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ISBN : 2226437797
Éditeur : Albin Michel (22/08/2018)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 98 notes)
Résumé :
« Au coeur de la nuit, face au mur qu'elle regardait autrefois, bousculée par le plaisir, le malheur du bas lui apparaît telle la revanche du destin sur les vies jugées trop simples. »

Dans ce premier roman suffoquant, Inès Bayard dissèque la vie conjugale d'une jeune femme à travers le prisme du viol. Un récit remarquablement dérangeant.
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Critiques, Analyses et Avis (60) Voir plus Ajouter une critique
Sebthos
  17 septembre 2018

« Il n'avait existé qu'un seul drame dans sa vie, suffisamment fort pour passer à l'acte »
Ce drame est celui qui n'a pas de nom, qui ne peut parfois être nommé par celles ou ceux qui en sont victimes.
Ce drame est celui qui vous atteint dans la pure intimité de votre être, celle de votre corps et de sa sensualité.
Ce drame est un viol.
Celui d'une femme en l'occurrence.
Marie, marié à Laurent.
Ils se connaissent depuis dix ans et occupent chacun, la trentaine à peine passée, une très bonne situation.
Il faut dire qu'ils sont bien nés. Issus tous deux d'un milieu bourgeois bon teint, militant contre le mariage pour tous ou autres petites douceurs réactionnaires.
Rien ne peut les toucher.
Il ne leur manque plus qu'un enfant.
Ils le désirent cet enfant. Ils le décident.
Eux qui sont habitués a décider de tout, à maîtriser leur vie.
Mais aussi puissants qu'ils semblent se penser, ils oublient qu'il existe encore plus puissants qu'eux.
« On ne peut vivre longtemps dans la frénésie. La tension était trop forte en ce monde qui promettait tant, qui ne donnait rien. », Georges Perec dans “Les Choses” (épigraphe du roman).
C'est ce dont Marie va prendre conscience.
Violée par son supérieur hiérarchique, sauvagement. Il ne peut en être autrement.
Marie va cruellement faire l'expérience de la barbarie.
Incapable de se défendre, meurtrie dans son corps, dans sa chair, elle ne trouvera d'autre défense que le silence, face à la honte incommensurable qui la submerge. Jusqu'à la folie.
C'est ce récit implacable auquel nous soumet Inès Bayard. Il n'y a pas de suspense. On connaît les causes, Les conséquences. On connaît la fin dès le début, mais on ne peut le lâcher jusqu'à la dernière page.
Bien sûr, dans cette construction, on pense à “Chanson douce” de Leïla Slimani, mais l'auteur apporte ici un supplément par ses thèmes abordés, par son ton.
Marie, prisonnière de sa condition, jusqu'à l'impensable ?
« Du meurtre à l'amour, du sperme au sang, du désir à la mort, c'est bien la chair qui l'emporte »
Un premier roman parfaitement maîtrisé.
Lu en août 2018.
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livr-esse
  14 juin 2018
Ce roman est une véritable bombe.
Marie bascule du paradis à l'enfer en une soirée.
Je ne veux rien raconter de plus juste dire que ce roman m'a remué les tripes du premier au dernier mot.
je n'oublierai pas ce premier roman.
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Deslivresalire
  26 septembre 2018
Marie travaille dans une banque. Laurent, son mari, est un avocat en vue dont la carrière est en train de décoller.
Tous les deux vivent une vie de couple parfaite, qui les mène à vouloir un enfant.
Mais un soir, en rentrant du travail, Marie se laisse ramener par son patron, qui la viole dans sa voiture alors que son mari partage un dîner d'affaire de son côté.
Gardant ce drame pour elle, Marie commence alors une longue descente aux enfers.
De tentatives de retour à une vie normale en désespoir, le mal la ronge, la culpabilise, l'angoisse, la détruit.
Il se love même en son sein puisqu'elle tombe enceinte et qu'elle sait que l'enfant n'est pas de Laurent...
A mon avis :
La première force de ce roman, c'est son style impersonnel.
C'est lui qui nous laisse tout au long de la lecture cette impression que Marie est hors de son corps, qu'elle est comme une morte, qu'elle ne contrôle plus sa vie ni ce qu'elle est.
