AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2364747791
Éditeur : Thierry Magnier (14/10/2015)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 21 notes)
Résumé :
En ce début du XVIIe siècle, la chasse aux sorcières bat son plein en Norvège. Récit à deux voix évoquant l'histoire d'une jeune bourgeoise, et d'une fille de guérisseuse. Grâce à son don, Elen sauvera Dorothe...
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
thedoc
  12 novembre 2017
« De la part du diable » est un roman qui révèle une fois de plus que la littérature ado regorge de belles pépites, tant dans le style que dans l'histoire. Aina Basso, auteure norvégienne, est historienne de profession. Dans son roman, elle revient sur un pan de l'histoire européenne des XVIe et XVIIe siècles assez méconnu : la chasse aux sorcières et les procès en sorcellerie qui firent entre 20 000 et 40 000 victimes. Situé en Norvège, son récit repose sur l'histoire de deux jeunes filles que tout oppose : Dorothe et Elen.
Dorothe, seize ans, vit à Copenhague, au Danemark. Issue de bonne famille, elle est mariée à un homme beaucoup plus âgé qu'elle, Johann Beyer. Ce dernier, procureur du roi, est nommé au service du suzerain du comté du Finnmark, en Norvège du Nord, le dénommé Hans Köning. Ce dernier oeuvre à éradiquer le paganisme de son fief et emprisonne dans sa forteresse toute personne suspectée de commerce avec le Diable. C'est après un long voyage que Dorothe arrive en compagnie de son époux dans une petite ville, Vardohus, où les arrestations pour sorcellerie se multiplient. C'est également dans ce comté que vit Elen, seize ans elle aussi, unique fille de Marja la Sage. Cette dernière est une femme libre qui vit sans époux. Offrant chaleur et réconfort aux hommes qui viennent frapper à sa porte, Marja suscite de nombreux commentaires. Tous ses fils partis, il ne lui reste qu'Elen et Minus, le petit dernier. Guérisseuse, Marja pratique la magie blanche dont elle enseigne les préceptes à Elen, afin de soigner et soulager les maux des habitants du hameau dont la vie est très rude. Jusqu'au jour où des accusations pour sorcellerie la rattrapent.
Ce roman qui tourne autour du destin de chaque héroïne est avant tout un prétexte pour nous instruire sur les événements tragiques qui se déroulèrent en Norvège au XVIIe siècle. S'appuyant sur des personnages ayant vraiment existé – le fameux suzerain Hans Kôning de son vrai nom John Cunningham -, des lieux – Vardohus – et des faits historiques avérés – interrogatoires sous la torture, simulacre de procès, bûcher - , l'auteur nous fait revivre une époque très obscure où les condamnations en sorcellerie touchaient principalement les femmes et les simples d'esprit. Sous la torture, ces pauvres victimes n'avaient d'autres choix que d'avouer ce que leurs accusateurs souhaitaient entendre. L'épilogue qui clôt ce récit permet au lecteur d'en apprendre davantage sur ces procès qui condamnèrent, au bas mot, 860 sorciers et sorcières en Norvège.
L'écriture fluide et précise de l'auteur, souvent poétique, mêle agréablement Histoire et fiction. Les jeunes héroïnes, tout juste sorties de l'enfance, affrontent un monde brutal où l'innocence n'a plus sa place.
Un bon roman historique où chaque détail est soigné, des tenues des personnages aux faits tragiques en passant par une analyse de la société de l'époque et la description des paysages à la fois beaux et rudes du Finnmark, le tout servi par une belle écriture qui révèle tout le talent de conteuse d'Aina Basso.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
RosenDero
  12 septembre 2016
Destins croisés de deux jeunes filles, la première mariée de force à un homme plus âgé qui se trouvera être un important procureur chargé d'instruire les procès en sorcellerie ; la seconde, à l'inverse, est la fille d'une guérisseuse capable d'arrêter les saignements et de soigner à l'aide d'onguents et de formules magiques.
Aina Basso nous offre un regard historique bien documenté sur la période XVIe - XVIIe durant laquelle "entre 20 000 et 40 000 personnes ont été exécutées" pour sorcellerie en Europe.
Outre la question des procès en sorcellerie, de la part du diable évoque également des thèmes plus communs tels que le passage à l'âge adulte, la place des femmes face aux diktats culturels et à la pression sociale, la crédulité des masses et l'inhumanité des religions, la place de l'homme face à la nature, etc.
