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ISBN : 1092016848
Éditeur : Jigal (10/09/2016)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Avril 1945. Anna Schmidt erre dans les rues dévastées de Berlin à la recherche d’un abri. Janvier 1953. Elle confie à son cousin Heinrich une mystérieuse lettre qu’elle lui demande de remettre à son fils Josef si un jour celui-ci se sentait en danger et venait la réclamer. Septembre 2012. La capitaine Hoffer enquête sur l’assassinat d’un gardien du musée d’Histoire de Berlin. Le mobile du crime semble être le vol d’un peigne tristement célèbre… Quelques mois p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
gruz
  05 novembre 2016
Un bon livre tient parfois à pas grand chose. Une envie de ne pas prendre au pied de la lettre des règles de narration préétablies et un peigne pour prendre l'Histoire à rebrousse-poils. Ainsi qu'un « pas grand chose » que tout le monde n'a pas : un talent de conteur.
Avec La lettre et le peigne, Nils Barrellon étonnera ses lecteurs habitués à davantage de légèreté. Il ne déteint pas dans la galerie d'auteurs de l'éditeur Jigal, habitué à proposer des livres qui mêlent le présent et le passé (fussent-ils davantage pesants que ludiques).
Nils Barrellon a tenté (et réussi, à mon sens) de corréler les deux. le sujet et son traitement sont particulièrement sérieux la plupart du temps, mais la deuxième partie du récit amène un semblant de « légèreté » grâce au rythme qu'on retrouve plus habituellement dans les thrillers.
Derrière cet énigmatique titre se cache une histoire lourde de sens, qui débute durant la seconde guerre mondiale pour s'étirer jusqu'en 2012. Un récit intergénérationnel qui permet à la fois de mettre en lumière un passé qu'il ne faut jamais oublier, tout en prenant de la hauteur sur ce qui se déroule de nos jours.
Le peigne en question a beau appartenir à un personnage connu, il n'empêche que c'est la lettre d'un simple citoyen qui est au centre de toute cette affaire. Une lettre qui devient une quête à travers les années et qui donnera lieu à un chapitre d'une émotion à donner la chair de poule.
Parlons du contexte tout d'abord. L'auteur a fait un excellent travail de recherche pour redonner vie à un pan important de notre Histoire récente, avec le parti-pris intéressant de faire se dérouler le récit en grande partie en Allemagne. Nils Barrellon semble bien maîtriser ce contexte tant il nous promène dans le temps et dans l'espace germaniques.
L'intrigue est véritablement prenante. Même si elle a tendance à partir parfois dans tous les sens, elle reste passionnante de bout en bout. le sujet est lourd, mais on est dans le cadre d'un réel suspens et pas seulement d'un devoir de mémoire. Et puis, il y a cette perspective donnée par l'Histoire à certains excès actuels. Une preuve, s'il en est, que l'on a tout à apprendre de notre passé, on l'oublie trop souvent.
A part une conclusion bien trop abrupte à mon goût, j'ai goûté cette lecture avec une réelle attention et un bel intérêt. Un thriller ? Parfois. Un polar ? Pas seulement. Une roman historique ? Bien davantage que ça. La plume impeccable et la manière qu'à Nils Barrellon de mélanger les genres rendent La lettre et le peigne aussi prenant que précieux. Attachant aussi, parce que les personnages dessinés par l'auteur apportent une belle dose d'humanité à l'ensemble.
