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ISBN : 2818046009
Éditeur : P.O.L. (23/08/2018)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 163 notes)
Résumé :
Prix du Livre Inter 2019

"Si l’on n’aimait que les gens qui le méritent, la vie serait une distribution de prix très ennuyeuse."

Farah et ses parents ont trouvé refuge dans une communauté libertaire qui rassemble des gens fragiles, inadaptés au monde extérieur tel que le façonnent les nouvelles technologies, la mondialisation et les réseaux sociaux. Farah pense être une fille mais découvre qu’elle n’a pas tous les attributs attendus. C... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (66) Voir plus Ajouter une critique
Sociolitte
  25 février 2019
Liberty House ?
C'est à peine âgée de six ans que la jeune Farah fait son entrée dans ce lieu hautement symbolique nommé « Maison de la Liberté ». Elle est accompagnée de ses parents en fuite d'un monde qui les agressse : sa mère, « emmaillotée de tissus blindés » par peur des ondes, menacée « d'une extinction à petit feu dans les souffrances atroces de l'électrohypersensibilité », son père angoissé pour sa femme et sa grand-mère, naturiste patentée dont le sexe est orné d'un piercing bien placé.
C'est toute cette petite famille qui rejoint en pleine nuit ce « refuge pour freaks », la tête pleine d'espérances et de désirs inassouvis. Comme la sécurité, vivre dans une « zone blanche » vierge de toute substance toxique, vivre en autarcie en cultivant et se nourrissant des légumes du jardin, mais surtout vivre loin de leur peur du monde extérieur.
Ils sont une trentaine à cohabiter dans cette communauté hétéroclite. Tous réfugiés d'une société qui les refusent.
L'illusion peut alors commencer. Arcady en est le maître d'oeuvre. C'est lui qui tient les rênes de la liberté, donnant ou refusant son assentiment. Un des premiers commandements est « vivre et jouir sans entraves », ce à quoi s'emploient la plupart des membres de la communauté. Ici, point d'amour exclusif et réservé, l'amour doit être commun et débridé.
C'est assez vite, à l'âge de ses premiers émois de jeune fille, que Farah tombera totalement amoureuse d'Arcady, le gourou de son âme. Commencera alors pour elle une quête de l'amour qui ne la quittera pas.
Mais la recherche de l'amour est du bonheur sera semée d'embûches pour Farah. C'est son corps qui parle en premier : elle se transforme comme tous les adolescents, mais pas elle le voudrait. Son corps prend en effet les atours de plus en plus visibles de la virilité. Virilisme, c'est le nom donné à cette métamorphose. On la surnomme Farah Fawcett, mais elle a le physique de Silvester Stallone.
Elle complète la galerie des « monstres » mais en pire, car même si un des premiers principes est de « s'accepter tel que l'on est, avec ses tares éventuelles », celle de Farah est trop choquante pour être supportée.
Seule et abandonnée, sont les sentiments qui l'envahiront peu à peu. Ses parents l'ont confiée à la communauté et ne s'en soucient guère. Chacun vaque à ses occupations et selon son propre ego. Tous ensemble, chacun pour soi, semble être la règle de vie des habitants de « Liberty House »
Arcady l'oublie, après avoir su profiter de son corps, il préfère s'adonner à d'autres plaisirs dans les bras de jeunes hommes. Elle qui voulait « s'oublier dans cette servitude ». « Biberonnée à l'amour fou » dès le plus jeune âge, elle s'aperçoit vite que c'est un amour faux. « La langue ardente du désir » prend parfois des tournures qui chasse la vérité pour se réfugier dans le mensonge. Elle préfère se cacher et se retrouver dans la nuit : « cette volonté de gagner du temps sur la vie », et la quête éperdue pour l'amour passionné. C'est la nature qui lui fera prendre conscience petit à petit de la réalité.
Drolatique, enlevé, le ton d'Emmanuelle Bayamack-Tam l‘est, et cette dénonciation sans vergogne du phénomène sectaire est sans appel. Utilisant le mode de la dérision ou de la parodie, parfois irrésistible, comme à propos du naturisme, dont « l'un des bienfaits est de dissiper toute illusion sur les ravages du temps », peut aussi en choquer certains. Son récit est cependant parfaitement maîtrisé et limpide aux yeux de tous, car au fond la seule chose que cherche tous ces laissés-pour-compte, c'est l'Amour !
