AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Lloyd James Austin (Éditeur scientifique)
EAN : 9782080701725
440 pages
Éditeur : Flammarion (04/01/1999)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 18 notes)
Résumé :
"Les chroniques artistiques de Baudelaire. On ne les lit pas. Effets inattendus avec les mots les plus simples, les plus galvaudés parfois. Cela donne une impression de grand raffinement". Julien Green
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
ThierryCABOT
  16 janvier 2013
Baudelaire poète a quelque peu éclipsé Baudelaire critique.
Si l'auteur des "Fleurs du Mal" occupe une place de choix au sein de la littérature française, beaucoup de lecteurs aujourd'hui ignorent que son esprit aiguisé trouva un terrain de prédilection dans l'analyse des oeuvres de son temps.
Face à Sainte-Beuve, critique officiel et attitré, qui d'ailleurs fit preuve à son sujet d'une cécité incroyable, Baudelaire détonne. Car la postérité lui a souvent donné raison.
Traducteur avisé des écrits d'Edgar Allan Poe, dont il sut d'emblée reconnaître le génie, l'un de nos plus grands poètes avait en matière picturale goûté aussi fort tôt les charmes du délicieux Manet. Sur le plan musical, alors que nombre d'auditeurs se montraient sourds aux fulgurances sonores de Tannhäuser, Baudelaire avec sa pénétration habituelle consacra même à Richard Wagner un article extraordinaire, avant-gardiste, époustouflant de prescience où il est aisé de voir à quelles hauteurs s'élevait la clairvoyance qui l'animait.
Mais revenons à la littérature. En Balzac lui-même fort décrié par ses contemporains, Baudelaire sans la moindre hésitation décela bien vite un visionnaire capable de créer un monde à sa démesure.
Excepté Victor Hugo à l'égard duquel celui-ci eut des sentiments variés - n'oublions pas cependant que s'il n'aimait guère l'homme, Baudelaire vouait une admiration sans bornes à l'artiste (combien de pages magnifiques, lucides et pénétrantes évoquent les vertigineuses créations hugoliennes) - on ne peut qu'être pour le moins troublé par l'acuité avec laquelle un tel poète évalue en quelque sorte ses pairs.
Ceux en effet dont Baudelaire ne se fait pas faute de distinguer le talent, sont pour la plupart connus de nous à un siècle et demi de distance. Il s'agit de Théophile Gautier auquel il dédia ses fameuses "Fleurs du Mal", de Leconte de Lisle, de Théodore de Banville, de Marceline Desbordes-Valmore qu'ont admirée à leur tour Verlaine et Rimbaud.
Rarement pris en défaut, Baudelaire a le trait incisif, frappant, et le jugement éclairé. Il sait être sensible à "la consolation par les arts" chère à Gautier, aux beautés du "Manchy" de Leconte de Lisle, à la vitalité heureuse de Banville, "aux explosions magiques de la passion" prêtées à Desbordes-Valmore.
Son oeil exercé voit la singularité de chacun dans le ciel poétique français. On savoure à chaque ligne le style à la fois nerveux, solide et imagé par lequel Baudelaire promène un miroir aimable et profond sur les écrivains qu'il aime.
Mais à travers ses études finement menées, filtrent par éclairs des révélations plus personnelles. En parlant des autres, Baudelaire au fond ne laisse pas, comme en filigrane, de trahir sa propre vision de l'art. On trouve ainsi sous sa plume, en fait de démarche poétique, une formule demeurée saisissante : "la sorcellerie évocatoire". Or qui ne verrait que cette expression forte s'applique avant tout aux vers si travaillés, si magiques des "Fleurs du Mal" en gestation ?
Une dernière remarque s'impose. D'aucuns à bon droit peuvent estimer que Baudelaire s'est montré par trop favorable à Leconte de Lisle ou Banville. Et cet argument plaide en leur faveur car la postérité, toujours elle, a remis à leur juste place ces poètes-là.
Hugo de nouveau mis à part, rien n'est plus écrasant en vérité que le génie baudelairien.
Pour conclure sur ce sujet, cédons la parole à Lloyd James Austin :
"Nous oublions trop combien l'avènement de Baudelaire a modifié la sensibilité moderne et bouleversé du même coup la hiérarchie des réputations. Otez Baudelaire de la poésie française du dix-neuvième siècle, et les autres poètes brillent aussitôt d'un plus vif éclat. C'est dans cette lumière plus vive qu'il les voyait."

Lien : http://www.p-o-s-i-e.over-bl..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
bfauriaux
  28 décembre 2019
un titre phare de la litterature classique francaise qui selon moi n'a pas pris une ride !
Commenter  J’apprécie          20

Citations et extraits (1) Ajouter une citation
ElGatoMaloElGatoMalo   08 septembre 2012
L’enfant voit tout en nouveauté ; il est toujours ivre. Rien ne ressemble plus à ce qu’on appelle l’inspiration, que la joie avec laquelle l’enfant absorbe la forme et la couleur. J’oserai pousser plus loin ; j’affirme que l’inspiration a quelque rapport avec la congestion, et que toute pensée sublime est accompagnée d’une secousse nerveuse, plus ou moins forte, qui retentit jusque dans le cervelet. L’homme de génie a les nerfs solides ; l’enfant les a faibles. Chez l’un, la raison a pris une place considérable ; chez l’autre, la sensibilité occupe presque tout l’être. Mais le génie n’est que l’enfance retrouvée à volonté, l’enfance douée maintenant, pour s’exprimer, d’organes virils et de l’esprit analytique qui lui permet d’ordonner la somme de matériaux involontairement amassée. C’est à cette curiosité profonde et joyeuse qu’il faut attribuer l’œil fixe et animalement extatique des enfants devant le nouveau, quel qu’il soit, visage ou paysage, lumière, dorure, couleurs, étoffes chatoyantes, enchantement de la beauté embellie par la toilette. Un de mes amis me disait un jour qu’étant fort petit, il assistait à la toilette de son père, et qu’alors il contemplait, avec une stupeur mêlée de délices, les muscles des bras, les dégradations de couleurs de la peau nuancée de rose et de jaune, et le réseau bleuâtre des veines. Le tableau de la vie extérieure le pénétrait déjà de respect et s’emparait de son cerveau. Déjà la forme l’obsédait et le possédait. La prédestination montrait précocement le bout de son nez. La damnation était faite. Ai-je besoin de dire que cet enfant est aujourd’hui un peintre célèbre ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100

Lire un extrait
Videos de Charles Baudelaire (68) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Baudelaire
BAUDELAIRE – Une Vie, une Œuvre : 1821-1867 (France Culture, 1999) Émission "Une Vie, une Œuvre" par Michel Cazenave, diffusée le 21 janvier 1999 sur France Culture. Invités : André Guyeaux, Raphaël Brossard, Pascal Maillard, Jean-Paul Avice, Max Milner, Jérôme Thélot et Christian Jambet.
Dans la catégorie : Art françaisVoir plus
>Histoire et géographie des beaux-arts et des arts décoratifs>Art français>Art français (39)
autres livres classés : musiqueVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox






Quiz Voir plus

Baudelaire

Dans quelle ville est né Charles Baudelaire ?

Bordeaux
Paris
Lille
Lyon

12 questions
287 lecteurs ont répondu
Thème : Charles BaudelaireCréer un quiz sur ce livre