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Gilbert Cohen-Solal (Traducteur)
ISBN : 2742778217
Éditeur : Actes Sud (01/10/2008)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Employé modèle chez Scheiner & fils, fourreurs réputés installés au cœur d'un quartier populaire de Londres où les manufactures sont encore nombreuses en cet an de grâce 1967, Monsieur F., célibataire endurci et bientôt quinquagénaire, voit un jour sa vie routinière bouleversée par l'irruption d'un cauchemar qui revient le hanter nuit après nuit.
Profondément désemparé par la vision du corps sans vie, nu et ligoté, du jeune homme inconnu qui apparaît désormai... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
Mllernestine
  07 novembre 2015
laissez-vous porter et accompagnez Mr F dans la levée de quelques défenses psychiques des plus rigides et dans sa découverte de ses désirs les plus profonds…
Petites suggestions pour se mettre dans l'ambiance :
Olfactive : cuir, eau de Cologne citronnée
Gustative : Earl Grey
Lieu : appartement assez dépouillé
Rue de la peau
Rue de la peau (lien pour accéder au résumé)
Quelle découverte que ce livre ! Merci beaucoup à Féebrile qui me l'a offert !
Depuis la lecture de cet ouvrage, Mr F me tient souvent compagnie …C'est un personnage, dont la manière massive de mettre à l'écart ses émotions, rend particulièrement impressionnant.
En me laissant porter par ce livre, j'ai ressenti que le rythme du livre s'ajustait parfaitement au vécu psychique de Mr F.
Dans « rue de la peau », il est question de défense psychique, de protection, de désirs inconscients et d'attirance…
Lorsque nous le rencontrons, le personnage principal mène une vie bien organisée ce qui lui permet d'éviter de rencontrer sa pulsionnalité.
Mais, le récit de la révélation de Mr F à lui-même, illustre bien le fait que toutes les mesures que nous prenons pour nous protéger de nous même peuvent s'avérer insuffisantes ou handicapantes. Nous pouvons même nous interroger sur le fait qu'elles soient souhaitables lorsqu'elles sont à ce point massives et que le retour de ce qui a été maintenu à distance peut s'avérer particulièrement désorganisateur. Mr F se retrouve aux prises avec ses pulsions, son inconscient et le retour du refoulé .C'est la réflexion vers laquelle nous entraîne la lecture de ce livre.
Concernant l'écriture, elle est tout en délicatesse et en pudeur.
La fin semble inéluctable mais l'histoire prend pourtant une tournure à laquelle je ne m'attendais pas !
L'histoire nous plonge dans l'attente d'un événement tragique.
Les remarques du narrateur sont parfois énigmatiques, toujours pertinentes…
Mr F est petit à petit envahit par ce qu'il tenait bien caché, tel un cauchemar dans le placard …
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Ys
  25 avril 2017

A 46 ans, Monsieur F. est l'homme le plus lisse, le plus impersonnel qu'on puisse imaginer. Si lisse, si impersonnel en vérité qu'il en devient extraordinaire et comme subtilement monstrueux. Chaque matin, il se lève à la même heure, enfile le même costume, emprunte le même train, le même itinéraire soigneusement calculé pour échapper à la foule, se rend au même travail dans la même entreprise. Rue de la Peau. Où il assemble et découpe les fourrrures qui deviendront des manteaux, achetés à prix d'or pour orner les épaules d'une élégante, affirmer la fortune et l'importance d'un époux ou d'un protecteur.
Depuis plus de trente ans, sa vie n'est que la répétition des mêmes gestes, parfaitement corrects, parfaitement maîtrisés, d'une routine impeccable que personne n'est jamais venu troubler, ni homme ni femme, ni amant ni ami.
Mais voilà qu'un jour de janvier 1967 - une nuit plutôt - une chose étrange, bouleversante, arrive à Monsieur F.
Il se met à rêver.
Ou plus exactement, se retrouve hanté par un rêve, le même, toujours le même au détail près, de plus en plus fréquent, qui l'éveille au milieu de la nuit, bouche ouverte sur un hurlement de terreur. Dans ce rêve, une succession de gestes familiers, son appartement bien connu - puis dans le miroir de la salle de bain, le corps nu d'un jeune hoomme, suspendu, ligoté, comme la dépouille d'un superbe animal sur l'émail blanc de la baignoire. Peau parfaite, boucles brunes, muscles déliés, sans visage.
Il va bien falloir lui en trouver un, pourtant, de visage - et l'obsession peu à peu bascule du domaine des songes au réel.
Neil Bartlett offre ici une troublante déclinaison de la Belle et la Bête, où les désirs enfouis grignotent le banal jusqu'au vertige.
Le récit, très lent, d'une précision méticuleuse, est aussi habile à peindre un métier, un quartier aujourd'hui disparus, qu'à rendre la progressive perte de contrôle d'un homme qui n'a jamais vraiment été vivant, et que la vie cherche soudain à rattraper. Tout cela se tend, millimètre par millimètre, vers un point de rupture qu'on n'imagine pas sans frissons mais dont l'ampleur ou la nuance sont bien difficiles à deviner.
C'est d'une sensualité superbe et cela réussit, par dessus tout, à rendre ce personnage en apparence si terne extrêmement fort et attachant. Ce qui, côté style, avait un peu retenu mon enthousiasme pour le Garçon dans l'ombre est ici mieux maîtrisé, plus subtil. La manière dont le narrateur, le conteur plutôt, observe son objet, suppute, insinue, révèle des fragments de son âme sans jamais entièrement lever le voile, participe de ce brin de mystère qui fait la force des contes et rend le récit particulièrement fascinant.
A déconseiller, tout de même, à ceux qui cherchent de l'action et des dénouements bien tranchés - mais les lecteurs sensibles aux ambiances, aux petits riens, aux détails banals ou étranges qui s'additionnent pour créer peu à peu un suspense subtil, pourront se régaler.
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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Citations & extraits (1) Ajouter une citation
ZefirZefir   16 septembre 2017
Debout, tentant de ne pas respirer trop fort, heureux qu'il n'y eût pas de miroir devant eux qui eût pu révéler au garçon l'expression de son visage, Monsieur F. sentit tout ce qu'il y avait de vague dans son désir se cristalliser soudain en un unique but : faire ce seul geste, simple et tant attendu. Et, évidemment, dans cette si grande proximité et placé comme il l'était derrière lui, il eût pu très facilement le satisfaire. La nuque du garçon n'était qu'à quelques centimètres. Il eût pu tout simplement se pencher, pousser la fourrure de côté, embrasser la peau qui attendait, et ensuite allonger les doigts (ceux de la main droite) sur la nuque et dans les cheveux du garçon.
Rien n'allait l'empêcher de faire cela, au moins cela. Rien du tout. Rien.
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Video de Neil Bartlett (1) Voir plusAjouter une vidéo

Neil Bartlett : Ainsi soient-ils
En cette veille de St Valentin, c'est depuis le Musée de l'érotisme qu'Olivier BARROT présente le livre de Neil Bartlett "Ainsi soient-ils", un roman sur l'homsexualité. [Différents plans] de rues de Paris alors qu'il neige.
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