Lu en novembre 2018.
Ma chronique complète à retrouver sur mon blog le conseil des libraires/Fnac :

Lien : https://www.fnac.com/Arcadie..
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nadiouchka
  28 novembre 2018
Quand on évoquait le mot « Arcadie » dans l'Antiquité, il était synonyme de « lieu béni des dieux qui représentait un âge d'or désormais perdu. »
C'est le titre qu'a choisi Emmanuelle Bayamack-Tam, une écrivaine française (née à Marseille, cocorico...), pour son dernier livre. Celui-ci ayant déjà été largement chroniqué, je vais me contenter de me faire une petite place, juste « me caser ».
Dans une interview, l'auteure reconnaît que toutes les utopies l'intéressent et c'est ce qu'elle a voulu incarner avec « Arcadie ».
On va suivre la petite Farah, qui toute jeune, grandit dans une communauté (attention, pas une secte), « Liberty House », gérée par une sorte de gourou, un certain Arcady. On y trouve des personnages pas gâtés par leur physique mais ici on ne les rejette pas (ils sont comme ils sont) – d'autres ont une vision de la vie tendant à évoluer au contact de la nature (même au point d'être naturistes à n'importe quel âge) – peu importe que l'on soit jeune ou vieux, beau ou laid – obèse ou maigre… Non, ici c'est une vie idéale sans tabous physiques ou moraux. Cet endroit apparemment idyllique se trouve à la frontière franco-italienne, une « zone blanche « car les téléphones portables et autres technologies de communication sont bannis de Liberty House et de son projet communautaire.

Quant aux noms des personnages, « Arcady a débaptisé à peu près tout le monde, multipliant les diminutifs et les sobriquets ». le père de Sarah est devenu « Marqui » (sans le « s ») - sa mère est « Bichette » - la cuisinière Fiorentina est « Mrs Danvers – Dolores et Teresa sont « Dos » et « Tres » - Daniel, l'ami qui le restera très longtemps, est « Nello »… J'en passe car je ne peux pas énumérer tout le monde. J'ajoute seulement que Farah aussi n'y coupe pas et a droit à : « Farah Facette » ou « Farah Diba » ou encore « Farah Fawcette ».
La jeunesse de Farah se passe donc dans la plus grande liberté mais son problème est qu'elle ne peut rien contre son corps. Elle a le sentiment d'être une fille mais des signes masculins s'affirment. Alors, est-elle une fille ou un garçon ? Est-elle une fille-garçon ou un garçon-fille ?
« Farah, au fait : vous êtes une fille ou un garçon ? Parce que si j'en crois l'état-civil, vous êtes une fille, mais bon, à vous voir, ce n'est pas si clair... » (p.417).
Comme on la laisse grandir librement, son corps se développe tout seul et ce thème des « corps hors normes » intéresse beaucoup l'auteure.
L'été de ses quinze ans, on organise une quinceañera, une fête qui marque le passage à la féminité (en principe). C'est le moment qu'a choisi Farah pour être (enfin) déflorée par Arcady qu'elle aime depuis longtemps tandis que lui, attendait qu'elle soit femme. Mais comme à son âge elle n'a toujours pas ses règles, il va même jusqu'à l'emmener chez une gynécologue qui lui explique que cela n'est pas bien rare.
On retrouve le thème de l'amour tout au long du livre, la passion folle, la sexualité débridée, l'érotisme torride….
Puis un jour, apparaît un migrant, surnommé « Angossom », que Farah et Daniel essaient de cacher dans cette arche de Noé mais qui sera vite découvert. Et là, voici que l'accueil tant prôné par la communauté, vole en morceaux : on veut bien reconnaître ce gros problème, mais pas ici, pas chez eux, non : ailleurs.
C'est ainsi que Farah, qui raisonne autrement, va s'éloigner. Elle voit qu'elle vit dans un végétarisme imposé dans ces lieux où l'on préfère respecter les animaux plutôt que les Syriens qui arrivent après avoir risqué mille occasions de mourir.
