AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2258118042
Éditeur : Les Presses De La Cite (05/03/2015)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Après Le Chemin parcouru - Mémoires d'un enfant soldat -, le retour d'Ishmael Beah avec un premier roman saisissant. «J'ai une grande admiration pour le courage sans compromis de ce livre, qui prend tour à tour la forme d'une fable, d'une épopée familiale, d'un poème, et qui ne cherche jamais à éviter l'horreur. Ishmael Beah n'oublie pas non plus que la véritable fonction du conte est d'aller droit au coeur.
A l'instar de Ben Okri et Chinua Achebe, il lève l... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
ManouB
  14 mai 2016
Quelque part en Sierra Leone, la vieille Mama Kadie marche depuis des jours : elle revient dans son village natal d'Imperi, des années après la guerre civile.
Pour sauver sa peau, elle avait fui son village dès le début des émeutes, délaissant les cadavres des siens.
Imperi avait été attaqué sans prévenir. Personne n'ignorait que la guerre civile sévissait à des dizaines de kilomètres de là. Mais tous les anciens pensaient être épargnés.
Le jour de l'opération "Plus rien de vivant" les avait tous surpris dans leurs activités...ni les enfants au bord de la rivière, ni les femmes occupées par leurs tâches ménagères, ni les hommes en train de prier dans la mosquée...rien n'avait pu arrêter le massacre.
Sept après, Mama Kadie arrive dans son village natal dévasté où ne subsistent que des ruines et des ossements. Elle y retrouve deux anciens.
Tout d'abord Pa Moiwa, son ami de toujours. Tous deux, pendant des semaines, vont rassembler les ossements pour donner un semblant de sépulture à ceux qu'ils avaient connu, sans pour autant pouvoir les identifier.
Ils dégagent les gravats qui jonchent le sol et déblaient peu à peu le village, pour lui donner un autre visage, espérant voir les jeunes revenir pour reconstruire.
Il faut bien avancer pour faire son deuil, car personne ne peut passer son temps à ruminer le passé...
Le retour au village de Pa Kainesi marque aussi le retour des jeunes qui arrivent par groupe.
Ils sont devenus des adultes ayant eux même des enfants.
Des réfugiés qui n'ont jamais vécu là, arrivent aussi au village et demandent à s'installer dans une des maisons vides. Ils fuient les atrocités de la guerre et ne veulent plus retourner chez eux. C'est le cas de Sila et de ses enfants qui ont été atrocement mutilés.
Des adolescents arrivent aussi au village par groupe. Un groupe en particulier intrigue les anciens, les ados semblent protégés par un d'entr'eux qui se fait appeler "le Colonel". Parmi eux un ancien enfant-soldat meurtri par les atrocités qu'on l'a obligé à infliger aux autres. On les installe ensemble dans une des maisons inhabitées.
D'autres, comme le fils de Kainesi, reviennent chez eux. Bockarie, heureux de retrouver son père en vie, installe sa famille et cherche aussitôt du travail.
Il va être embauché comme enseignant dans le lycée le plus proche où il se liera d'amitié avec un autre enseignant, Benjamin qui vient de s'installer lui aussi au village avec sa femme et ses deux enfants et qui ne connaît personne. Un jour tous les deux découvrent que le proviseur du lycée est corrompu. Il déclare des dizaines d'enseignants qui n'ont jamais travaillé sur les lieux et récupère leurs salaires...Il peut ainsi se pavaner sur sa belle moto toute neuve ! S'ils parlent, ils seront immédiatement renvoyés.
Comment nourriront-ils alors leur famille ?
Ils sont révoltés mais décident de se taire afin de préserver leur famille mais aussi les enfants non scolarisés qu'ils accueillent aux cours du soir au village et les plus faibles qui ont besoin d'un soutien scolaire. Qu'adviendra-t-il de tous ces enfants si leurs professeurs viennent à être renvoyés ?
D'autant plus que le ministère renforce les inégalités en obligeant les familles à acheter un uniforme et des chaussures en plus des frais de scolarité.
Le temps passe, la vie reprend ses droits et les trois anciens font renaître les esprits des ancêtres. Ils rassemblent, comme avant à la veillée, tous les habitants du village, pour conter des histoires auprès du feu...histoires qu'ils transmettront, l'espèrent-ils à leurs propres enfants. Des histoires pour grandir, pour avoir moins peur (ou pas), pour connaître et comprendre la vie et transmettre les traditions...
Un jour l'équilibre fragile du village vole en éclat : des blancs décident d'exploiter la mine proche. Sous couvert de reprendre un gisement de rutile, c'est les diamants qu'ils recherchent...
Un bar s'ouvre ; de nombreux jeunes et adultes se font embaucher à la mine, blessés ou tués...laissant leur famille dans la misère ; des jeunes filles se font violer ; la rivière, seule source d'eau potable, est polluée par négligence, mettant en danger la population.

L'esprit des anciens les a lâché...
Comment un pays peut-il se reconstruire après la guerre et les massacres ?
Peut-on revivre tous ensemble dans le même village comme si rien ne s'était passé ?
Ce sont les questions que posent Ishmael Beah dans ce roman sensible et réaliste...

Il nous offre un regard lucide sur les méfaits de la période post-guerre quand un pays ne peut plus rien attendre de la communauté internationale et qu'il cherche à s'en sortir seul : la corruption, la pauvreté, l'exploitation du peuple, l'enrichissement des profiteurs (ici les blancs) au détriment de la reconstruction du pays.
Lien : http://www.bulledemanou.com/..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Myrinna
  26 janvier 2018
Ishmael Beah a signé un chef d'oeuvre avec Demain, le soleil. Roman poignant qui vous arrachera parfois une larme ou deux…Malgré les obstacles, le héros se relève et continue d'avancer. Une belle écriture qui nous démontre que demain reviendra avec l'espoir si on garde ses valeurs. Une partie de moi est restée dans ce village d'Imperi.
