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EAN : 9782749163932
Éditeur : Le Cherche midi (20/08/2020)

Note moyenne : 2.73/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Le roman des « égarés ».
Le petit garçon ne voulait pas de l’école. L’école ne voulait pas de lui. C’était le temps déraisonnable des terrains vagues, du rêve et de la violence. Nanterre, 1971.
Un jour de décembre, c’est le choc. L’envie d’apprendre revient avec la lumière d’un tableau de Van Gogh, découvert, main dans la main de sa grande sœur, au musée de l’Orangerie. Il reste sidéré devant Les Roulottes. L’échappée belle, la liberté, la fuite, dans ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
ODP31
  26 août 2020
Un journal intime qui aurait pu le rester !
Pour ma centième, j'aurai pu trousser un billet sur un de mes livres préférés avec une nuée d'étoiles dans les yeux et rappeler avec une émotion non feinte à quel point cette lecture avait bouleversé ma vie. Ben, non, je suis le fil de mes lectures et à défaut de bougie d'anniversaire, cela va être la fête du dernier roman de Pierre-Louis Basse. C'est comme un jour férié qui tombe un dimanche. Pas de bol.
Largement autobiographique, ce récit décrit l'enfance et l'adolescence d'un gamin qui grandit dans une tour de Nanterre à la fin des années 60 et au début des années 70. Il ne trouve sa place ni à l'école, ni dans sa famille et doute de lui. La découverte d'un tableau de van Gogh, « Les Roulottes » va le sauver d'un destin maussade et lui donner l'envie d'apprendre. Il découvre la beauté, la culture. Vaguer dans un terrain vague n'est pas une fatalité. L'auteur remarqué de « Guy Môquet, une enfance fusillée », veut envoyer un message d'espoir à une jeunesse désoeuvrée et perdue en se remémorant son propre parcours.
L'ambition est louable mais je n'ai pas du tout accroché.
C'est très bien écrit. La langue est belle mais elle est muette. L'auteur se regarde trop écrire selon moi. La description fragmentée de cette jeunesse maussade, sans issue, est répétée, répétée, répétée et les phrases sont devenues pour moi des anagrammes. En clair, je me suis ennuyé. Et la rencontre du tableau et de l'enfant, tant attendue, est aussi tardive que décevante. Cette représentation célèbre d'une halte de forains, voitures rouges et vertes, peint en Arles constitua une révélation pour l'auteur. Je n'ai pas été contaminé par son émoi.
Certains passages sont néanmoins réussis. le deuil impossible d'un frère mort avant la naissance du narrateur est remarquablement évoqué, tout comme le récit de sa relation avec une voisine volage et volante, les dimanches à la campagne, le souvenir du grand-père résistant, la soif de liberté de sa soeur ainée. de belles pages mais j'ai eu l'impression de tourner par politesse les pages d'un album de famille qui n'est pas la mienne, d'observer les photos de vacances d'un collègue de bureau en regardant ma montre.
Pierre-Louis Basse fut le conseiller « Grands Evènements » de François Hollande pendant sa présidence. Vu la gaieté du propos, je comprends mieux pourquoi il tombait des cordes dès que le Président promenait sa cravate hors de l'Elysée.
Je ne suis pas certain que cette prose parle à la jeunesse. Ce roman de mémoire, comme le dit joliment l'auteur, contentera davantage les auditeurs de Radio Nostalgie.
Rien n'est perdu... mais c'est pas gagné !
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hcdahlem
  28 août 2020
Nanterre, 1971, les roulottes, la révélation
Dans «Rien n'est perdu», Pierre-Louis Basse montre comment la vie d'un garçon a été transformé par un tableau de van Gogh, mais raconte aussi avec nostalgie la France autour des années 70.
«Revoir mes Roulottes, c'était comme si j'avais retrouvé tous ceux qui s'étaient éloignés au fil du temps. Les anciens. Les absents. Les vivants. La preuve qu'il fallait y croire. Souvent, il ne manquait pas grand-chose pour y arriver dans nos vies. Un rien. Même pas un coup de pouce. Juste un tableau, ce dimanche de décembre 1971. Cette beauté qui prend la peine de vous regarder.»
Tout est dit, ou presque. Tout est si merveilleusement dit. Après Je t'ai oubliée en chemin qui revenait sur une douloureuse séparation, Pierre-Louis Basse poursuit l'exploration de sa vie en remontant jusqu'à l'adolescence, ce moment-charnière où tout peut basculer. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le narrateur ne se préparait pas à des lendemains qui chantent en affirmant haut et fort que «dès l'entrée en 6e, l'école me fit horreur».
