AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2253003549
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1975)

Note moyenne : 3.26/5 (sur 68 notes)
Résumé :
Une éruption volcanique projette une petite communauté insulaire, sans transition, du Moyen Age en plein XXe siècle, de la vie la plus rude aux facilités de la société de consommation. Ces hommes et ces femmes regardent le progrès et ce qui en résulte avec les yeux d'habitants d'une autre planète. Deux ans... Et ils n'ont de cesse de retrouver leur île désolée. Ce n'est pas une fiction sociologique mais une histoire vraie qui, en 1963, a passionné les sociologues. N... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Apoapo
  29 avril 2019
[Lecture induite par la note de Kabuto, que je remercie vivement]
En 1961, les quelque 300 habitants de l'île Tristan da Cunha, dite La Désolation pour ses conditions météorologiques extrêmes, ses maigres ressources hormis les langoustes et son isolement géographique inégalé, l'abandonnèrent à cause d'une éruption volcanique et rejoignirent la métropole britannique, où ils furent accueillis avec une ferveur médiatique et une générosité inhabituelles. Logés, assurés d'un emploi, d'instruction pour les enfants, de prise en charge sanitaire, paraissant s'intégrer à un mode de vie qui semblait constituer la modernisation du leur d'un siècle et demi, ils décidèrent pourtant presque unanimement de regagner leur île deux ans plus tard, une fois le danger passé, malgré le désarroi des Britanniques qui eurent tôt fait de lire dans cette décision à la fois de l'ingratitude et une critique portée à leur modèle social. La question qui inspire le livre, dans ces années de boom économique, et qui reste d'actualité est : pourquoi ? En France, lors de sa rédaction, Mai 68 vient de s'écouler, et pourtant le fait divers ne semble pas avoir été aperçu.
Hervé Bazin choisit de le traiter d'une manière originale : il écrit indiscutablement un roman, non un reportage ; ses chapitres le scandent de manière strictement chronologique : « Tristan l'ancien », « L'exil », « L'essai », « Le choix », « Le retour », « L'épreuve », « La reprise », « Tristan le nouveau » ; cependant la documentation est typiquement journalistique, riche en détails événementiels, pauvre en rebondissements et construction romanesque, surabondante en personnages nommé mais non analysés, qui sont même difficilement reconnaissables car les décrire eût été faire oeuvre de fiction. La trame est secondaire vis-à-vis de ladite question omniprésente, qui se décline dans l'attachement pour la vie ancienne, l'inadaptation à la vie anglaise, les difficultés du retour et l'évolution de la vie nouvelle influencée par l'expérience migratoire et le remplacement générationnel.
Dans un certain nombre de critiques que j'ai lues, on a noté que les Tristans ne se seraient pas habitués à la modernité. Influencé sans doute par mes lectures récentes, je suis totalement en désaccord. Il me semble au contraire que la modernité ne pose pas problème, et que la réponse à la question posée est bien plus subtile, et totalement « gorzienne » : les Tristans sont aliénés par leur vie en Angleterre, à la fois à cause de la « charité » reçue et surtout du travail servile auquel il sont assujettis, un travail « hétéronome » et disqualifié, absolument l'opposé de leurs activités « autonomes », fortement qualifiées pour la survie dans un environnement aussi hostile que le leur ancestral, et nécessitant une solidarité que ne peuvent garantir que l'égalité et la frugalité les plus poussées. Inversement, l'inégalité sociale, le gaspillage, la concurrence, bref tous les éléments constitutifs du capitalisme qu'ils découvrent en Angleterre, en même temps que l'absence de bonheur et un certain nombre de maladies, et non la modernité, les en dégoûtent et rebutent. Cette explication justifie aussi que les défections, c'est-à-dire les Tristans qui resteront en Angleterre, se comptent parmi les jeunes femmes, au nombre de quatre, qui trouvent des époux locaux, étant celles dont le destin – le mariage et l'enfantement – est le moins susceptible d'être « aliénant », alors qu'aucun jeune homme insulaire ne parvient à se faire accompagner d'une fiancée britannique. Il n'est donc pas question d'inadaptation à la modernité, de refus du changement, ni de la technique, comme le démontrent les derniers chapitres et tel que le souligne le dialogue – de sourds – avec le journaliste anglais, Hugh Folkes, qui a suivi la communauté dès son arrivée en Angleterre et jusqu'à sa réinstallation à Tristan, mais dont la compréhension semble toujours être « décalée » donc défectueuse.
