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EAN : 9782070205417
200 pages
Cahiers du cinéma (21/02/1980)
4.11/5   173 notes
Résumé :
« Marpa fut très remué lorsque son fils fut tué, et l'un de ses disciples dit: "Vous nous disiez toujours que tout est illusion. Qu'en est-il de la mort de votre fils, n'est-ce pas une illusion?".
Et Marpa répondit : "Certes, mais la mort de mon fils est une super-illusion."
Pratique de la voie tibétaine.
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Barthes caractérise l'impression mentale produite par la contemplation d'une photographie en produisant deux concepts très personnels : le studium et le punctum. le premier est la perception la plus immédiate que nous avons de ce qui est représenté et que nous associons à nos propres expériences visuelles ; nous identifions un sujet que nous pouvons nommer avec l'évidence la plus spontanée ; le studium est l'impression première partagée par tous les regardeurs, antérieure à tout jugement esthétique, moral, personnel. le punctum quant à lui pointe un détail qui peut troubler la conscience du regardeur, il est la manifestation d'une relation personnelle du regardeur à la photographie regardée ; beaucoup plus subjectif, le punctum est un point focalisant l'intérêt, ce sera un ou plusieurs détails qui d'ailleurs ne surgissent pas toujours immédiatement à la conscience.

Technique du compte rendu visuel, la photographie est d'abord l'invention d'un chimiste qui a su fixer dans la matière des impressions lumineuses formant la marque d'une analogie avec une portion de l'espace placé devant un objectif. C'est une saisie mécanique d'une portion du monde projetée sur les deux dimensions d'une surface chimique. Sans nier complètement le fait qu'un photographe puisse avoir une intention en cadrant de telle ou telle manière, la volonté de l'artiste photographe a un rôle mineur dans le résultat sans aucune comparaison avec celui du peintre dans la production d'un tableau. Ce petit bout d'espace-temps figé sur du papier qu'est la photographie ne prend sa signification ( ou ne la prend pas) qu'après coup. C'est le regardeur qui va lui donner un sens et qui la transforme en objet sémiologique (objet qui, en l'occurrence, est susceptible de connaître un destin social s'élevant au rang de mythe).

La photographie n’est pas une invention d’opticien mais une invention de chimiste. Les peintres de la renaissance se servaient de la camera obscura bien avant que Nicéphore Niepce ait pensé à placer au fond de cette chambre noire une surface sensibilisée au nitrate d’argent. L’art photographique n’est pas un art de la chambre noire comme on aurait pu le dire de la peinture de la Renaissance. La chambre noire de l’appareil photo est entièrement mécanique et automatique ; le photographe lui a délégué son pouvoir de représenter. Mais c’est la lumière du jour qui révèle le photogramme, cet instant de réel irrémédiablement perdu dont la trace est figée dans une émulsion. C’est dans le jour que la photographie se fait invisible sous le masque d’un sens qui occulte le non-sens de ce qui fut une fois pour toute sans espoir de retour. L’art photographique est un art de la chambre claire.