Si la finalité du système éducatif semble lui échapper, il ne trouve pas vraiment d'autres raisons de s'enthousiasmer autour de lui. Les souvenirs qui lui restent de l'appartement familial situé au neuvième étage de l'Avenue Frédéric-Joliot-Curie à Nanterre, où la famille emménage en 1960 sont d'abord «une pluie fine, des chantiers à perte de vue, Un pays en noir et blanc. Gris.» Gris, comme la R16 de son père, qui ne pourra jamais rivaliser avec la DS 21 de l'oncle. Une impression qui va s'accentuer avec quelques événements tragiques : «Nous verrions des types – parfois des femmes – se jeter dans le vide du ciel de Nanterre». Preuve que la vie dans la ceinture rouge était tout sauf rose. Ajoutons-y le poids de la perte d'un enfant, un fils qui disparaît après quelques semaines, laissant derrière lui une douleur persistante : «Un mois. C'est une vie si longue à oublier».
Peut-il alors se réjouir de son initiation sexuelle par «la madone du dixième étage» ? Pas vraiment, car elle influencera durablement sa vie affective, en la marquant du sceau de l'instabilité : «aimer est une conquête puis une fuite».
Pourtant tout va basculer lors d'une de ces journées grises, en décembre 1971. Sa grande soeur – qui va choisir la fuite pour échapper à la sensation d'étouffement qui la ronge – décide de lui faire découvrir l'exposition Van Gogh au musée de l'Orangerie. le choc est tel qu'il en sera marqué pour la vie, en particulier par ce tableau des Roulottes. Cette «impression qu'il est possible de rêver devant autre chose que la finale de la Coupe du monde de football au Mexique» a tout d'une leçon initiatique, d'un moment de vérité. Au gris succède une large palette de couleurs, à l'obscurité la lumière, au terrain vague une superbe prairie et au carcan une formidable liberté. Un moment rare et bouleversant que Pierre-Louis Basse nous raconte avec la passion qui ne semble plus l'avoir quitté depuis. Un récit plein de sensibilité et de nostalgie, une tentative de retrouver les sentiments de cette enfance que l'on sait pourtant à jamais perdue. Mais aussi et surtout, la belle démonstration promise par le titre du roman. «C'était là, pourtant. Tout près du coeur. Une chose simple à conquérir. Il fallait un peu d'envie et de persévérance. Il fallait croire en sa bonne étoile. Surtout ne jamais renoncer.» À coeur vaillant, rien d'impossible !

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Waterlyly
  06 septembre 2020
1971, Nanterre. Pierre-Louis a treize ans et n'est pas à sa place. Issu d'une fratrie composée de deux soeurs, médiocre à l'école, il a bien du mal à se sentir bien dans sa peau. Ses parents, traumatisés par la disparition prématurée de l'un de leur fils, fondent sur lui des grands espoirs. Pourtant, l'une des institutrices du jeune garçon est formelle, il ne fera rien de bon. Et un jour, c'est la révélation. Sa grande soeur Jeanne l'emmène voir une exposition à l'Orangerie, dédiée au peintre Van Gogh, et Pierre-Louis va tomber sous le charme du tableau Les Roulottes. C'est un nouveau départ qui prouve que rien n'est perdu.
En débutant ce court roman, je n'avais pas compris qu'il s'agissait en fait d'un récit retraçant réellement l'adolescence de l'auteur. Si j'ai eu un peu de mal au départ, étant quelque peu déroutée, j'avoue ressortir finalement conquise de cette histoire pleine d'espoir et lumineuse.
Ce récit, c'est avant tout une peinture sociale de la France des années 70. Pierre-Louis retracera cette période de manière juste et sincère. Au travers de ses souvenirs, le lecteur aura le privilège de se promener dans les rues de l'adolescence de l'auteur et de suivre au plus près ce visage changeant de la France de l'époque. C'est passionnant à suivre et surtout, Pierre-Louis a eu le talent de réussir à romancer le tout, afin de ne pas juste en faire une énumération monotone.
Avec beaucoup de pudeur, l'auteur va se livrer à l'exercice difficile de se montrer tel qu'il était. Ce récit est empli d'émotions et l'histoire familiale de Pierre-Louis m'a beaucoup touchée. J'ai également admiré son courage pour s'en sortir, et ne pas juste se cantonner aux opinions négatives de la part de ses professeurs. Il a su passer outre, et que cela se soit fait au travers de l'art est une très belle expérience.
