AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Claude Pichois (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070108295
Éditeur : Gallimard (27/11/1975)

Note moyenne : 4.69/5 (sur 184 notes)
Résumé :
Baudelaire : Œuvres complètes

Précédées :
- notamment de considérations sur l'auteur par ses amis Théophile Gauthier, Charles Asselineau et par les académiciens Thierry Maulnier, René Huyghe

accompagnées :
- de notices présentant les diverses parties de l'ouvrage de nombreuses illustrations dues au poètes et aux meilleurs artistes parmi lesquels Rodin, Félicien Rops, Rassenfosse et Bracquemond

suivies :>Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
zenzibar
  19 février 2013
Baudelaire, le poète maudit devenu le poète de référence de l'enseignement secondaire...
Il existe un paradoxe étonnant entre la vie de ce poète et son oeuvre. Une vie de précarité, d'instabilité,qui contraste avec son style qui vise à la perfection,
Personnellement je trouve que cette perfection formelle, une sorte de jardin à la française, est parfois franchement agaçante et l'envie de jeter les mots comme dans un chamboule tout est forte.
Il n'en demeure pas moins que l'oeuvre de Baudelaire, avec son joyau les Fleurs du Mal mais aussi d'autres ensembles comme ces poèmes en prose, flirte en permanence avec la beauté et demeure une source de plaisir pour le lecteur
Commenter  J’apprécie          10
Kanamaelle
  23 décembre 2012
Format très pratique en papier "Bible" permettant à ce petit livre à la lecture en paysage de nous livrer l'ensemble de l'oeuvre de ce cher poète qu'on ne présente plus. Un régal, je l'ai souvent dans mon sac ou sur ma table de chevet et j'y puise de temps en temps quelques bribes, quelques parfums et frissons au hasard des pages. Car oui, c'est ainsi que j'aime lire la poésie...
Commenter  J’apprécie          30
raydel
  23 juillet 2016
Dans sa poésie, Baudelaire se montre très amoureux d'une forme parfaite, d'une versification impeccable. Il s'éloigne par là du romantisme plutôt laxiste dans ce domaine. Il se rapproche ainsi du "Parnasse", fort esthète. Mais si le contenu est à la hauteur de la forme chez Baudelaire (ce qui est fort classique), il est plutôt proche du romantisme : intérêt marqué pour les problèmes ou les plaisirs individuels ainsi que pour la révolte sociale (ce dont le Parnasse est fort éloigné). Baudelaire est donc un peu romantique et un peu parnassien mais n'adhère vraiment ni au romantisme ni au mouvement parnassien. Il se retrouve ainsi isolé, ce qui n'enlève rien à sa poésie car elle ne présente ni les faiblesses du romantisme ni les travers des oeuvres "parnassiennes".
Commenter  J’apprécie          00
Anassete
  26 octobre 2011
Le choix éditorial de Points 2 est bon : commencer par Les Fleurs Mal permet des retrouvailles avec l'auteur ou une découverte en douceur. Les Épaves suivent très bien le fil conducteur et on s'enfonce de plus en plus dans la noirceur et le vice. On comprend vite pourquoi ces poèmes ont été écartés des Fleurs du Mal. Enfin, le Spleen de Paris est plus difficile à décortiquer avec ses poèmes en prose.
Pour avoir une critique des Fleurs du Mal ou du Spleen de Paris, il existe déjà d'autres fiches. Il vaut mieux s'intéresser au format du livre. Il est très bien adapté à la poésie et au but premier de ces types de livres : pouvoir lire dans les transports, en marchant ou en voyage. On peut facilement stopper la lecture et la reprendre après.
Commenter  J’apprécie          00
jessonia
  05 novembre 2012
Baudelaire était au départ une lecture imposée. Mais, au final, il m'a fait rentrer dans l'univers de la poésie. A travers lui, j'ai découvert un monde inconnu, fait de silences, de douleurs, de couleurs, de cynisme parfois mais aussi de sentiments ... je le découvre et le redécouvre à chaque fois. Beaucoup connaissent Les Fleurs du Mal mais il faut aller plus loin...
Commenter  J’apprécie          20
Citations & extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   11 février 2017
Il est impossible de parcourir une gazette quelconque, de n'importe quel jour, ou quel mois, ou quelle année, sans y trouver, à chaque ligne, les signes de la perversité humaine la plus épouvantable, en même temps que les vanteries les plus surprenantes de probité, de bonté, de charité, et les affirmations les plus effrontées, relatives au progrès et à la civilisation.
Tout journal, de la première ligne à la dernière, n'est qu'un tissu d'horreurs. Guerres, crimes, vols, impudicités, tortures, crimes des princes, crimes des nations, crimes des particuliers, une ivresse d'atrocité universelle.
Et c'est de ce dégoûtant apéritif que l'homme civilisé accompagne son repas chaque matin. Tout, en ce monde, sue le crime : le journal, la muraille et le visage de l'homme.
Je ne comprends pas qu'une main pure puisse toucher un journal sans une convulsion de dégoût.

