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EAN : 9782070728503
140 pages
Éditeur : Gallimard (04/03/1993)
3.6/5   194 notes
Résumé :
« A d'autres l'univers paraît honnête. Il semble honnête aux honnêtes gens parce qu'ils ont des yeux châtrés. C'est pourquoi ils craignent l'obscénité. Ils n'éprouvent aucune angoisse s'ils entendent le cri du coq ou s'ils découvrent le ciel étoilé. En général, on goûte les "plaisirs de la chair" à la condition qu'ils soient fades.Mais, dès lors, il n'était plus de doute : je n'aimais pas ce qu'on nomme "les plaisirs de la chair", en effet parce qu'ils sont fades. J... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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ChatDuCheshire
  20 août 2015
Livre culte, inclassable. Ni érotique ni pornographique, ni d'ailleurs entre les deux. Et pourtant les descriptions de sexe gore et parfois franchement, argh, dégoûtantes (pourtant je ne suis pas bégueule) y foisonnent. Peut-être l'auteur l'a-t-il voulu comme une forme de catharsis ou encore une exploration de l'indicible frontière séparant l'horreur du sublime...
Je ne l'ai lu qu'une fois, il y a longtemps, et il y a peu de chances que je le relise. Pourtant j'en garde le souvenir d'une lecture importante, sans vraiment pouvoir me formuler pourquoi (et dans ce cas-ci ce n'est peut-être pas important de le savoir) et ce bouquin conserve une place de choix dans ma bibliothèque...
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GuillaumeTM
  03 septembre 2013
Georges Bataille est, dans le monde de la littérature, un cas à part : Nietzschéen dans l'âme, mélangeant allègrement dans ses oeuvres le sexe et la mort, il est celui que Sartre déclara « inapte à la philosophie ».
Un adolescent de 16 ans rencontre une jeune fille prénommée Simone dont il tombe dès le premier regard éperdument amoureux et ensemble, ils finissent très vite par s'adonner à des jeux sexuels bien singuliers. Ils emmènent ensuite dans leur incongruité une dénommée Marcelle, une fille au discernement alambiqué et donc facilement manipulable. À trois, ils iront toujours plus loin, crescendo dans la folie et la frénésie sexuelle jusqu'à la scène finale dans l'église.
Le chapitre final nous dévoile la clé du récit : Il s'agit en fait d'une auto-psychanalyse, celle de Georges Bataille lui-même. Chaque obsession prenant son véritable sens à la lumière de sa propre analyse.
Quant au texte, rédigé dans un style sommaire (on est très loin de Mauriac à tout point de vue), ce livre qui se veut outrancier, ne choque de nos jours plus personne, à part peut-être quelques âmes bien trop chastes tant les scènes de sexe mêlé à l'urine ou à un oeuf nous paraissent désuètes. Georges Bataille fait vraiment pâle figure si on le compare au marquis de Sade, qui lui est demeuré subversif jusqu'à maintenant.
D'une certaine façon, avec « Histoire de l'oeil », nous sommes plus près des « Onze mille verges » d'Apollinaire que des « 120 journées de Sodome » de Sade, c'est-à-dire plus proche de la parodie que d'une véritable provocation. Ceci est indéniable.
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Freio
  17 avril 2020
Je crois que c'est sans aucun doute la lecture la plus difficile et choquante qu'il m'ait été donné de faire à ce jour. Ce texte déborde d'obscénités en tout genre, paraphilie, urophilie, nécrophilie et j'en passe. Alors que faut-il en tirer ? La question de l'indissociable Eros et Thanatos y est facilement observable. Chaque scène de sexe s'accompagne de la mort et d'une symbolique renvoyant à celle-ci. Mais il y a bien plus... Dans les lignes qui vont suivre, j'ai essayé de relever quelques pistes qui me sont toutes personnelles. Je n'ai pas la prétention d'y comprendre quelques choses, n'y d'en faire une analyse que d'autres ont faite. Et puis, ce texte donne à penser et d'une certaine manière, le penser me rendra peut-être son souvenir moins désagréable et exorcisera les démons qui rôdent au-dessus de cette lecture !
Il me semble pouvoir y déceler quelques éléments qui pourraient être crédibles.
Tout le monde sait que Bataille est le penseur des « limites » et de la transgression. Les codes et les agissements des personnages, qu'ils ne cachent pas et assument au grand jour, forment un monde renversé ou le rapport au sexe dans toute sa bestialité établirait un nouveau rapport à l'existence, et permettrait de développer une forme de transcendance. le texte ne peut se penser qu'en contrepoint du christianisme auquel Bataille adhéra un moment. Christianisme qui se trouve balayé, dépassé. Manière, vous vous en doutez de « tuer Dieu ». Bataille ne tire pas seulement cela de ses lectures de Nietzsche, il élabore un horizon « par delà le bien et le mal », où la volonté de puissance des personnages les transporte dans une expérience existentielle totale.
