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ISBN : 2253001422
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 112 notes)
Résumé :
Une fois de plus, au premier mot de réprimande, Bruno s'est enfui dans les rues de Chelles et son père donne aux voisins le spectacle du respectable professeur Daniel Astin s'époumonant à rattraper son fils rebelle. A l'agacement succède la pitié pour ce gamin qu'il sait si mal prendre, de l'aveu de tous et du sien propre. Mais il faut sauver la face, s'exclamer bourru: "Veux-tu faire croire à tout le monde que je n'aime pas mes enfants?" Et Bruno de répondre "Tu m'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
LiliGalipette
  28 mars 2011
Roman d'Hervé Bazin. Lettre B de mon Challenge ABC critiques Babelio.
Daniel Astin est veuf et a trois enfants, les jumeaux Michel et Louise et Bruno, le troisième, le dernier, celui dont il n'est pas certain d'être le père. Bruno est un enfant farouche qui prend facilement la fuite. Daniel s'en étonne et s'en agace, ne comprenant pas cette réaction d'animal apeuré : "Est-ce ma faute si cet enfant réagit comme un lièvre et, dès la moindre scène, répond aux reproches avec ses genoux ?" (p. 11) du haut de son enfance maladroite, l'enfant assène à son père une évidence que celui-ci tentera toute sa vie de combattre : "Tu m'aimes, bien sûr, mais tu m'aimes moins." (p. 17) Daniel Astin va se mettre à aimer avec rage et passion ce fils qui n'est peut-être pas de lui. de ce presque inconnu, il fait son propre enfant, son enfant choisi. Mais il lui faut aussi devenir père et éviter les pièges de l'attachement. "En Bruno, j'ai accepté, puis découvert puis exalté un fils. Comment n'ai-je pas vu que, pour qu'il soit mon fils, il faut que je ne lui sois point donné comme barrière, il faut que de l'anormal naisse le normal, qu'il me soit un fils ordinaire." (p. 190 & 191)
Daniel est professeur de lettres dans un collège de la Marne. Veuf, il élève ses enfants avec l'aide de la jeune soeur de sa défunte épouse, Laure, grillon du foyer qui donne à ses neveux tout l'amour d'une mère sans attendre de retour, "Laure, notre perle, Laure, notre merle blanc." (p. 48) Daniel est somme toute dans une situation confortable. Mais il fait difficilement la part entre le père et le professeur. Et il sait encore moins bien disposer de la tendresse que tout père doit à ses enfants. Sans cesse, il les catégorise : "Louise est mon sirop, comme Michel est mon vin d'honneur et Bruno mon vinaigre." (p. 55) Incapable de les aimer d'une même affection, il détaille ce qu'il leur porte et tient des comptes farouches, craignant de léser Bruno.
De l'autre côté de la rue, Laure vit chez sa mère, Mamette, vieille femme prompte au jugement cinglant et qui répète à l'envi ce sarcasme pétri de tendresse : "Quand on m'aura attaché la mentonnière, alors seulement mes agneaux, je cesserai de vous servir vos vérités." (p. 316) Et pourtant, de l'au-delà, Mamette saura assener une dernière vérité, encore plus foudroyante parce que déjà connue : "Elle ne m'apprenait rien, la défunte pythonisse. Elle me laissait deux enfants dont je m'étais mal occupé, un troisième dont je m'étais trop occupé. Et Laure sur les bras, à défaut d'avoir pu la pousser dedans." (p. 319)
Homme à qui le veuvage donne la possibilité de prendre femme, notamment pour élever ses enfants et tenir sa maison (nous sommes dans les années 50/60), il tergiverse et ne sait choisir entre la fidèle et patiente Laure et la pétillante Marie, collègue de travail et premier amour éconduit par sa mère. Mais là encore, Daniel est maladroit, pataud dans ses décisions et ses élans de coeur. Finalement, il sacrifie les femmes à ses enfants et avant tout à Bruno, ce fils dont il veut tant gagner l'affection, afin de se l'attacher plus solidement que par le lien du sang. "J'étais moins délivré d'elle [Marie] que de moi, du souci d'être un homme quand l'avenir devenait celui d'un père." (p. 155)
La narration est assurée par Daniel, à la première personne. Mais Daniel, sans cesse dans la contemplation et la rectification de lui-même, parle parfois de lui à la troisième personne, il se sépare d'un M. Astin trop rigide. Daniel est lucide sur ses travers :"J'ai été longtemps, je le crains, un de ces hommes qui économisent leur chaleur, qui vivent ensevelis dans leurs paupières, sans rien connaître d'autrui ni d'eux-mêmes. Ma profession ne m'avait pas appris la perspicacité ; elle m'avait donné l'habitude des règles, elle m'avait rallongé le sang à l'encre rouge. Ma seule chance aura été d'en tenir le goût des scrupules." (p. 20) le récit de Daniel court sur de nombreuses années et l'on fait à ses côtés le chemin d'un homme vers son âge d'or. À mesure qu'il raconte la vie de ses enfants et la sienne, Daniel se dévoile à lui-même, il ose s'avouer ses sentiments et ses rancoeurs, mais toujours à mots couverts. "Abonné à l'embarras, j'y trouve aussi un bon refuge, de bons prétextes pour n'approcher de moi qu'à tâtons." (p. 65)
Le cheminement de ce père putatif est bouleversant. Pour mieux aimer son vilain petit canard, il en délaisse ses propres enfants. Michel réussit de brillantes études qui le mènent vers une carrière glorieuse. Louise, éblouissante à sa manière, goûte au succès. Ces deux-là n'ont plus vraiment besoin de lui. Pour briller, Bruno n'a besoin que de se frotter à son père qui n'a de cesse de faire reluire l'image de ce fils adoré. Conscient de ses erreurs en tant que père, de ses injustices et de ses excès, Daniel tente des efforts qui ne sont que futiles. Il entoure Bruno d'un amour asphyxiant et dont lui-même étouffe. Une simple vérité pourtant suffirait à l'apaiser : "nul n'est vraiment père que son fils n'a reconnu pour tel." (p. 289) Bruno le reconnaît comme tel. Et pourtant Daniel craint et souffre d'être abandonné quand Bruno, enfin adulte, s'éprend et épouse la douce Odile. Il faudra finalement que Daniel se décide à reprendre sa vie là où il l'avait laissée, qu'il cesse de vouloir accompagner Bruno dans chacun de ses gestes, qu'enfin il libère l'oisillon qu'il avait recueilli.
