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ISBN : 2253007145
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1979)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 174 notes)
Résumé :
"La Fouve" , depuis un demi-siècle, c'est une maison de femmes où Isa, âgée de dix-huit ans, a toujours vécu heureuse et libre. Le remariage de sa mère va provoquer bien des drames.
Dans ce roman amer et puissant, Hervé Bazin loue le courage féminin et décrit avec une grande poésie le charme de la vie à la campagne.

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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
  03 décembre 2011
« La Fouve », depuis cinquante ans, c'est la maison des femmes. Elles y vivent à quatre : Isa, une jeune fille de dix-huit ans (la narratrice), Isabelle, sa mère divorcée, Berthe, sa soeur cadette et demeurée, Nathalie, la gouvernante.
Le remariage d'Isabelle va jeter trouble et confusion dans ce gynécée… Alors qu'Isabelle tombe gravement malade. Maurice, trop jeune époux rendu au célibat devient comme par inadvertance l'amant de sa jeune belle-fille …
Deuxième opus d'Hervé Bazin qui « sent vraiment la feuille morte après la pluie » après « L'huile sur le feu », « Qui j'ose aimer » est un texte amer et puissant ; une belle histoire d'amour qui montre une famille dans la tourmente sur fonds de réprobation sociale.
Hervé Bazin, écrivain de la famille, fait preuve, dans cet ouvrage, une grande habilité à décrire la psychologie des personnages, sans jamais juger, avec beaucoup de douceur et de justesse dans un cadre campagnard magistralement dépeint.
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Lison50
  04 juin 2019
Hervé Bazin ne s'inspire pas de sa vie dans ce roman : il se glisse dans la peau d'Isa, jeune fille de 18 ans dont la vie va basculer à la suite du remariage de sa mère divorcée.
Voilà un très beau roman sur un moment de vie de 4 femmes, demeurant dans une vieille propriété de la campagne nantaise dans laquelle les hommes ne font pas long feu, sur fond d'exclusion sociale, les femmes divorcées et surtout remariées étant réprouvées par la population rurale catholique des années 50.
Le récit est parfaitement maîtrisé, les dialogues brillants et l'étude psychologique des personnages très fine avec en tête celui de Nathalie, la domestique bigouden à personnalité hors norme.
Et que dire de l'écriture ! C'est du grand art : chaque phrase est ciselée, chaque passage est un exercice de style. Qui m'aurait dit qu'un jour, je me délecterais à la description d'un papier peint ? Écriture exigeante aussi, pas question de survoler le texte selon ma détestable habitude, au risque de ne pas tout comprendre. Ce style virtuose permet d'ailleurs toutes les audaces à l'écrivain, il peut se glisser dans les alcôves ou sous les jupes des filles non seulement sans vulgarité mais avec la plus grande élégance, incursions utiles au récit et sans la moindre gratuité cela va sans dire.
Le texte réussit l'exploit d'être à la fois empreint d'une grande poésie notamment dans les descriptions de la nature et d'une grande précision, d'un grand réalisme.
Hervé Bazin fait partie de ces auteurs un peu oubliés et vous aurez compris que je le regrette. Nombre de ses ouvrages ne sont pas réédités. D'ailleurs, s'il n'avait pas écrit Vipère au poing, qui se souviendrait de lui ?
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luis1952
  13 septembre 2012
J'avais d'abord lu, Vipère au poing, du même auteur. Je préfère ce roman-ci.
L'histoire d'une famille,habitant une vieille maison du côté de Nantes. Quatre personnages: une mère malade, ses deux filles et une bonne.Tout se passe très bien entre ses femmes jusqu'au jour où la mère annonce qu'elle s'est mariée dans le village d'à côté à la grande stupéfaction de tous. Un homme dans la maison, un mari pour l'une , un beau-père pour des autres et nous voilà partis pour un très bon roman où tout est si bien décrits, les lieux comme les personnages.
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brigittelascombe
  22 novembre 2011
"Se remarier? fait Berthe, incrédule et bonasse".
Berthe,la cadette et Isa, sa soeur, rousse de rousse,"un peu de muscle et de la caboche" n'en reviennent pas, leur mère fraichement divorcée leur présente Maurice, son deuxième mari.
