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EAN : 9782213639314
417 pages
Éditeur : Fayard (17/01/2007)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 5 notes)
Résumé :
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Henri-l-oiseleur
  17 février 2018
La presse et ses penseurs (BHL, Onfray, Harari, etc) répètent depuis trente ans ou plus que le monothéisme est par essence persécuteur et intolérant, alors que les polythéismes laisseraient vivre les minorités religieuses sans jamais les persécuter. L'enquête historique menée par Marie-Françoise Baslez, spécialiste de la culture et du judaïsme hellénistiques (du premier christianisme aussi) prouve exactement le contraire : il y eut des persécutions religieuses dans l'Athènes et la Rome païennes, ce qu'elle montre par une étude serrée des dossiers qui nous sont parvenus. Cela suffirait, puisque l'une des vertus de l'histoire véritable est de contredire comme elle peut la "mémoire" idéologique. L'auteur va plus loin : elle étudie comment, dans les derniers siècles précédant l'ère chrétienne, naît une figure littéraire héroïque judéo-grecque du martyr-héros, de la mort victorieuse, dans les livres bibliques exclus du canon (Maccabées). Qui dit figure littéraire dit imitation en actes par les lecteurs. Tout est prêt pour l'apparition du martyr chrétien, figure de synthèse du héros tragique grec devant son public et de l'ascète solitaire, produite par les courants hétérodoxes du judaïsme (qui jamais ne valorisa la mort, ni la solitude, ni l'ascétisme extrême). La troisième partie du livre étudie le martyre chrétien dans l'empire romain sur les plans juridique, politique et littéraire. Le martyr musulman, apparu pourtant à la fin de l'Antiquité tardive, est exclu de l'enquête, car il tue. Il présente une figure radicalement nouvelle : non plus un individu mourant volontairement pour sa foi devant un public, mais un guerrier qui entraîne dans sa mort le plus de victimes possible. Cela se voit dès les premières guerres entre musulmans, contemporaines de la Conquête (VII°s), et bien sûr contre les Infidèles, jusqu'à ce jour. Le livre est décisif, mais gâché par un style pénible.
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badian
  29 avril 2018
Considérer l'histoire des persécutions dans l'ensemble du monde gréco-romain, fût-ce en concentrant son regard sur des figures et des événements remarquables ou exceptionnels, oblige à faire tomber bien des oppositions convenues et à dépasser des préjugés.
Les persécutions ne résultent pas d'un choc de civilisations, créé par l'introduction de monothéismes exclusifs, juif et chrétien, dans le système religieux, polythéiste et politique, de la cité et des empires antiques. D'abord, on ne persécute pas une doctrine, ni une idéologie, mais des personnes dans une situation donnée. Socrate est mis à mort, mais son école de pensée subsiste et se développe. Les Églises sont décapitées à plusieurs reprises, plutôt que le christianisme n'est réellement éradiqué. En effet, la cité ne se définit pas comme une communauté de croyance, ni même d'opinion, mais comme une communauté de participation, où tout se joue dans l'apparaître et la pratique collective publique, même sur le plan religieux. On persécute donc le professeur plus que l'idéologue, celui qui se met à part ou qui est absent des grandes cérémonies plutôt que l'autre dans sa différence essentielle. Les Juifs et les chrétiens constituent bien, quant à eux, une communauté de croyance, fondée sur une Écriture révélée, mais les pouvoirs publics n'ont pas su ou pas voulu pendant longtemps le prendre en compte, en traitant ces groupes religieux selon le droit commun, celui des personnes et celui des associations, et en s'efforçant de réduire leurs croyances au plus large commun dénominateur.
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Himesama
  18 février 2017
Une référence sur les persécutions dans l'Antiquité. Un très bon ouvrage complet qui tente d'expliquer le pourquoi et le comment des persécutions. Marie-thérès Baslez est une référence sur le monde antique et surtout sur l'avènement du christianisme, ses démonstrations sont toujours très intéressantes.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   17 février 2018
Plus généralement, l'élaboration de la figure du penseur injustement persécuté, de Socrate aux Alexandrins, signale les limites de la tolérance de l'Etat antique en matière de libertés individuelles et son incapacité à supporter des personnalités d'exception ... Le citoyen grec ou romain n'était pas vraiment encouragé à exprimer sa personnalité, mais plutôt rappelé sans cesse au devoir d'obéissance. Il pouvait avoir l'impression de vivre "sous l'oeil de la cité", dans un système d'autocensure collective. La cité démocratique avait créé la pratique et institué la liberté de débattre, de décider et de juger, mais elle ne conçut jamais que les individus pussent avoir des droits. (...) La répression fut très tôt normalisée et l'on créa les instruments judiciaires indispensables ... Les Grecs et les Romains ne concevaient pas l'intolérance, mais ils posaient des limites à la liberté d'expression, à la diffusion publique de la pensée. Et ils en avaient la pratique, comme le montre, par exemple, la multiplication des autodafés sous l'Empire.

pp. 48-50
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