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EAN : 9782757816608
Éditeur : Seuil (07/01/2010)
3.72/5   39 notes
Résumé :

" Il supporte mal toute image de lui-même, souffre d'être nommé. Il considère que la perfection d'un rapport humain tient à cette vacance de l'image: abolir en soi, de l'un à l'autre, les adjectifs ; un rapport qui s'adjective est du côté de l'image, du côté de la domination, de la mort. "

En 1975 sortait au Seuil, dans la collection " Écrivains de toujours ", Roland Barthes par Roland Barthes. Véritable événement, cet autoportrait s'est i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
woodworker
  27 janvier 2021
Chef d'oeuvre absolu : ce livre a changé ma vie. je l'ai lu à sa sortie et j'avais 18 ans. Il m'a permis d'oser explorer mes possibles. Roland Barthes s'expose et nous expose dans toute la complexité de la vie. Une clef pour toute son oeuvre qu'il faut dévorer pour s'ouvrir de multiples horizons littéraires et artistique. Ce livre est un sésame pour accéder aux beautés multiples et multiformes de l'art.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
Fabinou7Fabinou7   09 avril 2021
J'aime, Je n'aime pas


J'aime : la salade, la cannelle, le fromage, les piments, la pâte d'amandes, l'odeur du foin coupé (j'aimerais qu'un « nez » fabriquât un tel parfum), les roses, les pivoines, la lavande, le champagne, des positions légères en politique, Glenn Gould, la bière excessivement glacée, les oreillers plats, le pain grillé, les cigares de Havane, Haendel, les promenades mesurées, les poires, les pêches blanches ou de vigne, les cerises, les couleurs, les montres, les stylos, les plumes à écrire, les entremets, le sel cru, les romans réalistes, le piano, le café, Pollock, Twombly, toute la musique romantique, Sartre, Brecht, Verne, Fourier, Eisenstein, les trains, le médoc, le bouzy , avoir la monnaie, Bouvard et Pécuchet, marcher en sandales le soir sur les petites routes du Sud Ouest, le coude de l'Adour vu de la maison du docteur L., les Marx Brothers, le serrano à sept heures du matin en sortant de Salamanque, etc.

Je n'aime pas : les loulous blancs, les femmes en pantalon, les géraniums, les fraises, le clavecin, Miro, les tautologies, les dessins animés, Arthur Rubinstein, les villas, les après midi, Satie, Bartok, Vivaldi, téléphoner, les chœurs d'enfants, les concertos de Chopin, les bransles de Bourgogne, les danceries de la Renaissance, l'orgue, M. A. Charpentier, ses trompettes et ses timbales, le politico sexuel, les scènes, les initiatives, la fidé­lité, la spontanéité, les soirées avec des gens que je ne connais pas, etc.

J’aime, je n'aime pas : cela n'a aucune importance pour personne ; cela, apparemment, n'a pas de sens. Et pourtant tout cela veut dire : mon corps n'est pas le même que le vôtre. Ainsi, dans cette écume anar­chique des goûts et des dégoûts, sorte de hachurage distrait, se dessine peu à peu la figure d'une énigme corporelle, appelant complicité ou irrita­tion. Ici commence l'intimidation du corps, qui oblige l'autre à me supporter libéralement, à rester silencieux et courtois devant des jouissances ou des refus qu'il ne partage pas.

(Une mouche m'agace, je la tue : on tue ce qui vous agace. Si je n'avais pas tué la mouche, c'eût été par pur libéralisme : je suis libéral pour ne pas être un assassin.)
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Fabinou7Fabinou7   05 août 2020
“C’est fou, le pouvoir de diversion d’un homme que son travail ennuie, intimide ou embarrasse : travaillant à la campagne (a quoi ? A me relire, hélas), voici la liste des diversions que je suscite toutes les cinq minutes : vaporiser une mouche, me couper les ongles, manger une prune, aller pisser, vérifier si l’eau du robinet est toujours boueuse (il y a eu une panne d’eau aujourd’hui), aller chez le pharmacien, descendre au jardin voir combien de brugnons ont mûris sur l’arbre, regarder le journal de radio, bricoler un dispositif pour tenir mes paperolles etc »
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Fabinou7Fabinou7   11 août 2020
« Il ne cherchait pas la relation exclusive (possession, jalousie, scènes) ; il ne cherchait pas non plus la relation généralisée, communautaire ; ce qu’il voulait, c’était à chaque fois une relation privilégiée, marquée par une différence sensible, rendue à l’état d’une sorte d’inflexion affective absolument singulière, comme celle d’une voix au grain incomparable; et chose paradoxale, cette relation privilégiée, il ne voyait aucun obstacle à la multiplier : rien que des privilèges en somme ; la sphère amicale était ainsi peuplée de relations duelles (d’où une grande perte de temps : il fallait voir les amis un à un : résistance au groupe, à la bande, au ratout). Ce qui était cherché, c’était un pluriel sans égalité, sans in-différence. »
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blanchenoirblanchenoir   29 juillet 2014
Du passé, c'est mon enfance qui me fascine le plus ; elle seule, à la regarder, ne me donne pas le regret du temps aboli.
Car ce n'est pas l'irréversible que je découvre en elle, c'est l'irréductible : tout ce qui est encore en moi, par accès ; dans l'enfant, je lis à corps découvert l'envers noir de moi-même, l'ennui, la vulnérabilité, l'aptitude aux désespoirs (heureusement pluriels), l'émoi interne, coupé pour son malheur de toute expression.
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blanchenoirblanchenoir   29 juillet 2014
La déesse H.
Le pouvoir de jouissance d'une perversion (en l’occurrence celle des deux H : homosexualité et haschisch) est toujours sous-estimé. La Loi, la Doxa, la Science ne veulent pas comprendre que la perversion, tout simplement, rend heureux ; ou pour préciser davantage, elle produit un plus : je suis plus sensible, plus perceptif, plus loquace, mieux distrait... - et dans ce plus vient se loger la différence (et partant, le Texte de la vie, la vie comme texte). Dès lors, c'est une déesse, une figure invocable, une voie d'intercession.
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Videos de Roland Barthes (48) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roland Barthes
Roland Barthes : Sur Racine lu par Françoise Fabian (1996 - Festival d’Avignon / France Culture). Photographie : Roland Barthes en 1975. Diffusion sur France Culture le 3 octobre 1996. Par Claude Santelli. Réalisation de Marie-France Nussbaum. Au Festival d'Avignon, en 1996, l’émission "Texte nu : Honneur et bonheur du théâtre" proposait une lecture par Françoise Fabian du texte de Roland Barthes, "Sur Racine". Une lecture en public présentée par le producteur de l’émission Claude Santelli. Présentation des éditions Points : « Ce que Racine exprime immédiatement, c’est donc l’aliénation, ce n’est pas le désir. Ceci est évident si l’on examine la sexualité racinienne, qui est de situation plus que de nature. Dans Racine, le sexe est lui-même soumis à la situation fondamentale des figures tragiques entre elles, qui est une relation de force. Le sexe est un privilège tragique dans la mesure où il est le premier attribut du conflit originel : ce ne sont pas les sexes qui font le conflit, c’est le conflit qui définit les sexes.
Roland Barthes (1915-1980) Écrivain, critique, essayiste, Roland Barthes a élaboré une pensée critique singulière en constant dialogue avec les discours théoriques de son temps et en rupture avec les discours institués. La formidable querelle entre Anciens et Modernes qui suivit la publication du "Sur Racine" en 1963 atteste le rôle fondamental qu’il joua au sein des grandes ruptures opérées par la pensée contemporaine. Il est notamment l’auteur du "Degré zéro de l’écriture" (1953) et de "Fragments d’un discours amoureux" (1977). »
Source : France Culture
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