"Bonjour Monsieur".
A la Fouve, aux alentours de Nantes, on vit en symbiose et les intrus sont malvenus.
Nathalie,la servante met son grain de sel partout, car il ne faut pas lui en conter.
"Toi mon petit bonhomme".
La mère malade, Isa devient la secrétaire très particulière de Maître Maurice Méliset, avocat.
"Je ne t'embrasse pas chérie,on nous regarde."
S'en suit une passion torride; doux fantasme un brin incestueux, brûlant de culpabilité et crépitant de mensonges entre une jeune fille et son beau-père.
"Nathalie ferait un scandale"
"Non, je ne peux pas te laisser dans cette glu".
L'amour survivra-t-il à la mort de la femme trahie?
Un registre émotionnel riche, une belle peinture de moeurs et un effet théatral dans lequel le trio amoureux donne de la force au drame sous-jacent.
Intéressant car toujours d'actualité: qu'est-ce que le bonheur? L'innocence?La manipulation?La fusion familiale? Comment trouver son individualité?
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tomsoyer
  22 août 2019
Un livre lu pour un challenge
Bazin cela dit quelque chose à ma génération.
Les années passent mais l'histoire est toujours d actualité.
Un homme , une femme , une enfant qui grandit
Un moment sympa , le style un peu désuet.
De très jolis paysages adoucissent la dureté de ce milieu familiale.
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
claudine42claudine42   17 septembre 2014
Bons voeux de vos petites filles qui pensent à vous

En fait, nous croquions ses dattes; nous gardions sa boite, propice aux élévages d'araignées; et nous ne pensions plus à lui. Son absence ne me gênait guère. je n'enviais pas les familles complètes de mes camarades, chamaillées par des potentats en veston. Le matriarcat de la Fouve, cet univers de nonettes mâtinées d'amazone, me semblait une oasis. Vite avertie, comme toutes les petites villageoises, je n'étais pas loin de mettre dans le même sac l'homme, le matou, le père lapin, le coq qui ne pond pas, le bourdon d'abeille qui ne fait pas de miel, le taureau qui ne donne pas de lait. Personnages épisodiques que tout cela ! un peu inutiles.
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luis1952luis1952   12 septembre 2012
Trop fraiche pour plonger, cette eau ni courante ni dormante , mais comment faire autrement. Allons ! Le pull me jaillit des bras, ma jupe glissa, aussitôt rejointe pas ce soutient-gorges, qui, du reste, n'avais jamais eu l'occasion de soutenir grand-chose, depuis que devenu trop petit pour maman, il avait repris du service en devenant trop grand pour moi. Frisonnante et les paumes sur les seins, j'enlevai pieds nus ma très blanche culotte. "Et tes cheveux ?" protesta ma soeur dans mon dos. Tant pis, ma culotte venait de tomber. Nathalie commençait à vociférer :"Toute nue, si tu n'as pas honte à dix-huit ans !"
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luis1952luis1952   13 septembre 2012
L'interrupteur se trouva sous mes doigts, mais je n'allumai pas. Je l'ai déja dit : j'aime rôder la nuit, furtive et tatant les murs. Une fois de plus, mes pieds nus, aussi sûrs que des mains, reconnurent les éraflures du lino, l'arête usée de la palière.Puis, je me laissai filer, en liquette, sur la rampe jusqu'à la boule de cristal du rez-de-chaussée dont la fraîcheur vint se bloquer entre mes seins. Enfin je cherchai du bout du gros orteil un passage qui menait vers la cuisine.
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brigittelascombebrigittelascombe   22 novembre 2011
J'aime me croire entière et logique;je déteste me souvenir de ces eaux troubles,de ces remous qui ont empêché un moment ma vie de couler tout droit.Je sais qu'il me reste un recours:celui de l'anguille qui s'envase sous la crue et sait attendre la fin de l'hiver pour sortir des fonds.
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lecassinlecassin   12 janvier 2017
La réprobation faisait partie du programme et je n'y rechignai pas ; on doit le même outrage aux filles sans pudeur qu’aux hommes sans courage.
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