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PierreF
  21 octobre 2017
Si vous devez lire un roman en ce moment, et que l'Histoire ne vous rebute pas, que vous cherchez à la fois un roman à énigme et un roman à message, un roman où on est tellement pris à la gorge par ce qui arrive aux personnages que certains passages vous laissent pantelants, au bord des larmes, alors ce roman est fait pour vous. Je ne connaissais pas l'auteur, c'est pour moi une découverte. Et pourtant, j'ai tourné la première page, avant tout poussé par la curiosité. le premier chapitre m'a scotché …
Berlin, Avril 1945. La course poursuite est engagée entre les alliés pour récupérer la capitale allemande. Dans la ville en ruine, une femme erre dans les rues. Elle s'appelle Anna Schmidt et ses vêtements sont en lambeaux. Une femme accepte de l'héberger dans un immeuble, où les habitants se cachent dans la cave. Puis, les Russes débarquent et embarquent de jeunes filles et des femmes. Anna est choisie par un soldat. Il l'emmène dans un appartement de l'immeuble et la viole. Anna, résignée, ne songe même pas à résister. Elle veut survivre.
Berlin, 8 septembre 2012. Un vol vient d'avoir lieu au musée historique. le gardien a été retrouvé assassiné. La caméra montre que deux hommes cagoulés ont pénétré l'enceinte et savaient parfaitement ce qu'ils venaient chercher. Seul un boitier contenant un peigne en ivoire et portant les sigles A.H. a été dérobé. Ce peigne aurait appartenu à Adolf Hitler. Anke Hoffer, qui appartient à la police fédérale criminelle est dépêchée de Francfort pour enquêter sur ce vol et ce meurtre.
Jacob Schmidt est bassiste dans un groupe de jazz et sort d'un concert. Il y a rencontré Ann, qui a eu une aventure avec un membre du groupe. Ils vont boire un coup et finissent par être bien entamés. Mais Ann veut passer la nuit seule alors Jacob rentre chez lui. C'est alors qu'il est agressé par deux hommes cagoulés, conduisant une BMW noire. Apparemment ils ont voulu le kidnapper. le lendemain, en portant plainte au commissariat, il rencontre Anke.
On pourrait diviser ce roman en deux parties. La première fait la part belle à la famille Schmidt : Anna tout d'abord puis Josef son fils puis Jacob. La deuxième se passe en France, et j'y reviendrais. Car dans cette « première partie », l'auteur fait des allers-retours entre le présent de Jacob et sa sensation d'être poursuivi et persécuté et le passé de sa famille.
C'est 60 ans de l'histoire de l'Allemagne que Nils Barrellon va nous conter avec une aisance telle qu'on croirait qu'il est historien de formation. Il glisse quelques moments importants dans sa narration mais surtout, ce qui m'a fait fondre, c'est sa description d'une histoire de famille lambda au milieu de la grande histoire. C'est ces petites scènes communes qui, tout simplement deviennent des scènes très émouvantes, à tel point que j'avais l'impression de faire partie de cette famille, et j'en ai eu le coeur serré, gonflé d'amour pour Anna, Josef et Jacob.
Et quels personnages ! Anna est une mère amoureuse qui va tout faire pour élever, sauver et rendre son fils plus fort. Et elle va réussir ! Josef va devenir un mathématicien et gérer sa vie comme on résout des équations. Il va aussi tout faire pour son fils Jacob. Et Nils Barrellon arrive à nous faire entrer dans leur intimité avec une telle simplicité que c'en est époustouflant et surtout émouvant. C'en est impressionnant !
La deuxième partie, ou du moins, c'est comme ça que je l'ai ressenti commence quand Jacob débarque en France. A partir de ce moment là, il n'y a plus d'allers-retours passé-présent et le récit devient plus linéaire, plus classique. le rythme s'accélère, la tension monte jusqu'au final surprenant, presque fataliste, en tous cas noir. Et cela clôt un roman à part, original dans sa forme sur les survivants, les battants de la deuxième guerre. Ce roman est une belle leçon de vie, une formidable réussite.
Je tiens aussi à signaler la couverture que je trouve tout simplement magnifique et fort bien trouvée par rapport au roman et à ce qu'il raconte.
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Amnezik666
  29 décembre 2017
Ah que voilà un bouquin difficile à présenter en quelques mots ! Il faut dire, à ma décharge, que l'intrigue nous fait voyager dans le temps (entre 1945 et 2012) en faisant fi de toute chronologie. L'intrigue se déroule en grande partie en Allemagne, mais aussi en France, avec quelques détours par la Suisse.
