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ISBN : 2707319821
Éditeur : Editions de Minuit (11/01/2007)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 220 notes)
Résumé :
L'étude des différentes manières de ne pas lire un livre, des situations délicates où l'on se retrouve quand il faut en parler et des moyens à mettre en œuvre pour se sortir d'affaire montre que, contrairement aux idées reçues, il est tout à fait possible d'avoir un échange passionnant à propos d'un livre que l'on n'a pas lu, y compris, et peut-être surtout, avec quelqu'un qui ne l'a pas lu non plus.
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Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
gill
  07 août 2017
Que Dieu me savonne !
Et que Bernard Pivot me pardonne !
Je ne l'ai pas lu, et du coup sans l'avoir lu, j'ai décidé de ne pas le lire, car sans avoir l'intention d'en parler en ne l'ayant pas lu, je me porte aussi bien que ceux qui en parlent en l'ayant lu.
Donc on pourrait ne pas lire les livres dont on va parler !
Voilà un théorème qui ouvre de nouvelles perspectives.
Et qu'en est-il de sa transitivité* ?
A-t-on le droit de lire un livre dont on ne va pas parler ?
A-t-on le droit de ne pas lire un livre dont on ne va pas parler ?
A-t-on le droit de lire un livre qui n'a pas été lu ?
A-t-on le droit de lire un livre qui n'a pas été écrit ?
Déjà, avec Mr Pennac, le droit du lecteur avait bien progressé.
Merci Mr Pennac !
Nous avions acquis le droit de griffonner, de corner, d'abandonner, de lire n'importe où, et n'importe quoi, le droit de grappiller, de lire à haute voix ou de nous taire ...
C'est encore parfois ce que l'on fait de mieux.
Que Dieu me savonne !
Et que Bernard Blier, Jean Lefebvre, Michel Serrault et Tsilla Chelton me pardonnent !
C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule ...
*Je ne suis pas sûr du terme "transitivité", je n'ai pas lu, durant mon année de sixième, le manuel de math dont par contre je pourrai bientôt faire une critique passionnante, acerbe, drôle mais cependant émouvante, et finalement si juste.



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nameless
  16 août 2017
Au début de cet ouvrage, j'ai ressenti exactement la même sensation que celle éprouvée lors de la lecture de l'iconoclaste « Le principe de Peter » : s'agit-il de lard ou de cochon, d'un canular ou d'un authentique essai, peut-on rire ou doit-on garder son sérieux ? J'ai rapidement opté. Pierre Bayard, psychanalyste et professeur universitaire de littérature française possède les connaissances et la légitimité indiscutables pour se permettre avec un aplomb insolent, de briser les codes. J'ai donc beaucoup ri sérieusement.
 
La pratique de la critique littéraire sans auteur ni texte, ou la « délecture » m'ont réjouie, mais l'on ne saurait réduire cet essai à un exercice jubilatoire livrant quelques ficelles pour briller devant un prof, dans la vie mondaine ou au lit avec une copine, car Pierre Bayard élargit son exposé, sous couvert d'un humour frôlant l'absurde, à des fondamentaux, l'autonomie, l'indépendance, l'esprit critique, la décomplexitude, la liberté que devrait posséder chaque lecteur : « Les personnes cultivées le savent – et surtout, pour leur malheur, les personnes non cultivées l'ignorent -, la culture est surtout une affaire d'orientation. Être cultivé, ce n'est pas avoir lu tel ou tel livre, c'est savoir se repérer dans leur ensemble, donc savoir qu'ils forment un ensemble et être en mesure de situer chaque élément par rapport aux autres. De ce fait, n'avoir pas lu tel ou tel livre n'a guère d'importance pour la personne cultivée, car si elle n'est pas informée avec précision de son contenu, elle est souvent capable d'en connaître la situation, c'est-à-dire la manière dont il se dispose par rapport aux autres livres. Cette distinction entre le contenu d'un livre et sa situation est fondamentale, car c'est elle qui permet à ceux que la culture n'effraye pas de parler sans difficulté de n'importe quel sujet ». Pour justifier cette théorie, l'auteur prend l'exemple du bibliothécaire de L'homme sans qualité, qui sans avoir jamais lu aucun ouvrage contenu dans sa bibliothèque, a inventé un système de catalogues répertoriant les millions de livres sur lesquels il veille. C'est cette notion de vue d'ensemble, de communications et de correspondances entre les ouvrages et d'orientation, qui m'a le plus intéressée.
