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EAN : 9782253007142
315 pages
Le Livre de Poche (01/01/1979)
3.55/5   225 notes
Résumé :
"La Fouve" , depuis un demi-siècle, c'est une maison de femmes où Isa, âgée de dix-huit ans, a toujours vécu heureuse et libre. Le remariage de sa mère va provoquer bien des drames.
Dans ce roman amer et puissant, Hervé Bazin loue le courage féminin et décrit avec une grande poésie le charme de la vie à la campagne.

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Une histoire de femme, sur fond d'amour et de culpabilité.
Isa a dix-huit ans quand sa mère se remarie avec un homme plus jeune qu'elle. Isa n'a aucune envie de voir cet intrus s'immiscer dans leur vie qui s'écoule dans la propriété familiale, entre sa mère et elle. Elle s'insurge mais l'amour naît entre Maurice et elle.
Le personnage d'Isa, est très approfondi et le style correspond à ce que pourrait écrire une toute jeune fille. L'histoire reste contemporaine.
Un livre un peu oublié et c'est dommage.
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« La Fouve », depuis cinquante ans, c'est la maison des femmes. Elles y vivent à quatre : Isa, une jeune fille de dix-huit ans (la narratrice), Isabelle, sa mère divorcée, Berthe, sa soeur cadette et demeurée, Nathalie, la gouvernante.
Le remariage d'Isabelle va jeter trouble et confusion dans ce gynécée… Alors qu'Isabelle tombe gravement malade. Maurice, trop jeune époux rendu au célibat devient comme par inadvertance l'amant de sa jeune belle-fille …
Deuxième opus d'Hervé Bazin qui « sent vraiment la feuille morte après la pluie » après « L'huile sur le feu », « Qui j'ose aimer » est un texte amer et puissant ; une belle histoire d'amour qui montre une famille dans la tourmente sur fonds de réprobation sociale.
Hervé Bazin, écrivain de la famille, fait preuve, dans cet ouvrage, une grande habilité à décrire la psychologie des personnages, sans jamais juger, avec beaucoup de douceur et de justesse dans un cadre campagnard magistralement dépeint.
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Garde-toi de la Fouve, l'homme, ce lieu n'est pas pour toi. Ainsi pensent les femmes qui habitent cette maison sans partage, et tant pis si le crépis s'effrite, si les ronces s'étendent, si la mère prend le large, leur indépendance ne sera que meilleure. Un homme parviendra pourtant à passer la porte, amené par la mère qu'il vient d'épouser. Entre Isa, la fille aînée et Nathalie, la servante qui est la véritable maîtresse du lieu et de la famille, la résistance s'organise. Mais l'homme, entré à pas menus, prend peu à peu une place impossible à contenir...
So fifties, très provincial, il y a un ton dans ce huis clos champêtre qui m'a tout de suite happée. On entre d'emblée dans la tête d'Isa, la narratrice, dans ses pensées tumultueuses, sa nature sauvage, ses atermoiements de jeune fille amenée à découvrir brutalement ce qu'est un homme et ce qu'est un corps, le sien et celui de sa mère que la maladie saisit.
La plume de Bazin m'a surprise, plus vive, plus sophistiquée que dans Vipère et poing et le petit cheval, parfaitement adaptée à la psychologie de la situation ainsi qu'à la nature un peu mystérieuse de cette campagne nantaise.
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Ce roman, le 7ème d'Hervé Bazin, renoue avec un thème qu'il affectionne : la province, et bien entendu, la bourgeoisie provinciale qui va avec. Et un autre qui revient souvent également dans son oeuvre : la famille, et plus particulièrement la place des femmes dans la famille. Parfois femmes de pouvoir, parfois condamnées au contraire aux travaux domestiques. Hervé Bazin s'est attaché aussi à définir ou redéfinir le rôle du père et celui de l'époux, ce qui a contribué à faire de lui un romancier de tendance naturaliste, abordant les problèmes de société par leur côté humain.
