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Albert Bensoussan (Traducteur)
EAN : 9782020376174
304 pages
Seuil (06/06/2000)
2.5/5   3 notes
Résumé :
"Si je suis perdu, qu'on me cherche à La Havane." C'est ce qu'a noté au verso d'une photo Albert Dalmau, ami que Martin Losada a rencontré dans la lutte antifranquiste. Vingt ans après le combat, en sortant de prison, Martin part à la recherche de son ami recyclé comme lui dans le banditisme. Seulement à La Havane, tout le monde ignore ce qu'est devenu Dalmau, qui y a vécu en seigneur. Tout le monde, sauf peut-être la mafia… Losada trouve un fidèle allié dans un cha... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Martin Losada, a passé quelques années dans les prisons franquistes. Ce Républicain a connu le front de l'Ebre, la Retirada, les camps français, a combattu contre les nazis, et défilé sur les Champs Elysées avec les alliés en 45. Mais il n'a jamais oublié la République et continué le combat depuis la France, n'hésitant pas à commettre des braquages de banques pour financer les opérations.
En 1959, il se rend à La Havane à la recherche de son ami, compagnon d'arme et complice Albert Dalmau. Mais ses recherches sont vaines, Dalmau s'est volatilisé. Losada frappe à toutes les portes, y compris à celles de la Mafia, secondé par Despanier, un chauffeur de taxi, ex-champion de boxe poids lourd, qui a jadis connu la notoriété. Dans l'île où le régime de Batista connaît ses dernières heures, la quête de Losada dérange.

Chaque chapitre du roman commence par des vers de José Marti, et nous ouvre une fenêtre sur la ville où les thuriféraires du régime, les riches Américains, les membres de la Mafia mènent grand train alors que les Barbudos de Castro frappent à la porte.
Ce bon roman noir que l'on doit au journaliste Miguel Barroso (adapté au cinéma en 2005 avec Ariadna Gil et José Luis Gómez) est un hommage aux polars de Chandler et Hammett.
Il parle beaucoup de boxe, fait la part belle à l'humour, comme avec les nombreux jeux de mots sur les « Gallegos », les Galiciens, nom que l'on donne à tous les Espagnols même s'ils viennent d'autres Provinces.
Mais au fur et à mesure que l'intrigue avance, et que la découverte de Cuba par un Espagnol tout juste sorti des prisons franquistes fait place à la quête, surgissent comme des vagues les rêves brisés d'un militant anarchiste qui s'est accroché à ses idéaux, et qui continue encore parce que c'est tout ce qui lui reste. S'il n'en reste qu'un alors ce sera lui, puisque les autres, amers, ont tourné la page: « « Tu as oublié toutes les fois où on s ‘est fait avoir? il s'est écrié avec colère. On nous a possédés en Aragon; on était censés implanter le communisme libertaire et nos alliés nous ont attaqué par derrière. On nous a dépossédés en France; on a risqué notre peau en combattant contre ces salauds de nazis pour que ces putains d'Alliés et les Soviétiques nous donnent une médaille et nous la mettent dans le cul. »
Des fourmis plein la bouche est un roman qui s'ouvre sous le soleil tropical, laisse échapper humour et paroles de boléros puis finit par ressembler à un cénotaphe. Ci-gisent les illusions perdues.
««Si me pierdo, que me busquen en La Habana.»
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Rends-toi compte qu'à cette époque les Yankees étaient en pleine guerre contre l'Allemagne et le Japon, et le gouvernement était préoccupé, semble-t-il, par des sabotages sur les quais de la côte Est et l'infiltration nazie parmi les dockers. Il avait besoin de la collaboration des syndicats. (...)
- Et c'était la Maffia qui contrôlait les syndicats. ils lui ont proposé un accord, connu sous le nom de code d' "Opération Malavita", et Lucky Luciano a été le premier à en bénéficier. On l'a transféré au pénitentier d'Albany, avec un régime beaucoup plus doux. L'accord a marché et on l'a élargi à l'Europe; c'est pourquoi la Maffia sicilienne a facilité le débarquement allié. Dès que la guerre a été finie, Luciano a été mis en liberté sous caution et on l'a expédié en Sicile.
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- Vous êtes galicien, pas vrai? m'a-t-il demandé depuis la porte.
Si j'avais eu l'intention de répondre à cette manie des Cubains de traiter tous les Espagnols de Galiciens, il ne m'en aurait pas laissé le temps car il a poursuivi:
- Je le sais parce que la première chose que regardent les Galiciens, c'est la fenêtre, pour calculer la clarté du matin. A chacun ses manies: les Américains sont obsédés par la ventilation, les Mexicains tâtent toujours le matelas, les Vénézuéliens ouvrent les robinets... Le Cubain est fouille-merde:avant toute chose, il voit s'il y a des fenêtres en face, pour zyeuter les femmes la nuit.
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Au moment où vous faisiez la guerre, ici ils étaient pas d'accord non plus. Les Galiciens étaient avec Franco, les Asturiens avec la République.
- Et les Basques?
- Les Basques, ils s'occupent que d'eux. L'essentiel pour eux, c'est d'avoir un fronton et une rôtissoire.
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Il y avait à la même partie George Raft, l'acteur américain photographié sur la façade et l'auteur de l'une de mes phrases préférées: "Un mot de plus et je te mettrai un piano en écharpe autour du cou". Raft était bien accompagné, escorté par deux nanas du tonnerre.
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