait tanguer sa foi, contrarie l'image qu'il veut donner de lui, il s'empêtre dans son identité catholique. le début de la quarantaine marque un tournant vers une expérience spirituelle plus autonome, vers "le respect d'une complexe richesse à utiliser" plutôt que vers le rejet des noirceurs intérieures. Il tente d'être un "mystique initié par ses propres métamorphoses". Turbulent, malicieux, rétif, adorable, subversif, il est de plain-pied dans son temps. La vie littéraire française du début du XXe siècle, très marquée par la religion, les troubles et menaçantes années d'entre-deux-guerres, qui ne sont pas sans rappeler notre époque actuelle, prennent vie et réalité sous la plume vibrante de Jean-Luc Barré.
"Mais il ne lui faudra que quelques semaines pour rallier la seule famille d'esprit qu'il ait jamais reconnue comme sienne depuis l'adolescence, celle des réfractaires et des insurgés, et entrer à leurs côtés dans une nouvelle période de sa vie." (574)

Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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gdaiem-gdaiem
  23 mai 2013
biien
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Videos de Jean-Luc Barré (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Luc Barré
https://www.franceculture.fr/emissions/comme-personne/jean-luc-barre-prete-moi-ta-plume
Les livres politiques sont nombreux en cette rentrée. Ont-ils tous été écrits par leurs auteurs ? Certains écrivains prêtent parfois leur plume. Jean Luc-Barré l'a fait pour Jacques Chirac. Et dans ce milieu assez secret, l'homme de l'ombre a réussi à prendre la lumière comme (presque) personne.
Un portrait signé Rosalie Lafarge Abonnez-vous pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/channel/UCd5DKToXYTKAQ6khzewww2g/?sub_confirmation=1
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