Le titre « Qui j'ose aimer » est quelque peu accrocheur : on a l'impression que le « je », le narrateur, en l'occurrence la narratrice, s'apprête à faire un inceste, et qu'elle l'assume. Et le roman ne nous donne pas tort :
Nous sommes dans la région nantaise au début des années 50. Isabelle Goudart, dite Belle, divorcée, est la mère d'une autre Isabelle, dite Isa (la narratrice), 18 ans, et de Berthe, plus jeune et un peu simplette ; une gouvernante, Nathalie dite Nat, vient compléter ce quatuor de femmes qui gère le domaine de la Fouve. Les choses se gâtent quand Belle, la mère, se met dans la tête de se marier avec un homme, Maurice Mériset, plus jeune qu'elle, contre l'avis de la communauté. La guerre est déclarée entre Belle et Nat. Isa prend en grippe le nouveau venu. Belle tombe malade, ce qui change un peu les rapports de forces dans la maisonnée. Isa se rapproche de Maurice, et tous les deux nous jouent Phèdre à l'envers : ce n'est pas la belle-mère qui s'amourache du beau-fils, c'est la belle-fille qui s'amourache du beau-père (lequel, en plus, est consentant). Belle meurt. Maurice doit partir. Ce qu'il ne sait pas qu'Isabelle attend un enfant de lui, une fille. Décidément la Fouve restera ce qu'elle a toujours été : une maison de femmes.
Ce qui ressort de ce roman « d'atmosphère », c'est d'abord le portrait – l'autoportrait – d'Isa, une jeune fille de 18 ans. L'auteur a su parfaitement dépeindre les états d'âme de cette « jeune fille en fleur » que dirigent ses sentiments. Et à travers elle, cette société matriarcale où l'homme n'arrive pas à trouver sa place. Il faut bien dire que Maurice n'est pas tout à fait à la hauteur. Son rôle n'est déjà pas très clair, en sa qualité de « pièce rapportée », et surtout il a en face de lui un quarteron, non pas de généraux en retraite, mais de femmes en activité : Belle, la pauvre, lui est à peu près acquise, Berthe, une gamine un peu simplette, ne l'embêtera pas beaucoup, mais les deux autres… Isa après une belle passe d'armes, finira par céder, mais Nat, la gouvernante au chapeau bigouden sur la tête (au fait, où voulez-vous qu'elle le mette ?) est un personnage hors normes. Sous ses allures de Maritorne bougonne et sévère, elle a un coeur d'or, et c'est elle l'âme de la maison.
Portrait de jeune fille, portraits de femmes, dessinés avec sensibilité et tendresse. Et aussi portrait de la province où la nature tient le premier plan. Les personnages évoluent dans un cadre champêtre et poétique que l'auteur restitue avec talent. de la même façon l'arrière-plan social est également mis en lumière : on sent en coulisse les regards en dessous du voisinage, les médisances, voire les calomnies de ces cancanières de village qui réprouvent le divorce, alors pensez le remariage d'une divorcée, et je ne vous parle pas de la naissance d'une petite bâtarde, prénommée Isabelle comme sa mère et sa grand-mère…
Sans être tout à fait un roman de terroir, « Qui j'ose aimer » se rapproche de ces romans balzaciens qui se passent chez ces bourgeois de province, où l'intrigue tout à fait intemporelle s'incruste dans un cadre bien précis, bien dépeint géographiquement, historiquement (la Fouve a une histoire jusque dans ses meubles) et également dans les mentalités.
Une belle réussite de cet auteur, Hervé Bazin, que l'on a tendance à réduire au créateur de Folcoche. Il vaut bien mieux que ça ! Toute son oeuvre littéraire en fait foi. A redécouvrir !

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Hervé Bazin ne s'inspire pas de sa vie dans ce roman : il se glisse dans la peau d'Isa, jeune fille de 18 ans dont la vie va basculer à la suite du remariage de sa mère divorcée.