Ca pourrait sembler un tantinet chaotique vu comme ça, mais, même si les liens entre les différents pans de l'intrigue ne se mettent pas tout de suite en place, Nils Barrellon reste maître de son récit et parvient rapidement à ferrer le lecteur. Et une fois l'hameçon mordu il devient rapidement impossible de lâcher prise.
Un roman qui propose un habile mélange des genres même si le fond reste assurément thriller (surtout que le rythme va crescendo au fur et à mesure que les différentes pièces du puzzle s'assemblent). Vous aurez aussi le droit à un voyage à travers l'Histoire allemande (du point de vue de personnages allemands) essentiellement de 1945 (et la « libération » de Berlin par les forces russes) à nos jours ; en passant bien entendu par l'explosion du pays entre RDA et RFA et sa capitale séparée, d'abord seulement administrativement (et idéologiquement) puis par le Mur de Berlin, l'effondrement du bloc de l'Est suivi par celui du mur en question… pas franchement les heures les plus glorieuses du XXe siècle !
Une intrigue intergénérationnelle puisque l'on suivra tour à tour, Anna, Josef (fils d'Anna) et Jacob (fils de Josef). Des personnages forts et attachants ; tous trois sont non seulement liés par les liens du sang, mais aussi par une mystérieuse lettre, objet de bien des convoitises.
Et le peigne alors, me direz-vous ? Il est volé au Musée Historique allemand, les voleurs ont tué un gardien de nuit pour accéder à ce fameux peigne. Buter un mec pour un peigne, faut être un peu con, non ? Bon déjà à la base pour buter un mec (hors situation de défense) il faut être un peu beaucoup très con. le fait est que, en l'occurrence, il ne s'agit pas de n'importe quel peigne, la chose aurait appartenu à un certain AH.
Aaaah, OK… mais quel rapport entre cette lettre et ce peigne ? Heu… tu veux pas non plus que je te raconte tout le bouquin, non ? Si tu veux le savoir tu prends le livre et tu le lis, tu verras tu ne le regretteras pas…
Force est de reconnaître que Nils Barrellon est un excellent conteur. Non seulement il maîtrise à la perfection une intrigue qui pourrait rapidement partir dans tous les sens, mais en plus il ne ménage pas ses lecteurs, proposant de nombreux revirements de situation (parfois assez prévisibles, mais toujours bien amenés).
Un premier bémol sur les personnages de Gottfried et Mickaël, les tueurs qui traquent Jacob. J'ai eu beaucoup de mal à les trouver crédibles tant ils accumulaient les clichés. Par moments j'avais l'impression de voir les deux vieux du Muppet's Show.
Mon second bémol sera pour la fin (après la découverte de la lettre), que j'ai trouvée un peu abrupte. Peut-être est-ce aussi dû au regret de quitter des personnages que j'ai pris plaisir à découvrir et à suivre au fil des pages.
Lien : https://amnezik666.wordpress..
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Garoupe
  17 novembre 2016
Le poids du passé
Le peigne… il est volé dans les réserves d'un musée en Allemagne par deux personnes cagoulées aux méthodes expéditives qui tuent un gardien au passage.
La lettre… écrite par Anna pour son fils, remise à son cousin Heinrich, elle a traversé un demi-siècle avant que Jacob se lance à sa recherche de Berlin à Paris et jusque dans l'ouest de la France.
De l'ascension d'Hitler aux camps de la mort, du nazisme d'hier au nazisme d'aujourd'hui, de la montée en puissance des haines des races soi-disant inférieures d'hier aux haines raciales contemporaines, les croyances nauséabondes de certains n'ont pas beaucoup évolué. Nils Barrellon fait ainsi le lien entre les peurs du passé et celles émergentes d'un présent où le rejet et la haine retrouveraient des lettres de noblesse qui pourraient les ramener au pouvoir.
Alors, oui, on pourrait critiquer les partis pris historiques de Nils Barrellon et les différentes filiations qu'il crée entre les personnages du passé et ceux du présent, mais cela n'enlève rien à la qualité de son récit. C'est avec une certaine habileté qu'il entremêle passé et présent dans une histoire dans laquelle le lecteur est invité à s'immiscer aux côtés de Jacob.
Ce dernier part sur les traces de son père et de sa grand-mère, tous deux pris dans le tourbillon de la Seconde Guerre Mondiale. La lettre qu'il parvient finalement à localiser et à lire ne fera que conforter le lecteur dans ce qu'il pensait être la clef de voûte du récit. Pour une fois que je ne me serai pas trompé en essayant de deviner où l'auteur veut m'amener…
Nils Barrellon tient bien le fil de ses différentes époques : 1945-1953 avec Anna, les années 60 avec Josef et 2013 avec Jacob. Sur 70 ans, l'auteur tresse la trame de son récit en ne laissant aucun protagoniste sur le côté de la route. S'il ne donne évidemment pas tous les backgrounds de ses personnages, Nils Barrrellon leur donne de la consistance tout au long du récit, en dresse des portraits honnêtes et pas surjoués. On s'attache rapidement aux différents protagonistes.
Pour une raison que j'ignore, Nils Barrellon ne parvient pas à rendre les salauds de son histoire totalement antipathiques. Et pourtant Dieu sait qu'ils véhiculent des idées de haine, de rejet, de races, d'identités… autant de sujets aux relents nauséabonds. Mais s'ils sont des vilains dans l'âme, ils n'endossent pas pleinement leur rôle. Sans pour autant que l'auteur leur trouve, bien au contraire, quelques circonstances atténuantes que ce soit, mais les passages qui leurs sont consacrés ne suintent pas le dégoût comme cela aurait pu (aurait du ?) être le cas. Ce sera mon seul petit bémol.
C'est aussi et enfin un livre sur la perte de l'innocence. Celle d'un jeune homme et de sa grand-mère à quelques décennies d'intervalle…
Point donc de fol suspens ici, mais un récit prenant de par son thème, de par l'écriture de Nils Barrellon même si, à titre personnel, j'ai une préférence pour son précédent livre… « La lettre et le peigne » se lit comme un témoignage de la persévérance dans le temps des thèses racistes qui ont amenées Hitler au pouvoir et dont la parole porte encore aujourd'hui les mêmes idées haut et fort.

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Loley
  10 octobre 2016
A l'aide du résumé j'ai bien compris que c'était un roman qui se situait pendant la guerre 39/45 mais c'est en commençant ma lecture je l'ai vraiment réalisé.
L'auteur nous envoie à Berlin, détail assez inhabituel car en général les histoires se passent en France.
Je tiens à le relever tout simplement parce que nous ne sommes pas habitués à avoir un point de vue situé de l'autre côté de la frontière, chez les Allemands et c'est extrêmement intéressant.
Ah sinon je vous ai dit que j'adorais les romans sur cette guerre?
Anna a vécu des moments cruels et ignobles pendant la guerre, elle a aussi parcouru des kilomètres allant de ville en ville afin de demander de l'aide.
Cherchant un proche encore en vie et qui accepte de l'héberger, juste pour pouvoir fermer les yeux sereinement, se reposer et reconstruire ce qui peut l'être.
Bien des années plus tard et suite à une tentative d'enlèvement Jacob, le petit fils d'Anna, se demande si cette dernière ne serait pas en lien avec ce que son père lui a confié avant de mourir.
Il va se lancer à la recherche d'une lettre que détient un proche de sa grand-mère et va devoir échapper à ses dangereux poursuivants.
Alors peut-être comprendra-t-il pourquoi on lui veut du mal mais aussi ce que cache le passé...
L'alternance avec le présent allège énormément l'horreur de la guerre et ses ignominies.
Le nazisme d'aujourd'hui est abordé, sujet que l'on connait de loin même si on sait que ça existe toujours et j'ai trouvé judicieux d'en faire mention, c'est rare.
