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EAN : 9782010061943
395 pages
Hachette (30/11/-1)
3.38/5   8 notes
Résumé :
4° de couverture :
(Edition Source : Hachette - 05/1981)


Vers 1530 paradent François lei, Charles Quint, Henry VIII, Soliman le Magnifique sur les tréteaux de l'Histoire. Mais Bosch, Dürer, Bruegel, Michel-Ange peignent l'Enfer et le Jugement dernier. Le monde, croit-on, va vers sa fin et toute chose humaine vers sa corruption. L'époque, autour de Luther, est hantée par le salut. Les visions sauvages de l'Apocalypse incendient les coeur... >Voir plus
Que lire après Le roi des derniers jours. L'exemplaire et très cruelle histoire des rebaptisés de Münster (1534-1535)Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Ce livre est d'une étrange actualité.

Au début de 1534, un groupe d'anabaptistes (composé d'allemands, de hollandais et même de danois...) prend le contrôle de la ville de Münster, en Westphalie, pour y fonder la Nouvelle Jérusalem, et y vivre les 1000 ans de bonheur promis aux justes.

Commence alors, pour les « münsterois », la mise en place d'une charte biblique (toutes les autres ont été abolies) ; les baptêmes forcés ou l'expulsion ; les autodafés de tous les livres hormis la bible ; les profanations de cimetières, d'églises, puis leur destruction, y compris la cathédrale ; la fermeture des couvents ; le changement de nom des rues ; la mise en commun des biens, des repas, des maisons... ; la saisie de l'argent et des bijoux ; l'instauration de la polygamie ; la justice expéditive, pour un oui pour un non...

Tout cela au milieu des prêches et des transes de petits malins communiquant avec Dieu ! Et pour couronner le tout, un aigre-fin se fait sacrer roi !!!!

Aujourd'hui au Proche Orient il se dit Calife ! Mais nous assistons aux mêmes événements aussi bien du côté des fanatiques musulmans, que du côté de leurs ennemis qui étaient, ils n'y a pas si longtemps en guerre.

L'anabaptisme est sorti de la Réforme. Des « prophètes » circulent en Allemagne, convertissent et rebaptisent. Ce mouvement prospère sur la décomposition de l'église catholique.

L'évêque de Munster, Franz von Waldeck, a acheté son évêché comme on achète une seigneurie. Il vit avec femme et enfants. L'archevêque de Cologne de même ! Mais lui ne sait même pas le latin et n'a pas entendu une messe depuis 10 ans.

Mûnster est bien sur victime d'un siège. L'évêque veut récupérer sa ville et ses revenus. Les protestants et les catholiques s'allient pour écraser les anabaptistes. On fait la chasse à ceux qui veulent les rejoindre, ou les imiter (à Amsterdam, par exemple). Mûnster affamée, finit par tomber, et on ne fait pas de prisonnier.

Cette lecture, vous fait penser aussi, à la persécution des Juifs dans l'Allemagne nazie, au Reich de 1000 ans, à la nuit de cristal... Mais ce qu'il reste surtout de cette lecture, c'est le peu de cas que l'on fait d'une vie. On tue par tous les moyens, noyade, feu, démembrements, épée, canon, pendaison... en gardant le « meilleur » et le plus cruel pour ceux qui ont fait le plus de tort aux puissants. L'être humain ne sort pas grandit de ce récit. 

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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
... la vérité voulait que sa mère (à Jean de Leyde) fut une servante engrossée par le maître de maison, un certain Bockel, bourgeois de Leyde. Le bourgeois était marié, et jusqu'à la mort de sa femme, la servante est restée servante, et le petit Jan un bâtard.

[p. 168]

Note - On peut rapprocher la naissance de Jan de Leyde, ... de celle d'Adolf Hitler, fils d'une servante, Klara, engrossée par l'employé des douanes Aloïs Hitler, de vingt-trois ans son aîné, marié à Franziska Matzelberger, et attendant que celle-ci soit morte pour l'épouser. Il serait sans doute intéressant de comparer les enfances, les destins des deux hommes, leur aptitude à convaincre par la parole, leur sens de l'organisation et de la mise en scène... Un auteur dramatique allemand Friedrich Percyval Reck, l'a d'ailleurs fait en 1938. Hitler l'a envoyé à Dachau où il est mort en 1945.

