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ISBN : 2203035889
Éditeur : Casterman (27/10/2010)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Une chronique vigoureuse et attachante de l'adolescence dans une cité ouvrière de l'est de la France, au milieu des années 60, racontée de "l'intérieur" d'une bande de copains d'enfance, élevés dans l'ombre portée de l'usine du coin. Le choc des générations et des classes sociales, les filles, la musique, les bars, le manque d'argent mais l'amitié plus forte que tout... Et puis bien sûr à l'arrière-plan, comme toujours chez Baru, un regard aigu et exigeant porté sur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
alouett
  30 octobre 2012
« A quenne guette no, satisfac'choeune… A quenne guette no, satisfac'choeune… Cos' a twaï… Ena twaï… Ena twaï… A quenne guette no… A quenne guette no ».
Villerupt, Meurthe-et-Moselle.
A 18 ans, Hervé Baruela – surnommé Baru par ses copains – s'apprête à fêter la nouvelle année. Rien d'exceptionnel cette année, le programme de la soirée est sensiblement le même que celui des années précédentes : rencard au bar habituel puis tournée des différentes « chouilles » du coin avec Le Robert, le Kader, le « Bébé », l'Ahmed, le Massimo…
On est vendredi 31 décembre 1965, il est 18 heures 30 et les copains ont fait le pari que Baru perdrait son pucelage dans les trois jours…
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Cette intégrale regroupe Part ouane (publié en 1984 et récompensé l'année suivante par l'Alfred du meilleur Premier album), Part tou (publié en 1986) et Part tri (1986). Ce succulent package du triptyque a été édité à l'occasion de l'attribution du Grand Prix de la Ville d'Angoulême à Baru en 2010.
Pour l'heure, Baru revient en terre natale avec cette série qu'il a débutée vers l'âge de 35 ans. L'état d'esprit de l'adolescence y est parfaitement rendu, avec ce soupçon de nostalgie qui s'avère être bénéfique pour le récit. On sent l'auteur amusé et nostalgique. Les potes, les vannes, les filles, les fêtes arrosées, la baston… le scénario est riche, dynamique, il pétille. A la fois personnage et auteur, Baru ne se prend pas au sérieux et raconte sans retenue les quelques heures mémorables de Nouvel An inoubliable. Peu avare en détails, il parle à livre ouvert d'amitié, de sexe et d'alcool sur un contexte de société à peine dévoilé : l'usine et les perspectives de carrière étriquées pour ces jeunes. D'ailleurs, c'est bien la présence de cette étrange femme qu'est l'usine qui crée l'ambiance particulière de cet album.
Le bassin sidérurgique sert de décor à cette « tranche de vie », il y a une ambiance propre à ce quotidien, Baru la retranscrit à merveille. Ceci ajouté au fait que le patois local et les travers linguistiques de ce coin paumé sont présents dans les répliques des personnages, je ne vous cache donc pas le plaisir que j'ai eu de me plonger dans l'album ! Étant née en Lorraine, j'étais donc aux premières loges pour profiter de la présence des déterminants (le, la) devant les prénoms. Cela a pour moi quelque chose de chantant, de familier et de convivial. Il est aussi question de « loute », de « tarin », de « skoumoune », de « trumeau » et de gens « ronds comme des queues de pelle »… le lecteur ressent rapidement l'atmosphère du lieu et profite de la complicité qui unit les personnages, leurs répliques sont très spontanées et réalistes. On perçoit bien les petits moments de tensions, les susceptibilités des uns et des autres…
Entre les lignes, il est question d'un tissu relationnel cosmopolite et de familles d'immigrés implantées sur un bassin sidérurgique initialement prometteur en termes d'emploi. Mais en 1965, l'horizon commence déjà à se ternir (l'usine fermera définitivement 9 ans plus tard, en 1974).
L'usine a façonné les rapports sociaux. Les familles vivent au rythme des trois-huit. L'alcool fait partie de la vie de tous les jours. A la fois source de convivialité et « béquille du quotidien », il sert de liant et de contenant aux relations entre jeunes (qui le consomment immodérément) et moins jeunes (qui le consomment par habitude voire par besoin). Ici, il n'y a pas de fossé entre les générations du moins, il y a une sorte de générosité dans les rapports humains qui dépasse la frontière de l'âge. On parle spontanément de tout avec ses pairs comme avec ses proches, mais ce sont les amis qui, bien sûr, profiteront des détails truculents. Les rapports sont sincères, chaleureux, francs et spontanés… et il n'est pas rare de croiser son daron au café du coin ; dans ce cas-là, on trinque, on « squatte » un peu ensemble puis les groupes se reforment, les jeunes d'un côté et les vieux de l'autre.
Une convivialité propre aux milieux ouvriers ?