La plume de l'auteur est lumineuse et élégante. Sous un style exigeant qui m'a déroutée au départ, je dois avouer avoir finalement été séduite. J'aurais bien lu quelques pages de plus, tant l'écriture est belle. le mariage des arts est parfaitement réussi. Ainsi, l'écriture servira à décrire les beautés de la peinture.
Un récit de reconstruction, au travers d'un tableau lumineux, servi par la plume élégante de l'auteur. Déroutée au départ, j'ai finalement été conquise par ce roman empli de beauté et de sincérité. Avec beaucoup de pudeur, l'auteur va se livrer d'une manière authentique. À découvrir.

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motspourmots
  20 août 2020
Parmi les livres qu'on ne choisit pas, qui vous arrivent par hasard, il y a parfois de bonnes surprises et puis il y a les déceptions. Celui-ci entre dans la 2ème catégorie.
Pourquoi une déception me direz-vous alors que je ne l'attendais pas ? Eh bien c'est simple : la promesse de la 4ème de couverture, l'illustration du bandeau, Van Gogh, la rédemption par l'art... Tiens, ai-je pensé en ouvrant l'enveloppe, voilà qui devrait être passionnant.
J'étais loin d'imaginer à quel point j'allais m'ennuyer et me féliciter de ne pas avoir cédé aux attraits exposés sur une table de librairie en d'autres circonstances... Car d'Art, il n'est jamais question. Il faut même attendre plus de 130 pages avant que la fameuse rencontre avec le tableau ne se fasse. Et là, quelle déception. Pas un mot sur les sensations, sur la perception de cette toile... Une évocation de souvenirs, bien sûr, mais de façon très sèche, sous couvert de mémoire défaillante. Alors je me suis demandé à quoi servait ce livre en dehors de procurer à son auteur l'occasion d'aller fouiller dans ses souvenirs, de remonter son enfance et, très certainement de constater qu'il aurait pu mal tourner sans cette visite au musée. le lecteur, lui, n'est pas plus avancé. Je n'ai pas non plus été sensible au style, très classique, certes impeccable mais sans aspérité.
Il y aura sans doute des lecteurs plus sensibles que moi au parcours de ce petit garçon et à l'univers de l'auteur, c'est en tout cas ce que je lui souhaite.
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Jenndrix
  17 octobre 2020
Pierre Louis Basse nous offre une plongée nostalgique vers l'enfance, invitant à l'introspection et aux voyages. Une ode à la liberté de devenir soi porté par l'autre. L'importance des petits détails d'une vie qui en feront le terrain fertile à l'élévation ou la perte. La captation d'instants qui font communion et suffisent à guider nos choix. Tous ces petits riens, ces mots à la dérobée, ces caresses, ces regards qui peuvent anéantir ou fortifier.
Un titre, lancé comme un message d'espoir : n'ayez crainte, rien n'est perdu! Un point culminant, le déclic vers une perspective de changement avec la visite de l'Orangerie et la découverte du tableau de van Gogh (Les roulottes, campement de bohémiens aux environs d'Arles, 1888) agissant comme un art résilient et envoutant sur l'auteur. Il est question d'amour, de rencontres, de deuil, de communauté, de liberté, et de mots, qui lapidaires peuvent heurter profondément. Un récit sensitif et poétique.

Lien : https://unmotpourtouspourunm..
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critiques presse (1)
LeFigaro   10 novembre 2020
Rien n’est perdu est l’histoire d’une «renaissance mystérieuse», de l’illumination soudaine produite par Les Roulottes, un tableau de Vincent Van Gogh accroché au Musée de l’Orangerie. Il n’en faut pas beaucoup plus pour décider de l’orientation d’une vie.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   28 août 2020
INCIPIT
Enfant, je tombai nez à nez avec Vincent Van Gogh une vie à remercier Les Roulottes. Plus tard, à souhaiter un dernier face-à-face en solitaire, dans un musée désert. Une vie à trimballer dans mes cartons, toutes sortes de reproductions bandes, cartes postales, images, photos, qu’importe; toujours le campement, près d’Arles, tel que l’avait imaginé le peintre en 1888. Le 12 août 1888. Un incendie de lumière. Une vie à se souvenir qu’un dimanche glacial du mois de décembre 1971, tandis que je fuyais l’école, Nanterre, ses boulevards, et plongeais dans la nuit, je fis l’apprentissage d’une beauté fulgurante.