La photographie comme saisie d'une contingence qui renvoie du reconnaissable au regardeur (studium) par lequel pointe parfois un détail troublant (punctum) sont les idées principales qui se dégagent de cette « note sur la photographie ». Mais la forme même de « La chambre claire » est une méditation mélancolique qui n'est pas sans beauté, à l'opposé d'un exercice théorique aride. L'écriture de Roland Barthes se situe ici entre l'essai et la méditation. La Chambre claire a tout l'air d'un essai conçu après la mise en ordre de notes prises en regardant des photographies ; ces contemplations, rapportées à la première personne, donnent au texte un caractère méditatif où l'auteur assume sa subjectivité. C'est d'ailleurs une méditation très personnelle tant l'intimité de Roland Barthes y affleure: lorsqu'il écrit ces notes, il évoque la perte encore récente, de sa mère et c'est ce deuil qui l'a ramené vers quelques vieilles photos de familles.
Enfin, cette méditation à un caractère explicitement mais subtilement bouddhiste (en passant d'abord par la phénoménologie).
Puisant dans le vocabulaire husserlien, il assigne à la contemplation de la photographie une noématique dont il m'est difficile de dire si elle est conforme à la phénoménologie husserlienne : « le nom du noème de la photographie sera donc : « ça a été », ou encore : l'Intraitable. » (p. 120). Mais c'est pour insister sur le caractère contingent de l'impression réalisée par la lumière sur la pellicule et le papier photographique. La méditation de Barthes ne s'intéresse pas aux façons de cadrer et à la technique du photographe ; ces questions ne touchent pas à l'essence de cet art (qui n'a pas acquis ce statut d'art sans mal) mais sur cette saisie unique de quelque chose « qui fut » par la chimie des révélateurs sur une surface de papier. Car la photographie « répète mécaniquement ce qui ne pourra jamais plus se répéter existentiellement ». Elle est la rencontre matérialisée et singulière de quelque chose qui fut et qui n'est plus et qui nous ramène à l'impermanence de toute chose qui est au fondement de l'ontologie bouddhiste. Se référant à Alan Watts, Roland Barthes écrit : « Pour désigner la réalité, le bouddhisme dit sunya, le vide ; mais encore mieux : tathata, le fait d'être tel, d'être ainsi, d'être cela ; tat veut dire en sanscrit « cela » et ferait penser au geste du petit enfant qui désigne quelque chose du doigt et dit : Ta, Da, ça ! Une photographie se trouve toujours au bout de ce geste ; elle dit ; ça, c'est ça, c'est tel ! Mais ne dit rien d'autre (...) » (pp.15-16). Mais parce qu'elle ne peut montrer que quelque chose qui fut et ne sera désormais plus jamais, la photographie met le regardeur face à ce qui est sans retour ; autrement dit l'idée de la mort. (Une mort que nous conjurons en recherchant les photographies les plus « vivantes »).

Ce qu'il y a d'étonnant dans ce texte entièrement parcouru par l'idée de la mort, c'est que le fond d'inquiétude funèbre qui l'imprègne ne se réduit peut-être pas à l'état subjectif d'un Roland Barthes encore endeuillé de la perte de sa mère. Il reste qu'il parvient à nous persuader (sinon convaincre) qu'il touche aussi à quelque chose d'universel.
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La chambre claire de Roland Barthes fut écrite en 1979 et paru l'année suivante.

Cet ouvrage est très intéressant pour qui s'intéresse à la photographie et à l'art. Barthes va nous transmettre sa vision de la photographie et va essayer d'analyser la manière dont celle-ci le touche. Il va agencer son livre à travers deux parties. Dans la première, il va parler des photographies qui le touchent, et dans la seconde, il va se centrer sur une image de sa mère enfant. Après le choc de la perte de sa mère, il va chercher des images afin de se rappeler d'elle, de son caractère. Il veut en quelque sorte s'assurer qu'elle a été et se remémorer de ce qu'elle a été.

Ce livre est agencé sous formes de notes et illustré avec des photograhies. L'agencement en notes est très intéressant car cela lui permet de nous jeter des pensées éparpillées, sans lien direct entre chacune mais toutes reliées à un même thême. A contrario, un plan rigide aurait empêché la partution de certaines idées car ces dernières s'écarteraient du sujet. Toutefois, notamment vers la fin de son ouvrage et dans la partie II (celle de sa mère), il me devient plus compliqué de suivre la pensée de Barthes. C'est peut-être car la profondeur de ce que ressent l'auteur devant cette image dépasse ses mots et rend plus flou à un étranger sa pensée. Il n'aurait pas été de refus un développement plus poussé sur certaines parties. Mais cela peut-être subjectif.

