AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782266309820
112 pages
Éditeur : Pocket (05/03/2020)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 4 notes)
Résumé :
« Mère, retourne dans tes appartements, reprends tes travaux [...] discourir est l’affaire des hommes. » Ainsi dans l’Odyssée d’Homère, Télémaque s’adresse-t-il à Pénélope. Révolte adolescente ou misogynie systémique ?
Pour mieux cerner la violence exercée sur les femmes afin de leur intimer le silence, Mary Beard puise dans l’histoire de Méduse, d’Elizabeth Ire ou d’Hillary Clinton. Elle revisite ainsi, avec humour, la question de l’égalité des sexes et expl... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Stelphique
  07 mars 2020
Ce que j'ai ressenti:
▪️L'envie d'en savoir plus sur notre Histoire au féminin…
Dans le cadre des challenges qui fleurissent en ce mois de mars sur Instagram, avec #marsaufeminin et #femmesdelettresalhonneur , et par un heureux hasard, mon hashtag aussi #lireetcelebrerlesfemmes, j'ai pioché cette mini-lecture pour en savoir plus sur cette vague de féminisme, et sans doute être plus attentive à leurs voix, plus compréhensive face à leurs engagements. Mary Beard s'appuie sur des textes antiques, aiguille notre regard sur la peinture et ses plus grands chef-d'oeuvres pour étayer son manifeste: Les femmes et le pouvoir, et on sent qu'elle a à coeur de défendre le droit des femmes. C'est un essai très intéressant qui pousse ma curiosité à en apprendre plus sur la place des femmes dans l'Histoire, et rien que ça, c'est déjà un bel objectif personnel pour les semaines à venir…
▪️Deux grandes lignes sur la scène…
Les deux grands points que Mary Beard abordent sont la voix publique des femmes et leurs pouvoirs. On voit bien que la voix des femmes est particulièrement difficile à faire entendre, et si jamais elles y arrivent, c'est très limité dans leur influence…- ou alors elles sont carrément poussées vers la sortie, comme notre chère Pénélope-. Il en est de même pour leur place dans la sphère politique et sociale tout au long de l'Histoire. Les hommes au cours des siècles, ont tellement empreint de leur autorité virile et leur sexisme ravageur tous les domaines, qu'il est encore aujourd'hui, quasi mission impossible pour les femmes de se sortir de ce silence imposé. Avec des références au travers de tous les arts, nous entrevoyons combien, les femmes, même les plus érudites, ont du mal à avoir accès au plaisir de discourir et celui de prendre des mesures nécessaires pour plus d'équité.
C'est un essai assez bref, dynamique et illustré. Mais c'est surtout un manifeste pour les femmes pour qu'elles aient le droit à la parole, comme tout un chacun. J'ai beaucoup aimé, c'était instructif et aussi révélateur du malaise qui se fait sentir en ce moment même dans notre actualité.
A découvrir et parlez-en!
Lien : https://fairystelphique.word..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
Floyd2408
  05 avril 2020
Ce petit manifeste est la voix sourde de l'histoire tellement masculine, de la femme, souvent interdite à discourir en public, étant l'apanage absurde des hommes. Ce mois de mars passé a mis en lumière la littérature féminine, celle portant leur vision sociétale, celle oeuvrant à un féministe virulent, les autres à une égalité paritaire simple hommes et femmes. Je me souviens de l'auteur de Bande dessiné Pénélope Bagieu parlant de son féministe, « Un mot que je revendique. Quand on le contourne, on nie la dimension d'inégalités entre les hommes et les femmes. » Les femmes et le pouvoir de Mary Beard porte un regard juste sur le rôle des femmes au cours de l'histoire, s'appuyant sur des faits historiques, sur des écrits, des fresques, des images, peintures, le tout illustrant ce livre. Mary Beard est une érudite britannique, professeur de littérature classique, des arts, elle a écrit un Blog journalier Don's Life, elle reçoit en 2016 le prix Princesse des Asturies en sciences sociales, elle ose donner son avis régulièrement, même sur des sujets controversés, lui valant des menaces régulières. Elle écrit un roman historique, SPQR. Histoire de l'ancienne Rome en 2016, un livre d'une érudition dithyrambique à dévorer absolument. Ce manifeste, à l'invitation de la London Review of Books en 2014 et 2017 à donner deux conférences, est cette résultante, et aussi un moyen pour expliquer à sa mère, La femme et le pouvoir au fil de l'histoire.
Mary Beard débute son livre par la tradition littéraire occidentale, avec un extrait de l'Odyssée d'Homère, ce long poème où Télémaque devant un homme somme à sa mère de se taire, démontrant que la voix des femmes n'est pas entendu dans le milieu public, de plus la dialectique insiste sur l'opposition du discours public et da bavardage, l'un masculin est autoritaire, l'autre féminin s'apprêtant au commérage. de cet épisode Homérique, Mary Beard tente de nous expliquer ce processus historique de faire taire la femme dans le milieu public, en illustrant ces propos par des faits telle cette caricature au début de son manifeste de Riana Duncan. Sans parler de misogynie, notre érudite Britannique pose la situation de cette exclusion, citant Aristophane et de sa satire sur les femmes, les Métamorphoses d'Ovide, les femmes réduites au silence, Io comme Écho. Peu de textes donne la voix aux femmes, Mary Beard fouilles et trouve un anthologiste qu'elle nomme « honnête » romain du Ier siècle citant trois femmes ayant eu ce droit, Masesia, traité « d'androgyne », Afrania, on se souvient juste de sa mort en 48, et Hortensia défendant sa famille. Il reste des stigmates de ces préjugés dans le monde actuel et Mary Beard en a subit de sa personne. La voix fluette des femmes est souvent une forme de moquerie, mettant leur discours au second plan, c'est le concept d'Ethos, l'image que l'orateur revoie de lui-même, cette tradition classique du discours, celle de la voix grave de l'homme, comme le roman Henry James, Les Bostoniennes, décrivant cet héritage avec son héros Basil Ransom rendant silencieuse Verena Tarrant. La voix féminine doit rester dans ce confort de sujet exclusivement féminin, éviter de s'aventurer dans les terres conquises masculines comme le sport, avec Jacqui Oatley, première commentatrice d'un match de football en Angleterre, se faisant insultée, recevant en 2016 un diplôme honorifique à titre. Ce quolibet d'insultes sur les réseaux sociaux est commun, venant d'une tradition masculine voulant faire taire les femmes pour les rendre au silence, les injures sont toujours les mêmes, les personnes insultants sont d'horizons diverses, c'est un réflexe pavlovien antique, ce diagnostic de Mary Beard pose le problème pour en chercher le remède. Elle cherche à comprendre le discours et ce ton autoritaire masculin incarné et sa signification pour évoluer naturellement et non le combattre dans un contexte manichéen. Ce termine ce premier discours daté de 2014 sous le titre de la voix public des femmes.
Les femmes et le pouvoir est le titre de ce livre mais aussi de son deuxième discours en 2017, débutant par le livre de Charlotte Perkins Gilman, Herland, une utopie féministe, d'une communauté exclusive de femmes, un eldorado, Candide de Voltaire Pourrait dire , Tout est bien dans le meilleur des mondes, mais ce fissure cet Éden, car ces femmes ne savent pas que leur société est parfaite, l'intrusion des trois hommes troublent leur vision pour admirer ce monde masculin, Mary Beard introduit l'idée savoureuse que l'idée de la pensée de l'échec de ces femmes est une parodie à celle que le pouvoir au féminin entraine le chaos pour en être exclus et donné aux hommes. Ce pouvoir à l'attribut masculin est toujours stéréotypé lorsqu'il est féminin pour déguiser cette femme en homme, par ces tenues vestimentaires, via Hillary Clinton et Angela Merkel, la représentation de l'héroïne Clytemnestre de l'Agamemnon d'Eschyle, utilisant des termes masculins pour la décrire.
La cruauté contre les femmes au pouvoir est vraiment systématique, les caricatures de Méduse, symbole antique de la violence du pouvoir masculin contre celui illégitime des femmes, sont de nos encore une opposition au pouvoir féminin, lors de l'élection américaine, Hilary Clinton s'y trouve caricaturée ouvertement sans que cela gêne outre mesure l'opinion public, Mary Beard parle de banalisation de la violence faite au genre féminin. Il faut recourir à des ruses pour berner ce pouvoir si misogyne, comme Margaret Thatcher avec son sac à main, Theresa May et ses chaussures à talons, ayant cette liberté de s'imposer. le pouvoir est régis par des codes de masculinité profonde depuis l'antiquité, même Margaret Thatcher opta pour un changement de voix plus grave, prenant des cours spéciaux avec un professeur vocal , mais Mary Beard propose un changement du statut du pouvoir, afin que la femme puisse rester elle-même. En utilisant une épanadiplose, Mary Beard conclut son discours avec le roman Herland et de sa suite au contour plutôt moins idéaliste, ces femmes seront domptées dans cet univers masculin.
Dans sa postface Mary Beard insiste sur la disproportion à se tromper pour les femmes vis-à-vis des hommes, elles seront toujours sous le feu d'une critique virulente, voire assassine en citant l'exemple de deux députés anglais, Diane Abbott et Boris Johnson.
Pour conclure ce livre Mary Beard parle de #MeToo, en France dénonce ton porc, l'impact de ce moment sociale pour la libération du droit parole des femmes face aux sévices des hommes, surtout le viol, notre auteure ne peut mesurer l'ampleur et la prise de conscience de l'homme envers les femmes, en se livrant et narrant son viol survenant lors de ces études Italie. Ce changement est net, elle nous parle d'un viol, qu'à l'époque elle ne l'évoqué pas, ne prenant pas la peine de porter plainte contre son agresseur, souhaitant surtout une métamorphose des relations entre hommes et femmes, concluant par cette phrase.
« elle ne demandait pas que ça »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

