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EAN : 9782070415328
480 pages
Gallimard (31/12/1999)
3.64/5   7 notes
Résumé :
«Je veux faire sentir sans cesse que je me sens comme étranger au monde et à ses cultes», écrit Baudelaire à sa mère, le 5 juin 1863, dans une lettre où il explique le projet de Mon cœur mis à nu. En effet, le «cœur» qu’il met à nu n’est pas un cœur qui s'épanche en émois ou qui révèle ses secrets. C’est un cœur qui se gonfle de ressentiments. Seules quelques notes ont été conservées de ce livre «rêvé». On y trouve la trace d’une pensée provocatrice et paradoxale, d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Unity
  06 avril 2016
Objet particulier, ce livre n'est pas une oeuvre complète, et on ne pourrait même pas dire qu'il contient une oeuvre partielle. Ce sont plutôt des fragments de projets, de réflexions, d'idées éclatés et annotés. Sans connaître au minimum Les Fleurs du Mal, l'expérience serait donc assez aventureuse. le lecteur est cependant plutôt bien guidé. Nous avons d'abord une introduction d'une quarantaine de pages, puis l'ensemble des feuillets de Baudelaire richement annotés. Là, il va falloir se préparer à jongler toutes les lignes entre le début et la fin de l'ouvrage pour saisir toutes les références, le corps analytique faisant le même nombre de pages. Baudelaire mentionne un certain nombre d'auteurs, de textes qui l'obsèdent les dernières années de sa vie, et il est agréable de retrouver également une sélection d'extraits pour les moins connus qui l'ont inspirés, ainsi qu'une chronologie biographique basée sur sa correspondance.
Beaucoup de maximes, de déclarations de l'auteur sont assez connues – familières des sites et recueils de citations – pour qu'on ne fasse pas d'immenses découvertes. Un certain nombre d'éléments se répètent aussi, en soulignant ses obsessions. Pour aborder Fusées, Mon coeur mis à nu et autres fragments posthumes, il faut donc s'intéresser à l'homme derrière le poète, à ses idées et engagements. Ce n'est pas toujours très beau à lire. Baudelaire est un auteur brillant, et un personnage qui va de l'ambivalent au détestable, parfois même au risible. Tous ses projets inachevés auraient-ils mérités d'aboutir ? Avec ce livre, je me suis souvent fait la réflexion que ce manque à sa bibliographie, quoique navrant pour lui, n'est peut-être pas une grande absence dans la littérature. C'est un homme centré sur lui-même que l'on découvre, raillant Rousseau tout en rêvant d'écrire à son tour ses Confessions, en mieux bien sûr, pour se venger de ses détracteurs, apaiser son orgueil blessé, prouver au monde à quel point il est Différent. J'ai toujours quelque sourire pour les personnes qui se représentent en grands sensibles, exceptionnels devant l'éternel. Et souvent, leur problème est le même que celui de Baudelaire : les jugements illogiques, contradictoires, basés sur un ressenti qui se veut absolu et devient assez pénible quand il y mêle ses réflexions misogynes ou son tempérament profondément catholique. Mais nous le lui accorderons, puisqu'il assume un plaisir de se contredire. (Postulat bien pratique diront certains !)
Et, après tout, n'est-ce pas son côté sanguin qui a permis à nombre de citations de ses oeuvres inachevées de circuler malgré tout ? Baudelaire a la critique, la rébellion facile ; ce qui transforme plusieurs de ses déclarations en saillies délicieuses pour passer outre nos contrariétés. Alors j'ai goûté à ce plaisir coupable aussi, celui d'être parfois en profond désaccord avec lui, en déplorant sa paresse intellectuelle sur certains sujets et, en applaudissant les affirmations cyniques tout aussi catégoriques sur lesquelles nous tombions d'accord.
Ce n'est pas le livre qui fera aimer Baudelaire. Pour apprécier ses qualités littéraires, des oeuvres complètes sont plus adaptées, et pour apprécier l'homme, il faudrait une biographie plus compatissante. Je pense d'ailleurs en avoir eu une meilleure impression à la lecture du chapitre que Georges Bataille lui consacre dans La Littérature et le Mal. Ici, le rapport est plus intime, plus neutre, c'est ce que j'ai apprécié. L'auteur s'exprime, les notes permettent de situer. Cela demande une certaine motivation mais j'ai aimé le sentiment d'être confrontée au poète d'une manière assez brute, ce qui m'a permis de me faire des avis assez libres, et souvent de m'interrompre pour y méditer seule.
Lien : http://unityeiden.fr/fusees-..
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Lireoumourir
  29 mai 2016
Ah Baudelaire ! L'homme qui a su trouver du Beau dans le Laid ! le voilà réédité avec une nouvelle couverture chez Folio. Alors rassurez-vous, le livre est complet car il présente de nombreuses notes et une préface impressionnante, mais si vous êtes comme moi à vouloir d'abord entrer dans ses textes, c'est possible et très rapide.
Le livre est découpé en plusieurs catégories :
Fusées : très décousu, il y a parfois un lien entre les extraits mais c'est souvent très mince. Il y a également un retour au romantisme qui le caractérise tant, avec ses textes qui dénoncent, ses comparaisons entre l'homme et la bête. Il y a au final peu de texte non abouti, mais on trouve un texte quasi prophétique avec son discours sur le capitalisme.
Mon coeur mis à nu : plus politique comme discours, donc moins décousu que le premier recueil. Baudelaire a de quoi se faire détester ici, surtout lorsqu'il critique George Sand. Mais elle n'est pas la seule à en prendre pour son grade, il dénonce tout le monde, et surtout le monde politique, où certaines vérités sont malheureusement encore d'actualité. Ici, c'est une sorte de règlement de compte, avec un côté critique très prononcé qui rend l'auteur très froid, l'admiration qu'on peut avoir pour lui est en baisse.
