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ISBN : 2221202171
Éditeur : Robert Laffont (17/08/2017)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 30 notes)
Résumé :
" Je pars pour le Dakota du Sud. Direction Amsterdam, puis Minneapolis, où un troisième avion m'emmènera à Rapid City, ville située aux pieds des Black Hills, en plein territoire indien. Là-bas, une voiture de location m'attend. Je vais conduire jusqu'à la petite ville de Deadwood, pour y rejoindre l'hôtel que j'ai réservé en ligne, il y a quelques mois. L'établissement s'appelle le Mineral Palace Hotel & Gaming et possède son propre casino. Alors que l'avion décoll... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
nicolashouguet
  16 juillet 2018
C'était il y a sept ans je crois. Un soir, à Monument Valley. Mon père avait choisi d'engager la voiture de location sur les chemins du parc, malgré la désapprobation des natifs qui proposaient aux touristes de le visiter, parqués à l'arrière d'un 4x4. On s'était un peu perdus. le ciel était couvert ce jour-là. L'orage menaçait. Il avait parait-il des dimensions dantesques avec l'eau qui déferlait sur le sol trop sec.
C'était la fin d'après-midi, proche de l'heure de fermeture. On s'arrête une dernière fois avant de partir, devant le fameux panorama immortalisé par John Ford. Ma mère murmure quelque chose sur les esprits que l'on ressent dans le silence d'une profondeur impressionnante. On se tait. Nous ne sommes des gens de foi ni les uns ni les autres. Et pourtant j'en frissonnais. On était pleins de recueillement, comme dans un lieu sacré. Plusieurs fois, pendant ce voyage, on a ressenti cela, dans la beauté fulgurante de la Vallée de la Mort, juste avant ces trois jours pour rien dans la détestable Las Vegas.
Quelque chose d'ancien.
Quelque chose d'un souvenir murmuré qui vous revient dans le vent.
Ellipse.
Juste après une lecture et au premier regard échangé entre nous, une conversation dense et concentrée sur l'écriture qui sauve, j'ai senti que Claire Barré et moi, on était liés. Par la même intuition, par la même inspiration. Je l'ai senti dès ma lecture de Phrères, la présence intense de ces poètes qu'elle convoquait dans ses pages. Je n'avais pas su comment en parler. ça m'avait totalement décontenancé. Je ne lui ai jamais dit je crois. C'était exactement ce que j'aurais aimé écrire. Cette poésie vécue, ressentie. Je me suis laissé détourner par je ne sais plus quelle urgence, gardant pour moi le regret du silence que j'ai eu autour de ce livre. Ce n'était pas de l'indifférence. En vérité, c'était exactement le contraire. Elle me ressemblait trop. Je me souviens d'une soirée au Silencio, un lancement de livre d'une amie commune, où je l'avais aperçue sans oser lui parler. J'étais démasqué.


Et en fait ce qui a achevé de me conquérir, ce fut Ceci est mon sexe. La rencontre s'est faite autour de ce roman, juste après ma chronique qu'elle avait aimée fort. On sentait qu'on avait des choses à se dire. On reconnait toujours les siens. Ces merveilleux saluts où, au lieu d'un "bonjour", on aurait plutôt envie de se demander d'une voix tendre et un peu courroucée "Mais où te cachais-tu pendant tout ce temps?". On s'était retrouvés aux premiers soleils de mai. Je ne savais pas à quoi m'attendre, après tout je n'avais pour moi qu'une intuition. Enfin non, je mens. Aux premiers mots, j'ai su qu'on était amis. le lien attendait simplement de s'incarner.
C'était au moment où elle venait d'annoncer l'existence et la sortie de ce bouquin Pourquoi je n'ai pas écrit de film sur Sitting Bull chez Robert Laffont. On se retrouve. Et on parle. Longtemps. Une conversation qui balaie tout, d'âme à âme. Empreinte d'une spiritualité rare et incandescente.
