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Éric Weissberge (Traducteur)Anthony Burgess (Préfacier, etc.)
ISBN : 2859409378
Éditeur : Phébus (01/10/2003)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Anthony Burgess, préfacier du livre, n'y va pas par quatre chemins " L'un des plus grands romans humoristiques du siècle."
Et l'on s'étonne de ce que cet opuscule singulier, objet de culte pour un large fan - club de lecteurs répartis d'un bout à l'autre de la planète, soit resté inédit en français jusqu'à ce jour. L'auteur, il est vrai, n'avait guère poussé à la diffusion de son texte (paru d'abord anonymement et très discrètement en 1924). Ce n'est qu'après... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
lolo71
  13 mars 2009
Nous sommes à Londres, certainement au tout début du XXe siècle. Augustus Carp est le digne fils de son père. Comme lui, il s'appelle Augustus. Comme lui, il a une certaine tendance à l'embonpoint et le teint vif. Et surtout, comme lui, c'est un personnage parfaitement ridicule. Ils sont tous deux l'incarnation du petit-bourgeois anglais puritain, étroit d'esprit et imbu de lui-même. Ils se font un devoir de pourfendre le péché sous quelque forme qu'il se manifeste, et certes les occasions ne leur manquent pas.
La page de titre du livre s'intitule : Augustus Carp Esq. par lui-même ou l'autobiographie d'un authentique honnête homme. Il s'agit en effet des mémoires d'Augustus fils (qui a alors 47 ans) dans le but d'édifier le lecteur. Il commence d'ailleurs ainsi : « Dans un âge où toutes les règles de la bienséance sont soit bafouées, soit menacées de destruction, […] c'est à l'évidence une tâche indispensable que d'offrir au monde quelque exemple d'élévation. » Toute occasion de plaisir ou de divertissement sont proscrits, il rejette tabac, alcool, sexe, théâtre et danse. Or, tout en combattant le « vice » chez les autres, Augustus père et fils se révèlent eux-mêmes mesquins, hypocrites, vaniteux, avares, bêtes et méchants, et se comportent en parasites. Ils n'hésitent pas user de la délation et du chantage, et pour des broutilles se lancent dans des procédures judiciaires longues et compliquées. Ils sont incapables de la moindre compassion et, pour couronner le tout, ils traitent leur épouse et mère comme une domestique. Ils accomplissent leurs méfaits en toute bonne conscience, convaincus qu'ils sont de la justesse de leurs actions. Cela ne va pas bien sûr sans quelques mésaventures. Et s'il arrive que les victimes de leur zèle moralisateur se rebiffent ou se vengent, ils n'y voient qu'ingratitude ou malveillance.
Cette tartufferie étalée de bonne foi est du plus grand effet comique. Tout comme le style ampoulé, pédant, adopté par le narrateur/mémorialiste. Augustus use et abuse de tournures de phrases alambiquées pour exprimer ce qui pourrait l'être en quelques mots. Ou de l'art de couper les cheveux en quatre, révélant la pudibonderie excessive d'Augustus. L'humour survient aussi lorsqu'il rapporte des propos ou des attitudes ironiques, voire franchement moqueurs à son endroit, mais que, dans son insondable bêtise, il ne perçoit pas comme tels.
La préface nous apprend que ce type d'humour « se situe dans la tradition nationale du flegme et de l'humour pince-sans-rire, la deadpan comedy (ou « comédie de marbre »). Son auteur, Sir Henry H. Bashford (1880-1961), était entres autres médecin du roi George VI. On peut supposer qu'il a eu maintes fois l'occasion de rencontrer ce type de personnages, parangons de vertu « à la Augustus Carp ». le livre a été publié anonymement en 1924 et ignoré par la critique, ce qui ne l'a pas empêché d'avoir de nombreux admirateurs dans tout le monde anglo-saxon. Alors merci aux éditions Phébus de nous permettre de découvrir ce petit chef-d'oeuvre d'humour, so british.

Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
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CeCedille
  13 février 2017
Sir Henry Howarth Bashford fut un honorable médecin, citoyen britannique du début du XXème siècle, auteur d'articles scientifiques, médecin chef du Royal Post Office, conseiller médical du Trésor, médecin honoraire du roi Georges VI. Il fut aussi l'auteur d'un ouvrage unique, d'une drôlerie sans égale.