Il est temps de revenir vers cette lumière. Je vais faire le voyage, très loin, vers cette grande sœur qui me prit la main ce dimanche de décembre. Qu’elle me dise comme la beauté pouvait sauver le monde d’un petit garçon qui refusait d’apprendre. La lumière. La grande sœur avait donné le signal du départ. Très jeune, elle avait fui vers la Yougoslavie, puis la Grèce. Elle s'y connaissait en fugues. En lumières retrouvées.
Toute une vie à mettre mes pas dans l’errance et tout ce qui peut trembler. Oui, il est grand temps de retrouver Les Roulottes.
Ce ciel vert Véronèse. Les chevaux qui ondulent. C’est à peine si l’on distingue les enfants. On dirait qu’ils sont sur le départ. Il est temps pour moi de comprendre comment un simple tableau a tout chamboulé. Repartir vers la douceur et le grand calme, quand tout est perdu.
Qu’y faire?
Dès notre naissance, l’effacement nous guette. La disparition, planquée dans un couloir familial, une cage d’escalier, un cimetière au pied de notre fenêtre, ou bien la réponse cinglante et cruelle d’un professeur qui ne sait pas encore que le petit garçon a tout entendu.
«Votre fils ne fera rien de bon. Il n’est pas fait pour l’école. C’est à vous de lui apprendre un métier au plus vite.» J’ai bien retenu cette phrase que ma mère nous répéta au cours d’un dîner. Souvent, ceux qui ne sont plus là – nos premiers disparus – hantent notre arrivée dans le monde. Plus tard, il sera bien temps de les oublier. Mais l’enfance ressemble à de grands sismographes.
Ces disparus, il suffira d’un rien pour qu’ils viennent souffler dans la nuque de nos premières années. Je remplaçai, poste pour poste, le frère aîné que je n’ai pas connu. L’étrangeté se double d’une sombre précision: j’ai su très tôt qu’il s’appelait Jean-Jacques, et qu’un refroidissement sévère l’avait emporté.
Jean-Jacques. Plus de soixante ans ont passé, et il me semble que ce Jean-Jacques est parvenu à m’accompagner en silence, invisible présence capable de déposer sur l’épaule du vivant comme un châle de chagrin impossible à surmonter. Une manière de me souffler à l’oreille dans les mauvais moments: «Je ne suis plus là, parmi vous, regretté par les anciens, mais je veille et t’encourage.» Combien de fois ai-je entendu au cours d'un déjeuner familial, pique-nique, retrouvailles avec les meilleurs amis des parents cette formule qui fait tilt chez celui dont l’obsession, dès l’enfance, est de tendre l’oreille: «le petit dernier».
C’est ainsi que le petit dernier se retrouve placé dans une situation qui l’obligera toujours à combler un retard imaginaire. J’observais au loin deux grandes sœurs qui me semblaient engagées dans des territoires dont j’étais privé. L’aînée, jeanne, la rêveuse éprise de liberté. Puis Solange, l’enfant de l’entre deux, silencieuse et volontaire. Plus profond: le grand frère disparu serait pour la nuit des temps celui qui, le premier d’entre nous trois, avait percé le jour.
Une aube merveilleuse s’était dérobée dans la nuit froide du mois de novembre 1948. Plus tard, devenu écrivain à force de tendre l’oreille, j’étais incapable de vivre sans les échos du passé. Il me semblait que tout ce qui pouvait se réaliser dans les temps présents n’avait d’épaisseur qu’en regard de ces événements qui avaient eu lieu des années auparavant. Comme si notre passage relevait d’une anecdote – éblouissante parfois, pénible à d’autres moments –, toujours actionnée par un lointain moteur qui nous faisait vivre.
Le geste banal d’un père, l’inflexion d’une voix féminine, le récit, parcimonieux et calme, du grand-père revenu de l’enfer des camps, le visage d’un vieil Arabe, en sang, comme éclaté après une manifestation de rue, en faisaient davantage dans la construction d’une vie que tous les savoirs que l’on nous imposait. À mesure que l’obscurité recouvrait mon enfance, il devenait évident qu’un carré de lumière seul, une échappée belle, était en mesure de m’offrir ce soupirail qui me permettrait de vivre. Les Roulottes viendraient. La lumière folle d’une toile, l’herbe brûlée feraient bientôt comme une roue de secours sur mon chemin cabossé. Puisque l’école, le lycée ne voulaient pas de moi, je m’en passerais bien. J’attendais Vincent. Ce n’était pas la nuit. Simplement, il me fallait absolument respirer au grand air. J’avais besoin de m’évader.
