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EAN : SIE227071_731
Le Livre de Poche (01/01/1966)
4.06/5   8 notes
Résumé :
Philippe a dix ans lorsqu'il entre dans le monde braillard et rude du collège. II s'y sent étranger. En progressant vers l'àge d'homme, il transforme en exercice méthodique son opposition instinctive aux « barbares » qui veulent le plier à une discipline qu'il n'a pas choisie. C'est cette ascèse, et non pas banalement les incidents biogra-phiques de son héros, que Maurice Barrès se propose de relater dans la trilogie intitulée Le Culte du moi. L'unique préoccupation... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
generalmarechal
  18 juin 2019
Un ami avait retenu comme plus grand livre du XIXème siècle le Culte du Moi, lui qui, pour le XXème, attribuait ce prix aux Deux Etendards. Ayant aimé ce dernier ouvrage, j'étais intrigué de lire le premier, bien que partant avec certains a-priori sur Barrès : que sa plume était ampoulée, peu fine, politique.
Je ne vis pourtant rien de cela dans le Culte du Moi. L'écriture est certes très poétique, fine et précise - et en ce sens les moins poètes de notre siècle et ses plus mauvais lecteurs y trouveront de l'emphase - pourtant le style sert le récit : une histoire très forte qui nous plonge dans la métaphysique d'un jeune homme, qui passe par l'égotisme le plus acharné au sentiment amoureux le plus subtil.
Un très grand roman, malheureusement méconnu et relativement difficile à trouver.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
generalmarechalgeneralmarechal   18 juin 2019
Quand Bérénice était petite fille, dans mon désir de l'aimer, j'avais beaucoup regretté qu'elle n'eût pas quelque infirmité physique. Au moins pour intéresser mon cœur avait-elle sa misère morale. Une tare dans ce que je préfère à tout, une brutalité sur un faible, en me prouvant le désordre qui est dans la nature, flattent ma plus chère manie d'esprit et, d'autre part, me font comme une loi d'aimer le pauvre être injurié pour rétablir, s'il est possible, l'harmonie naturelle en lui violée. Je m'écarte des êtres triomphants pour aimer, comme aime Petite-Secousse, les beaux yeux résignés des ânes, les tapisseries fanées, ou encore, comme j'aurais voulu qu'elle fût elle-même, les petites malades qui n'ont pas de poupées. C'est qu'il n'est pas de caresse plus tendre que de consoler.
A Aigues-Mortes, toutefois, ayant vu sa nuque souple et ses grands cils mélancoliques, je m'égarai de cette façon de sentir. Je me sentis disposé à la posséder. Et comme le sûr moyen dans le tête-à-tête, pour arriver à la sensualité, me parut toujours les sentiers de la mélancolie, au soir tombant je priai Petite-Secousse de me raconter ces tristesses qu'elle m'avait indiquées d'un mot léger à Arles, quand une de ses larmes tomba sur sa main que je baisais.
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generalmarechalgeneralmarechal   18 juin 2019
Jouissons et dansons, mais voyons clair. Il faut traiter toutes choses au monde comme les gens d'esprit traitent les jeunes filles. Les jeunes filles, au moins en désir, se sont prêtées à tous les imbéciles, et lors même qu'elles sont vierges de désir, croyez-vous qu'il n'existe pas un imbécile qui puisse leur plaire ! Il faut faire un assez petit cas des jeunes filles, mais nous émouvoir à les regarder, et nous admirer de ressentir pour de si maigres choses un sentiment aussi agréable.
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Videos de Maurice Barrès (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Maurice Barrès
Enseignement 2016-2017 : de la littérature comme sport de combat Titre : Introduction
Chaire du professeur Antoine Compagnon : Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie (2005-2020)
Cours du 3 janvier 2017.
Retrouvez les vidéos de ses enseignements : https://www.college-de-france.fr/site/antoine-compagnon
Le cours de cette année répond à celui de 2014 qui portait sur la « guerre littéraire » de 1914-1918, c'est-à-dire sur l'inscription de la réalité de la guerre dans les oeuvres, et sur les différentes postures, souvent paradoxalement pacifiques, que l'expérience de la guerre a prescrites aux écrivains. Il s'agira cette année au contraire d'envisager la production littéraire comme lieu d'une conflictualité sui generis, tantôt sur le mode d'une détermination au combat d'idées, tantôt sur le mode d'une compétition pour la survie au sein de ce que Pierre Bourdieu, dans Les Règles de l'art, a décrit comme le « champ » littéraire. Il s'agit aussi de faire un sort à une figure rencontrée dans le cours de 2016 : celle du crochet de l'écrivain chiffonnier, mise en place par Baudelaire, et qui pouvait toujours se retourner en arme. À partir de Baudelaire et en remontant dans la modernité littéraire, on découvre une généalogie d'images : la plume-épée des Dialogues et entretiens philosophiques De Voltaire, ou la plume de fer par laquelle, bien avant l'apparition de l'objet industriel lui-même, Ronsard décrit son ambition de défense d'une France royale et catholique, dans la Continuation du Discours des misères de ce temps (1563).
La création littéraire se définit régulièrement par comparaison avec les sports de combat, et même plus généralement avec le sport, en tant que le sport a rapport au combat, c'est-à-dire à la compétition. Il y a, chez elle aussi, des championnats, des prix, la possibilité d'un dopage. Tout jeune écrivain, avertit Fontenelle, doit se préparer à entrer en lice ; Maurice Barrès lui-même, qui s'est beaucoup tenu à distance des accidents de la camaraderie littéraire, a l'impression de rejoindre un « match professionnel » au moment de rendre compte de son exploration de l'Égypte. Tous les grands écrivains du XIXe siècle, à peu d'exceptions près, se sont battus en duel, comme si ce moment de duel révélait la valeur agonistique latente de la littérature. La littérature, plutôt ou autant qu'au loisir (otium), n'aurait-elle pas rapport au negotium, au remue-ménage ? La pacification, la consolation comptent parmi ses opérations possibles, mais leur inverse paraît une tendance constitutive de la création et de l'existence littéraire.
L'abbé Irail, dans ses Querelles littéraires (1761), s'intéressait à la figure d'Archiloque, tout à la fois premier poète lyrique et premier poète satirique, qui fait de la poésie avec sa colère et son désir de vengeance. le génie et la querelle sont liés : il n'y a pas eu de siècle de grand talent, observe-t-il, qui ne fût un siècle de grande agitation et de grande jalousie entre les écrivains. Comme dans la théorie économique de Bernard Mandeville, il semble que, dans les arts, les vices privés servent le bien général et que le florissement d'une culture repose sur la querelle permanente de ses représentants.
Notre rapport à la littérature reconnaît implicitement une telle dimension pugilistique, proprement romantique ; c'est la règle du winner takes all. Pierre Bourdieu et Harold Bloom ont été les théoriciens de cette difficulté de survivre en littérature, et de cette dynamique réelle de la littérature, bien différente d'un glissement naturel d'âges, qui fait se heurter d'une part les gloires littéraires acquises, pour qui l'urgence est de durer, d'autre part les aspirants à la gloire, qui savent qu'ils n'acquerront le droit de durer qu'en rejetant leurs prédécesseurs dans le passé.
Sportifs, escrimeurs, prisonniers : ce sont plusieurs figures, au sens de Roland Barthes, de cette agonistique motrice de la vie littéraire entre la Restauration et le Second Empire, qui seront envisagées tout au long du cours.
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