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Marc Amfreville (Traducteur)
EAN : 9782267020090
272 pages
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (15/01/2009)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Ecologiste ardent aussi bien dans ses textes de fiction que dans ses essais polémiques, Rick Bass nous offre un recueil de dix textes d'une veine délicate et puissante.


De la nouvelle qui donne son titre à l'ensemble à celle qui retrouve le souvenir du raz-de-marée annuel dans le golfe du Mexique, sans oublier les pages dédiées aux inquiétants glissements de terrain dans les marnes, au premier cerf abattu par une jeune femme hantée par ses sou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
zaphod
  12 mai 2014
Ce sont les remarquables critiques de Loreleirocks qui m'ont donné l'envie de découvrir Rick Bass.
"The lives of rocks" n'est pas le titre que j'avais noté, mais bien le premier que j'ai trouvé. de plus, j'adore ce titre. On ne s'intéresse pas assez aux problèmes des pierres, je trouve.

Il y a quand-même quelque chose de magique dans les livres: c'est la manière la plus convainquante que nous avons de vivre certains fantasmes que nous n'aurions jamais eu la possibilité ou l'audace d'expérimenter dans la "vie réelle".
En ce qui me concerne, la vie d'aventurier, de marin, d'explorateur, ce sont des fantasmes que je me contente de vivre chez moi, le nez plongé dans un livre, confortablement installé au coin du feu en sirotant un bon whisky. Ah, que les London, Conrad, Melville ou Hemingway m'ont fait rêver étant jeune, et encore maintenant. Oui, même Thoreau me procure une certaine excitation, croyez-le si vous voulez.
J'éprouve une énorme admiration pour ces géants chez qui la vraie vie et l'aventure littéraire se confondent dans une seule et même passion.
Et les écrits d'auteurs plus modernes comme Bouvier, Eames, Kalder me passionnent ou m'amusent. Ils n'ont peut-être pas la dimension héroïque de leurs illustres prédécesseurs, mais ils ont gardé cet esprit d'aventure, cette humilité face à l'immensité du monde et des forces naturelles, une curiosité insatiable, et cette sorte de courage de s'avancer tout petit et sans défense en territoire inconnu.

C'est cet esprit qu'on retrouve bien vivant chez Rick Bass, peu importe qu'il s'agisse ici de fiction plutôt que de carnets de voyage.
"The lives of rocks" est un recueil de nouvelles, genre difficile, mais que j'admire beaucoup.
Quand une nouvelle est vraiment réussie, c'est une des formes littéraires les plus nobles. Beaucoup d'auteurs ne possèdent pas le don de la concision. Mais une histoire qui est percutante sur 30 pages peut facilement devenir ennuyeuse sur 300.

Bass est manifestement à l'aise dans ce style. Ses nouvelles ont un goût doux-amer qui reste longtemps en bouche, gentle and sad, and wistful. Certaines sont aussi très cocasses, comme l'histoire de ces deux jeunes qui veulent se lancer dans l'élevage et tentent de ramener un veau dans le coffre de leur break. Et puis, il y a la solitude des grands espaces, qui prend une consistance particulière quand votre plus proche voisin habite à quatre heures de marche. Mais les rencontres n'en prennent que plus d'importance.
J'ai beaucoup aimé.

Et puis, j'ai au moins appris comment dépecer un élan (du moins, le côté théorique de la chose - il me reste encore à la mettre en pratique, mais je ne suis pas pressé).
Quant aux roches, je n'ai pas compris un seul mot de la page qui parle de géologie. Je n'en saurai donc pas plus sur ce que vivent et pensent les pierres. Mais bon, un livre ne doit pas répondre à toutes les questions, sinon quelle place resterait-il pour le fantasme?

