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EAN : 9782266307451
256 pages
Pocket (19/11/2020)
3.76/5   94 notes
Résumé :
Dans une société hyper technologique, tous les habitants de la planète sont reliés au réseau de surveillance de leur zone gouvernementale. Les territoires Inuits, pourtant, ne suivent pas la règle commune ; là, pas de surveillance, une certaine liberté et de grands espaces sauvages où l’on peut échapper au reste du monde, soit pour le plaisir de retrouver la nature et des gestes ataviques , soit pour des raisons plus complexes et plus secrètes. Les gouvernements pla... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
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elea2022
  17 août 2022
Si l'Inuit garde le souvenir du Blanc, qui gardera le souvenir de l'Inuit ?
C'est au moment de sa première chasse, accomplie selon les règles de la tradition, alors qu'elle dépèce le cadavre du caribou abattu par une flèche, sans même utiliser sa chère vieille carabine, que tout s'accélère d'une étrange façon pour Kisimiipunga, jeune Inuit de Kalaallit Nunaat, région de toundra au Groenland. Les événements se succèdent, sur un temps bref, alors qu'elle sauve d'une mort certaine un Français du peuple gitan, transporté gravement blessé sur son traîneau par son attelage poursuivi par une meute de loups.
Manuel Diaz n'était pas en terre inuit par hasard : il fait partie de la Haute Sécurité du monde occidental, ou plutôt de ce qu'est devenu le monde occidental, le GR30, dans une dérive sécuritaire qui a entraîné un véritable apartheid ; ainsi a-t-il découvert des secrets liés au peuple inuit, aux recherches de Kisimiipunga sur les narvals, élevés dans un bassin où travaille également Knud, l'amoureux danois de la jeune fille. Lorsque Manuel reprend conscience, il dévoile à Kisimii une partie de ce qu'il sait, ainsi que le rôle de cette dernière, en tant que chercheuse, dans une gigantesque partie de bras de fer engagée entre la Confédération des Peuples Autochtones et le GR30, à l'occasion du prochain Sommet, dans quelques jours...
Nous découvrons assez rapidement, en suivant un montage alterné cher au cinéma d'action, qui fonctionne d'autant mieux qu'il permet de confronter les systèmes de valeurs des deux camps, l'enquête des collègues de Manuel, "la Gauffre" et Damien, puis l'opération menée pour capturer Manuel. C'est de nouveau une course contre la montre qui s'engage, où l'on se demande jusqu'où iront les hommes du gouvernement français, dans la mesure où ils disposent de véhicules furtifs et d'armes sophistiquées, capables de "vaporiser" toute existence humaine dans un rayon prédéfini...
Nous sommes donc bien dans un roman d'anticipation, avec ceci que les innovations en ce monde occidental de 2089 ne sont pas si étrangères, et prennent leur source dans des idées qui pourraient - bientôt - avoir cours. Les pays du GR30 sont divisés en zones franches et en zones sécurisées, en fonction des implants proposés aux membres les plus favorisés de la société. Toutes les données de ces heureux citoyens sont rassemblées, conservées, analysées par un réseau d'IA à la surveillance duquel nul n'échappe. C'est pour leur bien, leur santé, leur sécurité - en zone franche, on se débrouille comme on peut, mais on est aussi surveillé. Les appels se passent depuis des cylindres, qui permettent une projection holographique, mais sont repérables n'importe où dans le monde. Si tout cela n'est pas terriblement original, la perspective dans laquelle les événements sont considérés, c'est-à-dire la lutte pour l'indépendance des peuples premiers, est en revanche intéressante.
J'ai apprécié ce roman d'aventure et d'anticipation qui nous mène aux frontières du Grand Nord, même si j'ai parfois eu l'impression d'une trame un peu trop dégraissée, manquant de substance. L'évocation de la culture inuite, par exemple, m'a paru un peu légère, notamment en ce qui concerne la mythologie ou le chamanisme. . Par ailleurs, je n'ai pas très bien saisi les changements permanents dans le système des temps, et les tournures familières au sein du récit (négations tronquées). Pour un roman aussi épuré, j'aurais préféré plus d'unité. C'est toutefois un roman qui ferait un beau film - certaines images sont marquantes, le style est à la fois visuel et sensoriel. Peut-être cela sera-t-il le cas un jour ?
