AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Gérard de Chergé (Traducteur)
EAN : 9782743602666
527 pages
Éditeur : Payot et Rivages (01/10/1997)
3.8/5   23 notes
Résumé :
Les soirs de pluie, Gelsey entre dans un bar, se fait lever" par un homme et se laisse entraîner dans une chambre d'hôtel. Mais en fait, c'est elle la chasseresse. Elle drogue son séducteur, lui vole son argent et laisse sur sa poitrine un message d'adieu sarcastique, écrit à l'envers et à l'encre indélébile, que la victime découvrira le lendemain dans le miroir de sa salle de bains. Ce jeu cruel vire au drame lorsque la dernière proie de Gelsey est retrouvée morte,... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
nameless
  18 février 2020
Gelsey est une artiste-peintre mais pas seulement. Elle est également une dragueuse-drogueuse, narco-voleuse qui appâte des pigeons dans des bars new-yorkais, monte chez eux, leur refile un petit coup d'assommoir sous la forme d'un cocktail amélioré avec des somnifères, et pendant qu'ils ronflent, ramasse les voyantes Rolex, les bijoux chers et vulgaires, l'argent liquide gonflant les portefeuilles de ces vaniteux lubriques, puants d'arrogance et au charme agressif. Avant de quitter les lieux, elle dénude ses proies et grâce à une encre indélébile et en écriture inversée lisible à l'endroit face à un miroir, laisse sur leur peau un message infamant qu'ils devront expliquer à leur femme. Le devoir accompli, Gelsey n'a plus qu'à regagner son logis, un appartement situé au-dessus d'un labyrinthe de miroirs, construit par son père. Ce petit jeu aurait pu se poursuivre longtemps, si un pigeon ne s'était pris du plomb dans l'aile sous la forme d'une balle dans la tête. Et voilà le Lieutenant Frank Janek sur les dents, alors qu'il s'acharne dans le même temps à régler une vieille affaire non-élucidée, dans laquelle un élément nouveau vient d'apparaître. Son voyage à La Havane pour rencontrer un témoin tardif est le seul point noir du roman. Il est selon moi, totalement inutile, hors sujet, et les observations politiques faites par Frank Janek sont quelque peu caricaturales et délicatement teintées d'un anti-communisme typiquement américain.

Labyrinthe de miroirs n'est pas un roman d'un abord facile. On y retrouve toutes les obsessions de William Bayer, l'art, la psychanalyse, l'inceste. Une fois encore, il explore les zones grises entre le bien et le mal ou le vice et la vertu. Il s'interroge sur la loyauté ou la tentation de la corruption, dilemme constant tout au long de la vie d'un policier. En outre, il se livre à une étude approfondie des labyrinthes de miroirs dont j'ignorais qu'il n'en existe qu'une demie-douzaine d'exemplaires au monde, abstraction faite des palais des glaces des fêtes foraines ; dont j'ignorais également qu'ils ont donné lieu à des études universitaires dans les domaines de l'architecture, de la psychologie ou de la mythologie.

L'histoire de Gelsey est révélée à mesure que l'intrigue progresse, et l'on comprend bientôt pourquoi elle éprouve une sorte d'extase à se perdre dans le labyrinthe, à se plonger dans l'incertitude et l'égarement, à être environnée d'images fragmentaires de son corps, de reflets qui vacillent au gré de ses mouvements, ou de milliers de sosies si elle tourbillonne. Gelsey n'est plus seule lorsqu'elle est cernée par une myriade de clones. Qui voit-elle ? Sa jumelle ? Son contraire ? Son double ou son reflet, tels que décrits dans la Théorie du Miroir ? Après avoir convoqué Dorian Gray, le Minotaure, c'est à La Dame de Shanghaï et à sa dernière scène mythique que William Bayer rend hommage dans son épilogue.