Quant au reste du livre, les quelques maximes demandent réflexions…
Dans l'ensemble, je dois dire que je suis assez surprise. Baudelaire est une référence du mouvement romantique et nombreux sont ceux qui apprécient sa poésie. Néanmoins ce recueil ne va pas dans ce sens. On découvre un homme critique, n'hésitant pas à donner son opinion sur divers sujets. Ce livre le rend plus humain, lui qu'on mettait presque sur un piédestal.
C'est déroutant et en même temps nécessaire pour le connaître davantage. Donc oui, c'est perturbant, mais le poète l'était davantage. A retenir des beaux textes qui, malheureusement, font écho aujourd'hui.

Lien : http://www.lireoumourir.com/..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
UnityUnity   03 avril 2016
J'ai un de ces heureux caractères qui tirent une jouissance de la haine et qui se glorifient dans le mépris. Mon goût diaboliquement passionné de la bêtise me fait trouver des plaisirs particuliers dans les travestissements de la calomnie. Chaste comme le papier, sobre comme l'eau, porté à la dévotion comme une communiante, inoffensif comme une victime, il ne me déplairait pas de passer pour un débauché, un ivrogne, un impie et un assassin.
Mon éditeur prétend qu'il y aurait quelque utilité, pour moi comme pour lui, à expliquer pourquoi et comment j'ai fait ce livre [Les Fleurs du mal], quels ont été mon but et mes moyens, mon dessein et ma méthode. Un tel travail de critique aurait sans doute quelques chances d'amuser les esprits amoureux de la rhétorique profonde. Pour ceux-là, peut-être, l'écrirai-je plus tard et le ferai-je tirer à une dizaine d'exemplaires. Mais, à un meilleur examen, ne paraît-il pas évident que ce serait là une besogne tout à fait superflue, pour les uns comme pour les autres, puisque les uns savent ou devinent, et que les autres ne comprendront jamais ? Pour insuffler au peuple l'intelligence d'un objet d'art, j'ai une trop grande peur du ridicule, et je craindrais, en cette matière, d'égaler ces utopistes qui veulent par un décret, rendre tous les Français riches et vertueux d'un seul coup.
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UnityUnity   04 avril 2016
Il ne faut jamais oublier que les nations, vastes êtres collectifs, sont soumises aux même lois que les individus. Comme l'enfance, elles vagissent, balbutient, grossissent, grandissent. Comme la jeunesse et la maturité, elles produisent des œuvres sages et hardies. Comme la vieillesse, elles s'endorment sur une richesse acquise. Souvent il arrive que c'est le principe même qui a fait leur force et leur développement qui amène leur décadence, surtout quand ce principe, vivifié jadis par une ardeur conquérante, est devenu pour la majorité une espèce de routine. Alors, la vitalité se déplace, elle va visiter d'autres territoires et d'autres races ; et il ne faut pas croire que les nouveaux venus héritent intégralement des anciens, et qu'ils reçoivent d'eux une doctrine toute faite. Il arrive souvent (cela est arrivé au Moyen Age) que, tout étant perdu, tout est à refaire.
(De l'idée moderne du progrès appliquée aux Beaux-Arts)
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UnityUnity   31 mars 2016
C'est par le Malentendu universel que tout le monde s'accorde.
Car si, par malheur, on se comprenait, on ne pourrait jamais s'accorder.
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UnityUnity   28 mars 2016
L'homme, c'est à dire chacun, est si (...) naturellement dépravé qu'il souffre moins de l'abaissement universel que de l'établissement d'une hiérarchie raisonnable.
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UnityUnity   28 mars 2016
Le premier venu, pourvu qu'il sache s'amuser, a le droit de parler de lui-même.
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Videos de Charles Baudelaire (104) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Baudelaire
Immersion dans l'univers musical de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Baudelaire est né il y a 200 ans ! A cette occasion, le CNL, avec Isabella Vasilotta, vous proposent le programme « mélodies baudelairiennes », alliant musique et poèmes des Fleurs du Mal. Revivez ce concert inédit interprété par la pianiste Maroussia Gentet et la soprano Marie Soubestre.
Le concert est découpé en 3 thématiques. Découvrez ici « Jeu de miroirs autour de Debussy» Avec les interprétations des poèmes des Fleurs du Mal : -Claude Debussy, le balcon -André Caplet, La cloche fêlée -Alfredo Casella, La cloche fêlée -Claude Debussy, le jet d'eau
Pour en savoir plus : Les artistes Maroussia Gentet, pianiste et Marie Soubestre, soprano, actuellement en résidence avec leur collectif Géoïde à la Fondation Singer-Polignac à Paris, se sont prêtées au jeu de la captation vidéo de ce concert inédit, imaginé par Isabella Vasilotta, dans des conditions d'audition parfaite. Ce même concert a pu être joué, mercredi 15 décembre 2021 lors de la soirée "Mélodies baudelairiennes" organisée au Centre national du livre pour célébrer le bicentenaire de la naissance de Charles Baudelaire.
Pour que résonne ce concert et qu'il vive le plus longtemps possible comme un vibrant hommage au poète, le CNL le propose, sous forme de vidéo assortie de son livret. Toute structure souhaitant s'en emparer est invitée à largement le diffuser : https://bit.ly/3IYkS5j #baudelaire #fleursdumal #soprano #poésie #musique
Suivez le CNL sur son site et les réseaux sociaux :
Site officiel : www.centrenationaldulivre.fr Facebook : Centre national du livre Twitter : @LeCNL Instagram : le_cnl Linkedin : Centre national du livre
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