J'ai eu un peu de mal à « entrer » dans le style du livre, seule marque littéraire qui, peut-être justement pour être la seule, m'a semblé parfois exagérément et inutilement travaillée, tantôt allusive tantôt opulente dans les descriptions des lieux, peut-être simplement démodée. Puis j'ai été captivé de façon croissante au fil des pages, ce qui peut signifier éventuellement la simple habitude à la prose.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Nomic
  25 mai 2019
Roman inspirée d'une histoire authentique. La petite île volcanique de Tristan est l'une des terres les plus isolées du monde. Au début des années soixante, environ deux cent habitants y vivent dans un isolement uniquement brisé par la venue d'un bateau tous les deux ou trois mois. Et voilà qu'un beau jour, le volcan décide de se réveiller. Après avoir pas mal rechignés, les locaux acceptent l'évacuation et se retrouvent à vivre deux ans en Angleterre, Tristan étant un territoire britannique. Là, ils se prennent de plein fouet l'assommante modernité du vingtième siècle. Une chance pour eux, croit l'Angleterre. Les insulaires ne sont pas du même avis. Habitués à la nature, à la mer, au calme, mais surtout à jouir de leur indépendance, à être leurs propres patrons, à construire leurs propres maisons et suivre leurs propres horaires, les contraintes de la modernité que tente de compenser un consumérisme frénétique les laissent froids. Et à quelques exceptions prêt, ils retourneront sur leur île.
C'est à peu près l'histoire réelle et le synopsis que l'on trouve au dos du roman, et Hervé Bazin le suit très scrupuleusement. Ainsi Les bienheureux de la désolation ne réserve pas vraiment de surprise, tout y est connu d'avance. le récit ne manque pas d'intérêt, cependant. Comme l'auteur s'attache avant tout à suivre une communauté, les personnages sont peu développés : ils ne servent qu'à représenter l'ensemble de la population de l'île. Ça leur donne un côté jetable, il n'y a personne qui soit particulièrement bien défini ou attachant. le contraste entre la vie sur la petite l'île, Tristan, et celle sur la grande île, l'Angleterre, est exactement comme on peut se l'imaginer. Les insulaires restent attachés à leur indépendance, préférant braver une tempête en barque et ne quasiment rien gagner plutôt que de passer leurs journées à laver des voitures pour un salaire quatre fois plus élevé, préférant leur économie du partage et de l'échange plutôt que celle de l'accumulation et de la subordination. L'auteur leur prête régulièrement des petites phrases piquantes, pleine d'une justesse naïve, où leur instinct les fait critiquer le nouveau monde qu'il découvrent.
Mais le roman est le plus intéressant quand il devient nuancé. Ainsi, si la plupart des insulaires retournent sur leur île, certains se laissent dévorer par la modernité. Habitués à n'avoir qu'une ou deux dizaines d'amoureux potentiels, les voilà qui en ont des millions. Il y a l'eau chaude, les supermarchés, la musique et la danse moderne. Et, mieux encore, il y a l'éducation. Ainsi, même quand rentrent ceux qui en ont la force, ils rentrent changés. Ils ramènent avec eux un désir de technique, l'envie d'avoir routes, voitures, port, bloc opératoire... La petite utopie qui est esquissée, celle d'un idéal de vie simple en communauté, ne peut pas vivre séparément du monde moderne. Elle doit lui emprunter certaines choses, et en repousser activement d'autres. Elle veut son indépendance, mais dépend de l'extérieur pour tous les objets manufacturés, l'éducation, la culture... Et le serpent se mord la queue : il profitent des avantages de la modernité sans en assumer les inconvénients, qu'ils laissent volontiers aux continentaux. On les comprend. Et, faute d'une économie de l'abondance, on voit mal le modèle de l'île Tristan se développer ailleurs, à plus grande échelle.
"Étrange histoire! dit Hugh.Vous vous êtes retirés hors du monde, mais dépendant de lui, pour ce que vous en recevez. Vous vivez dans l'air pur, le calme, la liberté, à condition que d'autres, qui fabriquent vos moteurs, s'enfument dans leurs usines. Toute légende à ses limites et la votre a reçu un coup de pouce. "

