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EAN : 9782070382927
218 pages
Gallimard (13/11/1990)
3.54/5   25 notes
Résumé :

Ce livre culte fascina et fascine encore politiques, poètes et créateurs. C'est en 1922 que Maurice Barrès publie son chef-d'œuvre le plus pur, livre de chevet de plusieurs générations d'écrivains et de créateurs assoiffés de Sud : Un jardin sur l'Oronte. Entre carnet de voyages et introspection géopoétique, ce texte exceptionnel préfigure Morand et Rondeau. Un bréviaire euroméditerrann... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Tastevin
  16 octobre 2017
Dernier roman de Maurice Barrès écrit en 1922, ce texte raconte les amours tumultueuses d'un jeune croisé du XIII° siècle, le chevalier Guillaume, avec une belle musulmane prénommée Oriante, une femme de sang royal.
Le roman débute par la rencontre de Barrès en Syrie sur les bords du fleuve Oronte avec un mystérieux voyageur irlandais. Nous sommes à la veille de la guerre en juin 1914. On peut penser que ce voyageur se trouve être Oscar Wilde mais rien ne le prouve. C'est juste une hypothèse. Cet Irlandais explique détenir un manuscrit. Barrès le prie de lui lire « cette histoire d'or, d'argent et d'azur ».
L'histoire se situe en Syrie partiellement occupée par les croisés. Les Francs nouent puis rompent des alliances avec les autochtones musulmans aux grès des intérêts et des humeurs des uns et des autres. Les dissensions des croisés entre eux (ils sont originaires de différents pays d'Europe problèmes auxquels s'ajoutent les haines personnelles), les rivalités régionales des émirs musulmans sur un même territoire, tout cela conduit à des situations complexes où l'on voit des nobles chrétiens s'allier durablement avec des émirs musulmans et des croisés -princes autoproclamés de cités nouvellement conquises- s'en prendre par pure ambition à des musulmans pacifiques amis des chrétiens.
Barrès choisit de raconter d'abord l'amitié du chevalier Guillaume avec l'émir de Qalaat puis la passion de Guillaume pour Oriante, la perle du sérail du dit émir. La volonté du prince chrétien d'Antioche de conquérir Qalaat va séparer les deux amants. Guillaume, échappé du siège sans son amante, va s'employer à la retrouver. Il sera surpris de la découvrir dans une situation pour lui très embarrassante. C'est là où se déploie le récit et l'analyse psychologique de ce personnage complexe qu'est Oriante. Ce qui risquait de ne devenir qu'un scénario bon pour la collection Arlequin devient un authentique drame digne de Racine. A cela s'ajoute la configuration politique de ce territoire occupé par des croisés où se mêlent aventuriers brutaux et idéalistes pacifiques.
On entend dire que le style de Barrès est décadent. Si l'on trouve sous sa plume des tournures un peu désuètes on ne peut nier – en tout cas dans ce roman- une forme d'écriture harmonieuse et variée. Les descriptions évitent la lourdeur des naturalistes façon Zola comme dans « la faute de l'abbé Mouret » et dévoilent au lecteur la sensualité orientale. L'auteur varie le ton suivant les situations, il alterne les temps n'hésitant pas à user, par moment, du présent. Cela nous change du ronron ennuyeux des écrivains d'aujourd'hui, valets serviles d'une mode qui veut imposer le présent comme seul moyen de raconter une histoire.
Le roman fut décrié par les bien-pensants de l'époque (c'est-à-dire des catholiques réactionnaires à l'inverse d'aujourd'hui où la bien-pensance a changé de camp) car mettant en exergue les rivalités des chrétiens entre eux et l'amour d'un chevalier chrétien pour une musulmane. Un ouvrage à lire ou relire pour, d'une part, mieux comprendre la géopolitique de cette région et, d'autre part, disposer d'un aperçu original de la psychologie féminine des musulmanes d'ascendance royale.
