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EAN : 9782857047797
301 pages
Pygmalion-Gérard Watelet (18/10/2002)
4/5   3 notes
Résumé :

Le pharaon Djéser, qui gouverna le pays au milieu du XXVIIe siècle avant J.-C., est l’une de ces figures marquantes. Promoteur de l’idéal monarchique et grand bâtisseur, il laissa à la postérité l’image d’un souverain novateur. Il domine, par l’ampleur de ses réalisations, une troisième dynastie qu’il a fondée et dont les autres rois apparaissent encore actuellement comme des figures fugitives. Djéser est inséparable d’Imhotep, célébré par la tradition co... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Henri-l-oiseleur
  21 juillet 2020
Il y a une égyptologie pour gogos, entre musiques langoureuses de harems hollywoodiens et affabulations ineptes à la Christian Jacq, et une égyptologie rigoureuse, fondée sur le terrain, l'archéologie et les documents épigraphiques. La seconde, évidemment, est moins séduisante que les pharaonnes indomptables et les drapés suggestifs, et avec l'ouvrage de Michel Baud, qui ouvre la collection de biographies pharaoniques de l'éditeur Pygmalion, on entre dans le vif du sujet. Djéser, monté sur le trône vers 2650 avant notre ère, est déjà une figure reconstruite au prix d'une longue enquête documentaire, dont la première partie de l'ouvrage rend compte. Bien sûr, on ne sait rien de la personne de ce roi (on apprend dans les bonnes écoles qu'il est impossible de s'imaginer les "personnalités" antiques, à moins de tomber dans des anachronismes délirants). Il est associé à la figure d'Imhotep, qui acquit par la suite une stature divine et sauva son maître de l'oubli. La deuxième partie du livre décrit le complexe funéraire de ce roi, la fameuse pyramide à degrés (la seule à nous être parvenue en l'état) et toutes les interprétations que l'on peut en faire sur l'état pharaonique et son idéologie, mais aussi ses évolutions techniques (usage plus fréquent de la pierre, à la place de la brique crue, invention de la pyramide, métamorphoses de l'architecture funéraire). Enfin, Michel Baud reconstitue la monarchie, l'administration et la société égyptiennes dans la mesure du possible, en s'appuyant surtout sur l'épigraphie, en Egypte même, au Sinaï et en Nubie. Il lui est même possible de concevoir le maillage politique et administratif du pays, en faisant parler les témoins monumentaux et écrits.
Cet ouvrage est donc moins une biographie qu'une description commentée des monuments de l'époque, rédigée avec sobriété, sans grand souci d'élégance ni de variété stylistiques. La lecture de ce livre est donc, à la fois, instructive et plutôt morne, comme la prose habituelle des archéologues.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   14 juillet 2020
Les sources de l'époque, auraient-elles été nombreuses et variées, ne permettraient pas de pénétrer plus avant dans l'intimité royale, ce qui restera vrai bien longtemps encore pour les monarques égyptiens. Le souverain se réduit en effet à une somme de noms, identifiant un individu dans une longue suite de rois considérés comme les représentants ou l'incarnation d'Horus sur terre. Fils réel ou fictif de son prédécesseur défunt assimilé à Osiris, le monarque est entouré d'une famille étroite qui participe aux cérémonies quotidiennes de la monarchie, et d'un cercle plus vaste de courtisans pour lesquels il fait aussi figure de père. Le roi est donc un masque, un personnage transfiguré dont l'idéologie ne laisse rien paraître d'intime, un acteur en représentation sur la scène du pouvoir, dont le rôle est de maintenir la création des dieux en respectant l'équilibre du monde. Nul trait de caractère, nul parcours avant l'accession au trône, nul accident pendant le règne. Ces aspects sont gommés par l'image et le texte, qui s'assemblent en un décorum par définition très codifié et normatif.
p. 72
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   21 juillet 2020
Dans l'architecture royale comme privée, la présence d'un tumulus de plan approximativement carré, à l'élévation conique ou en escalier, est donc déjà plusieurs fois attestée sous les deux premières dynasties. Le concept sous-jacent à ce type de monument funéraire, autonome ou intégré à un mastaba, est sans doute celui de tertre primordial. Aux périodes les mieux documentées sur les concepts religieux des Egyptiens, le symbolisme de la butte est celui du lieu initial sur lequel le dieu créateur, émergeant d'une masse liquide indifférenciée, advint à l'existence par ses propres moyens. La référence au cadre géographique nilotique est probable, puisque le fleuve, après sa crue annuelle qui recouvrait les terres riveraines, laissait à nouveau apparaître celles-ci lors de la décrue, prélude à un renouveau des cultures et de la végétation.
p. 140
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   13 juillet 2020
Des décennies de recherche ont montré que les dynasties égyptiennes ne sont pas des lignées de sang, selon un modèle répandu dans les monarchies. Il s'agit de groupes de souverains rassemblés, autant qu'il est possible de le reconstituer, sur le critère de l'emplacement de la résidence royale et de l'identité du dieu-patron. Cela n'exclut pas que, dans nombre de cas, les monarques soient apparentés, mais le critère ne se révèle pas déterminant pour former une "maison", /per/ selon le vocable égyptien, que les Grecs ont rendu par "(groupe de) pouvoir", /dynastie/, avec des connotations qui ne sont pas celles de la tradition pharaonique.
p. 49
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   18 octobre 2015
Si le roi reste une figure sans histoire, la littérature postérieure se charge de lui restituer une dimension humaine, pour quelques célébrités tout au moins, L'historien se perd alors en conjectures pour démêler l'écheveau des origines et le degré de véracité de ces traditions. La tentation est évidemment grande, en raison des lacunes de la documentation d'époque, c'est-à-dire contemporaine des événements, d'y adjoindre les informations glanées dans les textes postérieurs. L'amalgame est pourtant dangereux, et nécessite une critique systématique des sources. Un conte n'est pas un texte historique, et la mise en scène des personnages peut obéir à des règles qui manipulent à dessein les données du passé. Une liste de rois dans un temple n'est pas un document neutre et peut servir son commanditaire par divers aménagements, allant jusqu'à l'oubli calculé des grands ancêtres gênants. A nouveau, la qualité de l'information de cette documentation doit donc se juger à l'aune des sources d'époque, et non l'inverse.
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>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Politiciens, économistes, juristes, enseignants (844)
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