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blandine5674
  13 juillet 2021
La SF pas trop mon truc à part Barjavel. Et bien celui-ci m'a fait penser à La nuit des temps. En 2089 les autorités savent tout sur le moindre individu puisque les informations sont transmises par un implant incrusté dans le corps. Toute la population terrestre, sauf quelques peuples résistants comme chez les Inuits où les scènes essentielles du roman s'y passent. Une jeune scientifique y applique les gestes de ces ancêtres comme la chasse au caribou. Seule dans l'immensité du blanc, lui apparaît un traîneau tiré par des chiens avec un européen inconscient.
Roman court parsemé de belles pensées sur l'écologie, les valeurs, les traditions à perpétuer.
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Stelphique
  15 décembre 2020
Ce que j'ai ressenti:
❄️J'en garderai, le souvenir du peuple Inuit❄️
Parce qu'à un moment, il faut bouger. Soit parce que les loups se ramènent, soit parce que le ciel s'écroule ou que le froid te glace jusqu'aux os…Essayer l'Esquive ou la Chasse, mais faire quelque chose, avant que l'arrêt fatal enlève Le Blanc. Se sentir vivant. Être relié au vivant, ressentir le vivant, le voir et le sentir, être le Vivant. C'est ce que vont nous démontrer Kisimiipunga et Diaz à travers cette course de la dernière chance, quitte à tout y perdre. Pourtant, ils ne sont pas du même milieu, même pas parents, même pas amis, et pourtant, reliés. Dans un décor magnifique et dangereux, nous les suivons avec une certaine appréhension, dans leur combat juste et nécessaire. Entre thriller et science-fiction, cette lecture donne matière à réfléchir sur notre rapport à la nature et aux dérives de l'hyper-contrôle des grandes instances. Captivant, j'ai été enchantée d'en apprendre encore plus sur la culture Inuit…
Comprend-on pourquoi on aime?
❄️Et j'aimerai Immensément l'Uumajuit ❄️
2089. C'est un peu flou, vaporeux et froid. C'est rempli de fantômes et de vieilles traditions ancestrales précieuses. C'est aussi le futur anticipé avec de la technologie de pointe. C'est notre monde qui a mal. Encore plus, forcément, parce que, les hommes sont ainsi, voraces et destructeurs. Mais, dans le secret du grand froid groenlandais, il se prépare une résistance…Une résistance à ces entraves de surveillances accrues, à cette main-mise des gouvernements planétaires. Vivants, forts, connectés à l'Uumajuit, le peuple Inuit s'enflamme aux idées de libertés et de grands espaces…C'est un roman terriblement beau, avec ces contraires qui se répondent et l'urgence de la prise de conscience écologique. Je ne sais pas qui gardera le souvenir du Blanc, mais quoi qu'il en soit, je garderai le plaisir d'une lecture étonnante, intelligente et dépaysante à souhait.
Comment, sans l'énergie d'Uumajuit, le monde pourrait-il être monde?
Lien : https://fairystelphique.word..
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raton-liseur
  14 mai 2022
Je suis toujours une proie facile pour les livres dont le titre claque ou est un peu énigmatique. Quand j'ai vu ce livre sur une étagère de la librairie où j'étais allée avec M'ni Raton, juste pour acheter des livres pour elle (ben oui, elle n'avait presque plus rien à lire, m'avait-elle déclaré avec une mine déconfite…), je n'ai pas résisté. Elle est repartie avec trois livres et moi avec celui-là, un vrai achat coup de tête. Aussitôt acheté, aussitôt lu…
Mais maintenant que ma lecture est finie, je me dis que le titre qui m'avait attirée n'a pas vraiment de rapport avec l'histoire et je me sens un peu flouée. Un peu flouée aussi par le côté dystopie écologique mis en avant par la quatrième de couverture et par le libraire. A moins de considérer qu'il suffise d'être membre d'une Nation Première pour être de facto écologique, il n'est pas question de cela ici. S'il y a donc un peu tromperie sur la marchandise, ce livre n'est pas sans qualités.