Elle me raconte cette scène étrange qui ouvre son livre. Elle prenait son repas avec ses enfants, devant un plat de spaghettis. Et elle aperçoit une silhouette d'Indien qui l'observe. Ma première réaction a été curieuse "Mais il t'a parlé?". "Non, répondit-elle, il était juste là". Elle cherche sur Google à qui ce chef indien peut correspondre. Elle tombe sur le visage de Sitting Bull. C'est lui. Pendant quatre jours il est demeuré là, comme un mystère à résoudre.
Elle a continué à vivre sa vie. Se demandant à l'occasion si elle n'était pas complètement givrée, ou souffrant d'une tumeur au cerveau. Peu à peu, elle découvre le chamanisme, se renseigne. Va consulter, extrêmement sceptique, une chamane, Elena. Et elle part au premier voyage. Par ma longue fréquentation de Jim Morrison et des Indiens d'Amérique à qui j'ai consacré toute une partie de mon premier bouquin, ça m'évoque énormément de choses. J'ai eu pendant un moment la même réaction sceptique qu'elle, et même cynique devant le mysticisme. Mais les choses invisibles, indicibles et poétiques ne méritent pas le mépris confortable des gens un peu trop sûrs d'eux. On a une sorte d'intuition. Que l'on tait souvent pour ne pas passer pour de dangereux allumés (c'est pour ça que la plupart des gens sont fiers de leur médiocrité grise et ne sauront parler que de leurs dégâts des eaux, de leur compte en banque ou de leur chaudière).
J'aime les fous célébrés par Kerouac. Ceux qui osent sortir des conventions, ceux qui ont l'audace d'être eux-mêmes. C'est grâce à eux qu'on brûle et qu'on s'émerveille de la flamme. En Claire, j'ai retrouvé cela. J'ai incarné cela. Cette audace de dépasser un cadre trop conformiste. Elle ose. La sensualité et la sexualité de son héroïne Trixie-Rose, la folie inspirée de ses chers poètes, de ses fascinations. Mais ici il y a quelque chose de plus courageux encore. Elle avance sans le masque de la fiction. Sans sa protection. Et on se retrouve à lire et à entendre une confidence absolue. Une initiation d'abord tâtonnante, d'abord incrédule.
Ce qu'il y a de touchant, c'est cette dimension profondément intime. On connait son mari, E., on connait ses enfants. On la voit hésiter à se dévoiler au regard du monde, à céder à l'inspiration qui la pousse vers Sitting Bull. Chacun de ses voyages chamaniques, qu'elle accomplit au son d'un tambour, donne des passages en italiques saisissants comme des contes, des poèmes ou des hallucinations. Des leçons mystérieuses qu'elle partage d'abord avec pudeur sur les réseaux sociaux dans des montages photographiques hypnotiques (et sous l'identité protectrice de Trixie-Rose). Mais bientôt elle va s'y absorber totalement, s'abandonner à l'émerveillement de ses découvertes, et nous entrainer à sa suite.
L'appel est trop puissant. Elle va lui obéir. Jusqu'à Deadwood aux Etats-Unis pour rencontrer l'arrière petit-fils de Sitting Bull, Ernie, qui va l'initier aux coutumes et aux traditions des Lakotas (tribu dont était issu son glorieux ancêtre). Et on a le sentiment de la suivre à chaque pas dans son grand voyage intérieur et extérieur. D'abord elle a l'idée d'un film sur le grand chef. Elle veut aussi traduire les livres que lui a consacrés son descendant. Mais comme pour toutes les voies toutes tracées, ce sont les détours qui constitueront le voyage. La quête. Les visions. Les pérégrinations, pas la destination.
Il est étonnant, ce livre. Est-ce un témoignage, une initiation au chamanisme, une ouverture sur une histoire un peu ignorée, un carnet de voyage, un journal intime, un roman, une poésie autobiographique? En vérité, c'est un peu tout cela à la fois. C'est inclassable. C'est hors de ce qu'on croit savoir. Elle vous incite à la découverte, à la curiosité, à l'émerveillement devant ces capacités qu'on ignore, ces rêves que l'on s'empresse d'oublier quand on pourrait s'en souvenir. Ces paysages intimes que l'on dédaigne souvent, car le monde ne saurait pas les entendre.