Au fil de l'ouvrage, Barthes va nous dévoiler ce qui rend la photographie si intense. Il va nous dévoiler l'essence de la photographie : un évènement qui a été. Un évènement qui a été dans le monde réel, dont les reflets lumineux ont touché une pellicule (les appareils photos numériques firent leur apparition au grand public dans les années 2000). En regardant la réaction chimique des photons sur la pellicule, nous sommes témoins d'un évèmenent réel, qui a réellement été. Si nous nous plongeons dans la photographie et omettons le fait que nous regardons un écran ou une feuille de papier représentant le résultat de photons sur une pellicule, nous sommes en quelque sorte dans le passé. Barthes dira "la chose d'autrefois, par ses radiations immédiates (ses luminances), a réellement touché la surface qu'à son tour mon regard vient toucher," La notion d'un évènement réel est très importante pour Barthes.
Ainsi, avec la démocratisation de la photographie et de facto, la prolification des clichés et leurs variétés, il devient normal de ne pas être troublé par certaines images. Barthes essaiera d'expliquer, de théoriser ce qui nous fait aimer une image. Premièrement, il définira le "studium", ce qu'est la photo "en apparence, dans les faits" en quelque sorte. Cette évènement "dans les faits, en apparence," est très souvent le sujet de l'image et trouve de la valeur à travers la connaissance et l'éducation (studium, studiare). En prenant pour exemple une image de militaires dans un pays en guerre, le studium est les militaires et le fait qu'ils soient dans un pays en guerre. Ensuite, il parlera de punctum, quelque chose qui nous transperse comme une flèche, qui nous point. Cela peut-être un détail mais c'est ce qui nous trouble selon barthès. Par exemple, derrière ces militaires, des nonnes qui passent en marchant. Ces nonnes nous troublent plus que les militaires qui ont pourtant surement tué des humains. le punctum est très subtil et subjectif, mais, selon Barthes, c'est ce qui donne une âme à l'image.
Barthes est un réaliste, il voit la photo comme un témoin de la réalité. Il va ainsi dans son ouvrage nous donner davantage d'indications sur l'essence de la photographie. Par exemple, il va distinguer la valeur des photographies par différentes formes de "surprises". La surprise de la rareté du référent, la surprise d'un geste saisi au point de sa course (quelqu'un sautant d'un immeuble) etc... Bref, cet ouvrage est loin d'être un de ces tutoriels technique de la photographie vous imposant des règles de composition ou vous expliquant comment bien exposer une image.

Personnellement, j'ai adoré cet ouvrage. Il m'a procuré un nouveau visage de la photographie auquel je n'avais jamais pensé. En effet, je n'ai jamais abordé la photographie sous cet aspect réaliste: le fait que je regarde un témoin fidèle du passé.
Barthes ma fait remarquer un fait sociétal dans lequel nous baignons et nous rentrons de plus en plus : l'intensification des média numériques. Né en 2005, ayant 17 ans en 2022, mon avis sur la photographie est drastiquement différent de celui de Barthes. En voyant une photographie, je ne suis pas abasourdi par le fait d'être témoin d'un évèmenent qui a réellement été. Mon esprit ne divague pas en se demandant ce qu'est devenu l'enfant sur cette image de 1960. Je ne me demande pas "est-il en vie ?", "où est-il maintenant ?"... Je vois la photographie comme quelque chose de commun et il me faut plus qu'une image témoignant d'un évènement passé pour me troubler. Cela peut-être lié au fait que, depuis ma naissance, je baigne dans les images. La vision réaliste de Barthes, qui a vécu dans un monde moins numérique, n'a aucun sens chez moi. Je pense être habitué à la photographie. Et je pense aussi ne pas être le seul de ma génération. Est-ce que, au fil des photographies que je contemplerai, je basculerai dans une vision Barthesienne (je suis débutant dans l'art) ? Ou est-ce que ce fossé de perception artistique est un fait normal et est même le moteur des nouveaux courants artistiques ? Je suppose que les impressionnistes étaient lassés de la vision de l'art qu'avaient leur sphère artistique et voulaient quelque chose de nouveau, quelque chose qui ne leur paraissait pas banal, commun. C'est pourquoi je trouve un intéret fort dans les photographies plutot abstraites, utilisant des procédés techniques (que Barthes jugera superflux) comme les reflets, une vitesse d'obturation lente, une photographie totalement floue etc... A contrario, je peux me tromper et cette différence d'appréciation de la photographie ne peut-être que subjective et je peux être entourré de réalistes sans l'avoir identifié.