Emmanuelle Bayamack-Tam passe par une brutalité de la description et de l'écriture. Elle n'a reproduit qu'à petite échelle ce qui se passe actuellement (mais aussi depuis un certain temps. On dit bien que nous sommes tous des migrants…). Derrière les beaux principes des Droits de l'Homme, la politique n'est pas à la hauteur – des paroles mais pas des actes et pendant ce temps des milliers d'êtres humains perdent la vie en voulant fuir la mort dans leurs pays.
L'auteure dit s'intéresser à la décrépitude des corps, la vieillesse (par exemple avec « Dadah ») pour raconter que le désir n'est pas réservé seulement aux gens jeunes, beaux, parfaits.
Dans cet ouvrage, on trouve ainsi plusieurs thèmes, plusieurs fins et l'auteure a voulu que le dénouement soit une forme d'espoir. Elle dit également qu'il n'y a pas vraiment une morale à tirer de ce récit…
On verra que l'AMOUR y est très présent. Ce livre est d'une grande beauté même si les personnages ne le sont pas tous (physiquement) et on peut conclure avec la règle de cette communauté, ce paradis perdu, cette maison du jouir : « Omnia vincit amore » (« L'amour triomphe de tout »).
En arrivant à la fin de l'ouvrage on remarque que si l'on s'est pris une grande gifle, on peut malgré tout remercier Emmanuelle pour avoir écrit un livre aussi fort, magnifique et fi de la pudibonderie car certains passages sont très explicites.
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Patsales
  22 juin 2019
Vous avez aimé "Zazie dans le métro"? Vous adorerez Farah in Arcadia. Même gouaille, mêmes ambiguïtés sexuelles et textuelles, même joie à jouer sur et de la langue, même amour de la liberté, même trouble identitaire, même manque de fiabilité des adultes, même insolente modernité...
J'ai gloussé de rire une bonne partie du roman, tout en me doutant que ça n'allait pas durer: on le sait, "ego in arcadia" dit la mort, il n'est de monde rêvé qui ne déçoive.
Farah vit donc en utopie, au milieu d'une nature préservée, jouissant de la bienveillance généralisée des adultes, comblée de livres et de sexe... Généralement, les romans d'éducation nous invitent à une austère émancipation: Candide doit quitter le beau château de Thunder-Ten-Tronck et découvre l'horreur du monde, il ne se consolera que très médiocrement à cultiver son jardin. Pour Farah, si le monde idéal de l'enfance se fissure - et pas qu'un peu -, si elle devient adulte en découvrant les vertus du compromis (mieux vaut des idéalistes petits-bourgeois que pas d'idéalisme du tout), c'est pour s'affranchir de toute limite: nous avons pouvoir sur tout, rien ne nous détermine et surtout pas notre corps, et ce fichu monde idéal, il est hors de question de nous dire qu'il n'existe pas, parce qu'on va le construire, et fissa!
Et comme la liberté demande à se défaire de tout genre assigné, ce liv/bre n'est pas tout à fait un roman et navigue entre conte philosophique et centon, actualité brûlante et sagesse antique, oralité débridée et écriture ciselée.
"Mon héritage est là aussi, dans la certitude que l'infraction doit primer sur la norme, dans la conviction qu'il ne peut y avoir de vie qu'irrégulière et de beauté que monstrueuse. Je suis née pour abolir l'ancien testament, qui a toujours légué le monde à ceux qui avaient déjà tout, reconduisant éternellement les mêmes dynasties dans leurs privilèges exorbitants. La guerre des trônes n'a pas eu lieu, elle n'a été qu'un simulacre, un jeu de chaises musicales, un échange de bons procédés entre nantis, qui excluait toujours les forçats de la faim, les captifs, les vaincus – et bien d'autres encore."
Encore.
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lucia-lilas
  07 septembre 2018
Il y a quatre ans, nous sommes partis en vacances avec une de mes grandes copines : Paula. À cette époque - parce que les choses ont un peu changé - Paula n'avait ni téléphone portable, ni ordinateur, ni voiture, ni montre à quartz. Elle refusait de mettre un pied dans un Mac Do, mangeait bio, luttait contre le nucléaire. Un de mes fils se souvient encore du jour où, tandis que nous attendions le train, il lui demanda de bien vouloir tenir quelques minutes son téléphone portable, le temps qu'il déballe un sandwich.