La deuxième force de ce livre, c'est qu'il dérange son lecteur. On le lit avec cette appréhension et cette boule au ventre, comme si l'on était touché personnellement par ce qui arrive au personnage principal. La douleur est contagieuse et on vit la déliquescence de cette femme avec elle.
Les thèmes abordés sont bien entendus liés au viol, au rapport à l'enfant du viol, à la relation familiale après le drame et à la conservation ou pas d'un secret trop lourd à porter. Ce sont des thèmes assez classiques mais traités au plus près, comme si on les vivait nous-même.
On est littéralement happé par ce récit. Pourtant on en connait la fin, puisque le premier chapitre commence par là. Mais c'est le chemin ou plutôt la pente, voire le ravin, qu'emprunte Marie pour en arriver à l'acte final qui fait l'intérêt du livre.
On le lit facilement, probablement d'une traite car il est assez court et on en ressort bouleversé, hagard.
Ça ne vaut peut-être pas le Goncourt pour lequel il est sélectionné, mais pour un premier roman d'Inès Bayard, c'est un coup de maître.

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Verolo
  02 août 2018
Comment dire qu'on a aimé un tel roman ? Comment dire qu'on a été happé par ce récit étouffant, suffocant, dérangeant, comme le dit la 4ème de couverture ?
Et pourtant c'est le cas. Ce roman (mais qu'on lit comme un récit véridique tant il rend bien compte du désespoir de l'héroïne) m'a bouleversée, je ne l'ai pas lâché, même si j'oscillais entre douleur et horreur, devant ces descriptions crues ou poignantes, ce malheur dont on sait depuis les premières lignes qu'il sera inéluctable.
Marie, jeune femme mariée et heureuse, voit sa vie basculer du jour au lendemain, après avoir été agressée et violée par son supérieur.
Ne pas en dire plus, vous laisser découvrir par vous-même cette histoire, même si elle vous blesse, même si elle vous rend malade, même si elle vous hante.
Un livre nécessaire, certainement, et surtout une auteure à suivre, car c'est son premier roman...
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Ogrimoire
  25 septembre 2018
J'ai mis deux petites heures à lire ce roman, deux petites heures de tgv plus tard et j'arrive sur le quai de la gare complétement sonnée par ma lecture. J'ai eu l'impression de sortir d'un terrible combat de boxe où j'avais reçu un terrible uppercut…
Avant de commencer cet avis, je tiens à souligner que je n'ai pas lu le livre de Mathieu Ménégaux et que je suis donc incapable de dire s'il y a des similitudes ou si le livre d'Inès Bayard ressemble comme deux gouttes d'eau à Je me suis tue. Ayant beaucoup aimé Un fils parfait, je lirai Je me suis tue, mais l'occasion ne s'est pas encore présentée.
Dès la première page, on connait la fin de ce roman – comme celui de Leïla Slimani d'ailleurs – mais ça ne m'a pas perturbé même si l'on se doute de la fin de l'histoire -, ce ne sont pas des points négatifs, pour ma part du moins !
Ce roman est écrit dans un style assez nerveux, il est écrit avec les tripes, c'est cru, c'est dérangeant, c'est désagréable et c'est extrême. Mais en même temps lorsqu'un être humain prend le droit de dégrader le corps d'une autre personne n'est-ce-pas un acte terriblement écoeurant et révoltant ? L'écriture d'Inès Bayard arrive à nous faire ressentir les différents maux qui envahissent Marie et permettent également de nous faire comprendre quel terrible poids pèse sur ses épaules en préférant taire le fait qu'elle se soit fait violer plutôt que de parler.