Commenter  J’apprécie          50
barcelou
  10 juin 2015
Ce livre m'a fait penser à "Il était minuit moins cinq à Bhopal". Ici, en Sierra Léone, le peuple se remet durement de la guerre. Des entreprises s'installent pour extraire le rutile du sous-sol. Ces entreprises ne considèrent pas les habitants d'un petit village anéanti, qui essayent de surmonter leur misère, suite à la guerre qui a tout rasé, tout détruit. Elles ajoutent insalubrités, eaux polluées. Les ouvriers sont de bêtes de somme. Des accidents tuent les chefs de familles, qui se trouvent sans ressources, la misère la plus totale. Et cependant, l'auteur conduit son récit avec un espoir qui ne se dément jamais au fil des pages.
Commenter  J’apprécie          20
tomsoyer
  18 avril 2018
Un roman sur l histoire de la Sierra Leone.
La conquête des blancs la place de la femme l'éducation des enfants la religion beaucoup de thème sont évoqués mais assez rapidement
J'attendais plus de la lecture de ce livre j'ai quand même passé un bon moment
Commenter  J’apprécie          40
zellede
  01 juin 2016
Je n'ai pas lu le premier livre autobiographique de Ishmael BEAH, mais j'ai maintenant une certitude : je dois absolument me le procurer.
Demain le soleil est un livre qui prend place après la guerre en Sierra Leone, dans le petit village d'Impéri.
Loin de nos propres vies, cet ouvrage nous transporte dans un monde qui nous est totalement étranger, loin de notre petit confort et de nos vies matérialistes.
Il n'est question que de se reconstruire, de se relever et d'aller de l'avant dans un pays qui ne semble avoir rien de plus à offrir que ses terres désolées et meurtries.
Pourtant, Ishmael fait le pari audacieux de nous offrir ici une histoire avant tout pleine d'humanité et d'espoir, comme une fable moderne, pourtant ancrée dans les traditions des anciens.
Ce que vivent les protagonistes est à la fois injuste et inimaginable, et pourtant les sourires, les chants et les contes effacent un peu du chagrin et de douleur, comme un baume chaleureux.
Ce livre fait état de la cupidité de l'homme et de sa soif de richesse, de la corruption qui s'est emparée de tous, en commençant par les "hommes blancs" venues piller les terres sacrées, jusqu'aux natifs de la région, désireux de sauver leur peau, au détriment des autres qui furent autrefois les leurs.
La faiblesse de l'homme, sa fragilité, mais surtout sa grande capacité d'adaptation à se raccrocher encore et toujours à ce en quoi il croit... c'est là toute la richesse de ce livre avec ce seul message qui résonne jusqu'aux dernières lignes : quoi qu'il arrive, demain verra toujours naître un nouvel espoir, tant que le soleil se lèvera.
Lien : http://petitsboutsdezelle.fr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
ManouBManouB   14 mai 2016
Âgé d'une quarantaine d'année, Sila portait une ancien sac de riz, qu'il équilibrait sans le moindre effort sur sa tête plate. Celle-ci semblait plus grande que le reste de son corps. Il avait un sourire si large, si éclatant de joie que le soleil se cacha derrière les nuages pour permettre au bonheur de cet homme d'irradier librement. Son expression fit naître des sourires sur le visage des anciens, alors même qu'ils apercevaient, à son approche, qu'il lui manquait la main droite, et tout l'avant-bras même. Hawa, sa fille de neuf ans, n'avait plus de bras gauche. Quant à Maada, son fils de huit ans, il était privé des deux, l'un coupé au-dessus du coude, l'autre en dessous.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
barceloubarcelou   10 juin 2015
Âgé d'une quarantaine d'année, Sila portait une ancien sac de riz, qu'il équilibrait sans le moindre effort sur sa tête plate. Celle-ci semblait plus grande que le reste de son corps. Il avait un sourire si large, si éclatant de joie que le soleil se cacha derrière les nuages pour permettre au bonheur de cet homme d'irradier librement. Son expression fit naître des sourires sur le visages de anciens,alors même qu'ils apercevaient , à son approche, qu'il lui manquait la main droite, et tout l'avant-bras même. Hawa, sa fille de neuf ans, n'avait plus de bras gauche. Quant à Maada, son fils de huit ans, il était privé des deux, l'un coupé au-dessus du coude, l'autre en dessous.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
ManouBManouB   14 mai 2016
Il fallait les observer attentivement pour apercevoir des traces de leur enfance. Ils savaient d'où leurs parents étaient originaires et ils étaient venus ici dans l'espoir d'alléger leurs souffrances et de retrouver de la famille...
Commenter  J’apprécie          30
zelledezellede   01 juin 2016
Nous devons vivre dans le soleil de demain, reprit-elle, ainsi que nos ancêtres l'ont suggéré dans leurs contes. Car demain est plein de promesses, et il nous faut nous raccrocher à cette simple possibilité, à ce bonheur tout juste entrevu. Voilà où nous trouverons notre force. Voilà où nous l'avons toujours trouvée
Commenter  J’apprécie          10
ManouBManouB   14 mai 2016
Les yeux de celui en difficulté voient de l'injustice dans la démarche de l'autre, son rire, mais aussi sa façon de s'asseoir et même de respirer, songea Bockarie. Il fut surpris par cette capacité à exprimer aussi clairement sa pensée et décida de noter certaine de ses réflexions. Il n'avait ni stylo ni papier...
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Ishmael Beah (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ishmael Beah
Ishmael Beah: 2014 National Book Festival
autres livres classés : enfants soldatsVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr