AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : B005R8MEEK
Éditeur : (30/09/2011)

Note moyenne : 3/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Philippe a dix ans lorsqu'il entre dans le monde braillard et rude du collège. II s'y sent étranger. En progressant vers l'àge d'homme, il transforme en exercice méthodique son opposition instinctive aux « barbares » qui veulent le plier à une discipline qu'il n'a pas choisie. C'est cette ascèse, et non pas banalement les incidents biographiques de son héros, que Maurice Barrès se propose de relater dans la trilogie intitulée Le Culte du moi. L'unique préoccupation ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
NMTB
  19 décembre 2014
Un homme libre est le deuxième volume de la trilogie de Barrès consacrée au Culte du Moi. Une oeuvre faite pour exalter l'Individualité, et qui a donc prit la forme la plus égotiste qui soit : celle du journal.
Le narrateur relate plusieurs étapes de sa vie intérieure qui se concrétisent par autant de voyages. D'abord, il part se réfugier avec son ami Simon dans sa Lorraine natale pour échapper à la mesquinerie du monde et analyser à loisir les mouvements de son âme. Mais plongé dans une tristesse accablante, il décide de visiter Venise, qui lui redonne goût à la vie. Il retourne ensuite à Paris, où il a une brève liaison qui se finit mal. Alors il se rend sur la côte d'azur pour soigner sa mélancolie, puis revient définitivement à Paris, prêt à affronter le monde.
Racontée ainsi, cette histoire peut paraître d'une banalité affligeante. Pourtant, elle est soutenue par une pensée très vigoureuse et relativement étonnante pour un jeune homme, puisque Barrès l'a écrit autour de sa vingt-cinquième année. Il part d'un sentiment assez commun aux écrivains de la fin du dix-neuvième siècle, en particulier aux écrivains catholiques : la tentation de se couper du monde et de s'enfermer dans un cloître. C'est bien la vulgarité de ses contemporains qui le pousse à se réfugier d'abord dans son Moi, ensuite à Saint-Germain, en Lorraine. Mais, alors que ses aînés du siècle précédent, se sont arrêtés là, éteignant tout espoir, sous-entendant que cette fois c'était bien fini, qu'il n'y avait plus rien à attendre que la décadence toujours plus profonde des moeurs, Barrès ouvre une porte sur le vingtième siècle. Cette porte, c'est celle de l'idéologie. Même si elle n'est pas vraiment encore tout à fait systématisée dans ce livre, on peut se rendre compte que Barrès utilise un certain vocabulaire. Pour évoquer cet Autre qui assaille son Moi, il parle de « barbares », et il les assimile à tous les étrangers qui ont soumis son peuple, la « race lorraine ». Mais je le répète, dans Un homme libre, on ne retrouve de l'idéologie nationaliste que la terminologie, la place prépondérante reste celle du Moi. Pourtant, même si cela n'est qu'anecdotique dans ce livre, c'est intéressant de voir la manière avec laquelle Barrès passe si facilement du Moi à une certaine communauté, une « race ». Cette manière c'est une sorte de magie de l'esprit : l'analogie.
Bref, Barrès n'est pas autant accablé par la solitude que d'autres écrivains du dix-neuvième siècle, il a un fort sentiment d'appartenir à une forme de communauté à travers les âges, un Etre, une civilisation, dont son Moi n'est qu'une petite partie. Et pour retourner l'analogie, ce Moi est lui aussi traversé par de multiples émotions, parfois contradictoires, qui le sauvent également du désespoir, de la sécheresse des sentiments. Car toutes ces émotions sont les chemins qu'aime parcourir Barrès et tant pis si elles ne le mènent nulle part, car « Les désirs, les ardeurs, les aspirations sont tout ; le but rien. »
En résumé, une écriture savante mais très sobre, sans emportement, avec juste ce qu'il faut de philosophie, de culture et d'art. Un livre plein de réflexions et d'auto-analyses étrangement froides, non sans paradoxes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
EricB
  18 janvier 2016
J'ai ouvert ce livre avec une certaine appréhension, car le premier volume de la trilogie du "Culte du moi" m'avait carrément barbé. Dans ce second volet, j'ai retrouvé le style quelque peu rébarbatif du premier Barrès, ses analyses psychologiques absconses, avec cependant quelques belles pages.
Des critiques de l'époque (1889) y ont décelé de l'ironie ; je ne suis pas sûr qu'il s'agisse de cela, et d'ailleurs l'auteur s'en défendait dans une préface. Ce qu'il disait aussi, c'est que ce livre s'adressait aux collégiens subissant un mal de vivre pouvant les mener au suicide. De là à le réduire à de la littérature pour potaches, il y a un pas que je me garderai de franchir.
Le jeune narrateur (25 ans) pratique des autoanalyses, des exercices spirituels. Il veut tout ressentir, subir toutes les émotions, même artificiellement. Son objectif : une parfaite maîtrise de soi, mais sans jamais se départir d'un enthousiasme salvateur, et d'une grande faculté d'admiration. Se rendant à Venise, il cesse de mépriser, se réconcilie avec le monde des "barbares". Mais il en arrive à se détacher de tout, y compris de lui-même.
Etrange roman, qui néanmoins influença une génération au moins de jeunes gens. Malgré tout, cette curiosité littéraire vaut le détour, comme dirait un certain guide touristique.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Marti94
  28 octobre 2013
Nous n'avons vraiment pas la même conception de la liberté. le livre m'est tombé des mains mais j'ai quand même essayé de comprendre les propos de Maurice Barrès. Conclusions : il est misogyne, réactionnaire et a des problèmes de rentier ; il pense que la liberté s'acquière dans son MOI et pas par ses actes. Je ne sais pas si j'ai bien compris cet auteur mais on ne m'y reprendra pas car il y a tellement de livres à lire !
Lu en septembre 2013
Commenter  J’apprécie          20
Aude_85
  31 juillet 2015
Commenter  J’apprécie          30
Kadjagoogoo
  19 juillet 2017
Commenter  J’apprécie          00
Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   23 février 2015
Premier principe : Nous ne sommes jamais si heureux que dans l'exaltation.
Deuxième principe : Ce qui augmente beaucoup le plaisir de l'exaltation, c'est de l'analyser.
Troisième principe : Il faut sentir le plus possible en analysant le plus possible.
Commenter  J’apprécie          150
EricBEricB   05 janvier 2016
Nous n'avons jamais connu l'irréflexion des adolescents, leurs gambades ni leurs déportements. La vie toujours chez nous rencontra des obstacles. Nous n'avons pas eu le sentiment de la force, cette énergie vitale qui pousse le jeune homme hors de lui-même. Je ne me crus jamais invincible. Et en même temps, j'ai eu peu de confiance dans les autres. Notre existence, qui peut paraître triste et inquiète, fut du moins clairvoyante et circonspecte. Ce sentiment de nos forces émoussées nous engage vivement à ne négliger aucune de celles qui nous restent, à en augmenter l'effet par un meilleur usage, à les fortifier de toutes les ressources de l'expérience.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
NMTBNMTB   19 décembre 2014
Deux êtres ne peuvent pas se connaître. Le langage ayant été fait pour l’usage quotidien ne sait exprimer que des états grossiers ; tout le vague, tout ce qui est sincère n’a pas de mot pour s’exprimer. L’instant approche où je cesserai de lutter contre cette insuffisance ; je ne me plairai plus à présenter mon âme à mes amis, même la nuit.
Plus loin j’entrevois la possibilité d’être las de moi-même autant que des autres.
Mais quoi ! M’abandonner ! Je renierais mon service, je délaisserais le culte que je me dois !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
EricBEricB   05 janvier 2016
Vous connaissez ces insomnies que nous fait une idée fixe, debout sur notre cerveau comme le génie de la Bastille, tandis que, nous enfonçant dans notre oreiller, nous nous supplions de ne penser à rien et nous recroquevillons dans un travail machinal, tel que de suivre le balancier de la pendule, de compter jusqu'à cent et autres bêtises insuffisantes. Soudain, à travers le voile de banalités qu'on lui oppose, l'idée réapparaît, confuse, puis parfaitement nette. Et vaincu, nous essayons encore de lui échapper, en nous retournant dans nos draps. Enfin, je me levais, et par quelque lecture émouvante je cherchais à m'oublier. Tout me disait mon chagrin, au point que les romans de mes contemporains me parurent admirables.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Marti94Marti94   26 janvier 2014
Se détacher de soi-même, chose belle et nécessaire  ! D'ailleurs, mon moi du dehors, que me fait  ! Les actes ne comptent pas ; ce qui importe uniquement, c'est mon moi du dedans  ! le Dieu que je construis.
Commenter  J’apprécie          50
Video de Maurice Barrès (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Maurice Barrès
Joseph Paul-Boncour et Maurice Barrès... .Joseph Paul-Boncour dans le ?Portrait Souvenir? de Maurice Barrès proposé en 1962 par Roger Stéphane pour la chaine unique de télévision. Montage d'Antoine Perraud pour Mediapart.
autres livres classés : égotisteVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Freud et les autres...

Combien y a-t-il de leçons sur la psychanalyse selon Freud ?

3
4
5
6

10 questions
251 lecteurs ont répondu
Thèmes : psychologie , psychanalyse , sciences humainesCréer un quiz sur ce livre