A mesure que l'album avance, l'ébriété des personnages est de plus en plus avancée. Ainsi, ces derniers se libèrent, les réticences disparaissent, on ose des choses un peu folles car après tout… c'est Nouvel An !!! Comme tout bon poivrot qui se respecte, ils ne feront pas l'économie de quelques discussions existentielles. Ces temps où les esprits s'assagissent et le rythme narratif se pondère un peu nous permettent de mieux cerner certaines personnalités. Il est notamment question d'employabilité, de carrière et de l'accès aux études supérieures. Ces discours ne s'étalent pas dans le misérabilisme, d'autant que les personnages – sous l'effet de l'alcool – ont tendance à fonctionner par association d'idées et sautent rapidement à un autre sujet de conversation, la lecture restant fluide et ludique pour le lecteur.
Un dessin dynamique accompagne ces propos. Dès la première planche, sa rondeur invite le lecteur à se mettre à l'aise et renforce cette convivialité dont je vous parlais plus haut. Et puis après tout… on est là pour fêter la nouvelle année, ne pas se prendre au sérieux !
Lien : http://chezmo.wordpress.com/..
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RChris
  11 avril 2017
C'est la nouvelle année 1966 à Villerupt, devenu lieu du festival du film italien dont Baru dessine les affiches chaque année.
C'est la chronique du dépucelage d'Hervé dans les hauts lieux de la sidérurgie et de l'immigration italienne. Il ne fait pas dans l'ellipse en soulignant le côté phallocrate, à replacer dans l'époque et le milieu.
Tout est en place: des coups de serpe pour les dessins, des personnages rustiques, des aventures adolescentes chez les fils de prolo.
C'est la première B.D. d'Hervé Baruella dit Baru, fortement autobiographique, qui nous fait respirer les fumées des hauts fourneaux, premier tome de trois albums qui seront republiés en une intégrale.
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antoineperroud
  10 avril 2012
Années 60, Villerupt (Meurthe et Moselle), nous sommes à la Saint Sylvestre et Hervé (dit Baru) et ses potes ont une mission : faire la fête, boire des coups (à l'oeil c'est mieux) et draguer les filles. de plus, un pari a été fait : Hervé doit perdre son pucelage dans les trois jours. S'en suit la tournée des bals, bistros et autres baltringues de troisième catégorie (passé une certaine heure on est plus trop regardant sur la qualité des établissements).
Quequette Blues dont Roulez Jeunesse ! est l'intégrale est une oeuvre de jeunesse de Baru. Bien avant la mode des biographies/autofictions, Il nous raconte donc un épisode de sa jeunesse. Plus que l'anecdote qui sert de fil rouge au récit, c'est la fresque sociale décrite par Baru qui est formidable. La bande de potes dont chaque membre est issu de l'imigration de l'époque (italien, polonais, kabile), le décalage entre cette jeunesse et les parents (rock versus valse), le racisme latent qui profite du plus petit incident pour surgir et l'usine. Cette usine, qui hante toute l'histoire (on est jamais bien loins des haut-fournaux), c'est le véritable personnage pivot de l'histoire; à la fois salvation (elle emploie toute la région) et enfer (le travail est dur et sans répit). Tout le monde finit à l'usine d'une façon ou une autre, quand on sait le sort qu'a reservé l'histoire à la sidérurgie dans cette région on ne peut que frémir au devenir de ces populations.
Plus de 40 ans sont passés depuis les faits racontés et le propos de cette BD est encore totalement d'actualité aujourd'hui. Pas beaucoup de choses ont changé, les jeunes veulent toujours faire la fête, leur parents ne les comprennent pas, les cons sont toujours cons et l'avenir professionnel noir comme le charbon. le récit de Baru est exemplaire, il va au-delà de ce qu'il raconte rendant la lecture de cette BD passionnante. Petit bémol néanmoins sur le dessin très brouillon par moment (la mise en couleur n'aidant pas). C'est une oeuvre de jeunesse et sa ce voit, malgré tout on décèle déjà tout ce qui va faire de Baru un très grand auteur : l'urgence du trait, la peinture sociale sans concession et la finesse de ses personnages.
A lire absolument.
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gaemae
  26 juin 2014
Quelle claque ! Je referme Quéquette blues et je suis encore hallucinée par la révélation : je suis une fille de Baru... Enfin, comme il le dit dans sa postface, pas de Baru en tant qu'homme, mais fille du vrai héro de la bédé, fille du lieu, de cette vallée qui vit les dernières heures de gloire de la sidé.
Je suis née plus de 30 après lui, pas très loin du fameux Villerupt : l'histoire de Baru racontée dans Quéquette blues, c'est l'histoire de mon père et de ses potes dans les années 60 : fils d'immigrés à l'avenir tout traçé (ton père bosse à l'usine, tu bosseras à l'usine et peut-être bien que tu y crèveras aussi). C'était sans compter les fermetures d'usine à tour de bras et les licenciements du matin pour l'après-midi. Tous dégoûtés par la machine à casser les hommes mais tous nostalgiques en revenant sur les friches industrielles mal reconverties ou dans les villes frontalières transformées en cités dortoirs, non plus ouvrières mais annexes bon marché du Luxembourg et de ses guichetiers de banque.