Voilà un très beau roman sur un moment de vie de 4 femmes, demeurant dans une vieille propriété de la campagne nantaise dans laquelle les hommes ne font pas long feu, sur fond d'exclusion sociale, les femmes divorcées et surtout remariées étant réprouvées par la population rurale catholique des années 50.
Le récit est parfaitement maîtrisé, les dialogues brillants et l'étude psychologique des personnages très fine avec en tête celui de Nathalie, la domestique bigouden à personnalité hors norme.
Et que dire de l'écriture ! C'est du grand art : chaque phrase est ciselée, chaque passage est un exercice de style. Qui m'aurait dit qu'un jour, je me délecterais à la description d'un papier peint ? Écriture exigeante aussi, pas question de survoler le texte selon ma détestable habitude, au risque de ne pas tout comprendre. Ce style virtuose permet d'ailleurs toutes les audaces à l'écrivain, il peut se glisser dans les alcôves ou sous les jupes des filles non seulement sans vulgarité mais avec la plus grande élégance, incursions utiles au récit et sans la moindre gratuité cela va sans dire.
Le texte réussit l'exploit d'être à la fois empreint d'une grande poésie notamment dans les descriptions de la nature et d'une grande précision, d'un grand réalisme.
Hervé Bazin fait partie de ces auteurs un peu oubliés et vous aurez compris que je le regrette. Nombre de ses ouvrages ne sont pas réédités. D'ailleurs, s'il n'avait pas écrit Vipère au poing, qui se souviendrait de lui ?
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Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
Bons voeux de vos petites filles qui pensent à vous

En fait, nous croquions ses dattes; nous gardions sa boite, propice aux élévages d'araignées; et nous ne pensions plus à lui. Son absence ne me gênait guère. je n'enviais pas les familles complètes de mes camarades, chamaillées par des potentats en veston. Le matriarcat de la Fouve, cet univers de nonettes mâtinées d'amazone, me semblait une oasis. Vite avertie, comme toutes les petites villageoises, je n'étais pas loin de mettre dans le même sac l'homme, le matou, le père lapin, le coq qui ne pond pas, le bourdon d'abeille qui ne fait pas de miel, le taureau qui ne donne pas de lait. Personnages épisodiques que tout cela ! un peu inutiles.
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Trop fraiche pour plonger, cette eau ni courante ni dormante , mais comment faire autrement. Allons ! Le pull me jaillit des bras, ma jupe glissa, aussitôt rejointe pas ce soutient-gorges, qui, du reste, n'avais jamais eu l'occasion de soutenir grand-chose, depuis que devenu trop petit pour maman, il avait repris du service en devenant trop grand pour moi. Frisonnante et les paumes sur les seins, j'enlevai pieds nus ma très blanche culotte. "Et tes cheveux ?" protesta ma soeur dans mon dos. Tant pis, ma culotte venait de tomber. Nathalie commençait à vociférer :"Toute nue, si tu n'as pas honte à dix-huit ans !"
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L'interrupteur se trouva sous mes doigts, mais je n'allumai pas. Je l'ai déja dit : j'aime rôder la nuit, furtive et tatant les murs. Une fois de plus, mes pieds nus, aussi sûrs que des mains, reconnurent les éraflures du lino, l'arête usée de la palière.Puis, je me laissai filer, en liquette, sur la rampe jusqu'à la boule de cristal du rez-de-chaussée dont la fraîcheur vint se bloquer entre mes seins. Enfin je cherchai du bout du gros orteil un passage qui menait vers la cuisine.
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J'aime me croire entière et logique;je déteste me souvenir de ces eaux troubles,de ces remous qui ont empêché un moment ma vie de couler tout droit.Je sais qu'il me reste un recours:celui de l'anguille qui s'envase sous la crue et sait attendre la fin de l'hiver pour sortir des fonds.
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La réprobation faisait partie du programme et je n'y rechignai pas ; on doit le même outrage aux filles sans pudeur qu’aux hommes sans courage.
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