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ISBN : 2707177520
Éditeur : La Découverte (24/10/2013)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 8 notes)
Résumé :
En 1914, Louis Barthas a trente-cinq ans. Tonnelier dans son village de l'Aude- Peyriac-Minervois-, il est mobilisé au 280e régiment d'infanterie basé à Narbonne. Il fera toute la guerre comme caporal. Il connaîtra le secteur sinistre de Lorette, Verdun, la Somme, l'offensive du Chemin des Dames; la boue, les rats et les poux; les attaques au-devant des mitrailleuses et les bombardements écrasants; les absurdités du commandement, les mutineries de 1917, les tenta... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
RChris
  16 février 2019
Jean Norton Cru a contrôlé la véracité des témoignages publiés par des combattants de la Première Guerre mondiale. Il a analysé 304 titres à l'aune de son expérience de la guerre, mais aussi d'une abondante documentation (cartes d'état-major, journaux de marche…). Il a estimé que Barthas était un témoin fiable. D'ailleurs, Norton Cru considérait qu'au delà du grade de capitaine, on ne pouvait vraiment avoir connu la guerre.
On écrivait bien à cette époque avec un simple certificat d'études ; 19 carnets, 1732 pages recopiées à la plume et à l'encre violette à partir de feuilles cousues entre elles et parfois un peu mangées par les rats ou couvertes de boue, écrites du 04 août 1914 au 14 février 1919.
Caporal rétrogradé simple soldat, Louis Barthas est resté 54 mois sous les drapeaux. Il dit avoir eu de bonnes intuitions de survie pour revenir vivant et entier.
Son livre est dense, critique à l'égard de la guerre et des officiers. Il montre la résistance passive ou active aux ordres des officiers zélés, planqués et vivants dans des conditions de confort en regard de celles décrites pour "la chair à canons". Il montre la ruse des chefs pour faire "monter" les hommes en première ligne. Il explique que les soldats feront un détour de 20 kms car l'officier de guidage était à bicyclette et préférait rouler sur la grande route plutôt que sur le chemin de traverse!
Il narre diverses expériences originales : celle de la réinsertion de jeunes petites frappes volontaires pour échapper à la prison, celle des révoltés russes qui chantent l'Internationale après la révolution, celle des coups de mains faits dans les tranchées ennemies par des indociles, des fortes têtes, des punis.
L'écriture est moderne, elle donne une force et une actualité prégnante et acide à ses propos. Ainsi, je citerai les dernières lignes de son ouvrage : "Souvent je pense à mes très nombreux camarades tombés à mes côtés. J'ai entendu leurs imprécations contre la guerre et ses auteurs, la révolte de tout leur être contre leur funeste sort, contre leur assassinat. Et moi, survivant, je crois être inspiré par leur volonté en luttant sans trêve ni merci jusqu'à mon dernier souffle pour l'idée de paix et de fraternité humaine". Quelle leçon !
Témoignage indispensable dans une bibliothèque des livres sur la "grande" guerre.
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feanora
  10 septembre 2014
Quel choc, que ce témoignage!
Certes, j'avais déjà lu différents livres sur la "Grande Guerre " mais aucun ne m'avait apporté autant d'informations sur la situation des simples soldats et sur leur vie pendant cette guerre.
Ils étaient moins bien traités que les chevaux, pire que des esclaves.
On peut se demander pour quelles raisons, il n'y a pas eu davantage de mutineries.
Ces soldats souffraient du manque de nourriture. Ils pouvaient rester trois jours sans être ravitaillés tout en combattant. Ils devaient également supporter la crasse, les poux, les exercices de combat, les ordres et les contre-ordres des officiers qui n'avaient aucun respect pour leurs troupes. On leur octroyait de très rares permissions ou moments de détente.
Même pendant les phases de repos, les conditions d'accueil étaient misérables. Pas question de dormir dans un lit, le plus souvent ils couchaient à même le sol, sans feu, dans le froid en compagnie des rats qui venaient dévorer le contenu des musettes.
Leur vie dans des tranchées, non étayées, était insupportable. L'eau, la boue les envahissaient et obligeaient les soldats à les reconstruire indéfiniment.
Combattants, blessés et morts vivaient souvent entremêlés, car les services de santé étaient plus que dépassés.
À la moindre peccadille, les soldats passaient en jugement et écopaient de corvées supplémentaires, de prison s' il y en avait une à proximité. Malheur à celui qui allait consulter le médecin, il était immédiatement renvoyé au combat car considéré comme bien portant.
L'état-major était commandé par des généraux totalement inconscients, qui ne respectaient pas la vie humaine. Que de kilomètres faits à pied, ces malheureux soldats ont-ils parcourus, souvent pour rien car il fallait revenir au point de départ.
Je pense que le livre du tonnelier Louis Barthès est certainement l'un des plus importants témoignages sur cette guerre qu'il a effectuée dans sa totalité et dans les plus grandes batailles.