2028 - [p. 359]
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Charles-Quint le catholique promulgue un édit impérial en 1528 et le confirme l'année suivante, valable pour tout l'Empire : « Pour prévenir ce mal, [...] maintenir la paix [...] et supprimer tout doute », il ordonne que « tous les anabaptistes, rebaptiseurs et rebaptisés [...] seront passés de vie à trépas par le feu, le glaive ou autre moyen selon les conditions du moment, sans que les Juges de l'Inquisition aient à juger chacun préalablement. »
En Wurtemberg, on lance des bandes à leurs trousses ; au Tyrol, on offre des primes pour leur capture ; en Bavière, un duc ordonne : « Qui se rétractera sera décapité, qui ne se rétractera pas sera brûlé. »
Déjà, parmi les chefs successifs, Thomas Münzer a été exécuté en 1525, Hans Hut est mort en prison en 1527, Balthazar Ubmaïer a été supplicié à Vienne en 1528, Typmaker à La Haye en 1531...

1984 - [p. 31-32]
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(Après la mort de Jan Matthys, Jan de Leyde lui succède à la tête de la ville) Moins dogmatique sans doute, moins terrible Jan a assumé l'héritage – l'égalité des hommes, partage de l'argent, vie collective, avec maisons ouvertes, travail obligatoire, suppression des livres. De plus, il a ruiné l'ancienne hiérarchie et l'ancienne façon de gouverner pour instaurer des lois directement inspirées de l’Écriture et propres à recréer les conditions de la parfaite restitution de l’Église des premiers temps.
Mais le plus grand changement de mœurs, celui en tout cas qui divisera le plus le peuple des Élus, reste à venir : plusieurs sœurs pour un frère; autrement dit : plusieurs femmes pour un homme. On ne sait pas si c'est un vieux projet (...) ou simplement, en raison d'une circonstance (..) surabondance de femmes, manque d'enfant pour assurer l'avenir, besoin inconscient de transposer la révolution sociale...

2020 - [p. 147]
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En Hollande, en Frise, en Brabant, des milliers d'anabaptistes, alertés par les lettres et les messages de Münster, se mettent en chemin pour être le 24 (mars 1534) à midi, au couvent de la Montagne, près de Zwolle, là où un prophète doit venir les chercher. Cinq bateaux sont interceptés près de Vollenhove et coulés. A cette date, vingt et un sont encore en mer. D'autres amis se sont emparés du couvent de Kamp. Leur nombre croit de jour en jour et ils ont l'intention d'aller délivrer la Nouvelle Jérusalem. Mais le gouverneur impérial en Frise, Georg Schenck von Tautenberg, détruit les divers rassemblements et extermine les anabaptistes « par l'épée, l'eau ou le feu ». Ils étaient environ cinq mille.

2013 - [p. 106]
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février 1534 – C'est l'heure des lansquenets. Des nuées de mercenaires sans emploi arrivent à Münster, en troupes organisées, en bandes, en familles. Tous sont accompagnés de femmes, de domestiques, de chiens, d'enfants. Chez les mercenaires allemands, ce sont les femmes – légitimes ou prostituées – qui portent les bagages et s'occupent des blessés. Soldats de métier, successeurs des fameux Suisses dans la grande histoire des batailles, ils se groupent souvent par origine géographique et, sans trop se soucier de la justesse de la cause qu'on les paie pour défendre, ils se mettent au service des princes ou d’États sans armée. Leur nom – landsknechte, ou lansquenet, serviteurs du pays – est vite devenu populaire, ainsi que leur formation en carré hérité des Suisses, ou leur façon de se vêtir, avec leurs petits chapeaux et leurs pourpoints aux crevés de couleurs vives. Ils constituent une véritable confrérie, avec son code, sa discipline et sa justice expéditive. Il est de tradition que les lansquenets ne se mêlent jamais de travaux de terrassement, juste bon pour les paysans. Ils font la guerre avec des piques et des arquebuses, pas avec des pelles.

1992 - [p. 90]
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