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hcdahlemhcdahlem   28 août 2020
C’était là, pourtant. Tout près du cœur. Une chose simple à conquérir. Il fallait un peu d’envie et de persévérance. Il fallait croire en sa bonne étoile. Surtout ne jamais renoncer.
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hcdahlemhcdahlem   28 août 2020
On voudrait remonter le chemin sacré de l'enfance. Le simple fait de se retourner vers ces années disparues prend des allures d‘enquête policière. Les éléments dont je dispose sont devenus des pièces à conviction. Lettres, carnet de santé, bulletins scolaires, agendas. Ils sont la trace ultime de ces vivants que nous avons aimés. Ils en disent davantage que les photos, qui ne révèlent qu’une pose, un sourire, un air qui nous échappent.
Tandis que les photos nous empêchent de retrouver l'imaginaire de notre enfance, ce sont les écrits qui fixent le temps. Ces moments dont nous ne faisions pas partie. Ces lettres que je découvre bien des années après la disparition de ma mère déclenchent le révélateur dans une chambre noire. Elles me disent la rage, le danger durant la clandestinité. L‘angoisse et le chagrin de ne pas voir revenir son père déporté dans les camps. Elles me disent la rage, le danger durant la clandestinité. Elles me révèlent, dans l'intimité délicieuse de l’écriture, l’amour fou de mes parents.
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hcdahlemhcdahlem   28 août 2020
Pour moi, les dés semblaient avoir été jetés dès l'année 1971. D'un côté se trouvait l‘ombre fraîche, délicieuse, de la paresse et des terrains vagues. Une espèce de laisser-aller au fil du temps, de dérive, comme il est si bon de dériver en barque au fil de l‘eau. Un territoire de brouillard où nous faisions la loi du désir. De l’autre, il y avait cette vie qui ne repasse jamais les meilleurs plats. Il fallait en urgence y trouver la bonne place. Mes jours étaient comptés. Comme ceux du prisonnier avant le retour à la liberté. Rien n'a changé. Il m‘aura fallu simplement trafiquer avec la réalité, pour y trouver ma place.
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Vidéo de Pierre-Louis Basse
Echange entre l’écrivain Pierre-Louis Basse et Xavier Fos. La grande figure du journalisme sportif et ancien Conseiller Grands évènements de François Hollande à l’Elysée répond à de nombreuses questions, dans une interview au format long. A Bernay, ville située entre la vallée de la Risle et la vallée de la Charentonne, dans l’Eure.
Comment l’art a sauvé le jeune garçon des terrains vagues de la perdition ? Quels sont les basculements d’une vie autour d’un SMS ou d’un tableau de Van Gogh ? Comment Pierre-Louis Basse a arpenté les terrains vagues et les bidonvilles de Nanterre dans les années 70 ? Pourquoi l’influence d’une famille communiste marque à tout jamais le jeune homme engagé ? Pourquoi Pierre-Louis Basse est passionné par la transmission, le cinéma de Théo Angelopoulos, Patrick Modiano ? Y-a-t-il un lien entre la beauté du monde et son désirable corollaire, la beauté des femmes pour Pierre-Louis Basse ? Qu’a appris l’écrivain de son bras de fer entre espoir et désespoir ? Pourquoi Pierre-Louis Basse est marqué à tout jamais par le drame des 17 fusillés de Châteaubriant (parmi lesquels Jean-Pierre Timbaud, Charles Michels et Guy Môquet)? Quel est l’objet que présente Pierre-Louis Basse à Xavier Fos ? Quel est le problème de Pierre-Louis Basse avec les chaussures ? Comment Pierre-Louis Basse a rencontré le journaliste Jean-Louis Normandin à la baie de Penhap sur l’île-aux-Moines ? Pierre-Louis Basse parle de Julien Gracq. Xavier Fos, président de stratégies françaises interroge l’écrivain Pierre-Louis Basse. Pierre-Louis Basse s’explique sur son parcours à l’Elysée auprès de François Hollande. Pierre-Louis Basse explique sa relation avec Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l’Elysée. Pierre-Louis Basse reçoit le club stratégies françaises dans son domicile à Bernay en Normandie.
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