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Critique de Cigale17


Cigale17
  05 mai 2019
Je remercie infiniment Babelio et les éditions ScriNeo pour l'envoi de cet intéressant roman qui met en scène des personnages attachants. Dans Là-bas, tout ira bien, Pascale Perrier et Sylvie Baussier nous présentent la France de 2030 comme un pays sinistré par la crise économique. On y manque de tout : nourriture, essence, électricité, etc. Les pillages ont commencé, la vie est de plus en plus difficile. Beaucoup des gens qui avaient d'abord fui dans les grandes villes espèrent maintenant un avenir meilleur à 4 000 kilomètres plus au nord parce que « Là-bas, tout ira bien », ce que confirment la rumeur et les réseaux sociaux. Un certain flou géographique est volontairement conservé sur le lieu de cet Eldorado, mais on pense évidemment à la Suède.
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Deux narrateurs différents nous permettent de suivre trois personnages principaux : Erwan, Iza et Léon. Les récits alternent, clairement identifiés par les titres des chapitres. Iza raconte à la première personne : avec ses parents et Erwan, son frère aîné, elle quitte leur maison en Bretagne. Ils partent en voiture, avec le minimum de bagages. Flore, amie d'Iza, déjà arrivée « là-bas » poste des nouvelles et des images rassurantes sur les réseaux sociaux. Iza est amoureuse de Gaspard qui est parti avant elle avec sa propre famille. Ils réussissent à correspondre très épisodiquement, quand ils trouvent un Wifi et de l'électricité pour charger les portables. Mais c'est un narrateur à la troisième personne qui raconte le périple de Léon. On aura l'explication de cette double voix narrative à la fin du roman. Léon a quitté la ferme de ses parents ; il est lui aussi parti vers le vers le nord, à vélo, dans l'espoir de trouver du travail et d'envoyer de l'argent à sa famille. En chemin, il croise Ximen, un immigrant venu du sud et qui s'était installé en France dans le même but : soutenir sa famille…
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J'ai aimé cet intéressant roman destiné, je crois, aux 12-15 ans. le récit à quatre mains plonge le lecteur dans une réalité douloureuse. La situation vécue par ces ados prend une dimension infiniment plus concrète que les faits pourtant bien réels présentés par nos différentes sources d'information… Plusieurs partis pris narratifs provoquent cet effet et incitent à l'identification avec les héros : l'histoire se passe en France et elle est vécue par des Français ; les deux auteures situent l'action dans un futur très proche (une dizaine d'années) ; l'effondrement économique se révèle plus facilement concevable qu'un désastre climatique à si court terme, me semble-t-il ; de plus, Iza raconte leur migration à la première personne, autant de points qui facilitent l'empathie et permettent un forme de transfert. Le voyage vers le nord constitue le douloureux apprentissage d'une vie difficile, de la mort, de la perte, du courage, de la culpabilité, de l'espoir et de la résilience. Les jeunes se retrouvent confrontés à l'abandon, à un individualisme forcené, à l'indifférence et à la cruauté. Les aventures de ces migrants sont narrées sans surenchère dans la noirceur, mais sans aucune mièvrerie. Je trouve le choix de la typographie qui dément l'optimisme du titre particulièrement bienvenu.
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