(Extrait de Mon cœur mis à nu, LXXXI)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          291
nadejdanadejda   11 novembre 2013
Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.

J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :

Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur ;
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?

Charles Baudelaire La Chevelure
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          123
coco4649coco4649   02 octobre 2016
RELIQUAT ET DOSSIER DES FLEURS DU MAL/ I - BRIBES

LE GOINFRE


En ruminant, je ris des passants faméliques.

           Je crèverais comme un obus,
           Si je n'absorbais comme un chancre.

Son regard n'était pas nonchalant, ni timide,
Mais exhalait plutôt quelque chose d'avide,
Et, comme sa narine, exprimait les émois
Des artistes devant les œuvres de leurs doigts.

Ta jeunesse sera plus féconde en orages
Que cette canicule aux yeux pleins de lueurs
Qui sur nos fronts pâlis tord ses bras en sueurs,
Et soufflant dans la nuit ses haleines fiévreuses,
Rend de leurs frêles corps les filles amoureuses,
        Et les fait au miroir, stérile volupté,
        Contempler les fruits mûrs de leur virginité.

Mais je vois à cet œil tout chargé de tempêtes
Que ton cœur n'est pas fait pour les paisibles fêtes,
Et que cette beauté, sombre comme le fer,
Est de celles que forge et que polit l'Enfer
Pour accomplir un jour d'effroyables luxures
Et contrister le cœur des humbles créatures.

Affaissant sous son poids un énorme oreiller,
Un beau corps était là, doux à voir sommeiller,
Et son sommeil orné d'un sourire superbe
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
L'ornière de son dos par le désir hanté.

L'air était imprégné d'une amoureuse rage ;
Les insectes volaient à la lampe et nul vent
Ne faisait tressaillir le rideau ni l'auvent.
C'était une nuit chaude, un vrai bain de jouvence.
                  ____

p177-178
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
coco4649coco4649   25 juillet 2016
SPLEEN ET IDÉAL

I
BÉNÉDICTION


LORSQUE, par un décret des puissances suprêmes,
Le Poëte apparaît en ce monde ennuyé,
Sa mère épouvantée et pleine de blasphèmes
Crispe ses poings vers Dieu, qui la prend en pitié :

— « Ah ! Que n’ai-je mis bas tout un nœud de vipères,…

Puisque tu m’as choisie entre toutes les femmes…

Je ferai rejaillir ta haine qui m’accable…

Elle ravale ainsi l’écume de sa haine,…

Pourtant, sous la tutelle invisible d’un Ange,
L’Enfant déshérité s’enivre de soleil,
Et dans tout ce qu’il boit et dans tout ce qu’il mange
Retrouve l’ambroisie et le nectar vermeil.

Il joue avec le vent, cause avec le nuage,
Et s’enivre en chantant du chemin de la croix ;
Et l’esprit qui le suit dans son pèlerinage
Pleure de le voir gai comme un oiseau des bois.

Tous ceux qu’il veut aimer l’observent avec crainte,
Ou bien, s’enhardissant de sa tranquillité,
Cherchent à qui saura lui tirer une plainte,
Et font sur lui l’essai de leur férocité.

Dans le pain et le vin destinés à sa bouche
Ils mêlent de la cendre avec d’impurs crachats ;
Avec hypocrisie ils jettent ce qu’il touche,
Et s’accusent d’avoir mis leurs pieds dans ses pas.

Sa femme va criant sur les places publiques :
« Puisqu’il me trouve assez belle pour m’adorer,
Je ferai le métier des idoles antiques,
Et comme elles je veux me faire redorer ;

Et je me soûlerai de nard, d’encens, de myrrhe,
De génuflexions, de viandes et de vins,
Pour savoir si je puis dans un cœur qui m’admire
Usurper en riant les hommages divins !

Et, quand je m’ennuierai de ces farces impies,
Je poserai sur lui ma frêle et forte main ;
Et mes ongles, pareils aux ongles des harpies,
Sauront jusqu’à son cœur se frayer un chemin.

Comme un tout jeune oiseau qui tremble et qui palpite,
J’arracherai ce cœur tout rouge de son sein,
Et, pour rassasier ma bête favorite,
Je le lui jetterai par terre avec dédain ! »

Vers le Ciel, où son œil voit un trône splendide,
Le Poëte serein lève ses bras pieux,
Et les vastes éclairs de son esprit lucide
Lui dérobent l’aspect des peuples furieux :

— « Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance
Comme un divin remède à nos impuretés
Et comme la meilleure et la plus pure essence
Qui prépare les forts aux saintes voluptés !