Lien : http://lespagesdenomic.blogs..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Julie87
  27 juillet 2009
C'est une grosse déception! Après avoir lu et apprécié "Vipère au poing" je ne m'attendais pas à quelque chose d'aussi plat de cet auteur.
Tout d'abord, j'ai trouvé qu'il y avait trop de personnages. On s'y perd, on les confond.
Ensuite, aucun de ces personnages n'est décrit. On ne peut pas s'y attacher. Leurs sentiments sont très peu décrits, leur psychologie n'est pas du tout développée (d'où le fait de ne pas différencier les différentes personnes, ils sont simplement cités). J'aurais aimé connaître leur ressenti par rapport au fait de tout quitter pour fuir, de devoir s'adapter à la modernité. J'aurais aimé que l'auteur s'attarde un peu plus à ce niveau.
De plus, on peut dire qu'on assiste à une succession de faits sans pouvoir se sentir concerné car l'auteur ne fait que les survoler. On a l'impression que l'histoire est bâclée, de lire plusieurs fois la même chose. En résumé, c'est mou! J'ai l'impression que l'auteur a pris un article de journal et a essayé de le romancer.
Enfin, si on s'ennuie, il est probable que ça soit à cause du peu de dialogues. Cela aurait donné plus de rythme et aurait rendu le roman plus agréable à lire.
Vous l'aurez compris, je n'ai pas aimé et je ne le conseille pas du tout. Il est rare que je descende un bouquin à ce point mais je m'attendais à beaucoup mieux!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
lecassin
  07 décembre 2011
"Les bienheureux de le désolation", roman d'Hervé bazin est basé sur une histoire vraie : en 1961, les habitants d'une petite île, perdue dans l'atlantique sud, Tristan da Cunha, surnommée l'île de la désolation, sont évacués en Angleterre suite à une éruption volcanique. Ils y sont accueillis avec une très grande générosité, s'intègrent assez bien, découvrent la civilisation "moderne"... et décident, deux ou trois ans plus tard, de retourner sur leur île...
On ne lit peut-être plus assez Hervé Bazin. Remarquable auteur. Et pas seulement pour "Vipère au poing".
Commenter  J’apprécie          50
Kabuto
  29 mars 2019
Tristan da Cunha est une île britannique perdue dans l'atlantique sud. Souvent considérée comme le territoire le plus inaccessible du monde, elle se situe à 2790 km du Cap, à 3222 km du brésil et sa plus proche voisine est Sainte-Hélène à 2420 km ! Pour y accéder, il vous faudra au mieux sept jours de mer depuis l'Afrique du sud. Ce petit bout de terre est pourtant habité depuis le début du 19e siècle. Sa population s'élève actuellement à 270 personnes. En 1961, une éruption volcanique contraint les habitants à rejoindre l'Angleterre et c'est alors un choc culturel entre ses Insulaires vivants dans un dénuement presque total et la société de consommation des trente glorieuses. Hervé Bazin décrit la vie sur Tristan avant la catastrophe et la difficile adaptation des Tristanais au monde moderne. Ils décideront d'ailleurs de repartir sur leur rocher isolé après quelques années et une fois le volcan assoupi. Comment comprendre une telle décision ? C'est ce choix que l'auteur essaie de comprendre et d'expliquer. Un récit très bien documenté qui analyse avec beaucoup de finesse la raison qui a poussé ces bienheureux à choisir l'isolement et le dénuement au confort douillet du monde moderne. Passionnant et très bien écrit.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
lecassinlecassin   13 janvier 2017
Le bonheur dans le dénuement, c'est une réussite ; c'est aussi une leçon vite tournée en scandale par ceux qu'humilie secrètement l'esclavage de leurs besoins.
Commenter  J’apprécie          120
lecassinlecassin   07 décembre 2011
Quand l'ampoule succède à la lampe à huile, le tracteur au bœuf, il s'agit d'un nouveau nécessaire, qui surclasse l'ancien, hors d'époque. Mais le vison, le diamant, le caviar seront toujours superflus.
Commenter  J’apprécie          50
Julie87Julie87   20 juillet 2009
Le paradis après tout, c'est ce qu'on estime tel, même s'il représente le purgatoire d'autrui.
Commenter  J’apprécie          100
ApoapoApoapo   29 avril 2019
« - [… Hugh Folkes dit :] Qu'est-ce que le nécessaire, sinon le superflu d'hier ?
- Ça non ! dit Joss. Quand l'ampoule succède à la lampe à huile, le tracteur au bœuf, il s'agit d'un nouveau nécessaire, qui surclasse l'ancien, hors d'époque. Mais le vison, le diamant, le caviar seront toujours superflus.
- Et puis il y a le superflu provisoire, dit Simon. Je veux dire : ce nécessaire qui ne peut pas être accordé à tous et dont nul ne saurait jouir seul, sans privilège, donc sans injustice. » (p. 237-238)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
ApoapoApoapo   29 avril 2019
« - Comment vous dire ? Si vous n'étiez plus ni journaliste, ni anglais, ni rien de ce que vous êtes, seriez-vous à l'aise ? Je ne suis plus ce que je suis, voilà. Je veux retrouver la vie pour laquelle je suis né. Une vie où ce que je sais fait de moi un homme qui compte, au lieu d'un sous-fifre chez vous.
- Redevenir le même, en somme.
- Le même, dit Simon, s'immobilisant soudain... Oui et non. Une rivière ne change pas de lit, mais elle change d'eau. » (p. 152)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Hervé Bazin (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hervé Bazin
Vidéo de Hervé Bazin
autres livres classés : Éruptions volcaniquesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Hervé Bazin

Né à Angers en ...

1901
1911
1921
1931

12 questions
41 lecteurs ont répondu
Thème : Hervé BazinCréer un quiz sur ce livre