La violence, le sang, les sécrétions y sont autant de médium indispensables à ces rites nouveaux. On peut y voir une forme de chamanisme dionysiaque et orgiaque. Mais plutôt que d'y atteindre dieu, Ils sont ramenés à un en de-ça terrestre.
Les personnages enfantent d'un autre monde sur les bases cette cruelle sexualité. Cet enfantement se fait dans la joie et l'extase, illustrant cette nouvelle félicité devant la mort, comme une vérité ontologique alternative.
Vous l'avez compris, de cette lecture, on n'en sort pas indemne. Vous êtes prévenus...
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karmon34
  10 juin 2013
Ca derange c'est etrange parfois gore mais il ne s'agit pas a mon avis de la pornographie comme cela a pu etre dit au moment de la sortie du livre c'est plus une recherche de demontrer nos limites de sensibilité face a l'innommable: Bataille disait: "La pudeur condition sinequanon de l'obscène qui la heurte est une caractéristique exclusivement humaine : les « yeux humains ne supportent ni le soleil, ni le coït, ni
le cadavre, ni l'obscurité, mais avec des réactions différentes
Il est donc nécessaire d'atteindre « l'état
de pudeur » pour attenter à la
pudeur ou subir l'impudeur". humm peut etre mais cela reste qmeme un recit dingue :-))
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Lavieestunlongfleuvetranquille
  18 octobre 2020
Au-delà d'une obscénité débridée et parfois déconcertante tant les déviances paraissent répugnantes, l'oeuvre doit être analysée dans sa fonction première telle que l'auteur l'aborde le révèle dans son dernier chapitre.
Cette catharsis reprend les codes du rêve, prétexte à l'élaboration de fantasmes certes ragoûtants mais fortement liés à des épisodes vécus, comme un exutoire à l'évocation de souvenirs à la perception indéfinissable, et que l'exagération des mises en scènes d'une cruauté morbide veut absolument choquer par un langage résolument cru employant des métaphores à peine voilées, destinées à amplifier l'envie sexuelle d'adolescents presque pubères.
Oui, cette lecture choque et il faut plonger dans le monde de G. Bataille pour en définir le cadre et l'exploiter dans son sens réel.
Pas facile, mais à replacer dans un contexte plus élargi de son oeuvre et la force de ce qu'il ressent.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
ophrysophrys   19 janvier 2011
A d’autres l’univers paraît honnête. Il semble honnête aux honnêtes gens parce qu’ils ont des yeux châtrés. C’est pourquoi ils craignent l’obscénité. Ils n’éprouvent aucune angoisse s’ils entendent le cri du coq ou s’ils découvrent le ciel étoilé. En général, on goûte les « plaisirs de la chair » à la condition qu’ils soient fades.
Mais, dés lors, il n’était plus de doute : je n’aimais pas ce qu’on nomme « les plaisirs de la chair », en effet parce qu’ils sont fades. J’aimais ce que l’on tient pour « sale ». Je n’étais nullement satisfait, au contraire, par la débauche habituelle, parce qu’elle salit seulement la débauche et, de toute façon, laisse intacte une essence élevée et parfaitement pure. La débauche que je connais souille non seulement mon corps et mes pensées mais tout ce que j’imagine devant elle et surtout l’univers étoilé…
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GuillaumeTMGuillaumeTM   08 septembre 2013
Je me rappelle un jour où nous allions vite en voiture. Je renversai une jeune et jolie cycliste, dont le cou fut presque arraché par les roues. Nous l'avons longtemps regardée morte. L'horreur et le désespoir qui se dégageaient de ses chairs écœurantes en partie, en partie délicates, rappellent le sentiment que nous avons en principe à nous voir. Simone est simple d'habitude. Elle est grande et jolie; rien de désespérant dans le regard ni dans la voix. Mais elle est si avide de ce qui trouble les sens que le plus petit appel donne à son visage un caractère évoquant le sang, la terreur subite, le crime, tout ce qui ruine sans fin la béatitude et la bonne conscience.
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martineden74martineden74   13 septembre 2020
J'ai été élevé seul et, aussi loin que je me le rappelle, j'étais anxieux des choses sexuelles. J'avais près de seize ans quand je rencontrai une jeune fille de mon âge, Simone, sur la plage de X… Nos familles se trouvant une parenté lointaine, nos relations en furent précipitées. Trois jours après avoir fait connaissance, Simone et moi étions seuls dans sa villa. Elle était vêtue d'un tablier noir et portait un col empesé. Je commençais à deviner qu'elle partageait mon angoisse, d'autant plus forte ce jour-là qu'elle paraissait nue sous son tablier.