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Gemlyr31
  08 décembre 2019
Comment ne pas être ému aux larmes en achevant la lecture de ces carnets de guerre de Louis Barthas. 4 années de guerre, 4 années de souffrance vécues et racontées au quotidien par un soldat du front qui,
à aucun moment, au coeur de ce véritable enfer que fut la guerre des tranchées, ne succomba ni à la barbarie, ni à la haine, ni à la folie.
Immense respect pour Louis Barthas, homme humble et lucide comme bien d'autres autour de lui, témoins, acteurs et victimes de ce chaos innommable, qui surent préserver leur humanité en dépit des ordres absurdes qu'ils recevaient et la violence insoutenable des combats.
Beaucoup de grands livres ont été écrits sur la guerre de 14/18, il en est de même pour ces carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, qui méritent tout autant la plus grande attention et le plus grand respect.
Cette oeuvre écrite sans prétention, sans emphase et avec une profonde lucidité est, sans conteste, d'une grande valeur historique, littéraire et humaniste.
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cbrechet
  16 février 2017
Très beau livre sur le 1ere guerre mondiale. On s'y croirait, on entend les canons grondés et on imagine la désillusion de ces soldats dans une guerre qui n'en finit pas.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
RChrisRChris   23 novembre 2018
Quelquefois il y avait échange de politesses, c'étaient des paquets de tabac de troupe de la Régie française qui allaient alimenter les grosses pipes allemandes ou bien de délicieuses cigarettes "made in Germany" qui tombaient dans le poste français. On se faisait passer également chargeurs, boutons, journaux, pain...
...On peut être certains que ce genre de fraternité s'est produit en plus d'un endroit, partout où la proximité des postes le permettait et que nos grands chefs, nos dirigeants, ne s'illusionnent pas : s'il n'y avait pas eu entre les tranchées une distance raisonnable, s'il n'y avait pas eu une barrière de fils de fer épineux c'est partout que les mains se seraient tendues, preuve entre mille que cette horrible guerre a été déchainée contre le consentement des peuples.
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RChrisRChris   09 novembre 2018
Si nous souffrions ainsi stoïquement sans plaintes inutiles, qu'on ne vienne pas raconter que c'était par patriotisme pour défendre le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, pour que ce soit la dernière guerre et autres balivernes, c'était tout simplement par force, parce que victimes d'une implacable fatalité on devait subir son sort, chacun sachant bien que pris dans les dents terribles d'un formidable engrenage il serait broyé à la moindre tentative de velléité de révolte. Et perdant notre dignité , notre conscience humaine, nous n'étions que des bêtes de somme avec comme elles leur passivité, leur indifférence, leur hébétude.
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feanorafeanora   18 juillet 2014
Lorette! Nom sinistre évoquant les lieux d'horreur et d'épouvante, lugubres bois, chemins creux, plateaux et ravins pris et repris vingt fois et où pendant des mois, nuit et jour, on s'égorgea, se massacra sans arrêt, faisant de ce coin de terre un vrai charnier humain et cela par l'obstination criminelle de notre état-major qui savait bien qu'une décision ne pouvait sortir de cette guerre en détail, ces attaques par petits paquets; mais ils avaient imaginé cette guerre d'usure croyant bêtement que les Allemands seraient à ce jeu cruel usés les premiers.
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feanorafeanora   18 juillet 2014
Accablé de fatigue et de sommeil, je m'accroupis un instant. J'étais appuyé au cadavre carbonisé et le mourant vint s'appuyer sur moi. Je dormis entre un mort et un agonisant; cela ne me faisait aucune sensation: soumis à certaines épreuves, le coeur perd toute sensibilité.
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Videos de Louis Barthas (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Louis Barthas
L'adaptation graphique signée Fredman du récit le plus célèbre de la Grande Guerre.
Tonnelier originaire de l?Aude, Louis Barthas est envoyé au front dès 1914. Démobilisé en 1919, il met au propre ses notes prises tout au long du conflit. Militant socialiste et écrivain à son insu, le caporal Barthas a observé jour après jour la vie dans les tranchées : les rats, la boue, les bombes? Avec une plume extraordinaire et un étonnant sens de l?humour, il décrit les poilus livrés en masse à une mort anonyme, les chefs assoiffés de gloire, mais aussi les Allemands, qu?on appelle « ennemis » mais avec lesquels on fraternise à l?abri des regards. Publiés aux éditions Maspero en 1978, les Carnets de guerre de Louis Barthas sont devenus un classique, traduit dans de nombreux pays. Fredman met son trait au service de cette ?uvre unique. Composée d?extraits soigneusement sélectionnés, respectant l?esprit et la lettre des Carnets originaux, son adaptation graphique donne une nouvelle vie à ce témoignage exceptionnel.
Pour en savoir plus et feuilleter la bande dessinée ? https://bit.ly/2SyG8EQ
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