Elle refusa.
Tout net.
Il était hors de question que Paula tienne en main un appareil risquant de propager des ondes nocives.
Eh bien, je me dis maintenant, après avoir lu Arcadie, que Paula aurait presque pu rejoindre Liberty House, une sympathique petite communauté d'êtres sensibles allergiques aux ondes électromagnétiques, aux phtalates, au glyphosate, aux pesticides, aux sels d'aluminium, aux perturbateurs endocriniens, aux réseaux sociaux etc, etc… Une petite bande d'énergumènes antispécistes, amoureux de la nature, du grand air, prenant le temps de vivre, de raconter leurs rêves au petit déjeuner et de s'adonner aux plaisirs de l'amour libre.
Elle aurait rencontré toute une bande d'éclopés de la vie, d'adorables inadaptés au monde moderne, de semi-fous ou de semi-sages terrorisés par une époque dont certains aspects sont, avouons-le, pour le moins effrayants …
Une secte ?
Oui et non...
Bichette (allergique à tout) et Marqui (amoureux de Bichette), parents de la narratrice, ont littéralement fui leur maison pour se réfugier dans une bâtisse ancienne au coeur de la pinède, espèce de zone blanche, de société « idéale » et utopique coupée du monde et de ses fléaux.
Reçus à bras ouverts par une espèce de bon gourou généreux et consolateur, promettant paix, repos et bonheur sans WIFI, ils ne sont jamais repartis, heureux de cette vie protégée où l'on évolue nu, sans tabous et où l'on couche avec qui l'on veut du moment qu'il y a un minimum de réciprocité dans le désir !
Leur fille, Farah, la narratrice, a grandi à Liberty House, parmi les arbres et les écureuils, sans téléphone portable, ordinateur ou télévision. La pauvre ! Contrairement à beaucoup d'ados, il ne lui restait comme occupations que la lecture, l'observation de la nature et des hommes (les habitants de Liberty House!), la discussion et la réflexion. Évidemment, elle a échappé aux diktats de la mode : son corps a poussé sans qu'elle cherche à ressembler aux starlettes du web ni à qui que ce soit d'ailleurs.
À quinze ans, lucide, perspicace et d'une grande intelligence, elle analyse avec beaucoup d'humour, de dérision et de distance la situation hors du commun que ses parents lui ont imposée. Les portraits qu'elle fait des habitants de Liberty House sont hilarants : Arcady, le gourou, avec son blouson Sonia Rykiel en velours matelassé orange, Fiorentina, la cuisinière et « ses beignets de fleurs de courgettes, polenta aux cèpes, tourtes aux blettes et à la tomate sorrentine, flans de pleurotes, tagliatelles aux truffes, ravioles au pesto de roquette... », Kirsten, la grand-mère LGBT ; Dadah, son fauteuil roulant à sept mille euros et son maquillage outrancier ; Epifanio et son « baile sorpresa », sans oublier Victor, un brin obèse sous ses chemises à manches bouffantes et les autres, tous les autres : Nelly, Djilali, Malika, Daniel et Edo, le cochon truffier. Quelle équipe que tous ces extravagants à la fois ridicules et follement attachants !
Mais inévitablement, Farah finit par connaître les joies du collège et les chants tentateurs des sirènes du monde moderne. Elle s'interroge sur son corps (qui ne ressemble pas trop à celui de ses petites camarades) et sur son identité (qui suis-je… fille OU garçon? L'un ET l'autre ? Doit-on forcément choisir ? Difficile question du genre ...)
L'intrusion d'un migrant dans cet éden va avoir des conséquences inattendues sur Farah, l'amenant à remettre sérieusement en cause la philosophie profonde de son gourou adoré.
