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EAN : 9782718601526
250 pages
Galilée (15/01/1980)
4.21/5   21 notes
Résumé :

- Toujours la séduction veille à détruire l'ordre de Dieu, fût-il devenu celui de la production ou du désir. Pour toutes les orthodoxies elle continue d'être le maléfice et l'artifice, une magie noire de détournement de toutes les vérités, une conjuration de signes, une exaltation des signes dans leur usage maléfique. Tout discours est menacé par cette soudaine réversibilité ou absorpti... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Peu d'enseignements pratiques, bien entendu. Qu'est-ce donc que la séduction ? D'abord, Baudrillard le répète mille fois, la séduction, c'est, dit-il dans un discours délicieusement aféministe commenté au crayon papier par une étudiante idiote, féminin, parce réversible, sans profondeur, sans sens. Séduire n'a pas de loi mais a des règles, arbitraires, mais qu'il est nécessaire de respecter.

Séduire n'est ni divin ni hasardeux. C'est diabolique (donc féminin, s'empresse d'ajouter l'auteur). Séduire, c'est toujours être séduit (d'où la réversibilité). C'est de l'ordre du mystère et du rite. La séduction, une religion ? Sauf qu'il n'y a pas de système de sens caché derrière. Derrière ? Rien. le vide. La mort. Ce qui charme est artificiel mais secret. Deux dimensions de la séduction sans lesquelles on reste dans le domaine de la production, du réel, du pornographique : le secret et le défi. La relation duelle de séduction (que Baudrillard oppose à la relation sociale de production et de reproduction) n'est jamais dite même si elle est connue et comme elle est réversible, mouvante, jamais stable, elle constitue pour ceux qui la vivent un défi permanent, une relation dont les codes sont insensés parce que secrets et dont la règle du jeu, non-dite, doit toujours être respectée, sous peine de mort. On ne peut séduire qu'en perdant pied, qu'en acceptant de se conformer à une règle arbitraire qui est le contraire de la loi, parce que ne relevant pas de la vérité mais de l'artifice. Je ne sais pas pourquoi je suis séduit et dans quel but je séduis mais je me laisse prendre par la joie mystérieuse du jeu.
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Peut-on décrypter les mécanismes de la séduction ? Cet essai essaie de nous prouver que c'est possible, non pas comme un manuel pour séduire mais plus sur ce qui fait la séduction, pourquoi nous comportons nous ainsi. Révélateur et déconcertant !
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À l'instar de Baudrillard - de la Séduction ; 1979 : « La séduction représente la maîtrise de l'univers symbolique alors que le pouvoir ne représente que la maîtrise de l'univers réel. La puissance du féminin réside dans la séduction ; Immense privilège du féminin de n'avoir jamais accédé au sens, à la vérité et d'être resté maître absolu du règne des apparences. », Sacha Guitry ne le dira pas autrement : « Ce qu'il y a de curieux avec les femmes, c‘est qu'elles sont toujours prêtes à tout pour sauver les apparences. Les vraies menteuses ne savent pas ce que la Vérité veut dire. » Nous sommes fascinés, attirés et repoussés en même temps.
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Pas inintéressant à relire cet essai de Baudrillard à notre époque de « Me too » . Sa réflexion sur la séduction comme force de subversion de l'ordre (de tous les ordres) , sur son rapport à la femme et à l'homme,est stimulante malgré u langage souvent un peu abscons.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
La séduction des yeux. La plus immédiate, la plus pure. Celle qui se passe de mots, seuls les regards s'enchevêtrent dans une sorte de duel, d'enlacement immédiat, à l'insu des autres, et de leur discours : charme discret d'un orgasme immobile, et silencieux. Chute d'intensité lorsque la tension délicieuse des regards se dénoue en mots par la suite, ou en gestes amoureux. Tactilité des regards où se résume toute la substance virtuelle des corps (de leurs désirs ?) en un instant subtil, comme en un trait d'esprit - duel voluptueux et sensuel, et désincarné à la fois - épure parfaite du vertige de la séduction, et qu'aucune volupté plus charnelle n'égalera par la suite. Ces yeux-là sont accidentels, mais c'est comme s'ils s'étaient depuis toujours posés sur vous. Dénués de sens, ce ne sont pas des regards qui s'échangent. Nul désir ici. Car le désir est sans charme, mais les yeux, eux, comme les apparences fortuites, ont du charme, et ce charme est fait de signes purs, intemporels, duels et sans profondeur.