Et pourtant nous en avons le pressentiment depuis que l'homme est homme et qu'il essaie de traduire les mystères dans ses croyances, dans son art ou dans ses religions, avec l'arme des mots, à la fois si dérisoire, si limitée et en même temps si grande.
Claire a été une ado tourmentée. Comme moi. Mes seuls compagnons pendant longtemps ont été les poètes ou les écrivains. Seulement ils étaient tous morts. Et moi j'avais l'esprit sombre et morbide. Mes premiers poèmes comme les siens, étaient absolument suicidaires. J'avais l'impression de ne pas avoir ma place dans l'existence et lui préférais mes mirages, mes imaginations, mes compagnons de mots et mes chers disparus (qui avaient bien plus d'existence à mes yeux que ceux qui m'entouraient). Pendant longtemps je me suis senti déplacé. Beaucoup plus longtemps que je ne saurais l'admettre. Elle aussi. Parce que le chemin jusqu'à soi est long et qu'il faut laisser la vie vous apprendre un peu d'humour, de distance, de tolérance, de bienveillance. Cette lucidité et cette douceur, cette tendresse et cette indulgence, Claire la ressent comme moi pour la jeune fille qu'elle a été. J'aimerais d'ailleurs beaucoup retrouver mon moi de 20 ans (ou de 30 ans, d'ailleurs), lui sourire, lui dire "t'en fais pas, ça va aller, il y a des mondes à découvrir". Au fond, vient un temps dans la vie où l'on est capable d'être pour soi ses propres parents.
J'ai été touché. Au plus profond. Parce que dans ce livre et dans le regard De Claire, je me suis totalement retrouvé. Pas une vague allusion. Complètement. Dans mes tourments, dans mes passions. Dans mes transports. Dans mes songes. Comme la conversation du mois de mai, si belle au dessus de ces coupes dorées (dont on s'accorde tous deux pour admettre qu'elles contenaient une sorte de potion magique). Je la voyais se poursuivre et s'enrichir, notre rencontre, au fil des chapitres. A ne jamais la lâcher d'une semelle. A la voir rencontrer dans ses beaux songes ses poètes adorés, à la voir développer sa magie, à la voir fréquenter les dieux, combattre les démons, aider les âmes en peine à passer de l'autre côté pour trouver la paix.
Peu à peu, j'ai voyagé dans ce livre comme dans l'esthétique et les mythologies qui me façonnent et me fascinent depuis toujours.
Je voyais dans ses mots défiler mes paysages. Mes souvenirs. Et à aucun moment je ne me suis demandé si j'y croyais ou non... ce n'est pas de cet ordre. Ce livre, c'est une offrande. Un objet d'art intime et d'une grande originalité. Un livre de sagesse qui fait tant de bien en nos temps marqués par les meurtres incessants diffusés en continu sur toutes les ondes. C'est une parenthèse de grâce, ce bouquin. Un attrape-rêves. de ceux qu'on porte tous en nous et qu'on ose pas toujours avouer.
Je t'embrasse, Claire, puissions-nous ne jamais cesser de nous rencontrer, dans les livres ou dans la vie.
C'était bon de te suivre et de ne pas lâcher ta main, dans ce monde et les autres.
Peut-être n'as tu pas écrit le film que tu projetais, mais qu'il est enivrant ce roman...
C'était beau comme un sortilège. Et je retrouvais dans le silence du jardin où je te lisais un peu de celui qui m'avait émerveillé à Monument Valley, sous la menace du même orage.
Merci pour ce voyage inattendu.
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Labibliothequedemarjorie
  11 septembre 2017
Claire voit soudainement une apparition devant elle alors qu'elle déjeune tranquillement en famille lors d'un weekend reposant. Cette vision représente le visage d'un indien, une image permanente devant les yeux qui va durer quatre jours et quatre nuits. Perturbée par cette "présence", elle finit par découvrir une photographie de ce personnage : il s'agit de Sitting Bull, un grand chef Lakota.