Bon, je le dis, depuis que j'ai achevé la lecture de ce livre, je le crie haut et fort sur tous les réseaux sociaux, pour moi, c'est le meilleur : il est d'une drôlerie irrésistible - j'ai ri, tellement ri -, il est cinglant et tendre, sarcastique et bienveillant, tendrement ironique, pénétré de l'air du temps, humain, tellement humain et, pour couronner le tout, si bien écrit qu'on se délecte de chaque ligne… Et puis, quelle sensualité, quelle poésie dans l'évocation de cette nature éblouissante, des corps qui s'y épanouissent dans une espèce d'osmose parfaite !
Quant à la fin, magnifique hymne à la liberté et à l'amour, elle est d'une telle beauté qu'elle vous tord le ventre et vous brouille les yeux.
Un grand texte !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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blandine5674
  01 mars 2019
Il y a un peu de IQ84 de Murakami pour l'initiation sexuelle, par le ‘gourou', d'une jeune adepte d'une communauté libertaire. C'est à Liberty House que vit, entre autre, Farah, ses parents, sa grand-mère qui se balade à poil, un piercing sur le clitoris. Dans cette zone blanche, sont bannis les moyens technologiques modernes comme le portable, les PC, etc. Ils se disent ouverts d'esprit, mais de là à héberger un émigrant… Comme ses règles tardent à venir, Farah consulte une gynéco qui lui apprend qu'elle n'a pas d'utérus. Son physique particulier va, peu à peu, se métamorphoser, mais pas comme la norme. Plusieurs éléments ressortent de ce roman. Acceptation des différences - tout le monde couche avec tout le monde sans distinction d'âge et de sexe - et ce qui culmine, et que j'ai aimé, ce sont les petits clins d'oeil aux romans, films, chansons qui permettent à notre cerveau de se remémorer de bons souvenirs. Un style fluide, les pages tournent vite. Un ressenti plutôt mitigé. le recul me dira quoi en penser.
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critiques presse (9)
Lexpress   01 juillet 2019
On n'oubliera pas "Arcadie" (P.O.L) d'Emmanuelle Byamack-Tam, roman libertaire et libertin, aussi subversif qu'érudit, qui vient d'être récompensé par le prix du Livre.
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LeMonde   17 juin 2019
L’autrice traite avec finesse le queer (individu à ­l’identité non hétéro­normée) non comme sujet, mais plutôt comme personnage romanesque à part entière.
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LaCroix   14 juin 2019
Les auditeurs de Radio France ont couronné, lundi 10 juin, ce roman subversif et poétique sur la recherche d’identité d’une adolescente vivant dans une communauté libertaire, distinguant par la même occasion une écrivaine à la voix singulière.
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Lexpress   29 octobre 2018
Alternant ironie mordante et douce bienveillance, langue poétique et parlé cru, Emmanuelle Bayamack-Tam aborde tous les enjeux contemporains, qu'ils soient éducatifs, technologiques, sexuels, écologiques, ou encore migratoires. Du bel ouvrage.
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LaCroix   26 octobre 2018
Le cheminement identitaire, subversif et poétique, d’une adolescente intersexuée évoluant au sein d’une communauté repliée sur elle-même.
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Actualitte   17 septembre 2018
À travers le récit d'une adolescente drôle et subtile, inquiète de son corps et qui découvre ses désirs, Emmanuelle Bayamack-Tam nous plonge dans une utopie gaie et farfelue. Mais Arcadie réserve des surprises de taille. A l'instar de la folle adolescence. A l'instar de tout le genre humain. Une lecture qui fera empreinte.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Bibliobs   17 septembre 2018
Emmanuelle Bayamack-Tam [...] signe un manifeste pour l'abolition des frontières, qu'elles soient sexuelles, géographiques ou même littéraires puisque le roman hybride sans complexe des citations de Musil, Michaux, Ellroy ou La Fontaine. Une ébouriffante utopie transgenre.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde   31 août 2018
A Liberty House vit une belle bande d’inadaptés hédonistes. Jusqu’à quand ? « Arcadie », délicieux roman qui célèbre les noces de l’écriture et de la vie.