Je conseille vivement ce livre !
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"La Chambre claire. Note sur la photographie" de Roland Barthes est un essai lyrique, genre dans lequel Barthes n'a pas d'égal. Spécialiste éminent de la sémiologie française, il développe ici ses thèmes de prédilection: la philosophie de la perception et l'émergence de l'intime.

Contrairement à Susan Sontag ou à Pierre Bourdieu, Barthes ne s'intéresse pas au phénomène sous son aspect sociologique ou anthropologique. Il est indifférent aux processus historiques. Ce qui est au centre de son attention est l'observation de sa propre réaction à un stimulus culturel.

Barthes distingue les effets de la photographie en tant qu'art sur le récepteur: ces effets peuvent se manifester dans un contexte historique et universel (Studium), lorsque la photo nous intéresse pour son arrière-plan culturel et social, ou dans le contexte d'associations personnelles, intimes (Punctum), lorsque certains détails de la photo trouvent leur concordance dans nos émotions, lorsqu'ils nous «blessent».

C'est le deuxième aspect de l'impact de la photographie que Barthes explore le plus. Car il met l'accent sur ce que j'appellerais la "valeur sentimentale" de la photo au détriment de sa valeur intellectuelle.

Roland Barthes est toujours resté fidèle à lu-même, son raisonnement était caractérisé par sa subtilité et son originalité. le lyrisme de son approche lui permettait d'éviter l'ennui du discours didactique d'un Sartre. "La Chambre claire. Note sur la photographie"est, tout comme"Fragments d'un discours amoureux », de l'excellente littérature qui n'entre pas dans le cadre étroit de l'essai journalistique. Dans le cas de Barthes, le discours est toujours aussi un « coeur nu ».
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À qui en a assez des livres universitaires soporifiques, lisez La Chambre claire! À travers une écriture simple, on découvre un Roland Barthes plus humain qu'intellectuel et on dévore ce livre qui n'est pourtant pas un roman.
Aujourd'hui je fais de la photo dans le cadre de mon travail et je me sers encore et toujours des écrits de Barthes. Il nous apprend à regarder un cliché autrement et lorsqu'on a compris, on ne voit plus jamais les images de la même façon. La Chambre Clair est pour moi le meilleur livre de Roland Barthes.
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Relecture de cet ouvrage de Roland Barthes, paru en 1980 et qui fait depuis partie des ouvrages très souvent cités pour qui s'intéresse à la théorie de la Photographie. Dans cet ouvrage, Roland Barthes se pose la question de l'essence de la Photographie. Pour cela, il va adopter une approche très peu académique : "Je résolus donc de prendre pour départ de ma recherche à peine quelques photos, celles dont j'étais sûr qu'elles existaient pour moi." En ce sens, on a affaire ici plus à l'auteur de "Fragments d'un discours amoureux" qu'au professeur de sémiologie du Collège de France. "Comme spectator [opposé à l'operator ], je ne m'intéressais à la Photographie que par "sentiment", je voulais l'approfondir, non comme une question, mais comme une blessure. Dans la première partie, en se basant sur quelques photos reproduites dans l'ouvrage, il s'attache à distinguer le studium, c'est à dire un champ d'intérêt culturel général du punctum, d'une photo, sorte de satori ; il rapproche ainsi la Photographie du Haïku. Mais c'est dans la deuxième partie, la plus intime, qu'il va trouver ce qui, selon lui, est l'ontologie de la Photographie : le "ça a été". Il arrive à cette découverte en rangeant des vieilles photos de sa mère, décédée et en tombant sur une photo d'elle fillette au Jardin d'hiver (photo non reproduite): "J'observais la petite fille et je retrouvai enfin ma mère". Il précise : "La photographie ne remémore pas le passé (rien de proustien dans une photo). L'effet qu'elle produit sur moi n'est pas de restituer ce qui est aboli (par le temps, par la distance), mais d'attester que ce je vois a bien été." Un peu plus loin, dans une photographie du jeune Lewis Payne, dans sa cellule, condamné à mort, prise par Alexander Gardner en 1865, il découvre ce nouveau punctum : "il va mourir". La photo est dans ce cas un futur antérieur, elle dit la mort au futur. Roland Barthes exprime à plusieurs reprises les liens de la Photographie avec la mort. Alors qu'il insiste sur le caractère de pure contingence de toute photographie, je ne peut m'empêcher de penser à sa mort à lui, fauché par une camionnette dans une rue de Paris.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
