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EAN : 9782070326075
200 pages
Éditeur : Gallimard (22/11/1990)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 35 notes)
Résumé :
" La littérature est l'essentiel, ou n'est rien.
Le Mal - une forme aiguë du Mal - dont elle est l'expression, a pour nous, je le crois, la valeur souveraine. Mais cette conception ne commande pas l'absence de morale, elle exige une " hypermorale ". La littérature est communication. La communication commande la loyauté : la morale rigoureuse est donnée dans cette vue à partir de complicités dans la connaissance du Mal, qui fondent la communication intense.>Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
vincentf
  16 août 2014
On ne fait pas, dit-on, de la littérature avec des bons sentiments. Pour Bataille, il semble même nécessaire que la littérature se tourne vers le mal, qu'elle l'explore jusqu'au bout, qu'elle s'en saisisse. Il étudie alors quelques auteurs qui s'y sont frottés, qui s'y sont parfois, en mots ou en vie, vautrés, sans que ce soit pour dénoncer le mal ou pour en dire du mal en vue d'un plus grand bien. Deux exemples peut-être sortent du lot. Bien entendu, Bataille évoque Sade, qui détaille le mal parce qu'il l'aime, qui s'enfonce sans frémir ou en frémissant de joie dans des horreurs qui lassent le lecteur, le mettent mal à l'aise, le bousculent par leur monotonie. Il évoque aussi Genet, le malfrat écrivain, celui qui s'adonne au mal et qui l'écrit pour être souverain, pour échapper à l'ordinaire de la morale, pour devenir sacré. le mal en littérature, au fond, c'est le moment où les mots s'échappent du terre à terre pour se confronter au divin, pour vivre dans la page ce que des mots venus d'ailleurs interdisent, pour affirmer une liberté sans limite.
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Siladola
  01 mai 2015
Difficile de produire la critique d'un ouvrage de critique...Mais Bataille est tellement plus qu'un critique littéraire : on peut lire La littérature et le mal pour le seul "plaisir du texte". Cette édition Folio, outre qu'elle est facile d'accès, présente l'intérêt de réunir quatre sources différentes du manuscrit d'origine. On y trouve donc en notes des extraits de parutions antérieures supprimés par la suite ; en particulier la préface de J. Paulhan sur Les infortunes de la vertu, de D.A.F. de Sade ("Mais Sade avec ses glaciers et ses gouffres, et ses châteaux terrifiants...") ou le prière d'insérer de l'édition de 1957 ("Les hommes diffèrent des animaux en ce qu'ils observent des interdits, mais les interdits sont ambigus. Ils les observent mais il leur faut aussi les violer.") La littérature et le mal rassemble huit essais. Sept d'entre eux (Emily Brontë, Baudelaire, William Blake, Sade, Proust, Kafka, Genet) parurent initialement dans la revue Critique entre 1947 et 1957. Celui sur Michelet constituait la préface d'une édition de 1946 de la Sorcière. Rien de mieux que de laisser la parole à G. Bataille pour tenter la synthèse du recueil : "La transgression des interdits n'est pas leur ignorance : elle demande un courage résolu. le courage nécessaire à la transgression est pour l'homme un accomplissement. C'est en particulier l'accomplissement de la littérature..."
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
KiyoakiKiyoaki   27 septembre 2019
Genet, qui écrit, n'a ni le pouvoir ni l'intention de communiquer avec ses lecteurs. L'élaboration de son oeuvre a le sens d'une négation de ceux qui la lisent. Sartre l'a vu sans en tirer la conclusion : que dans ces conditions, cette oeuvre n'était pas tout à fait une oeuvre, mais un ersatz, à mi-chemin de cette communication majeure à laquelle prétend la littérature. La littérature est communication. Elle part d'un auteur souverain, par-delà les servitudes d'un lecteur isolé, elle s'adresse à l'humanité souveraine. S'il en est ainsi, l'auteur se nie lui-même, il nie sa particularité au profit de l'oeuvre, il nie en même temps la particularité des lecteurs, au profit de la lecture. La création littéraire - qui est telle dans la mesure où elle participe de la poésie - est cette opération souveraine, qui laisse subsister, comme un instant solidifié - ou comme une suite d'instants - la communication, détachée, en l'espèce de l'oeuvre, mais en même temps de la lecture.
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enkidu_enkidu_   11 mai 2018
Selon moi, le point faible de notre monde est généralement de tenir l'enfantillage pour une sphère à part, qui sans doute, en quelque sens, ne nous est pas étrangère, mais qui reste en dehors de nous, et ne saurait d'elle-même constituer, ni signifier sa vérité : ce qu'elle est vraiment. De même, en général, personne ne tient l'erreur pour constitutive du vrai... « C'est enfantin », ou « ce n'est pas sérieux » sont des propositions équivalentes. Mais enfantins, pour commencer, nous le sommes tous, absolument, sans réticences, et même il faut le dire, de la plus surprenante façon: c'est ainsi (par enfantillage) qu'à l'état naissant, l'humanité manifeste son essence. A proprement parler, jamais l'animal n'est enfantin, mais le jeune être humain ramène, lui, non sans passion, les sens que l'adulte lui suggère à quelque autre qui, lui-même, ne se laisse ramener à rien. Tel est le monde auquel nous adhérions et qui, les premières fois, jusqu'au délice, nous grisait de son innocence: où chaque chose, pour un temps, donnait congé à cette raison d'être qui la fit chose (dans l'engrenage de sens où l'adulte la suit). (p. 112)
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SiladolaSiladola   01 mai 2015
Il n'y eut pas moins qu'une révolution - et le bruit des portes de la Bastille enfoncées - pour nous livrer au hasard du désordre le secret de Sade, auquel le malheur permit de vivre ce rêve (dont l'obsession est l'âme de la philosophie) : l'unité du sujet et de l'objet.
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SiladolaSiladola   01 mai 2015
La littérature authentique est prométhéenne. L'écrivain authentique ose faire ce qui contrevient aux lois fondamentales de la société active.
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KiyoakiKiyoaki   19 juillet 2019
(...) le monde, en un mot, nous est donné quand l'image que nous en avons est sacrée, car tout ce qui est sacré est poétique, tout ce qui est poétique est sacré.
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