Ses recherches vont la conduire en terre indienne sur les pistes du chamanisme.
Ce livre fait partie de la rentrée littéraire du mois de septembre et cette lecture m'a été proposée par le "Grand prix des lectrices Femina" et les éditions Robert Laffont que je remercie pour l'envoi de ce livre.
Quel roman original ! Je n'avais jamais lu un tel ouvrage et j'ai été agréablement surprise car je l'ai adoré. Je me suis d'ailleurs empressée de noter mes impressions aussitôt le livre terminé.
Claire Barré est scénariste et a déjà écrit plusieurs livres. Dans ce récit, elle a mis par écrit de façon très personnelle une période de sa vie durant laquelle elle a vécu une expérience unique.
A travers son enquête, elle découvre le chamanisme et la culture amérindienne.
Tout débute par la volonté de découvrir le personnage qui lui est apparu subitement. Sitting Bull était un chef Sioux né dans le Dakota du sud. C'était un homme de paix qui refusait de se soumettre à l'autorité du gouvernement américain. A l'issue des guerres indiennes, il fut capturé et envoyé dans une réserve où il fut finalement assassiné par les siens.
Mais pourquoi ce personnage est apparu devant Claire si brusquement ? Pourquoi cette vision ne disparaît pas ? Y a-t-il un lien entre eux ?
Dans son récit, l'auteure nous emmène aux Etats-Unis, à Rapid City, où elle fait la connaissance des descendants de Sitting Bull. Ces derniers vont alors lui offrir une sorte de pèlerinage sur les lieux où a vécu cet homme.
Claire Barré explique ainsi au lecteur sa rencontre avec Elena, une chamane russe qui va l'aider dans sa quête. Elena va alors la guider et l'accompagner lors d'un "voyage" chamanique qui conduira Claire à parler aux esprits et à rencontrer celui de Sitting Bull.
[...]
Claire Barré dévoile au lecteur des moments marquants de sa vie et parle de son enfance, de ses voyages, de ses visions qui l'amènent à rencontrer des animaux, des poètes morts, des figures indiennes ou d'autres personnalités disparues. Au fil des pages, elle nous raconte son parcours permettant l'interprétation de ses visions.
Ce livre est une lecture originale et agréable dans laquelle l'auteure nous propose une écriture très intime. C'est un roman d'évasion avec beaucoup de métaphores et de questionnements sur la place de l'être humain sur terre, de son rôle et des conséquences de ses actes.
Il se lit tranquillement, il interroge et nous fait du bien, beaucoup de bien. Je pense le laisser à proximité un moment et pourquoi pas en relire quelques passages de temps en temps.
[...]
Lien : http://labibliothequedemarjo..
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coquinnette1974
  20 août 2017
"Pourquoi je n'ai pas écrit de film sur Sitting Bull" est un livre de la rentrée littéraire découvert grâce au site Net Galley et aux éditions Robert Laffont.
Claire Barré a eu un jour une apparition dans sa cuisine : un indien ! Et il ne s'agit pas de n'importe quel indien, mais de Sitting Bull !
Elle fait des recherches, qui l'amènent à se poser de nombreuses questions, qui vont la pousser à faire un sacré voyage, en plein territoire indien !
Avec elle, nous découvrons notamment le chamanisme.