Elle avait des bas de soie noire montant au-dessus du genou. Je n'avais pu encore la voir jusqu'au cul (ce nom que j'employais avec Simone me paraissait le plus joli des noms du sexe). J'imaginais seulement que, soulevant le tablier, je verrais nu son derrière.

Il y avait dans le couloir une assiette de lait destinée au chat.

– Les assiettes, c'est fait pour s'asseoir, dit Simone. Paries-tu ? Je m'assois dans l'assiette.
– Je parie que tu n'oses pas, répondis-je, sans souffle.
Il faisait chaud. Simone mit l'assiette sur un petit banc, s'installa devant moi et, sans quitter mes yeux, s'assit et trempa son derrière dans le lait. Je restai quelque temps immobile, le sang à la tête et tremblant, tandis qu'elle regardait ma verge tendre ma culotte. Je me couchai à ses pieds. Elle ne bougeait plus ; pour la première fois, je vis sa « chair rose et noire » baignant dans le lait blanc. Nous restâmes longtemps immobiles, aussi rouges l'un que l'autre.

Elle se leva soudain : le lait coula jusqu'à ses bas sur les cuisses. Elle s'essuya avec son mouchoir, debout par-dessus ma tête, un pied sur le petit banc. Je me frottais la verge en m'agitant sur le sol. Nous arrivâmes à la jouissance au même instant, sans nous être touchés l'un l'autre. Cependant, quand sa mère rentra, m'asseyant sur un fauteuil bas, je profitai d'un moment où la jeune fille se blottit dans les bras maternels : je soulevai sans être vu le tablier, passant la main entre les cuisses chaudes.

Je rentrai chez moi en courant, avide de me branler encore. Le lendemain, j'avais les yeux cernés. Simone me dévisagea, cacha sa tête contre mon épaule et me dit : « Je ne veux plus que tu te branles sans moi. »

Ainsi commencèrent entre nous des relations d'amour si étroites et si nécessaires que nous restons rarement une semaine sans nous voir. Nous n'en avons pour ainsi dire jamais parlé. Je comprends qu'elle éprouve en ma présence des sentiments voisins des miens, difficiles à décrire. Je me rappelle un jour où nous allions vite en voiture. Je renversai une jeune et jolie cycliste, dont le cou fut presque arraché par les roues. Nous l'avons longtemps regardée morte. L'horreur et le désespoir qui se dégageaient de ces chairs écœurantes en partie, en partie délicates, rappellent le sentiment que nous avons en principe à nous voir. Simone est simple d'habitude. Elle est grande et jolie ; rien de désespérant dans le regard ni dans la voix. Mais elle est si avide de ce qui trouble les sens que le plus petit appel donne à son visage un caractère évoquant le sang, la terreur subite, le crime, tout ce qui ruine sans fin la béatitude et la bonne conscience. Je lui vis la première fois cette crispation muette, absolue – que je partageais – le jour où elle mit son derrière dans l'assiette. Nous ne nous regardons guère avec attention qu'en de tels moments. Nous ne sommes tranquilles et ne jouons qu'en de courtes minutes de détente, après l'orgasme.

Je dois dire ici que nous restâmes longtemps sans faire l'amour. Nous profitions des occasions pour nous livrer à nos jeux. Nous n'étions pas sans pudeur, au contraire, mais une sorte de malaise nous obligeait à la braver. Ainsi, à peine m'avait-elle demandé de ne plus me branler seul (nous étions en haut d'une falaise), elle me déculotta, me fit étendre à terre et, se troussant, s'assit sur mon ventre et s'oublia sur moi. Je lui mis dans le cul un doigt que mon foutre avait mouillé. Elle se coucha ensuite la tête sous ma verge, et prenant appui des genoux sur mes épaules, leva le cul en le ramenant vers moi qui maintenais ma tête à son niveau.

– Tu peux faire pipi en l'air jusqu'au cul, demanda-t-elle ?
– Oui, répondis-je, mais la pisse va couler sur ta robe et sur ta figure.
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ophrysophrys   19 janvier 2011
D’ailleurs les régions marécageuses du cul – auxquelles ne ressemblent que les jours de crue et d’orage ou les émanations suffocantes des volcans, et qui n’entrent en activité, comme les orages ou les volcans, qu’avec quelque chose d’un désastre – ces régions désespérantes que Simone, dans un abandon qui ne présageait que des violences, me laissait regarder comme en hypnose, n’étaient plus désormais pour moi que l’empire souterrain d’une Marcelle suppliciée dans sa prison et devenue la proie des cauchemars.
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blanchenoirblanchenoir   24 août 2015
[…] ce qui me paraît être le terme de mes débordements sexuels : une incandescence géométrique (entre autres, point de coïncidence de la vie et de la mort, de l’être et du néant) et parfaitement fulgurante.
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