Dans leur bande d'immigrés italiens de l'époque, ça se serrait les coudes et ça avait envie de s'intégrer et de faire mieux que papa. Dans notre famille, on en est à la troisième génération de sidérurgistes. Sauf que depuis, on a perdu tous les hauts-fourneaux. Sauf qu'a force d'intégration on a perdu cette fraternité. Alors, ouais, on a fait mieux que papa, on est dans des bureaux maintenant et plus sur les planchers de coulée ou dans les ateliers à risquer sa peau... mais on a toujours ce pincement au coeur, dès qu'on s'éloigne trop de notre vallée grise. Et Baru rend ce sentiment magnifiquement bien dans Quéquette blues.
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chocobogirl
  18 avril 2011
"Quéquette Blues" est le premier album du dessinateur et s'inspire de sa jeunesse.
Nous sommes dans les années 60, dans une cité des hauts fourneaux de Lorraine. C'est la Saint-Sylvestre et on y suit une bande de copains bien décidés à fêter la soirée comme il se doit, avec des filles et de l'alcool. Hervé Baruléa dit Baru, Larbi, Tonio, Robert, Franco, Saïd, sont tous des enfants d'ouvriers pauvres. L'usine, qui fait vivre la ville entière, est la seule perspective d'avenir pour ces adolescents qui cherchent à s'amuser tant qu'il en est encore temps.
Baru, encore puceau à 18 ans, se fait régulièrement charrier par ses copains qui le mette au défi, ce soir là, de se trouver enfin une fille. La bande commence donc sa tournée des bals, des bars et autres bouges, chacun se cherche un "bon coup" avec plus ou moins de succès...
Loin d'être une simple histoire de dépucelage, "Quéquette blues" est une véritable chronique sociale. Sous couvert de soirées de fêtes et de dévergondages, Baru dresse un portrait très réaliste de la jeunesse des années 60 et débute dans les récit à caractère social qui vont devenir sa marque de fabrique.
Villerupt est une cité minière qui emploie la majeure partie de la ville. Ouvriers et dirigeants ont chacun leurs quartiers mais tous vivent dans l'ombre de l'usine. Au delà de la misère, on y retrouve une mixité sociale (français, italiens, polonais, arabes...) et la solidarité humaine de ceux qui galèrent. Les parents sont stricts et espèrent que les études permetteront à leurs enfants d'accéder à autre chose qu'à un poste d'ouvrier. le décalage des générations se fait d'autant plus sentir quand le rock fait son apparition dans les bals et que les adolescents adoptent un style voyou.
Baru et ses copains sont à la fois touchants et drôles. Oscillant entre espoir et poids de l'avenir, ils ne cherchent pour le moment qu'à satisfaire leurs envies. Comme tous les garçons de leur âge, ils ne pensent qu'aux filles et à ce qui se trouvent sous leurs jupes. Leur obsession et les rateaux qui se font nombreux, les méthodes de chacun pour arriver à ses fins, les beuveries et les bagarres qui peuvent suivre, tout concourt à peindre une jeunesse tapageuse et quelque peu provocante.
Le récit, loin d'être plombant, est égayé par la verve des dialogues et l'humour déployé par les personnages.
Quant au trait de Baru, il est déjà reconnaissable. Les personnages ont déjà des "gueules" bien marquées. La ville et l'usine sont remarquablement rendues et dénotent une connaissance certaine du terrain !
"Quéquette Blues" se révèle un premier album très réussi qui combine chronique sociale et portrait du passage à la vie d'adulte. Un album finalement très fort qui semble toujours d'actualité aujourd'hui où les jeunes en rébellion avec l'autorité de leurs parents et la société, cherchent à s'amuser et oublier un avenir qui parait bien morose...

Lien : http://legrenierdechoco.over..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
alouettalouett   30 octobre 2012
A l’usine, t’iras pas, en clair, ça veut dire : t’es pas comme nous. Je connais la chanson, elle dure depuis un p’tit moment maintenant. Depuis que eux, après le Certif’, sont allés en apprentissage et que moi, j’ai continué l’école… Je suis déjà dans l’autre camp. Putain, ça m’esquinte des raisonnements pareils ! Mais bon, j’ai beau m’en foutre, n’empêche que des fois, je peux pas m’empêcher de me sentir coupable. Mais allez… c’est Nouvel An bon Dieu !… Et dans un verre ou deux, on n’y pensera même plus
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Videos de Baru (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Baru
En BD-Musique avec Jean Claude Denis, Emmanuel Moynot, Philippe Luguy, Jacques Tassuad etc. quelques flashs sur le Festival 2012 de BD à Perros-Guirec ; L'invité d'honneur de ce 19ème Festival n'était autre que "Boxing- Baru" ! Sur la Photo de Famille 2012 déjà beaucoup de dessinateurs, scénaristes ,coloristes , avec les bénévoles et le public ! Mais chut!... il se murmure que le plateau du Festival pour la Vingtième édition sera plus exceptionnel encore : La fête de la BD de qualité , c'est le 13 et 14 avril 2013 à Perros ! Grif'Graphe vous en donne déjà une idée avec le Vidéo-Bloc-Notes 2012 !
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