J'ai parfois été glacée d'effroi devant ces fanatiques du Führer et j'ai aimé la chasse à l'homme.
L'auteur a su assouplir son roman noir pour y glisser de l'émotion, avec un sujet aussi sensible il est agréable de ressentir à travers ces êtres humains.
J'avoue avoir été atteinte d'une bouffée de nostalgie, j'ai pensé à mes grands-mères, la première a connu le traumatisme qu'ont pu produire les bottes allemandes rien qu'à leur résonance sur le bitume.
La deuxième, que je n'ai plus et qui me manque terriblement a été chassée de l'Alsace par la guerre pour venir vivre dans le sud avec ses parents.
J'ai eu l'impression d'y voir l'exode d'Anna et qu'il est bon de s'imprégner d'un roman qui met en scène plusieurs générations d'une même famille.
Parfois avec des secrets lourds à porter, des héritages qui pèsent sur les épaules des survivants.
Bravo pour le surnom "Spin Doctor", ça a réveillé en moi les souvenirs adolescents d'un groupe de punk excellent, j'ai filé sur youtube à la première occasion.
J'ai aussi eu la surprise de croiser un personnages bien connu.
Quelle évolution, disons les choses clairement, Nils Barrellon me laisse encore une fois sur mon séant (j'y mets les formes là, notez).
Il a commencé avec du polar humoristique, enchaîné avec un thriller froid et implacable et présente maintenant un roman noir historique.
L'auteur gagne en qualité avec les années, il vient de se placer très haut avec La lettre et le peigne.
Touchée, coulée Monsieur Barrellon !!
Lien : https://leshootdeloley.blogs..
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   27 février 2018
Elle détestait ce genre d’allusion grivoise, qu’elle fût au troisième ou quatrième degré. Les plaisirs de la chair n’avaient jamais été son fort et c’était bien la seule chose que Bernd aurait pu lui reprocher. Elle trouvait cela populaire. Dégradant. Dès le début de leur mariage, elle avait fait comprendre à son époux qu’il ne faudrait pas trop compter sur elle pour les parties fines. Quand il avait émis quelques réserves, elle avait été claire : certaines filles adoraient cela et le faisaient très bien, il n’avait qu’à s’en servir.
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rkhettaouirkhettaoui   27 février 2018
Ce que pensait Anna de la mainmise russe n’était pas un secret pour son fils. Dès qu’il avait été en âge de tenir une conversation sérieuse, elle avait tenté de lui inculquer les bases d’une conscience politique. « L’histoire, disait-elle, nous a appris qu’il faut connaître ceux qui nous gouvernent. Seuls les moutons se laissent guider par un chien. » Mais, si son intention était d’aider Josef à construire seul une ligne idéologique, ses propres propos n’avaient pas été ni très objectifs ni aussi neutres qu’elle le pensait. Très vite, Josef avait saisi qu’elle abhorrait le SED et, plus précisément, son premier secrétaire Walter Ulbricht, instigateur du mur qui défigurait Berlin. Aux yeux de sa mère, Ulbricht était coupable de donner l’impression aux plus faibles de ses concitoyens que la RDA était maître de son destin. C’était un menteur et Anna détestait les menteurs.
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rkhettaouirkhettaoui   27 février 2018
Josef avait expliqué à sa nouvelle amie française comment l’addiction des Allemands de l’Est à l’arabica et autre robusta avait failli plonger le pays tout entier dans un marasme économique, finalement surmonté grâce au mischkaffe (et aux accords commerciaux entre la RDA et le Vietnam). Plus tard, dans l’intimité de son bureau, que les murs couverts d’étagères remplies de papiers, de livres de maths et de copies d’élèves calfeutraient, il lui fit comprendre comment seule la RDA pouvait se retrouver dans de telles situations. Il lui fit toucher du doigt l’absurdité de ce régime sans jamais, admirable tour de force sémantique, le dénigrer de façon frontale, la paranoïa étant alors dans les gènes de tous les Allemands de l’Est, a fortiori les intellectuels
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rkhettaouirkhettaoui   27 février 2018
Le jeune homme avait pâli d’une façon vertigineuse et se tenait raide devant elle. Elle nota un léger frémissement de ses épaules qui traduisait une tension musculaire de son corps tout entier. Ce n’était pas la première fois qu’elle faisait cet effet à un homme. Elle avait déjà eu l’occasion de juger du pouvoir secret de l’étiquette BKA sur certains de ses interlocuteurs. N’importe quel Allemand connaissait cet acronyme, mais très peu savaient ce qu’il cachait en son sein et, naturellement, l’inconnu effrayait.
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rkhettaouirkhettaoui   27 février 2018
Où aller ? Elle ne connaissait pas Berlin et Berlin, la capitale du Reich millénaire, n’était plus qu’une immense ruine n’offrant aucun abri. Elle avança en trottinant. Parmi les débris qui recouvraient presque entièrement la chaussée de l’avenue Reinhardt, elle enjamba le corps d’un enfant qui ne devait pas avoir dix ans et, quelques mètres plus loin, celui d’une femme dont le bras droit, sectionné, reposait devant elle, la main ouverte, tendue vers le garçon.
C’était la guerre et Anna l’avait presque oublié
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Videos de Nils Barrellon (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nils Barrellon
« Si vous ne devez lire qu?un roman en ce moment, que l?Histoire ne vous rebute pas, que vous cherchez à la fois un roman à énigme et un roman à message, un roman où on est tellement pris à la gorge par ce qui arrive aux personnages que certains passages vous laissent pantelants, au bord des larmes, alors ce roman est fait pour vous. » Black Novel.
C?est à Berlin en 1945 que commence cette saga qui va nous entraîner sur trois générations? La fin de la guerre est proche, c?est le chaos et tout le monde cherche à s?échapper de cet enfer? Anna Schmidt fuit également, en emportant ses douleurs et ses secrets dans cette Allemagne de l?Est où de nombreuses familles devront bientôt affronter d?autres déchirements et d?autres drames? Bien des années plus tard, Jacob, le petit-fils d?Anna, vit à Francfort, il est guitariste, passe ses nuits dans les clubs et est très amoureux de sa petite amie? Une lettre mystérieuse, un vol incompréhensible au musée d?Histoire de Berlin, une agression sauvage? Et tout bascule sans qu?en apparence, personne ne comprenne rien ! Tout le talent de Nils Barrellon est là, nous embarquer ? de Berlin à Rennes, de Francfort à Paris ? sans que l?on puisse reprendre notre souffle? Des personnages attachants, des rebondissements mouvementés, une intrigue pointue et très inattendue? Et on se dit, en refermant cet incroyable roman, qu?on a pris beaucoup de plaisir à voyager avec lui ! C?est « Captivant comme un bon thriller, audacieux par son intrigue, touchant par ses personnages brisés par un lourd secret. » Bob Polar Express.
Quatrième de couverture : Avril 1945. Anna Schmidt erre dans les rues dévastées de Berlin à la recherche d?un abri. Janvier 1953. Elle confie à son cousin Heinrich une mystérieuse lettre qu?elle lui demande de remettre à son fils Josef si un jour celui-ci se sentait en danger et venait la réclamer. Septembre 2012.?La capitaine Hoffer enquête sur l?assassinat d?un gardien du musée d?Histoire de Berlin. le mobile du crime semble être le vol d?un peigne tristement célèbre? Quelques mois plus tard, Jacob Schmidt est sauvagement agressé en sortant d?un club. En déposant plainte, il croise la capitaine Hoffer, très intriguée par son histoire. Depuis, Jacob se sent traqué.?Et le souvenir de cette lettre dont Josef, son père, lui avait parlé lui revient en mémoire? de Francfort à Paris en passant par Berlin, il décide alors de tenter l?impossible pour la retrouver?
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