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Critique de LettresItBe


LettresItBe
  04 septembre 2018
Pervers : « (XIIe siècle) du latin perversus (« renversé », au figuré : « appliqué à contre-temps, vicieux »), participe passé adjectivé de pervertere. » C'est le titre du premier roman de Jean-Luc Barré qui, après avoir rencontré succès et reconnaissances diverses en tant que biographe, se frotte à l'art du roman avec ce tout premier livre publié chez Grasset. Une entrée en matière délicate, mais qui n'est pas sans soulever d'importants questionnements…

# La bande-annonce

« - Tous les écrivains sont des monstres et, dans mon genre, je suis l'un des pires. Il vaut mieux que je vous prévienne.
Marlioz passait pour cynique et pervers, réputation qu'il avait lui-même entretenue par vice ou par jeu. Mais en quoi pouvait-il s'être rendu coupable du suicide de sa fille ? »
Que cherche le si mythique et secret Victor Marlioz en acceptant de recevoir au crépuscule de son existence, dans un somptueux hôtel italien puis dans son antre de Genève, le directeur des pages littéraires d'un grand hebdomadaire parisien venu enquêter sur lui ?
Se livrer à une ultime confession à charge qui achèverait d'authentifier sa vérité d'écrivain du mal, s'exempter de ses fautes, traquer son chasseur ?
Un vertigineux tête-à-tête avec le monstre.

# L'avis de Lettres it be

Avec en tout premier lieu Entretiens avec le professeur Y de Céline qui reste peut-être la référence en la matière, jusqu'à Hygiène de l'assassin d'Amélie Nothomb qui offrait alors en 1992 son roman peut-être le plus réussi jusqu'à présent, la lignée des romans où la figure de l'écrivain se trouve être malmenée par le biais d'une rencontre, d'un entretien quelconque est longue. Et avec Pervers, cette lignée accueille un nouveau venu, signé de la plume d'un biographe reconnu et lauréat, par deux fois, du prix de la biographie de l'Académie française. Excusez du peu.

Un critique et journaliste littéraire prêt à réaliser l'entretien de toute une vie, Victor Marliozun auteur de génie en bout de course résigné et malmené pour la énième fois bien décidé à secouer son monde une ultime fois… Ce sont là les deux personnages qui occuperont ce ring littéraire d'un bout à l'autre. Mais d'une rencontre somme toute classique naîtra la genèse d'une oeuvre, dans ses plus sombres aspects. Pour sonder l'âme humaine dans ses tréfonds les plus obscurs, faut-il nécessairement les avoir visités « pour de vrai » ?

La figure de l'écrivain maudit, la question de l'implication du réel dans l'oeuvre… Pour son entrée dans le monde du roman, Jean-Luc Barré se met à l'épreuve de nombreuses questions, lourdes de sens, peut-être un peu plus encore par les temps qui courent. Jean-Luc Barré, qui s'est longtemps distingué comme l'un des plus grands biographes français met ici en exergue, dans le cadre infini de la fiction, la mince frontière entre toutes nos existences, les plus connues et les mieux cachées. Dans ce mano a mano de papier, celui qui dirige également la célèbre collection « Bouquins » à la suite de Daniel Rondeau nous offre un duel complexe qui n'est pas sans rappeler d'autres livres du genre, comme dit précédemment. Et Pervers, avec son titre accrocheur quoi qu'un brin racoleur, fonctionne en exposant à la lumière du lecteur une question centrale : quelle part de l'écrivain, quelle frange de vérité est à retrouver au coeur de son oeuvre ?

Retrouvez la chronique en intégralité sur Lettres it be
Lien : https://www.lettres-it-be.fr..
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