J'ai trouvé ça agréable à lire, ça se lit rapidement et avec plaisir. Encore un livre très personnel donc, mais original car ce n'est pas tous les jours que je lis un ouvrage parlant de chamanisme :)
J'ai aimé ce livre, à qui je mets trois étoiles et demie. Encore une découverte sympathique de cette rentrée littéraire :)
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lamarchandedecailloux
  15 septembre 2017
L'auteur nous livre ici ses débuts dans le chamanisme, et surtout, la façon dont le chamanisme l'a « appelée ». Parce que c'est bien d'un appel, qu'il s'agit : l'héroine, autour d'un plat de pâtes, voit s'afficher sur le bord de sa vision, l'image de Sitting Bull, chef Indien Lakota. Image qui ne la quitte pas pendant 4 jours. Inutile de préciser tout se qui se passe dans la tête de l'auteur, raconté avec beaucoup d'humour et de recul. Claire Barré décide donc d'aller voir une chamane pour comprendre ce qui lui arrive. Et va commencer ce qu'on appelle « les voyages intérieurs » à l'aide d'un tambour. Puis elle se rendra chez Ernie, arrière petit fils de Sitting Bull.
Dans ce récit, écrit de manière fluide et avec beaucoup d'humour, l'auteur décrit ses premières expériences, ses questionnements, ses remises en questions, ses doutes. On apprend aussi des choses sur le génocide Indien et la réalité des conditions de vie de ceux qui restent, les descendants des lignées Indiennes. Même si on sait déjà, cette piqûre de rappel est importante. Pour ne pas oublier.
J'ai beaucoup, beaucoup aimé ce livre. Il m'a touché en plein coeur. M'a énormément parlé. Comme si certains passages, c'était exactement ce que j'avais besoin de lire. Il m'a ramené à l'essentiel. M'a délivré des messages importants. Il m'a aussi donné envie d'y retourner, dans ce monde fascinant que l'on possède à l'intérieur de soi, qu'on écrase avec nos soucis, nos craintes, nos peurs, nos conditionnements. J'ai appris des choses, j'ai eu la confirmation d'autres. Et il y a deux passages que j'ai envie de partager, pour tous ceux qui se sentent concernés par notre planète, par la paix, le monde animal, ceux qui oeuvrent en douce (ou en pleine lumière) pour vivre dans un monde meilleur (et les autres, aussi) 🙂 :

« Au coeur d'un tipi enflammé, Sitting Bull m'a annoncé que la Nature n'était plus notre alliée et qu'elle n'allait pas tarder à se rebeller contre nous. le chef Lakota m'a demandé de poser mon oreille sur le sol. Je me suis agenouillée, ma joue s'est collée contre la surface craquelée. C'est alors que je l'ai entendu : le cri de souffrance de la Terre… Un hurlement rauque, déchirant, ressemblant aux sanglots qui résonnent parfois dans la plainte du vent… Un cratère s'est ouvert devant moi. Un cerf blanc, qui semblait représenter l'âme du monde animal, en a jailli et a posé son front brûlant contre le mien. Des larmes coulaient de ses yeux. Il me disait : Nous avons besoin de vous. Ne vois-tu pas qu'il y a urgence ? Ne vois-tu pas que nous sommes en train de mourir ? Ne vois-tu pas ce qui est en jeu ? »

« Sitting Bull se tient face à moi, dans un désert de roches. Il me dit que la paix n'arrivera pas si nous restons passifs. Il faut se battre pour elle, comme on se bat pour la liberté. Devenir un guerrier de paix. Ajoute que nous sommes, sur Terre, bien plus nombreux à désirer la paix que la guerre, mais que les pacifistes ne s'unissent pas entre eux, or, ils devraient contre-attaquer, car ils pourraient « l'emporter ».

Voilà. Je remercie l'auteur d'avoir écrit ce livre. D'ailleurs, le titre est très bien trouvé, même si je m'étais demandé : mais pourquoi ce titre ?

Je conseille donc vivement ce livre. A tous. Il n'y a rien à craindre, l'auteur ne fait pas l'apologie du chamanisme, (ou de je ne sais quelle « technique » de développement personnel), elle nous décrit simplement son expérience, avec des mots justes et beaucoup d'humour, et le monde intérieur que nous possédons tous (et auquel nous pouvons avoir accès de pleins de façons différentes) et qui ne demande qu'à être exploré…
Lien : https://www.lamarchandedecai..