L’ Histoire est hystérique : elle ne se constitue que si on la regarde – et pour la regarder, il faut en être exclu […] Le temps où ma mère a vécu avant moi, c’est ça, pour moi, l’Histoire (c’est d’ailleurs cette époque qui m’intéresse le plus historiquement). Aucune anamnèse ne pourra jamais me faire entrevoir ce temps à partir de moi-même (c’est la définition de l’anamnèse) – alors que, contemplant une photo où elle me serre, enfant, contre elle, je puis réveiller en moi la douceur froissée du crêpe de chine et le parfum de la poudre de riz.
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« La photo de l’être disparu vient me toucher comme les rayons différés d’une étoile. Une sorte de lien ombilical relie le corps de la chose photographiée à mon regard : la lumière quoique impalpable est bien ici un milieu charnel, une peau que je partage avec celui ou celle qui a été photographié. Et si la photographie appartenait à un monde qui ait encore quelque sensibilité au mythe, on ne manquerait pas d’exulter devant la richesse du symbole : le corps aimé est immortalisé par la médiation d’un métal précieux, l’argent (monument et luxe) ; à quoi on ajouterait l’idée que ce métal, comme tous les métaux de l’Alchimie, est vivant. » Photographier veut dire littéralement écrie avec la lumière
Roland Barthes, La chambre claire
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Ce que la photographie reproduit à l'infini n'a eu lieu qu'une seule fois: elle répète mécaniquement ce qui ne pourra jamais plus se répéter existentiellement. En elle, l'événement ne se dépasse jamais vers autre chose: elle ramène toujours le corpus dont j'ai besoin au corps que je vois; elle est le Particulier absolu, la Contingence souveraine, mate et comme bête, le Tel (telle photo, et non la Photo), bref, la Tuché, l'Occasion, la Rencontre, le Réel, dans son expression infatigable. Pour désigner la réalité, le bouddhisme dit sunya, le vide; mais encore mieux: tathata, le fait d'être tel, d'être ainsi, d'être cela; tat veut dire en sanscrit cela et ferait penser au geste du petit enfant qui désigne quelque chose du doigt et dit: Ta, Da, Ça! Une photographie se trouve toujours au bout de ce geste; elle dit: ça, c'est ça, c'est tel! mais ne dit rien d'autre; une photo ne peut être transformée (dite) philosophiquement, elle est tout entière lestée de la contingence dont elle est l'enveloppe transparente et légère.
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« La photo de l’être disparu vient me toucher comme les rayons différés d’une étoile. Une sorte de lien ombilical relie le corps de la chose photographiée à mon regard : la lumière quoique impalpable est bien ici un milieu charnel, une peau que je partage avec celui ou celle qui a été photographié. Et si la photographie appartenait à un monde qui ait encore quelque sensibilité au mythe, on ne manquerait pas d’exulter devant la richesse du symbole : le corps aimé est immortalisé par la médiation d’un métal précieux, l’argent (monument et luxe) ; à quoi on ajouterait l’idée que ce métal, comme tous les métaux de l’Alchimie, est vivant. » Photographier veut dire littéralement écrie avec la lumière
Roland Barthes, La chambre claire
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J'étais saisi à l'égard de la photographie d'un désir "ontologique" : je voulais à tout prix savoir ce qu'elle était "en soi", par quel trait essentiel elle se distinguait de la communauté des images.
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