Je sais que vous gardez une place au Poëte
Dans les rangs bienheureux des saintes Légions,
Et que vous l’invitez à l’éternelle fête
Des Trônes, des Vertus, des Dominations.

Je sais que la douleur est la noblesse unique
Où ne mordront jamais la terre et les enfers,
Et qu’il faut pour tresser ma couronne mystique
Imposer tous les temps et tous les univers.

Mais les bijoux perdus de l’antique Palmyre,
Les métaux inconnus, les perles de la mer,
Par votre main montés, ne pourraient pas suffire
À ce beau diadème éblouissant et clair ;

Car il ne sera fait que de pure lumière,
Puisée au foyer saint des rayons primitifs,
Et dont les yeux mortels, dans leur splendeur entière,
ne sont que des miroirs obscurcis et plaintifs ! »

p.7-8-9
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
coco4649coco4649   28 novembre 2016
LES FLEURS DU MAL
ADDITIONS DE LA TROISIÈME ÉDITION

XII/LES PLAINTES D'UN ICARE


LES amants des prostituées
Sont heureux, dispos et repus ;
Quant à moi, mes bras sont rompus
Pour avoir étreint des nuées.

C'est grâce aux astres nonpareils,
Qui tout au fond du ciel flamboient,
Que mes yeux consumés ne voient
Que des souvenirs de soleils.

En vain j'ai voulu de l'espace
Trouver la fin et le milieu ;
Sous je ne sais quel œil de feu
Je sens mon aile qui se casse ;

Et brûlé par l'amour du beau,
Je n'aurai pas l'honneur sublime
De donner mon nom à l'abîme
Qui me servira de tombeau.

p.173
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          121
Videos de Charles Baudelaire (68) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Baudelaire
Une vie, une œuvre : Charles Baudelaire (1821-1867) [1999]
Par Christine Goémé et Périne Menguy. Émission diffusée sur France Culture le 21.01.1999. ------------------------------------------------------------------------------- Intervenants :
- Max Milner (1923-2008) : Professeur émérite de littérature à l’université Paris III - Sorbonne Nouvelle, spécialiste des XIXe et XXe siècles, et en particulier de Baudelaire, président de la Société des études romantiques et dix-neuviémistes. Auteur notamment de "Le Diable dans la littérature française de Cazotte à Baudelaire", (Paris, Corti, 1960) ; et de "Baudelaire : enfer ou ciel, qu’importe !", (Paris, Plon, 1967).
- André Guyaux : Professeur de littérature française du XIXe siècle à l’université Paris-Sorbonne, directeur du Centre de recherche sur la littérature française du XIXe siècle à la Sorbonne, spécialiste de Rimbaud et de Baudelaire. Auteur notamment de "Baudelaire. Un demi-siècle de lecture des Fleurs du mal", (Paris, PUPS).
- Jérôme Thélot : Professeur des universités, critique littéraire et philologue. Spécialiste de poétique, en particulier des œuvres d'Yves Bonnefoy et de Charles Baudelaire. Ses écrits portent sur la poésie romantique et moderne. Auteur notamment de "Baudelaire : violence et poésie", (Paris, Gallimard, 1993).
- Jean-Paul Avice : Bibliothécaire-adjoint responsable du fonds Apollinaire et d’expositions littéraires (Baudelaire en 1993, Nerval en 1996, Meryon en 2004) à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Co-auteur avec Claude Pichois de : "Baudelaire/Paris", (Quai-Voltaire/Paris-Musées 1993) ; "Dictionnaire Baudelaire", (Paris, Du Lérot, 2002) ; "Baudelaire, Paris sans fin", ( Paris-Musées/Paris-bibliothèques, 2004).
- Pascal Maillard : Professeur à l'Université de Strasbourg, enseigne la poétique et la littérature française des XIXe et XXe siècles. Cours sur la théorie de la littérature et la critique littéraire. Spécialiste, entre autres, de Baudelaire auquel il a consacré de nombreux articles. A notamment collaboré au "Dictionnaire de Poésie de Baudelaire à nos jours", sous la direction de Michel Jarrety, (Paris, PUF, 2001).
- Christian Jambet : Philosophe à l'École pratique des hautes études. A étudié notamment le platonisme et l'épicurisme de Baudelaire.
- Raphael Brossard
+ Lire la suite
autres livres classés : poésieVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle






Quiz Voir plus

Baudelaire

Dans quelle ville est né Charles Baudelaire ?

Bordeaux
Paris
Lille
Lyon

12 questions
214 lecteurs ont répondu
Thème : Charles BaudelaireCréer un quiz sur ce livre