AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782749944777
191 pages
Michel Lafon (05/11/2020)
4.67/5   3 notes
Résumé :
Qui sont-ils ? Quel est leur rôle ? Quels sont leurs outils ? Comment devient-on chamane ?

Richement illustré, ce livre dépeint l'évolution de la figure du chamane dans l'imaginaire occidental.
Des premiers récits de la rencontre aux histoires de chamanes d'aujourd'hui, l'ethnologue Sébastien Baud explore les liens entre visible et invisible, humain et animal, culture et nature tels que les sociétés à chamanes les conçoivent. Corine Sombrun, ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Ledraveur
  14 avril 2021
C'est un bel ouvrage en 19x25, avec un grand nombre de photos et d'illustrations traditionnelles ou contemporaines sur le sujet.
Livre à feuilleter au gré des chapitres de ce qui nous “inspire” le plus … quitte à y revenir un peu plus tard au gré de notre intérêt.
La dernière partie a plus particulièrement retenu notre plus grande attention : « Transe et neurosciences » de Corine Sombrun.
En effet, nous y voyons un raisonnable espoir dans un avenir proche, que puisse éclore une nouvelle perspective sur la validité d'une réalité effective des états de spiritualités authentiques, dans le cadre d'investigations de nouvelles disciplines scientifiques. Ce qui aurait pour conséquence, du moins dans une certaine mesure, de clarifier le propos d'avec les charlatanismes de tous bords, que ce soit de l'ordre du “religiosisme” institutionnel et/ou des mouvances des dérives intégristes sectaires et leur fanatisme.
« Si notre société a travaillé à faire de nous des êtres plus savants, les sociétés traditionnelles se sont attachées, elles, à faire de nous des êtres plus conscients. le moment de crise que nous vivons et le mouvement global d'intérêt pour ces techniques ancestrales montrent qu'il est temps de “nous” rassembler. le savant et le conscient, l'intellectuel et le “perceptuel”, enfin réunis, doivent se mettre au service de notre futur. D'une société plus consciente des conséquences de ses décisions. N'est-ce pas la véritable démarche écologique à laquelle nous devrons désormais nous attacher ? » (p. 183)
Pour notre part, citoyen lambda, nous ne pouvons qu'acquiescer à ces projets et perspectives, où il y va probablement de la pérennité non seulement de notre espèce, mais qui plus est dans son impact global sur la Terre de nos jours, d'un équilibre toujours dans un aléatoire de toute façon !
Ce livre se propose en effet d'être une réconciliation entre un passé très ancien (Aurignacien/Gravettien)* et la “modernité” de l'homme des sciences appliquées et les sciences fondamentales .
C'est une invitation dans un “voyage” hors du temps linéaire (1) pour entrevoir celui d'un monde hélicoïdal, les messagers en étant les chamanes (terme générique vague, datant du XVIIIe [Johann Gottlieb Georgi]), représentants des anciennes traditions de l'Animisme.
Ainsi y sont décrits à la fois les différents courants originels géographiques et ethniques, dans une organisation sociétale particulière, et le rapport entretenu avec son environnement naturel. L'Animisme ne prétend pas être une représentation du monde, ni tente de l'expliquer non plus, mais il en procède dans une intériorité au plus profond.
----------------
* https://www.babelio.com/livres/Clottes-Les-chamanes-de-la-prehistoire--Transe-et-magie-d/94946/critiques/2235162
https://www.babelio.com/livres/Lima-Chauvet-Pont-dArc-le-premier-chef-doeuvre-de-lh/667863/critiques/746867
https://www.babelio.com/livres/Doring-Gwion-Gwion/812247/critiques/1004392
(1) http://camisard.hautetfort.com/archive/2019/12/13/cosmosapiens-ou-le-souffle-du-cosmos-6197934.html
Lien : http://www.versautrechose.fr/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
jahann
  06 septembre 2021
Dans une langue qui emprunte à la fois au raisonnable et à l'absurde, qui sied si bien à parler du chamanisme, l'auteur nous propose de ce dernier une approche personnelle et ouverte. Alternant avec élégance analyse anthropologique et expériences phénoménologiques (qu'il appelle "récits chamaniques" et qu'il puise dans ses lectures et dans ses rencontres), l'auteur fait le récit de l'évolution historique et sociétale du regard que les Européens (de l'Amérique coloniale à la Russie blanche ; du 15ème siècle à aujourd'hui) portent sur le chamanisme. Un regard qui vaut définition. Dans une langue imagée et sensible, l'auteur nous propose aussi un livre initiatique : le récit d'une métamorphose, à la fois intime et universelle, de celle ou celui qui devient chamane en devenant esprit, qui a éprouvé cette transe si désirée et en est doublement aimée. Corine Sombrun, par le récit de son expérience de la transe en Mongolie puis en laboratoire qu'elle nous propose ensuite, illustre avec intelligence cette conquête (personnelle et coloniale) des savoirs. Je l'ai lu. Je l'ai relu, avec cette impression à chaque lecture d'une compréhension nouvelle et de toucher de la façon la plus significative au chamanisme. Brillant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Oceanito