"Augustus Carp esq. par lui même, ou l'autobiographie d'un authentique honnête homme" est le portrait d'un individu qui se veut le plus convenable et se trouve être le plus ridicule. Dévot, défenseur acharné de la morale la plus stricte, ennemi des plaisirs, méprisant les femmes, il est aussi, en toute bonne conscience, le plus égoïste, le plus arriviste, le plus mesquin, le plus hypocrite , le plus procédurier des hommes, sur le modèle physique et moral de son père. Sa fatuité, ses ridicules, ses suffisances en font un type comique que l'on retrouve chez La Bruyère, Saint-Simon, et parfois Rowan Atkison. Mais le monde décrit est plutôt celui de l'Angleterre victorienne où la religion est pesante, couvrant l'hypocrisie des ambitions et imbue de la bienpensance puritaine.
Le préfacier Anthony Burgess, linguiste, écrivain inoubliable d'Orange mécanique, voit, dans ce roman, publié en 1924, resté méconnu, un chef d'oeuvre de l'humour pince-sans-rire, dead-pan comedy, où le visage reste impassible, comme la lèvre supérieure (stiff upper lip).
Bien qu'il retrace l'enfance et le jeunesse de Carp, il ne s'agit pas d'un roman d'apprentissage, puisque le héros n'apprend rien, reproduisant l'immuable modèle paternel, qu'il transmettra intact à son fils.
Au-delà d'un irrésistible comique de situation qui contraste avec l'imperturbable sérieux du discours, le lecteur de bonne foi se demandera s'il ne se reconnait pas fugitivement dans les traits de Carp, dans ses comportements comme dans ses manières d'être. Car le miroir que nous tend Bashford n'est pas qu'un miroir déformant. Il déploie ses effets de mise en abyme devant tout lecteur dont les éclats de rire n'auront pas emportés les éclairs de lucidité.


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Wictoriane
  15 avril 2009
Angleterre, début du XXème siècle. Augustus Carp est l'antithèse de ce que l'on pourrait considérer comme un parfait gentilhomme : prétentieux, fat, suffisant, phallocrate, aucun adjectif ne manque à son actif d'homme à claquer, pour le plus grand plaisir du lecteur puisque notre héros a décidé de nous confier rien moins que sa brillante autobiographie.
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MarianneDesroziers
  17 août 2010
Ce succulent petit livre est le récit autobiographique d'un authentique « gentleman chrétien », tel qu'il se définit lui même : avec son père, il lutte de toutes ses forces contre le vice, l'adultère, l'alcool, la musique, la danse, le théâtre un peu trop léger avec des comédiennes un peu trop dévêtues. Dans l'Angleterre du début du XXème siècle, le lecteur ébaubi assiste à la naissance d'Augustus, ...
la suite de cette critique sur mon blog : http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/
Lien : http://lepandemoniumlitterai..
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TmbM
  30 mars 2017
(...) de plus, c'est une oeuvre littéraire de tout premier ordre, superbement écrite, parsemée ici et là de traits d'esprit spirituels aussi élégants que distingués et stylistiquement fulgurants. Une manière intelligente de nous rappeler au passage que l'idiotie est parfois plus dangereuse que la méchanceté.
Retrouvez l'article complet sur mon blog.
Lien : http://touchezmonblog.blogsp..
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critiques presse (1)
Actualitte   16 mai 2017
L’un des livres les plus drôles qui soient, heureusement exhumé par l’Arbre Vengeur.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
AxelRoquesAxelRoques   21 novembre 2015
L'entrée de la femme de chambre au physique agréable, j'ai plaisir à le reconnaître, fut pour moi bienvenue. Quoique ce ne fut qu'une domestique, j'avais déjà découvert en elle quelques une des qualités féminines les plus désirables et je suis heureux de pouvoir rapporter que, dans un moment d'anxiété aiguë, elle a joué un rôle modeste mais non sans mérite.
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WictorianeWictoriane   15 avril 2009
...j'étais loin de penser, alors que je tâtonnais pour trouver la porte, que je n'avais pas encore abordé la dernière station de mon chemin de croix. Car, à peine arrivé à la grille du jardin de Mon repos, plutôt en meilleure forme que je ne l'escomptais, j'aperçus un tramway, surchargé à la limite de sa capacité légale, qui s'en approchait en cahotant sur les rails. Un seul coup d'oeil au véhicule gorgé de femelles et dont les flancs étaient distendus par les bagages suffit à me paralyser d'horreur, quoique moins pour mon compte personnel que pour celui de mon père, qui était debout sur le pas de la porte, pétrifié. Il poussa un cri du pathos le plus extrême et, tandis que les huits soeurs de ma mère mettaient pied à terre, tomba à plat ventre sur l'allée du jardin pour ne plus jamais se relever.
C'en était trop pour moi aussi. Ebranlé au plus profond de mes fondations intimes, je tournai le dos à cette marée inexorable de femelles parlant gaélique et m'effondrai au côté de mon père, mais tête-bêche.
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CeCedilleCeCedille   13 février 2017
C'est l'usage, ai-je remarqué, lorsque l'on publie une autobiographie, de la faire précéder d'une manière de justification. Mais il y a des époques, et la nôtre en est une, assurément, où cela s'avère manifestement inutile. Dans un âge où toutes les règles de la décence sont soit bafouées, soit menacées de destruction, où la presse, quotidiennement, rapporte des scènes de violence, de divorce et de pyromanie, où de très jeunes filles fument des cigarettes et même parfois, m’assure-t-on, des cigares, où des femmes mures, mères de malheureux enfants, pénètrent dans la mer en costume de bain une pièce, où des hommes mariés, des chefs de famille, préfèrent le papillotement du cinématographe aux paraboles des apôtres, c'est à l'évidence une tâche indispensable que d'offrir au monde quelque exemple d'élévation.
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AxelRoquesAxelRoques   02 décembre 2015
Ses formes menaçantes, abondamment développées au-dessus et au-dessous de la ceinture, ses traits empreints d'une sotte et fallacieuse gaité, une complexion somme toute pas désagréable suffirent pour un temps à en imposer à ma mère.
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