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LeCombatOculaire
  27 juillet 2017
Un livre très intime, personnel, touchant, complexe et transportant, sur la rencontre entre l'auteure et Sitting Bull - rencontre tout à fait impromptue, qui se solde ensuite par la découverte du chamanisme, de l'histoire des Améridiens, et par la rencontre d'un descendant de Sitting Bull, Ernie LaPointe. de l'obsession grandissante pour raconter l'histoire de Sitting Bull par un des évènements marquants de sa vie, l'auteure qui souhaitait en faire un film, finalement, en fit en roman, et n'hésite pas à se mettre à nu, à se dévoiler, à faire part de ses doutes, de ses contradictions, de son appréhension et de ses passions. C'est également la rencontre entre l'esprit très rationnel et distant des occidentaux et le rapport avec l'invisible, les esprits et la nature, fortement développé chez les Améridiens et les cultures qui ont un lien direct avec le chamanisme. Un beau livre, pour ceux qui doutent mais qui aimeraient bien tremper le pied dans le grand bain.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
LabibliothequedemarjorieLabibliothequedemarjorie   03 septembre 2017
Je me retrouvais dans une forêt enneigée. Les arbres se dressaient autour de moi, plus noirs que bruns. Le ciel était d'un bleu ardent, proche de cette haute fréquence vibratoire qui prennent les couleurs, quand on les contemple sous LSD.
Ca ressemblait à un rêve profond, sauf que j'étais entièrement consciente de ce qui se passait. Je ne voyais pas mon corps mais percevais sa présence et c'étaient mes yeux intérieurs qui regardaient la scène.
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Martin1972Martin1972   26 juillet 2017
Un samedi midi, je déjeunais tranquillement en famille, quand un visage d'indien m'apparut.
L'apparition en elle-même n'est pas évidente à décrire.
Une fine paroi transparente, courbée comme la rétine d'un œil, se plaça subitement entre le monde et moi, et sur cette paroi était imprimé le visage d'un chef indien.
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darkdaysdarkdays   19 mai 2019
L'espoir a du mal à fleurir, dans ces contrées.
Les adolescents qui grandissent dans les réserves manquent de rêves. De perspectives. Le taux de suicide des jeunes Amérindiens explosent tous les records des Etats-Unis. Les adolescents afro-américains finissent souvent en prison ou avec une balle dans la tête, les jeunes Natifs prennent leur propre vie.
Cette situation est dramatique.
C'est pour cette raison qu'il souhaiterait que je parle de tout ça. De cette misère, non pas forcément sociale, mais humaine : la mort du rêve. L'impossibilité de se projeter dans un avenir radieux. Alcoolisme, obésité, addictions, endettement, violence. Voilà, selon lui, le quotidien de ces enfants. Ils n'ont plus de liens avec leurs racines, parlent la langue de leurs oppresseurs. Subissent un racisme constant qui ne cessent de les rabaisser, de les ostraciser.
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CelkanaCelkana   02 septembre 2017
Me revient en mémoire ce proverbe cree, parfois attribué à Sitting Bull: Quand le dernier arbre aura été abattu, la dernière rivière empoisonnée et le dernier poisson pêché, alors l'homme s'apercevra que l'argent ne se mange pas.
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darkdaysdarkdays   20 mai 2019
Des jeunes filles cueillaient des fleurs, quand, soudain, un ours gigantesque, apparut près à les dévorer crues. Les jeunes filles, éplorées, prièrent le Grand Esprit qui fit surgir le monolithe des entrailles de la terre pour les protéger.
L'ours, furieux de voir son repas lui échapper, essaya de grimper sur Devil's Tower, et ne réussit qu'à le rayer avec ses griffes.
Un aigle vint sauver les jeunes filles et les prit sur son dos, s'envolant au loin. L'ours les poursuivit, puis finit par s'effondrer de fatigue. Son corps se transforma en colline : Bear Butte.
Quant aux jeunes filles, elles se métamorphosèrent en étoiles : les Pléiades (que les Amérindiens appellent "les sept soeurs").
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Claire Barré - Pourquoi je n'ai pas écrit de film sur Sitting Bull
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