L'histoire prend également aux tripes. J'avoue que par moment, mon estomac se tordait – je suis trop empathique et même si « ce n'est qu'un livre » je projette et vis pleinement l'histoire…- J'ai trouvé – tout comme Marie – écoeurant que Laurent ose la toucher et qu'il soit pressant envers elle pour avoir une relation sexuelle, oui mais le pauvre il ne sait pas…
J'ai tellement peur de spoiler ce livre que je ne sais que dire finalement… Je sais qu'il est émouvant, qu'il retourne les tripes, qu'il nous montre qu'on a le droit d'être une victime et de ne pas se réfugier dans le silence, qu'il nous illustre la longue descente aux enfers d'une femme violée – si certaines se réfugient dans la drogue ou dans l'alcool, Marie, elle, choisit de faire du mal à son enfant en le négligeant ou en essayant de le tuer… Il y a également une profonde réflexion sur le corps de la femme qui n'est pas un objet, qui n'est pas juste là pour répondre favorablement aux envies de son partenaire, qui montre qu'au sein de notre société, personne n'est à l'abri de voir son quotidien et sa vie basculer à cause d'un acte barbare…
Alors oui, c'est cru, parfois choquant – la citation choisie montre totalement la dureté des phrase que l'on peut trouver dans le roman -, parfois on se sent désarçonné par cette femme qui refuse les mains tendues, parfois on a envie de hurler contre Laurent parce qu'il ne voit rien, parfois on veut fermer ce livre parce que ça ressemble à du voyeurisme MAIS… Il faut le lire, parce qu'il cache un cri, un cri qui dit qu'on ne doit pas se taire et que nous ne sommes pas un objet…
Pour moi, ce livre est une pépite – une bombe – un diamant brut – un uppercut. Je le conseille aux personnes qui ont le coeur solidement accroché… Ce qui est sûr, c'est que l'on en ressort pas indemne.
Lien : https://ogrimoire.wordpress...
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critiques presse (5)
LaPresse   12 octobre 2018
Marie et Laurent s'aiment et ont l'avenir devant eux. Jusqu'au jour où Marie est agressée sauvagement dans un stationnement. Un viol qui changera la trajectoire de cette vie remplie de promesses. Avec Le malheur du bas, Inès Bayard signe un roman très dur qui raconte l'impact d'un viol sur la vie d'une femme.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaPresse   19 septembre 2018
L'écriture de Bayard est ciselée, froide, précise et donne froid dans le dos. On lit ce roman le souffle court, en redoutant la fin qu'on connaît déjà depuis la première page.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeFigaro   07 septembre 2018
Quatre-vingt-quatorze premiers romans paraissent en cette rentrée 2018. Parmi nos dix coups de cœur, celui d'Inès Bayard.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   31 août 2018
Inès Bayard, 26 ans, cache bien son jeu. Certes, le titre de son premier roman, Le Malheur du bas, aurait dû nous alerter. Mais on l'entame presque guillerette comme toujours lorsqu'on s'attelle à une nouvelle lecture, et on le referme, 270 pages plus tard, les tripes serrées et la rage au cœur.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Culturebox   22 août 2018
Inès Bayard, 26 ans, signe "Le malheur du bas" (Albin Michel), un premier roman aussi efficace que dérangeant sur la vie conjugale et familiale d'une jeune femme violée par son directeur. Un scud dans cette rentrée littéraire de septembre 2018.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
ValerieLacailleValerieLacaille   14 octobre 2018
Où est la photographie de son viol? Où doit on placer ce dernier souvenir, le seul capable de tout interrompre, de tout salir, de vomir sur l'ensemble de ce catalogue parfait? La femme idéale n'existe plus. Il n'y a plus de femme, ni d'épouse, de sœur ou de fille. Il y a seulement la saleté, la colère et la noirceur de son entre jambe qui se tiennent là, bien en face d'eux.
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VivianeWardVivianeWard   07 octobre 2018
Il ne remarque pas à quel point cette secnde épreuve subie par son épouse marque pour elle la fin définitive de tout compromis.
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FauraFaura   05 octobre 2018
 Il existe peu de femmes véritablement misanthropes, qui osent porter la responsabilité de ne pas être actives ni sociables. Le laisser-aller d’un homme est souvent considéré comme plus naturel, voire poétique. Celui de la femme est contre nature. 
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DestouchesDestouches   03 octobre 2018
Quand on marche dans Paris, ce n’est jamais très grave de ne pas alimenter la conversation. La ville s’en charge elle même. Les passants qui hurlent au téléphone, les voitures qui klaxonnent, les commerçants qui discutent avec les clients, les terrasses bondées au moindre rayon de soleil, le bruit des pas, l’entrain collectif sur le béton. A Paris, personne n’est jamais seul.
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NinaaluNinaalu   04 octobre 2018
Parfois, elle se demande dans combien de temps son mari réalisera qu’il y a un problème. Peut-être jamais.
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Videos de Inès Bayard (2) Voir plusAjouter une vidéo
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Talents Cultura Romans 2018 : Le malheur du bas d’Inès Bayard
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