Au fond de mon jardin, sous le grand chêne, il y a une grande cabane pour ranger les outils. Bien sûr, c'est pas une vraie cabane de trappeur en rondins. Mais il y a des jours ou j'ai bien envie d'y installer un lit, une table, une chaise et une lampe à pétrole, et d'aller m'y retrancher avec quelques livres et une bouteille.
Alors, si j'arrête de poster des bêtises ici, c'est peut-être simplement que je me suis décidé à passer du stade d'aventurier de salon à celui d'aventurier de jardin.
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giati
  25 mai 2015
Des Nouvelles qui oscillent entre la région de Houston au Texas et le Montana. Une ambiance à l'image du climat : tantôt moite, tantôt glaciale. Des héros tantôt avec la vie devant eux, tantôt luttant contre la mort.
La famille est au coeur de presque chaque nouvelle, joies présentes des moments passés ensembles, peur des changements qui approchent, souvenirs de l'apprentissage reçu, désir de faire revivre l'absent, son esprit.
Beaucoup de tendresses et parfois de longs détours vers la biologie, la géologie des lieux qui font malheureusement perdre le fil de l'émotion pure.
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bibliothequeViroflay
  17 octobre 2012
Rick Bass, géologue de formation, vit dans une région protégée du Montana : la vallée du Yaak. de ce choix de vie isolée, il nous fait partager la beauté et la fragilité de la nature qui l'entoure. Une écriture très subtile, pour cet auteur reconnu tout à la fois pour son écologisme et ses qualités littéraires. Testé par Marilyne (Bibliothèque de Viroflay)
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   20 avril 2014
Je comprends la nature de l'avidité. Je suis persuadé que c'est là l'essence de la terrible vérité de notre temps: il ne reste plus tout à fait assez de la plupart des choses, plus assez de quoi que ce soit. Sauf peut-être une chose - douce, et déconnectée de tout -, mais je serais incapable de dire laquelle, d'en donner la nature exacte.
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Alice_Alice_   20 avril 2014
"Êtes-vous chrétienne?"
(...)
"Non, je ne pense pas qu'on puisse dire ça, répondit Jyl. Je veux dire que je ne sais pas : je crois à certaines choses, et certaines choses me touchent (du doigt, elle pointa vers son cœur), mais pour le reste, je ne sais pas." Elle leva les yeux vers les sommets déchiquetés, invisibles maintenant avec la neige drue. "Je suppose que pour moi, Dieu est surtout dans la nature, plus dans la façon dont nous nous traitons les uns les autres que dans n'importe quelle église. Je n'y ai jamais mis les pieds, sauf contrainte et forcée."
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giatigiati   09 mai 2015
C'était déjà quelque chose qu'elle parvienne à s'adresser au reste du monde, au vaste monde - qu'elle s'efforce d'établir un contact, qu'elle trouve l'envie de tendre la main depuis le fond des ténèbres qui menaçaient de l'envelopper tout entière, et qu'elle porte témoignage, même devant de futures générations aveugles, de la beauté qu'elle avait sous les yeux, même si la peur la hantait. Peut-être quelqu'un - peut être les enfants Workman eux mêmes - trouverait-il les bateaux beaucoup plus tard - quand ils seraient adultes. Aucune importance. Jyl se satisfaisait de façonner ses jolis modèles réduits, et il lui était égal de penser que les rivières et les forêts seraient sans doute seules à les voir, comme ces prières que l'on adresse moins à un dieu qui n'existe pas qu'à un dieu qui choisit de ne pas répondre.
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veronique55veronique55   07 juin 2012
Le Jublilé est un phénomène qui se produisait seulement un été sur deux ou trois dans le sud de l’Alabama, à la suite d’orages qui se déclenchaient dans l’après-midi sur les hauts plateaux un peu plus au nord de l’état. Ces orages ajoutaient six à huit centimètres d’eau dans tous les torrents et les rivières en un temps record. Ensuite, cette vague d’eau de pluie froide déferlait vers le golfe du Mexique, accumulant sur son passage vitesse et puissance, redoublant de volume à chaque confluent, jusqu’à ce que finalement, quelques heures plus tard_ pratiquement toujours au milieu de la nuit- , le mur d’eau vive se déverse dans le golfe. La lune était elle aussi liée au jubilé, même si je ne ma rappelle plus exactement comment. Il fallait peut-être qu’elle soit pleine et qu’elle ait de son côté soulevé une lame de fond juste au moment où la masse d’eau douce supplémentaire jaillissait à moins qu’au contraire, ce soit la lune qui ait poussé une immense masse d’eau de mer vers l’amont de la rivière, en tout cas, le fin mot de l(histoire, d’après le dépliant que j’avais consulté à la réception, c’était que quand le jubilé se déclenchait, le flot d’eau douce assommait ou même tuait tous les poissons de mer de la région, et que ce même flot apportait également tout un tourbillon de créatures venues des rivières poissons-chats, orphies, écrevisses, crapauds, anéanties en revanche par l’eau salée et les cloches retentissaient pour avertir du phénomène.
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Alice_Alice_   20 avril 2014
Il existe tant de types différents d'avidité. Même aujourd'hui, exactement comme quand j'étais un enfant sans la moindre responsabilité, je peux m'allonger sur le dos dans les hautes herbes à l'automne et regarder les nuages, adulte à la tête vide et fier de l'être; et quand je me relèverai, des heures plus tard, j'aurai toujours aussi faim du spectacle de ces nuages, de ces murmures dans l'herbe, et quand j'irai me coucher la nuit venue, j'aurai toujours la même fringale de souvenirs de la chaleur que répandait ce soleil d'arrière-saison, exactement comme en moment précis, je goûterai tout autant les parfums de l'obscurité qui m'étreindra, et la fraîcheur de la nuit.
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Videos de Rick Bass (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Rick Bass
La Fête du Livre de Bron propose chaque année une journée de réflexion sur des enjeux majeurs de la littérature contemporaine. le vendredi 8 mars 2019, nous proposions un focus sur les liens entre littérature, nature sauvage, grands espaces, sciences humaines et environnement. Lors de cette 33ème édition, nous avions la chance d'accueillir Oliver Gallmeister, éditeur spécialisé dans la littérature des grands espaces, pour un grand entretien exceptionnel, animé par Thierry Guichard, à revivre ici en intégralité.
De Henry David Thoreau à Jim Harrison ou Rick Bass, la littérature américaine est depuis un siècle et demi étroitement liée à la nature sauvage et aux grands espaces. Regard sur cette tradition du « nature writing » en compagnie d'Oliver Gallmeister, fondateur des éditions du même nom, l'un des passeurs d'une littérature américaine contemporaine ancrée dans son environnement avec un catalogue comptant notamment des auteurs comme Pete Fromm, Jean Hegland ou David Vann.
En partenariat avec l'Université Lyon 2, la Médiathèque Départementale du Rhône et Médiat Rhône-Alpes.
©Garage Productions.
Un grand merci à Stéphane Cayrol, Julien Prudent et David Mamousse.
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