  02 avril 2022
Magnifique ouvrage, élaboré avec soin par l'auteur. Ce livre est un vrai trésor, riche de savoir. de très jolies photographies accompagné d'une lecture passionnante sur le chamanisme.
Lire et sentir que ça nous parle, voilà un vrai chef d'oeuvre !
Je recommande vivement.
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
LedraveurLedraveur   14 avril 2021
Appréhender les chamanismes
« Tout parle. Et maintenant. homme, sais-tu pourquoi / Tout parle ? Écoute bien. C'est que vents, ondes, flammes / Arbres, roseaux, rochers, tout vit ! / Tout est plein d'âmes. »
Victor Hugo, « Les Contemplations »
Le chamanisme n'est pas une représentation du monde, ni ne l'explique par ailleurs. Il procède de celle-ci, les notions d'esprits et de pratiques chamaniques pouvant parfaitement être dissociées. Et pourtant, les esprits sont essentiels à la fonction chamanique, à sa nature et à son mode opératoire. Leur évocation constitue à elle seule le décret d'existence d'un monde que mobilisent les chamanes dans leurs pratiques, d'un monde outre-ment différent de celui que nous avons, dans nos sociétés, l'habitude de considérer. En d'autres termes, tout mode d'être et de penser qui considère la réalité de l'existence des esprits lève l'impensé phénoménologique, autorise le recours aux chamanes et leur permet d'agir ou d'être agis. Il leur permet de convoquer et de (se) déplacer (dans) un imaginaire, entendu ici comme lieu d'un possible relationnel. Le chamanisme est en ce sens une pensée de la relation, de celle qu'on en-visage ; raison pour laquelle le rituel se tient la nuit ou dans l'obscurité, raison pour laquelle aussi le regard des chamanes est voilé de bandelettes de tissu ou d'un rideau de perles.
Dans les sociétés à chamanes, la distinction entre ces registres de réalité que sont l'humain et le non-humain, le visible et l'invisible, n'est ni absolue, ni immuable, mais bien une expression instituée de relations entre des collectifs d'existants dont le statut ontologique et la capacité d'action varient selon les positions qu'ils occupent les uns par rapport aux autres (Philippe Descola). Ce qui caractérise les topographies chamaniques est l'idée qu'elles sont formées d'un maillage de chemins reliant entre elles les différentes régions et facilitant la communication entre celles-ci. C'est l'idée qu'elles sont une sorte de réseau ouvert, une combinaison de particules invisibles à l’œil nu mais animées d'une force ...
p. 91
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
jahannjahann   06 septembre 2021
Devenir chamane, c'est partir en quête des esprits ou répondre à leur appel. Devenir chamane procède d'un profond accablement, d'une meurtrissure du corps ou d'une confrontation à des états émotionnels intenses… comme si la personne se plaçait dans une situation de vulnérabilité et de détresse, afin d'apitoyer les esprits et de solliciter leur compassion ; comme si les esprits tourmentaient la personne, la plaçaient dans une situation intenable, sauf à reconnaitre leur vouloir. Devenir chamane donc, c'est prendre le risque de l'errance, de celle qui a pour finalité, non pas une accumulation d'informations, mais une ouverture de l'esprit (Kenneth White). C'est consentir à un dépaysement radical et effrayant, à un ensauvagement (au sens d'une présence, non plus à soi et au collectif humain, mais au sauvage et aux existants non humains) au dénouement incertain. C'est accéder à l'altérité dans un crescendo initiatique ou à partir d'une expérience brute, inattendue, qui modifie le devenir ordinaire et ouvre la personne sur l'invisible.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
LedraveurLedraveur   14 avril 2021
— Pendant la transe, avez-vous conscience de ce qui vous arrive ?
— Oui.
— Alors pouvez-vous décrire ce que vous ressentez ?
