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ISBN : 226407292X
Éditeur : 10-18 (20/06/2019)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Second roman de Paul Beatty, «Tuff» décrit l'itinéraire de Winston « Tuffy » Foshay, jeune Noir de East Harlem, fils d'un ex-Black Panther, armoire à glace de 110 kilos que sa stature voue aux boulots de gros bras dans les sombres affaires de son quartier, qui, après avoir frôlé la mort, décide de changer le cours de se vie et se retrouve candidat aux élections de son district... On retrouve dans ce roman comique, aux dialogues percutants, une réflexion sur la quest... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
jeinus
  29 décembre 2017
À l'instar de Farrugia qui vomissait partout dans "La cité de la peur" lorsqu'il était content, Winston Foshay alias Tuff, a lui une tendance récurrente à s'évanouir dès lors que ça commence à chauffer pour ses 140 kilos de graisse.
Vous me direz peut-être, je préfère tomber dans les vapes que d'être le Vomito de la bande. Soit.
Passons ces considérations, le problème étant que celui que ses acolytes nomment Tuffy, n'est par définition pas un tendre. Oh ce n'est pas un serial killer loin de là, mais il est souvent impliqué de par son physique plus qu'imposant en tant qu'homme de main dans toutes les magouilles de son quartier d'East Harlem. Alors tomber dans les pommes à la moindre montée d'adrénaline ça la fout mal.
À la suite d'un énième évanouissement, celui-ci salvateur, lui permettant de sortir indemne d'une fusillade dévastatrice, Tuffy va se diriger vers une toute autre voie et changer la trajectoire d'une destinée déjà déjantée.
Fils d'un black panther, quoi d'autre que la politique comme terrain de jeu pour celui que tout le monde connait dans son quartier. La démarche est simple. Qui d'autre mieux que moi peux vous comprendre et vous représenter à la Mairie? Je connais beaucoup d'entre vous, j'ai grandi et fait les 400 coups ici, fait les poches à certains certes, mais je me présente devant vous tel que je suis, sans calculs ni baratin politique. Au moins ça a le mérite d'être clair, chose rare dans une campagne électorale.
Dans une verve qui lui est propre, Paul Beatty effectue ici grâce à un style humoristique fortement satirique et bourré de références à la culture américaine, un formidable pied de nez à la fatalité qui semble s'abattre sur cette jeunesse de la rue, faisant croire que la violence tendrait à devenir héréditaire. Et bien non. Paul Beatty casse les codes. le "grand-frère" de Tuff en politique sera un Rabbin noir, sa mécène une activiste politique d'origine japonaise, brisant ce communautarisme qui trop souvent enferme et éloigne les gens les uns des autres.
Kuroyama, la Montagne noire, nom donné à Winston lors d'un meeting qui le verra s'essayer à l'art du Sumo, lui qui entre deux sodas en a tout à fait la carrure, moins musculeux mais tout aussi vaillant, prouvant décidément que les épreuves auxquelles nous sommes confrontés nous poussent à aller au delà de nos prétendues limites. Gambate !
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Corboland78
  14 janvier 2018
Paul Beatty, né en 1962 à Los Angeles, est un écrivain afro-américain. Diplômé d'un Master of Fine Arts du Brooklyn College en écriture créative, il a également obtenu une maîtrise en psychologie à l'université de Boston. Tuff vient tout juste de paraître.
New York, East Harlem. Tuff, nom de rue donné à Winston Foshay, est un jeune Black de 140 kilos utilisant son avantage physique pour jouer les hommes de main. Fils d'un ex-Black Panther, marié avec Yolanda et père d'un bébé, il évolue dans le monde interlope des petites frappes locales avec son pote Fariq, handicapé physique toujours prêt à monter des coups pour se faire de la thune. Un jour, Winston décide de se sortir de cette vie sans avenir, « parce que j'en ai ma claque d'être un de ces nègres pouilleux que Langston Hugues il compare à des « raisins au soleil » dans son poème » et il se présente comme candidat aux élections municipales… !
Avant toute chose, il faut replacer ce roman à sa place dans l'oeuvre de Paul Beatty. Certes il s'agit d'une nouveauté pour nous Français mais en fait, paru en 2000, c'est le second roman de l'écrivain, sur les quatre qu'il a écrits (tous chroniqués ici).
Ces précisions sont importantes car pour moi, même si le roman est bon, ce n'est pas son meilleur. Nous trouvons déjà ici tout ce qui fait le style de l'écrivain, à commencer par sa verve narrative, son écriture poussant le lecteur à tourner les pages plus vite que ne le voudrait la raison, pour autant ce rythme rapide n'atteint pas les pointes de vitesse des romans qui suivront.