 
Donc, je confirme à ceux qui en doutaient : on peut aussi dire quelques mots sur un livre que l'on a lu, même si totalement en accord avec l'auteur, je ne suis pas certaine qu'il s'agit de la meilleure façon d'en parler. A contrario, on peut aussi éprouver une satisfaction secrète et coupable à lire un ouvrage pour le pur plaisir, sans spéculer sur une conversation littéraire ou les bienfaits intellectuels qu'on en tirera, ou, à vous de juger, sur un avis que l'on pourrait poster sur Babelio.
Au final, j'ai apprécié cet essai, son humour qui frôle souvent l'absurde, ses connaissances universitaires mises au service d'une noble tâche, détruire enfin cette idée indécrottable qu'il faut avoir lu «A la recherche du pain perdu » ou, ou, allez soyons fous, Camus, pour être cultivé.
Cependant, je ne lirai pas Comment parler des lieux où l'on n'a pas été, du même auteur, car ça sent le filon exploitable à l'envi. Et pourquoi pas, Comment parler des hommes que l'on n'a pas eus ?
ps : bravo à gill pour son avis inégalable.
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IreneAdler
  19 juin 2014
Situation assez courante, surtout dans un métier qui à pour principale marchandise les livres. Vu le nombre de parutions à l'année, impossible de tout lire (car oui, les libraires sont en fait des humains comme les autres, sisi) Que faire alors pour ne décevoir nos clients ? Je vous le donne en mille : parfois on ment (un peu). Merci la 4 è de couverture, les sites et blogs littéraires et les clients lecteurs qui nous parlent !
Que faut-il ? de l'aplomb, de l'honnêteté (un peu tout de même) et une grande force de conviction. Parfois, vous pouvez même avoir envie de le lire, ce texte, ensuite !
Ce texte de Bayard, professeur de littérature, chroniqueur dit clairement que lire n'est pas indispensable pour parler des livres et de littérature. Que faire semblant, créer l'intrigue de toute pièce est beaucoup plus valorisant et surtout plus intéressant.
Et dites vous bien que ce n'est pas grave si vous n'avez pas lu tous les classiques de la littérature française parce que vous n'aimez pas ça. Vous serez bien loin d'être le seul (quoiqu'on en dise) !
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Junie
  18 juin 2016
Arrêtez de lire! ça abime les yeux, ça fait perdre du temps, ça coûte cher, il faut s'acheter des étagères, qu'il faudra épousseter, ça prend trop de place, et surtout ça ne sert à RIEN!
Contentez-vous d'être des non-lecteurs, et avouez franco que vous n'avez jamais lu Proust, ni Shakespeare, ni Montaigne, ni le Parfum, ni Houellebecq. Mais attention, vous savez de quoi ça parle. Vous l'avez vu au cinéma, ou à la télé, vous avez lu des critiques, des amis vous en parlent, bref, vous en savez quelque chose. Il en est ainsi pour les milliers de livres que nous n'avons pas lus, que nous avons oublié, ou dont nous gardons un souvenir confus.
Le lecteur est comme un nageur, plongé dans l'immense océan de l'écriture, il dérive et s'accroche un moment aux Trois Mousquetaires, ou à Crime et Châtiment, à Jane Eyre, à Don Quichotte, jusqu'à ce que la vague les emporte ou que Moby Dick les avale.
le lecteur est un naufragé. Peut-être est-ce la raison du succès de tous ces récits de voyage, ces romans de pirates et d'îles mystérieuses, ces histoires de héros des mers ou du désert. Parfois il croise un autre naufragé qui lui parle de certaines rencontres, inoubliables, magiques, surnaturelles. Des livres qui lui ont révélé ce qui est enfoui et caché au fond de lui, qu'il ignorait, qu'il taisait. le lecteur transporte avec lui ces milliers de livres, livres d'images, romans de jeunesse, livres scolaires, de poche, de collection, livres-cadeau, livres volés, feuilletés, relus, rejetés, détestés.
Mais des phrases ont disparu, des pages manquent, elles se sont collées ou sont devenues blanches, elles se sont envolées, les mots se sont embrouillés, se sont dissous pour mieux faire partie de nous.
Cessez de lire pour savoir, pour comprendre, pour grignoter, comme des souris, la haute montagne des nouveaux_livres_qu'il_faut_lire.
Cessez de lire: écrivez!
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OhOceane
  19 avril 2011
Ce titre est provocateur et peut sembler viser à la moquerie, mais tout juste s'agit-il d'ironie. La douce ironie du véritable homme de lettres.