— J'ai beaucoup plus de force que dans un état normal. Je ne ressens pratiquement plus la douleur, et la perception du “moi” se transforme. En loup au début, mais depuis en différents animaux ou personnages. Je perds aussi la notion d'espace et de temps et je peux “voir” les yeux fermés ; des animaux, des visages ou des représentations géométriques. Mais plus étonnant encore, mes sens semblent accéder à un niveau 2. Plus subtil. Mes yeux, toujours fermés, se mettent par exemple à “voir” les corps, mais sans contour précis. Je vois une sorte d'espace, de “nuage” dont le contour s'étend bien au-delà de sa surface habituelle. Il est plus grand. J'y ressens des zones fluides ou bloquées, je vois des formes, des couleurs, des univers plus ou moins harmonieux, sur lesquels je ressens le besoin incontrôlable d'agir. Mon nez se met à renifler, comme celui d'un loup. Pas des odeurs, mais des zones “dissonantes”. Mes mains y répondent par des signes, des danses. Elles entrent dans le nuage, palpent des formes, les modulent, les transforment. Ma bouche aspire ou souffle sur certaines de ces zones, formule des langages ou entonne des chants que je ne connais pas, fait des sons que je suis incapable de reproduire dans un état de conscience ordinaire. Quant à mes oreilles, elles contrôlent la modulation de ces sons et savent à quel moment ils sont “justes”. Sans parler des informations que je me mets à percevoir. Dans cet état le cerveau semble gagner en intelligence perceptive. Il capte des informations qu'il ne voit pas, ou peu, dans un état de conscience ordinaire. Un peu comme si la perception de la réalité était “augmentée”.
p. 173
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
LedraveurLedraveur   14 avril 2021
D'après Cristôbal de Molina (1576), ils « disent [aussi] que telles grâce et vertu qu'ils avaient ils les avaient reçues du tonnerre, disant que quand un éclair tombe laissant quelqu'un effrayé, après être revenu à lui, il disait que le tonnerre lui avait montré cet art, soit celui de guérir avec des herbes, soit celui de donner des réponses aux choses qu'ils lui demandaient ». Aujourd'hui, le chamane est appelé yachaq, « celui qui sait », ou altomisayuq, littéralement « celui qui possède la table rituelle d'en haut » et est capable de voyages en esprit.
Chi pülashi, « celui avec le pülashi », le dangereusement sacré, le sur-naturel ; acquérir le pouvoir, c'est peu à peu devenir pü/asü, devenir chamane.
Wichasha wakan en sioux lakota (Amérique du Nord), littéralement « celui avec le wakan (pouvoir imprégnant toute chose et être du monde, à des degrés divers) » ; si l'expression est communément traduite par « homme ou femme-médecine », le guérisseur en lakota est appelé pejuta wichasha (« celui avec la médecine »). Banman, dans le Kimberley (Australie), tout à la fois « homme-médicament », “esprit” et “pouvoir” de voir « par transparence » les organes et le squelette ; de voir à travers l'opacité des corps. « C'est le pouvoir, banman, raconte Banggal à Barbara Glowczewski, comme une pierre, on peut voir dans la paume des mains, cela voyage dans ton corps, remonte les bras jusqu'à l'intérieur de la poitrine : cela pulse. [...] La roche de quartz vient des serpents. Le quartz vient de la terre. [...] Les chamanes le mettent dans leur corps et le transportent. C'est comme une gelée à l'intérieur de leur corps. Ils le sortent pour que cela durcisse. »
p. 80
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
LedraveurLedraveur   14 avril 2021
Trois moments donc constituent et définissent le processus qui mène à la fonction chamanique, différent selon les sociétés, les histoires personnelles aussi. Ces moments, qui coexistent dans l'expérience initiale ou peuvent être clairement déterminés dans leur succession, sont : la vocation, le désir individuel d'être chamane ou la conformité à un choix collectif ; l'élection spirituelle, l'énonciation du devenir ; et l'apprentissage auprès d'un chamane confirmé. Trois modalités d'accès à la fonction chamanique ou vocations, indépendantes de la structure sociale et économique de la société d'appartenance de la personne, peuvent de même être distinguées : par héritage de la fonction, condition insuffisante cependant puisque devenir chamane demeure de l'ordre de l'alliance (il ne suffit pas d'être fils de chamane pour être chamane, c'est la rencontre avec l'aïeul, dépositaire de l'alliance originelle, ou l'esprit transmis par filiation, qui opère la transformation, et c'est l'apprentissage qui prépare à cette rencontre) ; par choix personnel, par attrait pour la fonction et le prestige qui lui est associé, par souci aussi de préserver les siens du malheur ; à travers enfin un ensemble de signes, qu'un chamane ou un parent averti attribuera à la volonté d'un esprit d'entrer en relation avec la personne (à nouer une alliance) et qui l'amènera à énoncer la vocation. Il n'est pas rare, pour devancer (ou encourager) une possible vocation, que l'enfant soit très tôt mis en contact avec les objets et substances chamaniques, puis initié aux techniques rituelles.
p. 126
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00

autres livres classés : neurosciencesVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Pas de sciences sans savoir (quiz complètement loufoque)

Présent - 1ère personne du pluriel :

Nous savons.
Nous savonnons (surtout à Marseille).

10 questions
364 lecteurs ont répondu
Thèmes : science , savoir , conjugaison , humourCréer un quiz sur ce livre