Comme d'habitude le scénario est fou-fou voire même carrément foutraque : au fil rouge indiqué précédemment se greffent des digressions parfois sans queue ni tête, où, dans un melting-pot ethnique fait de Blacks, d'Asiatiques, de Chicanos et de Juifs, les institutions, la police, les hommes politiques en prennent pour leur grade, dans un langage que nous qualifierons de « coloré » par pudeur mais pas avare de références cultivées. La critique littéraire emploie parfois le terme de « roman choral », avec Beatty la tendance est plutôt au « roman brouhaha » où tout le monde la ramène à tort et à travers.
J'ai dit que ce bouquin n'était pas son meilleur, il a néanmoins un avantage, étant beaucoup plus facilement abordable que les autres – Paul Beatty fait ses gammes – il pourra faciliter la découverte de l'écrivain par ceux qui ne l'ont pas encore lu ?
Suivez Winston dans son parcours, entre Fariq la voix mauvaise conseillère et Spencer le Rabbin Black son opposé, pour découvrir ce qu'il advient de sa résolution, « oublie pas que je suis juste un jeune négro qu'essaie de rompre le cycle. »
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Ingannmic
  15 octobre 2018
Le roman de Paul Beatty est un portrait haut en couleur de membres de la communauté d'East Harlem, et plus particulièrement celui de Winston Foshay, dit Tuff ou Tuffy.
Avec ses cent quarante kilos, ce grand gaillard d'une petite vingtaine d'années semble condamné aux rôles de gros bras auxquels le cantonnent les dealers et autres gangsters de sa connaissance. Au moment où débute le récit, il vient justement, grâce à un opportun évanouissement, d'échapper à la mort lors d'une fusillade dans un appartement de Brooklyn, où s'effectuait une livraison de drogue. Car malgré sa carrure imposante et son caractère soupe au lait, Winston n'est guère téméraire...
Il traverse par ailleurs une période de questionnement existentiel, tiraillé entre sa volonté de devenir un père et un mari respectable, et le poids d'un héritage familial, culturel et social envers lequel il voudrait ne plus se sentir redevable. Fils d'un ex Black Panther que ses fréquents séjours à l'ombre et son militantisme ont rendu absent -filiation qu'il aimerait bien renier-, et d'une mère qui, désespérée qu'il ne soit pas "comme ces gentils garçons dans le poste" (les Cosby), lui a laissé leur appartement et a mis le plus grand nombre possible de kilomètres entre eux dès son adolescence, il a ensuite été pris sous l'aile d'une nippo-américaine fervente communiste et ex-militante de Malcolm X.
D'avoir échappé de peu à la mort lui fait réaliser ses responsabilités envers Jordy, son garçon de deux ans, et sa femme la pétulante Yolanda, ainsi que la nécessité de trouver sa propre voie... Et il a un projet pour "filer droit". Avec l'aide de Spencer, rabbin noir qui s'est improvisé guide spirituel pour les jeunes des quartiers, il se présente au Conseil Municipal de son quartier...
Voilà pour le synopsis et le contexte, dont on assemble les éléments au fil d'un récit qui peut parfois sembler chaotique dans sa première partie, succession d'épisodes mettant surtout en scène les camarades de Winston traînant dans le quartier, fumant, projetant braquages et magouilles, se colletant avec une police municipale agressive et pathétique. On se familiarise à cette occasion avec son truculent entourage -dont Smush, son meilleur ami infirme et antisémite...- et avec les contradictions de notre héros, capable de la pire des brutalités tout en conservant sa légendaire nonchalance, sarcastique mais incapable de blaguer -car Winston dit toujours la vérité-, cinéphile au savoir encyclopédique...
Et même lorsque l'intrigue précise sa trame, on voit bien qu'elle n'est pour l'auteur qu'un prétexte à développer ses thématiques de prédilection, en déconstruisant les clichés associés aux afro américains et autres communautés des quartiers dits "sensibles". Il se livre ainsi à une satire féroce et souvent burlesque, évoquant les conditionnements que subissent les individus en fonction de l'image que la société leur renvoie et de l'influence du milieu au sein duquel ils évoluent, et la difficulté à s'en détacher.
De Winston et ses pairs, nés trop tard pour exprimer leur révolte en s'engageant dans le mouvement pour les droits civiques, et trop tôt pour profiter d'une société véritablement égalitaire -en espérant qu'elle arrive un jour-, en butte au manque de perspectives et d'opportunités, Paul Beatty nous offre un portrait vivant, attachant et drôle, porté par une langue inventive et gouailleuse. Et si la construction narrative de "Tuff" n'est pas aussi maîtrisée que celle d'un "Moi contre les Etats-Unis d'Amérique", on passe en compagnie de cette bande d'East Harlem un excellent moment !
Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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LadyOsoleil
  17 novembre 2019
Beaucoup de promesses en débutant ce roman, j'ai été un peu déçu.
Je m'attendais à que ça soit plus centré sur l'épopée politique de Tuff, le personnage principal.