Dans sa postface, l'auteur dit son admiration pour Michael Ayrton, sculpteur et écrivain, obsédé par les mythes de Minos, Pasiphaé, Dédale et Icare, et dont la vie fut transformée par le concept du labyrinthe. Dans The Maze Maker, il écrit : « La vie de chaque homme est un labyrinthe au centre duquel gît sa propre mort. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          621
Ambages
  11 septembre 2017
Dylan Thomas avait tempêté : « Il n'empêche qu'un monde de furies/ Brûle dans bien des miroirs. »
Un très bon roman policier qui permet de retrouver le policier Franck Janek, entrevu dans Pèlerin. J'aime beaucoup l'écriture et l'ambiance dans laquelle nous plonge William Bayer. Il a réussi à mener en parallèle deux histoires autour de Janek sans perdre le lecteur. D'un côté, il y a Gelsey, artiste peintre torturée qui chasse le pigeon les soirs de pluie, l'appâte dans un bar avec son regard sulfureux et sa robe moulante pour mieux le plumer avant le plumard. Elle le drogue, il s'endort et elle lui dérobe quelques souvenirs avant de repartir dans son labyrinthe. Et de l'autre il y a l'affaire Mendoza. Une vieille histoire qui pue dans le service de Janek depuis neuf ans, une histoire où il semble que certains flics se soient laissés aller à fabriquer des preuves pour conforter leur intime conviction. Janek, c'est un intègre. Un super bon flic et loyal. Difficile pour lui d'admettre qu'il y a de l'eau dans le gaz. Mais il ne lâchera pas. Toutefois, il doit boucler avant tout cette histoire avec Gelsey, son dernier pigeon ayant été retrouvé une balle dans la tête. Bayer va alors nous embarqué dans le ''pourquoi'' avant de sortir le ''qui'' final. Personnellement, j'ai beaucoup apprécié ce roman. le final ? Un peu moins. Mais ça ne gâche en rien le plaisir ressenti pendant toute la lecture. Si vous vous laissez tenter, penser à prendre un miroir, utile à la page 28.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          375
Pietro38
  15 avril 2015
Un roman très sombre d'un magnétisme hors du commun
Ce roman noir psychologique permet de faire connaissance avec des personnages très originaux dans une atmosphère sombre et envoûtante; Plusieurs intrigues criminelles sont menées en parallèle, le tout formant une toile de mystère, un puzzle fascinant à reconstituer, un labyrinthe dans lequel on prend plaisir à se perdre, avec à la baguette un William Bayer au sommet de son art. C'est très bien écrit, c'est puissant, c'est surtout très original, très novateur, et le dénouement laisse pantois.
La jeune Gelsey joue un jeu dangereux avec les hommes: les soirs de pluie, la jeune femme, qui vit au dessus d'une véritable "chambre" de miroirs, sort, se fait séduire par un homme, mais en fait, c'est elle la chasseresse, et non pas une proie fragile. Elle drogue son séducteur, lui vole son argent et laisse sur sa poitrine un message d'adieu ironique, moqueur. Jusqu'au jour où sa dernière proie est retrouvée morte... et là Frank Janek, l'enquêteur fétiche de William Bayer, qu'on retrouve notamment dans Pélerin et Wallflower, fait son apparition et va démêler les fils de cette étrange affaire. Comme s'il n'avait que ça à faire, lui qui doit déjà se débrouiller avec une affaire de meurtre vieille de neuf ans, rien que ça!
Intrigues passionnantes, écriture magistrale, art consommé du récit, un roman totalement abouti, maîtrisé, que je recommande sans réserve. L'auteur nous emmène loin, très loin dans les méandres de la psychologie humaine, et surtout dans un monde de faux semblants; Venez vous perdre dans la chambre des miroirs !

Lien : http://www.conseilspolarsdep..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
maltese
  10 avril 2013
Il s'agit ici du quatrième roman mettant en scène Frank Janek, lieutenant à la police de New York. Un flic excellent, apprécié de sa hiérarchie comme de ses collègues.
Il va devoir enquêter d'une part sur une affaire de meurtre remontant à neuf ans, le cas Mendoza, affaire pleine de rebondissements troublants qui mine la police, et d'autre part sur l'assassinat d'un homme retrouvé dans sa chambre d'hôtel, détroussé par une femme après qu'elle l'ait charmé et drogué.
William Bayer s'attache à la psychologie des personnages et réussit ces portraits d'êtres blessés, plus ou moins paumés dans leur vie.
Le motif du miroir est présent tout au long du roman, mis en scène de très habile manière.
Bayer peint un flic très humain, intéressant notamment dans les rapports qu'il a avec les femmes.
Commenter  J’apprécie          10
carnet-de-voyage
  18 avril 2016
Janek nous entraîne dans une histoire assez alambiquée et on finit par s'égarer en chemin dans les méandres de ce labyrinthe de miroirs...
Ca ne serait pas si mal, si je n'avais pas eu l'impression d'être, parfois ou devrais-je dire très souvent, dans une histoire pour série policière américaine, telle les experts Manhattan, par exemple...
C'est si bien scénarisé que la fin en est prévisible....
on est très loin, à des années lumières, du Rêve des Chevaux Brisés...
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
AmbagesAmbages   10 septembre 2017
Les images dansèrent. « Miroir, joli miroir... »
Gelsey coupa net le refrain. Il y avait nombre de citations littéraires sur le thème du miroir qu'elle pouvait évoquer pour annihiler Blanche-Neige. Les miroirs étaient un sujet de littérature depuis que la première femme avait contemplé son reflet dans une flaque d'eau. Son père aimait citer Shakespeare et les poètes anciens, mais Gelsey, pour sa part, préférait les modernes. Anne Sexton : « Prenez mon miroir et mes plaies/ et effacez-les. » Simone de Beauvoir : « Capturée dans le piège immobile, argenté. » Sylvia Plath : « Je suis limpide et exact, je n'ai pas de préjugés... je ne suis pas cruel, seulement fidèle... la plupart du temps, je médite sur le mur d'en face. »
(...)
Peut-être le Dr Z. avait-il raison. Peut-être y avait-il un secret en bas, dans le labyrinthe, un secret au-dessus duquel elle vivait depuis des années sans parvenir encore à le voir. Auden avait supplié : « Ô regarde, regarde dans le miroir/ Ô regarde dans ta détresse. » Dylan Thomas avait tempêté : « Il n'empêche qu'un monde de furies/ Brûle dans bien des miroirs. » Yeats avait chanté : « J'enrage devant mon image dans la glace. » Et Borges avait écrit qu'il entendait monter « des profondeurs des miroirs le fracas des armes. »
Homme Lubrique, Homme-Miroir, sœur de rêve... labyrinthe, miroirs de miroirs... folie-miroir. Seigneur, c'est donc sans fin ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
namelessnameless   17 février 2020
Au bout du compte, il le savait, il était impossible de sonder le labyrinthe d'un esprit paranoïaque. Il y avait toujours une étape du raisonnement qu'on ne pouvait franchir soi-même, une pièce remplie de conspirateurs qu'on ne pouvait jamais trouver parce qu'elle était cachée trop profond au coeur du dédale.
Commenter  J’apprécie          210
namelessnameless   18 février 2020
Un homme qui vous appelle "mon ami" attendra toujours une faveur en retour. Moi, je n'ai jamais eu de copains et je n'ai jamais accordé de faveurs. Pas une seule fois ! Jamais ! Et j'en suis fier. Ils pourront graver cette épitaphe sur ma tombe, s'ils l'osent : "Pas de copains et pas de faveurs".
Commenter  J’apprécie          212
namelessnameless   17 février 2020
Mais voyez-vous, ils n'ont rien d'autre à faire que d'imaginer des complots et de trouver ensuite des suspects qui correspondent à leurs fantasmes. C'est pourquoi, au bout du compte, il est impossible de saisir leur manière de raisonner. Autant les oublier...
Commenter  J’apprécie          170
namelessnameless   17 février 2020
Elle se souvint de ce qu'un vieux professeur d'art avait déclaré un jour pendant un cours : "Chaque seau de terre glaise est une œuvre d'art en puissance. Dans chaque tube de peinture neuf, un chef-d'œuvre attend d'être libéré."
Commenter  J’apprécie          140

Videos de William Bayer (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de William Bayer
Interview - William Bayer 09- Le rêve des chevaux brisés
Livres les plus populaires de la semaine Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Le rêve des chevaux brisés

Le point de ralliement des médias.

Chez Waldo
Le Bar
Townsend

20 questions
0 lecteurs ont répondu
Thème : Le rêve des chevaux brisés de William BayerCréer un quiz sur ce livre