Sur la forme, la première partie du roman est excessivement longue lorsqu'il s'agit d'écouter Dorothé se plaindre, niaiser et rêvasser ; heureusement qu'Elen est là qui relève le niveau. La seconde partie est plus rythmée, plus rapide, l'action s'emballe et le lecteur ne peut pas s'arrêter de lire tant qu'il n'est pas allé au bout.
J'apprécie les suppléments (explications et épilogue) qui éclairent le contexte et appuient le texte.
En conclusion, un avis positif pour une oeuvre de littérature jeunesse qui change des classiques, parvient à ancrer des thèmes basiques dans un contexte historique et géographique peu communs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Anarya
  21 octobre 2015
A travers le destin de deux jeunes filles que tout semble opposer, Aina Basso nous transporte à une époque importante et pourtant méconnue de l'histoire norvégienne… Une histoire qui en rappelle pourtant beaucoup d'autres de la même période à travers l'Europe et au-delà, où les femmes étaient accusées de sorcellerie par jalousie, peur, ou car trop libres.
Le récit est alterné entre Dorothe et Elen, parfois entrecoupé d'étranges moments où le fantastique et le mythe prennent le pas sur l'histoire. Un procédé qui invite à se plonger totalement dans ce roman fascinant et très bien écrit. J'ai beaucoup aimé l'histoire de chacun des personnages, entre Dorothe, jeune fille qui voudrait rester enfant et qui est contrainte de faire un bon mariage, sa peur d'être mariée à celui qu'elle surnomme « l'homme grave » et sa solitude une fois arrivée dans un pays où elle ne parle pas la langue ; et Elen, seule fille d'une ribambelle d'enfants conçus de pères différents, ravie de sa liberté, de la vie qu'elle mène avec sa mère, de leur lien particulier, jusqu'au jour où arrive un petit frère, un bébé monstrueux dont elle est persuadée qu'il a été échangé à la naissance pour paraître si laid et maléfique. Bien sûr, leurs destins vont finir par se rejoindre, pour le meilleur mais surtout pour le pire… Je ne vous en dirais cependant pas plus là-dessus au risque de vous gâcher le roman… :)
Les scènes figurant les procès, au coeur de ce roman, sont, elles, très documentées, et particulièrement dures. L'auteure décrit avec précision plusieurs moments clés de cette chasse aux sorcières et nous montre ainsi toute l'horreur de cette période – un épilogue documentaire vient d'ailleurs compléter le récit. de la part du diable est un roman passionnant sur l'histoire de la Norvège, ses croyances anciennes et ses légendes, porté par deux héroïnes touchantes et où la justice ne triomphe pas toujours… Une très belle découverte !
Lien : http://bobetjeanmichel.com/2..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
PlumeVive
  09 octobre 2016
J'ai été surprise par ce livre, je m'inquiétais un peu du style d'écriture après avoir lu la quatrième de couverture.
J'ai eu tort le style d'écriture est très fluide.
On nous raconte une histoire qui a lieu dans le comté du Finnmark entre 1620 et 1621 époque où se déroule la première vague de procès pour sorcellerie en Norvège et dans toute l'Europe. On y rencontre deux jeunes filles aux destins bien différents.
Dorothée est issue d'une famille aisée et vient d'avoir seize ans, quand ses parents décident de la marier à un homme de l'âge de son père. Obligée de le suivre quand celui-ci est nommé dans le nord de la Norvège pour instruire les procès en sorcellerie. Après une longue et éprouvante traversée, Dorothée arrive dans une toute petite ville où personne ne parle sa langue.
Elen a le même âge, fille d'une guérisseuse sans mari mais avec de nombreux frères dont un diabolique. Quand la chasse au sorcière débuté la voilà en très mauvaise posture.
Une bonne moitié du livre place le contexte: amenant Dorothée dans ce nouveau pays et Elen à perdre sa mère... La partie, où elles se rencontrent, est minuscule, une vingtaine de pages tout au plus... Ce n'est d'ailleurs pas le moment le plus intéressant d'après moi.
La morale de ce livre diffère entre les deux personnages, ainsi que la fin qui m'a profondément choquée!!!
C'est un livre assez originale qui alterne entre les points de vues des deux filles, qui sont forts intéressants, axées sur des choses vraiment différentes...
Pour Dorothée c'est le mariage qui est au coeur de ses préoccupations, pour Elen c'est sa mère.
Ce livre montre aussi comment les gens peuvent se mettre à croire rapidement ce qu'on leur dit, et qu'il ne faut pas sous estimer la puissance des rumeurs.