Passé le premier paragraphe assez osé, où l'auteur explique qu'il n'a pas le temps de lire, puisque il trop occupé à enseigné la littérature, on s'engage vite dans la véritable démarche de l'auteur : lire c'est quoi ? Nous lisons tous des livres, (enfin, je crois) mais tous à notre manière. Il y a les livres qu'on a lu de la première à la dernière ligne, les livres dont on nous a parlé et que bon finalement pas la peine de le lire pour en parler. Et puis il y a les souvenirs qu'on a des livres de notre lointain passé, avec ce que le temps opère de modifications à notre mémoire. Comme il y a un méta langage, il ya une méta lecture.
S'appuyant sur des exemples de lecteurs célèbres, Pierre Bayard fait surtout l'apologie de la lecture comme plaisir libre et renouvelé, qui n'obéit à aucun carcan. Il y autant de version d'un même livre qu'il y a de lecteurs. Ce qui reste en définitive, c'est le souvenir intérieur de ce livre, propre, de fait, à chacun de nous. Il y a une sorte de bibliothèque universelle, dans laquelle il nous est donné de tracer notre propre labyrinthe.
J'aime cet éloge de la lecture libre, parce qu'il la désacralise, il l'ouvre au plus grand nombre. Quel lecteur peut se targuer d'être le plus près de la vérité livresque ?
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   11 juillet 2014
Il n'y a (donc) aucune raison, à condition d'en trouver le courage, de ne pas dire franchement que l'on n'a pas lu tel ou tel livre, ni de s'abstenir de s'exprimer à son sujet. N'avoir pas lu un livre est le cas de figure le plus commun, et l'accepter sans honte un préalable pour commencer à s'intéresser à ce qui est véritablement en jeu, qui n'est pas un livre mais une situation complexe de discours, dont le livre est moins l'objet que la conséquence.
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namelessnameless   25 juillet 2017
Quoi de plus précieux que l'illusion délicieuse de la clarté qui nous donne le sentiment de nous enrichir sans effort, de goûter du plaisir sans peine, de comprendre sans attention, de jouir du spectacle sans payer ?

Heureux les écrivains qui nous ôtent le poids de la pensée et qui tissent d'un doigt léger un lumineux déguisement de la complexité des choses !
Page 36
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courgettecourgette   20 mai 2010
La lecture est d'abord la non-lecture, et, même chez les grands lecteurs qui y consacrent leur existence, le geste de saisie et d'ouverture d'un livre masque toujours le geste inverse qui s'effectue en même temps et échappe de ce fait à l'attention : celui, involontaire, de non-saisie et de fermeture de tous les livres qui auraient pu, dans une organisation du monde différente, être choisis à la place de l'heureux élu.
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courgettecourgette   20 mai 2010
Tissé des fantasmes propres à chaque individu et de nos légendes privées, le livre intérieur individuel est à l'œuvre dans notre désir de lecture, c'est-à-dire dans la manière dont nous recherchons puis lisons des livres. Il est cet objet fantasmatique en quête duquel vit tout lecteur et dont les meilleurs livres qu'il rencontrera dans sa vie ne seront que des fragments imparfaits, l'incitant à continuer à lire.
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araucariaaraucaria   08 juillet 2014
Alors même que je suis en train de lire, je commence à oublier ce que j'ai lu et ce processus est inéluctable, il se prolonge jusqu'au moment où tout se passe comme si je n'avais pas lu le livre et où je rejoins le non-lecteur que j'aurais pu rester si j'avais été mieux avisé.
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Videos de Pierre Bayard (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Bayard
Les Colloques de Bordeaux :
Jean-Michel Devésa, Université de Limoges, France « La Voix ?humaine, abandonnée? de Jean-Philippe Toussaint »
Jovanka Sotola, Université Charles de Prague, Tchéquie « Les Mécanismes de séduction de Jean-Philippe Toussaint, écrivain »
Jimmy Poulot-Cazajous (Université Toulouse Jean-Jaurès, France), « Dans le combat entre toi et la phrase, sois décourageant »
Pierre Bayard (Université de Paris VIII-Vincennes, France), « L?Art de la procrastination »
Christophe Meurée (Archives & Musée de la Littérature, Bruxelles) et Maria Giovanna Petrillo (Université de Naples, Parthenope), « ?Dire je sans le penser? : qui es-tu, Monsieur Jean-Philippe Toussaint ? »
Aurélia Gaillard (Université Bordeaux Montaigne, France), « Jean-Philippe Toussaint écrivain-coloriste infinitésimal ? »
Retrouvez les livres : https://www.mollat.com/Recherche/Auteur/0-1329378/jean-philippe-toussaint
Note de musique : ©mollat
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>Philosophie et Theories>Nature et caractéristiques>Critique littéraire (théorie, technique, histoire). Classer à 809 les ouvrages de critique littéraire (24)
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