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La séduction représente la maîtrise de l'univers symbolique, alors que le pouvoir ne représente que la maîtrise de l'univers réel.
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La séduction est de l'ordre du rituel, le sexe et le désir sont de l'ordre du naturel. Ce qui s'affronte dans le féminin et le masculin, ce sont ces deux formes fondamentales, et non quelque différence biologique ou rivalité naïve du pouvoir.
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La séduction des yeux. La plus immédiate, la plus pure. Celle qui se passe de mots, seuls les regards s’enchevêtrent dans une sorte de duel, d’enlacement immédiat, à l’insu des autres, et de leur discours ; charme discret d’un orgasme immobile, et silencieux. Chute d’intensité lorsque la tension délicieuse des regards se dénoue en mots par la suite, ou en gestes amoureux. Tactilité des regards où se résume toute la substance virtuelle des corps (d e leur désir ?) en un instant subtil, comme en un trait d’esprit – duel voluptueux et sensuel, et désincarné à la fois – épure parfaite du vertige de la séduction, et qu’aucune volupté plus charnelle n’égalera par la suite. Ces yeux-là sont accidentels, mais c’est comme s’ils s’étaient depuis toujours posés sur vous. Dénués de sens, ce ne sont pas des regards qui s’échangent.
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Comme les étoiles, les stars ou les actes terroristes « clignotent » : ils n’éclairent pas, ils ne rayonnent pas d’une lumière blanche et continue, mais froide et intermittente, ils déçoivent en même temps qu’ils exaltent, ils fascinent par la soudaineté de leur apparition et l’imminence de leur disparition. Ils s’éclipsent eux-mêmes, dans une perpétuelle surenchère.
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Videos de Jean Baudrillard (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Baudrillard
Le 13 septembre 2014, l'émission “Une vie, une oeuvre” diffusée tous les samedis sur France Culture, était consacrée à l'évocation du philosophe français, Jean Baudrillard (1929-2007). Par Delphine Japhet et Olivier Jacquemond. Réalisation : Ghislaine David. Attachée d'émission : Claire Poinsignon. Ni morale, ni critique, une « pensée radicale ». Rendre au monde son étrangeté, l’appréhender avec un regard séducteur, telle fut l’entreprise de Baudrillard. Sociologue, philosophe, poète ? Baudrillard est inclassable, et s’est toujours tenu à la marge des institutions académiques, créant son propre style. Ni morale, ni critique, il ne conçut jamais sa pensée comme édificatrice. En revanche, concepts féconds, réflexion visionnaire, il a toujours été un observateur hors norme de notre temps. Au risque de l’hostilité, de la polémique, il s’est emparé d’événements historiques aussi délicats que la Guerre du Golfe ou les attentats du 11 septembre. Reconnu comme une icône, un gourou à l’étranger, traduit dans une trentaine de langues, il est méconnu en France. Cet épisode de « Une vie, une œuvre », traque les traces de celui qui a toujours cherché à les effacer et à faire de la pensée un jeu de piste. Invités : Marine Baudrillard, épouse de Jean Baudrillard. François L’Yvonnet, professeur de philosophie et éditeur. François Cusset, historien des idées, professeur de civilisation américaine à l’Université de Nanterre. Sylvère Lotringer, philosophe français, professeur à l’université Columbia de New York. Robert Maggiori, philosophe, journaliste à Libération. Jacques Donzelot, maître de conférences en sociologie politique à l'Université de Paris X Nanterre.
Thèmes : Arts & Spectacles| Philosophie| Société| Jean Baudrillard
Source : France Culture
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