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Telerama   24 août 2018
Dans une communauté libertaire et bucolique, grandit une ado hors norme. Un roman d’apprentissage d’une grande liberté, ultra contemporain et politique.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (78) Voir plus Ajouter une citation
Myrtille88Myrtille88   15 juillet 2019
Cela dit : je ne connais aucun adulte qui s'imagine faire son âge : tous sont convaincus qu'on leur donne dix ans de moins. (p.151)
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PiatkaPiatka   03 juillet 2019
Je ne sais toujours pas qui je suis, mais la liste de mes envies est infinie - et celle de mes détestations ne l’est pas moins. Hors de question que je vive comme tout le monde et que je consacre l’essentiel de mon temps à me remplir de nourritures industrielles, d’images ineptes et de musiques dépourvues d’âme. On se résigne toujours trop vite à être une poubelle.
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PiatkaPiatka   30 juin 2019
L’arrivée de l’été m’ayant provisoirement délivrée de toute obligation scolaire, je n’ai rien d’autre à faire que d’être moi à temps plein.
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SociolitteSociolitte   24 novembre 2018
Sans partager intégralement les phobies de sa fille et de son gendre, elle était tout de même d'accord avec eux pour reconnaître que nous étions une espèce en voie d'extinction. Nous avions peur et nos peurs étaient aussi multiples et insidieuses que les menaces elles-mêmes. Nous avions peur des nouvelles technologies, du réchauffement climatique, de l'électrosmog, des parabènes, des sulfates, du contrôle numérique, de la salade en sachet, de la concentration de mercure dans les océans, du gluten, des sels d'aluminium, de la pollution des nappes phréatiques, du glyphosate, de la déforestation, des produits laitiers, de la grippe aviaire, du diesel, des pesticides, du sucre raffiné, des perturbateurs endocriniens, des arbovirus, des compteurs Linky, et j'en passe. Quant à moi, sans bien comprendre encore qui voulait nous faire la peau, je savais que son nom était légion et que nous étions contaminés. J'endossais des hantises qui n'étaient pas les miennes mais qui frayaient sans peine avec mes propres terreurs enfantines. Sans Arcady, nous serions morts à plus ou moins brève échéance, parce que l'angoisse excédait notre capacité à l'éprouver. Il nous a offert une miraculeuse alternative à la maladie, à la folie, au suicide. Il nous a mis à l'abri. Il nous a dit : « N'ayez pas peur. »

Pages 24-25, P.O.L, 2018.
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SociolitteSociolitte   28 novembre 2018
La vie en communauté, l'amour collectif, c'est bien joli, mais j'aimerais un peu d'exclusivité. Or à Liberty House, l'amour est diffus et indifférencié : chacun en a sa part et tous l'ont tout entier — ce qui me convient mieux en théorie qu'en pratique. Depuis mon arrivée ici, je partage tout avec tous : les douches, les repas, les corvées ménagères, les soirées au coin du feu, ou les salutations au soleil. Même mes parents ont cessé de m'appartenir, et je les surprends parfois à poser sur moi un regard perplexe, comme s'ils avaient complètement oublié mon existence, absorbés qu'ils sont par la leur. Quant à leur autorité parentale, ils l'ont complètement déléguée à Arcady, comme ils se sont déchargés du reste, de toutes leurs responsabilités et préoccupations d'adultes. Quand je leur tombe dessus au détour d'un couloir ou dans les allées du potager, ils répondent à mes caresses de chiot haletant d'assez bonne grâce, mais toujours avec une pointe d'étonnement, comme s'ils se demandaient ce qui leur vaut une telle démonstration de tendresse.
On comprendra donc que j'aie envie d'inspirer à quelqu'un des sentiments plus passionnés et une prédilection plus marquée que l'affection sans ferveur que me dispensent les membres de ma confrérie, parents et tuteur compris. J'essaierais volontiers les sites de rencontre, mais le CDI de mon collège en bloque l'accès, comme s'il était complètement exclu qu'un adolescent veuille chercher l'amour. Non, si Arcady persiste à ne pas vouloir de moi, ma seule chance de tomber sur un partenaire à la hauteur de mes aspirations, c'est de continuer à arpenter les rues de la ville, ces rues qui clignotent sous la pluie comme pour me dire de ne pas désespérer : patience, l'amour viendra.

Pages 96-97, P.O.L, 2018
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Vidéo de Emmanuelle Bayamack-Tam
Carole Gutman reçoit Emmanuelle Bayamack-Tam.
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