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helhiv
  10 janvier 2017
Il est des auteurs à la plume notoirement lumineuse qu'on se retient de lire par désaccord avec leurs idées. Pour ne pas mourir idiote et être passée à côté des génies de la littérature, on se fait violence. Maurice Barrès fait partie du lot et j'ai entamé son oeuvre avec Un jardin sur l'Oronte.
L'écriture est effectivement parfaite, la maîtrise de la langue française est totale, le Français de Barrès est souple, naturel, cristallin. le code civil ou l'annuaire du Maine-et-Loire (remplacez par le département que vous voulez) doivent devenir lisible réécrit par Maurice Barrès. Pourquoi alors raconter avec un tel talent une histoire aussi peu signifiante ? Un chevalier chrétien du XIIIe siècle s'éprend de l'épouse d'un émir ; différentes péripéties vont les réunir ou les éloigner.
L'histoire d'amour est ici dissymétrique : le chevalier est preux, naïf et pieux quand la dame est manipulatrice, intéressée, versatile et tentatrice. Même si on admet que l'amour est sincère et réciproque, vous avez compris que la femme a le mauvais rôle, celui d'une créature maligne pour ne pas dire diabolique. Si ce conte a fait scandale à sa sortie, il apparaît aujourd'hui comme très conservateur.
Je persévérerai néanmoins avec La colline inspirée ...
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lerital31
  13 février 2014
L'histoire met en scène un chevalier, sire Guillaume, ambassadeur des chrétiens de Tripoli venu à Qalaat (actuelle Syrie) rencontré un émir afin d'entretenir de bons rapports de voisinage. Nous sommes au XIIIe siècle. Guillaume découvre un soir dans les jardins sur l'Oronte, Oriante, la femme de l'émir qui règne sur son harem. Sa beauté exceptionnelle et sa présence envoûtante, vont conquérir le coeur de notre chevalier qui décide de rester vivre à Qalaat. Une histoire d'amour naîtra mais les événements vont la mettre à rude épreuve...
La grâce, la symbolique et le lyrisme de l'écriture de Maurice Barres nous plonge au coeur de l'Orient. Ce drame amoureux a fait scandale à sa sortie car il mêle foi chrétienne et sensualité dans un ensemble qui reste cohérent car tout simplement humain.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
FredMartineauFredMartineau   14 mai 2016
Les jardins de Qalaat étaient réputés parmi les plus beaux de la Syrie, dans un temps où les arabes excellaient dans l'art d'exprimer avec de l'eau et des fleurs leurs rêveries indéfinies d'amour et de religion.
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lerital31lerital31   13 février 2014
Qui n’a pas éprouvé la stupeur de recueillir, sans oser faire un geste qui trahît son désespoir, une nouvelle formulée dans les termes les plus insipides et qui va pour toujours se développer en nous et nous transformer ? Qui n’a pas entendu, en se demandant s’il rêve, une parole glisser au fond de son être et tout y dénaturer, comme une fiole de poison versée dans la fontaine ?
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shousounshousoun   16 mars 2015
A la fin d'une brûlante journée de juin 1914, j'étais assis au bord de l'Oronte dans un petit café de l'antique Hamah, en Syrie. Les roues ruisselantes qui tournent, jour et nuit, au fil du fleuve pour en élever l'eau bienfaisante, remplissaient le ciel de leur gémissement, et un jeune savant me lisait dans un manuscrit arabe une histoire d'amour et de religion... Ce sont de ces heures divines qui demeurent au fond de notre mémoire comme un trésor pour nous enchanter. [p. 5]
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lerital31lerital31   13 février 2014
La tulipe fleurit promptement et s’en va légère et rapide, mais le rubis qui se forme avec lenteur ne craint rien du vent ni de la pluie et traverse toutes les saisons.
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lerital31lerital31   13 février 2014
Tandis que le sage reste sur la rive cherchant un gué, le fou aux pieds nus a traversé l’eau.