Je voulais un livre facile à lire sans qu'il me prenne non plus pour une décérébrée, un livre agréable sans être la nouvelle mouture d'un livre déjà mille fois écrit, et j'ai eu ce que je cherchais. Un livre rythmé sans être non plus haletant, un livre qui emprunte tous les codes de la dystopie en sachant aussi s'en éloigner intelligemment. En jouant sur le contraste entre société Inuit et société occidentale mais en veillant à ce que les deux aient un degré de technologie comparable, Lilian Bathelot se garde des oppositions trop franches et trop peu crédibles. En se concentrant sur une dizaine de personnages, il ne nous en dit pas beaucoup sur la société dans laquelle ils évoluent, laissant le champ libre à notre imagination : nous savons que la société que nous voyons a des failles, mais à nous de les imaginer plus ou moins béantes, plus ou moins effrayantes. On apprendra beaucoup de choses, mais pas l'essentiel de la bataille que se livrent les deux conceptions du monde qui s'affrontent dans ce livre (ni nous ne sauront d'ailleurs bien ce qui différencie ces deux conceptions).
Au moment de refermer ce livre, c'est un drôle de sentiment. J'ai apprécié cette lecture, elle correspondait à mon état d'esprit du moment, mais en même temps, je me dis que ce livre est un drôle d'objet, qui nous renvoie ce que l'on veut y mettre. Si l'on est plutôt contestataire, on saura y débusquer la contestation ; si l'on est plutôt pour l'ordre, on y verra l'ordre… On dit parfois que le livre qu'on lit est à la fois l'oeuvre d'un auteur et l'oeuvre d'un lecteur. C'est particulièrement le cas ici, où j'ai la sensation que c'est au lecteur de décider du sens à lui donner.
Ma note de lecture ressemble donc un peu à ce livre, elle semble tourner autour de ce qu'une note de lecture devrait être, elle semble ne pas parler de ce dont elle est sensée parler. Comme ce livre qui donne tous les ingrédients et qui laisse le lecteur faire la tambouille qu'il veut. Expérience étrange et intéressante, sans être prise de tête.
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Tachan
  07 janvier 2021
Je suis toujours curieuse de récits qui sortent un peu des sentiers battus. C'est ce que j'ai eu l'impression de lire avec ce court texte de Lilian Bathelot, auteur que je découvre ici et je remercie Pocket imaginaire pour cela.
Lilian Bathelot est un homme aux passions variées, il est ou a été tour à tour réalisateur, prof de philo, champion de tir, spécialiste d'escalade et de golf, et est l'auteur d'une quinzaine de romans qui s'adressent aussi bien aux adultes qu'aux jeunes, aussi bien aux amateurs de littérature blanche, de polar ou d'imaginaire.
Dans le texte ici présent, il s'intéresse au futur de notre planète qu'il a imaginé dans des décennies fort proches de nous et qui est diablement crédible. La planète semble désormais partagée en deux, entre ceux qui se sont fait implanter une puce et qui sont contrôlés à tout va, et ceux, rebelles, qui ont voulu garder leur liberté en restant indépendant. L'aventure qu'il va nous conter va faire se confronter ces deux factions autour d'un mystère dans les terres gelées de l'Arctique.
J'ai d'emblée été séduite par le cadre géographique de l'histoire. Se replonger dans le Grand Nord, aux côtés d'une Inuit qui plus est, fut un réel plaisir pour moi. Par contre, heureusement que je connaissais un peu leur culture car aucune traduction des termes locaux employés n'est proposé... Mais l'auteur nous fait parfaitement ressentir la rudesse de ce climat à travers plusieurs scènes de survie magnifiquement écrites au point qu'on aurait cru y être. Et j'ai trouvé très judicieux de sa part de donner le sentiment que ça pourrait presque se passer de nos jours à quelques détails près.
La science-fiction est donc amenée par petites touches, surtout scientifiques et géopolitiques, parfaitement bienvenue et bien vue. L'évolution de notre monde que propose Lilian Bathelot est malheureusement crédible, faite d'évolutions techniques liberticides et de ségrégation trop facilement acceptées. On découvre celle-ci notamment à travers le regard des Implantés, grâce à une double narration judicieuse qui alterne entre chez eux et chez notre jeune Inuit.