Citations et extraits (1) Ajouter une citation
StelphiqueStelphique   07 mars 2020
Par définition, dans la plupart des circonstances, une femme parlant en public n'était pas une femme.
Commenter  J’apprécie          90

Videos de Mary Beard (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mary Beard
Le libraire Gérard Collard vous propose son bloc notes culturel. Voici les références des livres présentés :
- Loft de Armelle Carbonel aux éditions Milady
- Les Assassins de R. J. Ellory aux éditions Livre de Poche
- Les Nuits de la Saint-Jean de Viveca Sten aux éditions Livre de Poche
- SPQR Histoire de l?ancienne Rome de Mary Beard aux éditions Perrin
- Je sais pas de Barbara Abel aux éditions Belfond
- Lux de Maud Mayeras aux éditions Anne Carrière
- Cabu s?est échappé ! de Cabu et Bertrand Delanoë (Préface) aux éditions Les Echappés
- Au nom de la Loi : l?intégrale Saison 1 à 3 ? Coffret collector edition limitée 24 DVD
+ Lire la suite
autres livres classés : féminismeVoir plus
Notre sélection Non-fiction Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Devenez très fort en citations latines en 10 questions

Que signifie Vox populi, vox Dei ?

Il y a des embouteillages partout.
Pourquoi ne viendrais-tu pas au cinéma ?
J'ai un compte à la Banque Populaire.
Voix du peuple, voix de Dieu.

10 questions
483 lecteurs ont répondu
Thèmes : latin , Citations latines , antiquitéCréer un quiz sur ce livre