Quel texte ! L'écriture est puissante, travaillée et propre à susciter l'émotion. La plume d'Hervé Bazin mérite la voix haute, l'articulation sonore pour que claquent les suites de mots et enchaînements superbes que l'auteur sait créer. Bazin est un habile peintre de la nature humaine. le portrait de Laure, vieille fille de 35 ans, patiente, discrète, toute dévouée à son beau-frère et à ses neveux, est achevé dans les moindres détails. Il est impossible de ne pas s'attacher à ce père trop maladroit, trop aimant, trop inquiet. Jamais aigri contre son épouse décédée, il fait de Bruno l'ultime cadeau qu'elle lui aurait laissé. Daniel transcende la fonction de père : pélican moderne, il s'arrache le coeur pour le donner à ce fils qu'il n'aimera jamais assez.

Lien : http://lililectrice.canalblo..
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Lune93
  19 novembre 2018
Daniel est veuf et il est le père de trois enfants. Il est aidé par l'assistance de sa belle soeur, Laure, et de Mamette sa belle-mère. Il éprouve des difficultés avec Bruno, le cadet, qu'il soupçonne de ne pas être son fils biologique. Cette histoire narre la relation qui va s'instaurer entre eux au fil du temps et l'énergie que va dépenser le père pour ne pas agir différemment avec Bruno jusqu'à l'aimer vraiment plus que les autres et à en faire son protégé. Par la suite, on sait s'il est vraiment son fils ou pas.
Mon avis :
J'ai intégré cette histoire au milieu du livre, j'ai trouvé les 200 premières pages avec trop de descriptions familiales un peu superflues. Puis, j'entame ce qui m'intéresse, qui d'ailleurs est le sujet du livre, la relation entre Daniel, le père et Bruno, le fils cadet. Le papa m'a agacé car il me semble manquer de puissance, d'autorité pour ne pas se confronter à ce fils différent de son frère et de sa soeur. Ce livre ne me marquera pas.
Lu en octobre 2018 - Livre de Poche.
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coca
  30 mars 2013
Daniel sait qu'il doit faire face à ses responsabilités de veuf et père de trois enfants. Entre l'autorité et le laissez-faire, c'est difficile de trancher.
C'est un être plutôt timoré, qui n'ose pas s'affirmer. Pour ne pas aller contre l'avis de ses enfants, il renonce ainsi à une union, se sent presque coupable de l'avoir envisagée.
Histoire très réaliste sur les problèmes familiaux.
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nagwen
  31 juillet 2009
Un roman tendre qui parle de l'amour difficile puis inconditionnel d'un père pour l'enfant qui n'est pas biologiquement le sien. Dans ce roman, Hervé Bazin nous parle de la difficulté d'être père, d'autant plus que le personnage principal est veuf et élève ses 3 enfants avec l'aide de sa belle soeur, Laure, entièrement dévouée à ses neveux. Comme toujours, j'apprécie la douceur, la justesse des émotions chez Hervé Bazin. Dommage qu'il ne soit pas davantage lu car ses romans sont vraiment d'actualité!
Lien : http://lecturesnag.blog.free..
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
cocacoca   30 mars 2013
Je pensais : " On ne choisit rien ni personne. On refuse ou on accepte : choix mineur. " Je ne pouvais pas le dire. Il est vrai qu'on ne choisit pas ses parents, qu'on choisit à peine sa femme - offerte par une rencontre -, qu'on choisit rarement ses enfants - la plupart nés d'une précaution mal prise - et encore moins de les faire tels qu'ils sont ; c'est même ce qui rend si compliqués, si bêtes, les problèmes de la famille.
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babounettebabounette   30 juillet 2009
Il est significatif que le statut de la femme demeure à peu près inchangé là où les religions sont encore très puissantes. Partout ailleurs, il est remis en question. »
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LiliGalipetteLiliGalipette   28 mars 2011
"J'ai été longtemps, je le crains, un de ces hommes qui économisent leur chaleur, qui vivent ensevelis dans leurs paupières, sans rien connaître d'autrui ni d'eux-mêmes. Ma profession ne m'avait pas appris la perspicacité ; elle m'avait donné l'habitude des règles, elle m'avait rallongé le sang à l'encre rouge. Ma seule chance aura été d'en tenir le goût des scrupules." (p. 20)
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LiliGalipetteLiliGalipette   28 mars 2011
"Elle ne m'apprenait rien, la défunte pythonisse. Elle me laissait deux enfants dont je m'étais mal occupé, un troisième dont je m'étais trop occupé. Et Laure sur les bras, à défaut d'avoir pu la pousser dedans." (p. 319)

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Lune93Lune93   19 novembre 2018
Page 103 :
M. Astin. Triait aussi. Comme il commençait à avoir des ennuis avec sa ceinture, il ressuscitait un aphorisme cher à sa mère : quand vient l'heure de s'habiller plus large, il nous reste à penser moins étroit.
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