La plongée dans l'univers est graduelle et intrigante, mais l'aventure est au premier plan d'un tout autre ordre, ce qui le récit encore plus passionnant à lire. En effet, dans un premier temps, le lecteur est surtout confrontée à une intrigue digne des meilleurs polars avec une héroïne, Kisimiipunga, qui lors de sa première chasse tombe sur un homme qui n'est pas du coin et qui gît à moitié mort sous la neige. Elle décide alors de lui porter secours et met le doigt dans un engrenage qu'elle ne maîtrise pas.
Ce qui est fascinant dans la narration de Lilian Bathelot, c'est qu'à partir d'une intrigue classique de polar, il glisse peu à peu vers un pur récit d'anticipation géopolitique et écologique passionnant où il concerne le mystère et le stresse issu du polar. Une parfaite alliance des deux !
J'ai adoré le rythme du récit, ses développements, ses interrogations, son univers. Mon seul regret fut de m'arrêter si tôt en si bon chemin. le monsieur est connu également pour ses nouvelles. J'ai eu l'impression de lire une novella ici et j'aurais bien aimé prolongée cela avec d'autres dans le même univers tant celui-ci m'a semblé solide et prometteur avec les interrogations qu'il pose sur notre rapport à la nature et à la technologie ainsi qu'à la restriction de nos libertés et à l'utilisation de nos recherches. Un titre donc très prometteur mais trop court. Il m'en faut plus !
Lien : https://lesblablasdetachan.w..
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
elea2022elea2022   17 août 2022
Ils avaient allumé un modeste feu de tourbe, mis de l'eau à bouillir dans une petite casserole. Puis, tirant de leurs besaces des morceaux de viande et de poisson séchés, ils avaient commencé à manger en silence, assis sur leurs talons autour des maigres flammes. Ils n'avaient rien avalé depuis la veille.
Les deux femmes des brigades volontaires les avaient rejoints. Après avoir laissé leurs vieilles carabines appuyées au ski-doo le plus proche, elles s'étaient accroupies auprès d'eux sans rien dire. Elles reçurent aussitôt des morceaux de nourriture, offrirent des cigarettes tirées de paquets fripés, et tous burent du thé brûlant dans des quarts de fer-blanc cabossés circulant de main en main. Après ça, il y eut des mimiques, des petits rires qui perçaient le silence, quelques signes, mais guère de paroles. Un mot par-ci par-là, une courte phrase, juste le nécessaire.

Page 226.
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elea2022elea2022   13 août 2022
Mais elle parvins rapidement à attacher un trait au harnais du chien de tête, un grand alaskan aux yeux vairons, l'un turquoise, l'autre gris, parsemé d'éclats noisette.
Sans cesser de fixer l'étrange regard de la bête, elle en flatta l'encolure au poil encore hérissé de panique. Elle lut dans les yeux du meneur d'attelage qu'il avait parfaitement fait le lien entre les coups de feu qu'il avait entendus, l'abandon de la poursuite des loups et l'arrivée de la jeune fille surgie de l'immensité blanche. Et lorsque, baissant les oreilles vers l'arrière, la bête lui lécha le poignet de sa langue chaude, Kisimii sur que le grand chien l'adoptait comme chef de la meute.

Page 23.
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elea2022elea2022   16 août 2022
De temps en temps, un chien se réveillait, s'ébrouait en silence et levait son museau qui avait reniflé l'odeur âcre de la fumée de tourbe. Il regardait furtivement son chef de meute. Rassuré de le voir endormi, il enfouissait alors sa truffe dans la fourrure de son flanc et, avec un long soupir de chien, ses yeux se refermaient et il reprenait son somme.

Page 151.
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elea2022elea2022   13 août 2022
Mais dès que Damien affronterait une partie délicate de la course, le guide suivrait l'avancée de sa balise sur les écrans de contrôle. Protocole obligatoire pour les courses en solitaire. Il étudierait l'évolution de sa condition physique en temps réel sur les graphiques biométriques, suivrait l'évolution météo à court terme. Et s'il y avait un problème, il pourrait entrer en visuel, voir exactement ce que Damien verrait lui-même, grâce à la transmission sensorielle de l'implant biocomplexe.

Page 42.
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elea2022elea2022   17 août 2022
Par la suite, après le Sommet mondial, ce bâtiment sera peut-être laissé sur place, comme un symbole, entretenu telle une espèce de totem à la mémoire de cet épisode qui restera gravé dans les mémoires comme dans l'Histoire.

Page 232.
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