Si vous avez aimé, je vous conseille: Celle qui sentait venir l'hiver

Lien : http://carnet-de-bord-litter..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Keskonlit
  30 novembre 2015
Norvège, 17ème siècle. Dorothée, 16 ans, a quitté Copenhague pour suivre son mari au Finnmark, où il doit instruire des procès en sorcellerie. Loin de sa ville natale et mariée à un homme plus âgée et qu'elle ne connaît pas, elle est très seule et a pour unique compagnie sa femme de chambre qui l'a accompagnée dans son voyage. Elen a le même âge et vit dans un petit village non loin avec sa mère et sa ribambelle de frères, tous nés de pères différents. Guérisseuse, sa mère connaît tout le monde et tout le monde la connaît, chose dangereuse dans un monde où la chasse aux sorcières fait rage…
On est vite happé par l'atmosphère envoûtante, sombre et glaçante de ce roman historique fort bien écrit. On découvre peu à peu le Finnmark, ses paysages désolés et ses habitants, souvent rudes. La suite sur Keskonlit.fr...
Lien : http://www.keskonlit.fr/de-l..
Commenter  J’apprécie          50

critiques presse (1)
Ricochet   06 janvier 2016
Derrière un fond historique qui peut aussi faire écho avec une actualité dramatique, l’auteure a réussi un beau roman d’apprentissage, ou plutôt de deux apprentissages.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
thedocthedoc   10 novembre 2017
Nous nous voyons si peu, et pourtant, moins je le vois, mieux je le vois. Je remarque de nouveaux traits sur son visage. Ses yeux, auxquels je ne trouvais auparavant pas de couleur, possèdent soudain toute une palette de teintes changeant avec la lumière. A l'intérieur, au crépuscule, dans le halo jaune des lampes, ils sont sombres, presque bruns. A la lumière du jour, ils prennent la couleur du paysage, bleu-vert devant le bris des vagues, comme bercés au creux d'un coquillage dans les profondeurs mouvantes de l'océan.
Quand il me regarde, c'est avec chaleur. Je cherche son regard et le trouve. Il y a dans sa prunelle un sourire, une lueur, elle ne danse que pour moi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
thedocthedoc   12 novembre 2017
- Du soufre, dit-elle en pointant du doigt une lésion à vif sur sa poitrine. Des pinces chauffées à blanc, dit-elle en montrant ses bras. Et l'écartèlement.
Elle se frotta les poignets , fut parcourue de frissons.
- On ne peut qu'avouer, dit-elle d'une voix sourde. C'est le seul moyen de les arrêter. La vérité ne les intéresse pas, ils n'entendent que ce qu'ils veulent.
Commenter  J’apprécie          60
RosenDeroRosenDero   12 septembre 2016
Mon plus jeune frère ne grandissait pas comme les autres, j'en venais presque à me demander s'il ne prenait pas le chemin inverse, se desséchant et se fanant. Et puis il était gris, et vilain comme le diable en personne.
Mère le mettait au sein, de ses doigts elle pressait la grande aréole brune, et l'enfant tétait, mais jamais il n'était repu. Il pleurait et pleurait, à en avoir la face rouge et bouffie, et ne se taisait que quand elle le posait sur un de ses mamelons, qu'il suçait bruyamment jusqu'à l'épuisement.
Il était ce que j'avais vu de plus laid. Il avait dû être échangé à la naissance, je ne voyais pas d'autre explication. Un de sous la terre devait s'être introduit dans la ferme pour voler notre bébé et nous laisser un des leurs. C'est le genre de choses qu'ils faisaient, c'était bien connu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
RosenDeroRosenDero   12 septembre 2016
ÉPILOGUE
J'ai élaboré ce récit à partir de faits réels, et les formules ainsi que les aveux présentés dans le roman proviennent de livres noirs originaux et d'archives de tribunaux.
Commenter  J’apprécie          40
CielvariableCielvariable   29 janvier 2019
Je voudrais me cacher les yeux, je tourne la tête d'un côté et de l'autre, mais je ne réussis pas à me réveiller. La lumière est dure, elle trace un chemin calciné, brûle dans ma tête comme autant de mines. Je veux m'en protéger, je veux voir de qui il s'agit. Je lève les mains, je les tiens devant moi, mais il n'y a pas d'ombre, aucun abri, seulement cette lumière blanche, elle me cerne, il n'y a qu'elle : éblouissante, insoutenable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
autres livres classés : chasse aux sorcièresVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr




Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1575 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre