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EAN : 9782715241510
128 pages
Le Mercure de France (15/04/2016)
3.5/5   2 notes
Résumé :
Jour consacré à la commémoration d'un événement, dans un contexte sacré ou profane, date repère et emblématique dans la vie d'une nation ou associée à une ou plusieurs de ses grandes figures, la fête structure les calendriers de tous les types de société. Elle s'accompagne d'activités ludiques et d'un ensemble de réjouissances. Souvent elle rompt avec le quotidien de l'ordre établi pour inventer un désordre (quelquefois institutionnel), manifestant son pouvoir créat... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique

Qu'elle ait en son sein dix, cent ou mille personnes, la fête rassemble et mélange dans la joie et le plaisir. On peut y danser, y chanter, y célébrer un événement. Rituelle ou improvisée, populaire ou guindée, la fête est la parenthèse enchantée d'un quotidien parfois pesant. Un moment partagé avec d'autres, connus ou pas. Un lieu de rencontres, d'échanges, de découvertes culturelles. Une échappée belle où l'esprit, l'imagination et la créativité se libèrent. Les soucis s'envolent le temps de la fête. À quelques jours de la Fête de la musique et à quelques semaines du 14 juillet, voici la fête observée et contée par des auteurs, des poètes, des historiens, des philosophes, des essayistes... Parmi eux, Peter Mayle, Fedor Dostoïevski, Guillaume Apollinaire, Alphonse Daudet, Marceline Desbordes-Valmore, Gustave Flaubert, Paul Veyne, Colette Beaune, Paul Eluard, Ernest Hemingway, Erri de Luca, Raymond Queneau, Paul Morand... Alors soyez de la fête, vous serez en bonne compagnie!


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Citations et extraits (4) Ajouter une citation

«  À Paris autrefois, c'est-à-dire il y a seulement quelques temps les fêtes foraines avaient droit de cité. La fête ça existait. La musique de carton des manèges à vapeur vous appelait de très loin, et la rumeur heureuse des tours de chevaux de bois et des tours de cochons mêlés au rugissement des lions de chez Pezon, c'était beau, tendre et violent et comme toute fête un petit peu triste en même temps. Les gens allaient à la fête comme ils allaient au bois, au muguet, à Luna-Park ou à Robinson. Aujourd'hui, on dirait que les fêtes, c'est seulement les fantômes des fêtes d'autrefois (…). » Jacques Prévert, « Fête à Mennecey, in Textes divers Oeuvres complètes Bibliothèque de la Pléiade. Gallimard.

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«  C'était l'anniversaire de l'Infante. Elle n'avait que douze ans d'âge, et le soleil brillait dans les jardins du palais. Bien qu'elle fût une princesse authentique, et l'Infante d'Espagne, elle n'avait chaque année qu'un anniversaire, comme les enfants des pauvres gens, si bien que tout naturellement le pays entier attachait de l'importance à ce qu'à cet occasion elle passât une bien belle journée. Les hautes tulipes rayées, raidies sur leurs tiges, formaient comme de longues rangées de soldats qui, à travers le gazon, jetaient aux roses des regards de défi, disant : « Nous ne sommes pas moins magnifiques que vous l'êtes à présent. » Les papillons pourprés voletaient alentour, les ailes poudrés d'or, et rendaient visite à chaque fleur l'une après l'autre ; les petits lézards se faufilaient pas les crevasses du mur pour se prélasser au soleil chauffé à blanc ; et les grenades se fendaient et craquaient sous la chaleur, exposant leur coeur tout rouge et sanglant. Même les citrons jaune pâle qui pendaient en telle abondance au treillage délabré, et le long des arcades sombres, semblaient plus richement colorés dans la merveilleuse lumière du soleil ; et les magnolias dépliaient l'ivoire de leurs grands pétales en forme de globes et emplissaient l'air d'un parfum lourd et sucré. (…) Oscar Wilde, « L'anniversaire de l'Infante, in Une maison de grenades. Traduction de F. Dupuigrenet Desroussilles, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard. 

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« La chose fut exquise et fort bien ordonnée.

C'était au mois d'avril, et dans une journée

Si douce, qu'on eût dit qu'amour l'eût faite exprès.

Thérèse la duchesse à qui je donnerais,

Si j'étais roi, Paris, si j'étais Dieu, le monde,

Quand elle ne serait que Thérèse la blonde ;

Cette belle Thérèse, aux yeux de diamant,

Nous avait conviés dans son jardin charmant.

On était peu nombreux. Le choix faisait la fête.

Nous étions tous ensemble et chacun tête à tête.

Des couples pas à pas erraient de tous côtés.

C'étaient les fiers seigneurs et les rares beautés,

Les Amyntas rêvant auprès des Léonores,

Les marquises riant avec les monsignores ;

Et l'on voyait rôder dans les grands escaliers

Un nain qui dérobait leur bourse aux cavaliers. (...) » Victor Hugo, « La fête chez Thérèse », Les contemplations, Livre I.

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Toute fête est un aveu. Si les nôtres ne glorifient plus un avenir et se suffisent à elles-mêmes, c'est que nous n'attendons plus rien de l'avenir.

Régis Debray

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