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Videos de Maurice Barrès (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Maurice Barrès
Enseignement 2016-2017 : de la littérature comme sport de combat Titre : Introduction
Chaire du professeur Antoine Compagnon : Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie (2005-2020)
Cours du 3 janvier 2017.
Retrouvez les vidéos de ses enseignements : https://www.college-de-france.fr/site/antoine-compagnon
Le cours de cette année répond à celui de 2014 qui portait sur la « guerre littéraire » de 1914-1918, c'est-à-dire sur l'inscription de la réalité de la guerre dans les oeuvres, et sur les différentes postures, souvent paradoxalement pacifiques, que l'expérience de la guerre a prescrites aux écrivains. Il s'agira cette année au contraire d'envisager la production littéraire comme lieu d'une conflictualité sui generis, tantôt sur le mode d'une détermination au combat d'idées, tantôt sur le mode d'une compétition pour la survie au sein de ce que Pierre Bourdieu, dans Les Règles de l'art, a décrit comme le « champ » littéraire. Il s'agit aussi de faire un sort à une figure rencontrée dans le cours de 2016 : celle du crochet de l'écrivain chiffonnier, mise en place par Baudelaire, et qui pouvait toujours se retourner en arme. À partir de Baudelaire et en remontant dans la modernité littéraire, on découvre une généalogie d'images : la plume-épée des Dialogues et entretiens philosophiques De Voltaire, ou la plume de fer par laquelle, bien avant l'apparition de l'objet industriel lui-même, Ronsard décrit son ambition de défense d'une France royale et catholique, dans la Continuation du Discours des misères de ce temps (1563).
La création littéraire se définit régulièrement par comparaison avec les sports de combat, et même plus généralement avec le sport, en tant que le sport a rapport au combat, c'est-à-dire à la compétition. Il y a, chez elle aussi, des championnats, des prix, la possibilité d'un dopage. Tout jeune écrivain, avertit Fontenelle, doit se préparer à entrer en lice ; Maurice Barrès lui-même, qui s'est beaucoup tenu à distance des accidents de la camaraderie littéraire, a l'impression de rejoindre un « match professionnel » au moment de rendre compte de son exploration de l'Égypte. Tous les grands écrivains du XIXe siècle, à peu d'exceptions près, se sont battus en duel, comme si ce moment de duel révélait la valeur agonistique latente de la littérature. La littérature, plutôt ou autant qu'au loisir (otium), n'aurait-elle pas rapport au negotium, au remue-ménage ? La pacification, la consolation comptent parmi ses opérations possibles, mais leur inverse paraît une tendance constitutive de la création et de l'existence littéraire.
L'abbé Irail, dans ses Querelles littéraires (1761), s'intéressait à la figure d'Archiloque, tout à la fois premier poète lyrique et premier poète satirique, qui fait de la poésie avec sa colère et son désir de vengeance. le génie et la querelle sont liés : il n'y a pas eu de siècle de grand talent, observe-t-il, qui ne fût un siècle de grande agitation et de grande jalousie entre les écrivains. Comme dans la théorie économique de Bernard Mandeville, il semble que, dans les arts, les vices privés servent le bien général et que le florissement d'une culture repose sur la querelle permanente de ses représentants.
Notre rapport à la littérature reconnaît implicitement une telle dimension pugilistique, proprement romantique ; c'est la règle du winner takes all. Pierre Bourdieu et Harold Bloom ont été les théoriciens de cette difficulté de survivre en littérature, et de cette dynamique réelle de la littérature, bien différente d'un glissement naturel d'âges, qui fait se heurter d'une part les gloires littéraires acquises, pour qui l'urgence est de durer, d'autre part les aspirants à la gloire, qui savent qu'ils n'acquerront le droit de durer qu'en rejetant leurs prédécesseurs dans le passé.
Sportifs, escrimeurs, prisonniers : ce sont plusieurs figures, au sens de Roland Barthes, de cette agonistique motrice de la vie littéraire entre la Restauration et le Second Empire, qui seront envisagées tout au long du cours.
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