Mais en même temps, je suppose que l'objectif était de montrer que le côté absurde de la situation, les interludes en garde à vue, les préparations de cambriolage au Rohypnol, et de temps en temps, la préparation du plus gros projet que de sa vie.
Bref, c'était sympa à lire mais quand même un peu décévant.
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lehibook
  21 mai 2019
Au départ , il n'est pas vraiment sympa Tuff du haut de ses 140 kg d'homme de main ,mais échappant miraculeusement à la mort , il se découvre un désir de rédemption qui le conduira à se présenter aux élections. On pense à Jules de « Pulp Fiction » et ce n'est pas le seul aspect « tarantinien » du livre , y participent aussi les longs dialogues absurdes pimentés de l'argot de Harlem et de la scansion du rap. On peut aussi penser à Chester Hines (celui de « la Reine des pommes » ) pour les entreprises chimériques de la bande de bras cassés qui entoure le héros ,et les péripéties improbables ( Un tournoi de sumo dans les rue de Harlem !).De ce chaos hilarant nourri de références musicales et cinématographiques se dégage aussi un satire acide de la vie américaine structurée par les préjugés raciaux .
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critiques presse (1)
LeMonde   26 février 2018
L’écrivain américain, Man Booker Prize en 2016 pour « Moi contre les Etats-Unis d’Amérique », a le don de mettre au jour les contradictions du monde dans lequel il évolue – et de s’en amuser. « Tuff », extravagant roman de formation, en témoigne.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
LadyOsoleilLadyOsoleil   17 novembre 2019
" Tu te souviens du jour où Raymond Vargas s'est explosé la bouche contre la planche en sautant de ce truc?
- Ouais, il se prenait pour un champion olympique. Les orteils au bout du plongeoir, il expliquait on saut ; "Salto et demi avant dominicain avec vrille je-m'arrache-du-ghetto et plongeon groupé je-pleure-sur-la-plus-haute-marche-du-podium-pendant-l'hymne. Degré de difficulté de la figure : les Blancs pensent que les négros savent pas nager." Et puis, bam, le mec s'est retrouvé K.-O. et sans dents au fond de la piscine. T'étais pas allé le repêcher d'ailleurs?
- Si, ouais, et puis je lui ai recassé la mâchoire le mois suivant quand il m'a dit que je nageais comme une nappe de pétrole. "
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LadyOsoleilLadyOsoleil   17 novembre 2019
- Ton père est une inspiration pour des milliers de gens impliqués dans la lutte.
- Tout ce que je sais, c'est que quand ce négro se mettra à lire, j'aurai du mal à pas m'endormir. Le premier truc qu'il fait, chaque fois, c'est de poser sa montre sur le podium, grave sérieux comme s'il avait des trucs tellement importants à dire.Comme si la révolution, elle allait commencer genre tout de suite et qu'il fallait pas perdre de temps. Sauf qu'après ça, il fait plus du tout gaffe à la montre et il lit pendant trois heures. Les Blancs pourraient tous nous remettre en esclavage que le négro continuerait à lire.
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LadyOsoleilLadyOsoleil   17 novembre 2019
En vrai, mec, quand t'as décidé de commettre un crie, y a deux choses auxquelles t'as déjà réfléchi. Attaque en loucedé ou assaut frontal? [...] Et quand tu colles le canon de ton flingue dans la narine d'une gonze, bien sûr qu'à un moment tu penses : Peut-être que je devrais pas percer une lucarne dans le dôme de ce fils de pute, mais ensuite tu te dis : Oh, et puis merde. Rien que là, tu vois, deux fois ton cerveau il a servi.
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LadyOsoleilLadyOsoleil   17 novembre 2019
- Je crois que la scène au balcon voulait souligner l'impuissance des Juifs. L'Holocauste devait paraître tellement irréel. André Breton a dit un jour que tirer dans la foule était l'acte le plus surréaliste le plus simple.
- Non, c'est l'inverse. Le truc le plus surréaliste, c'est d'être dans une foule et de se faire tirer dessus. Ca, c'est vraiment bizarre.
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LadyOsoleilLadyOsoleil   17 novembre 2019
Boloss, va! Le lard de porc, c'est des morceaux de gras de porc frits dans de la graisse de porc. Comment y peuvent être sans matières grasses alors qu'ils sont faits à 100% de matières grasses? C'est le négros teubés dans ton genre qui font prospérer l'homme blanc.
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Video de Paul Beatty (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Beatty
"Prière pour ceux qui ne sont rien" de Jerry Wilson. Editions su serpent à plumes "La réceptionniste du New-Yorker" de Janet Groth. Editions du Sous-Sol "Sans lendemain" de Jake Hinkson. Editions Gallmeister "Tuff" de Paul Beatty. Editions Cambourakis
Retrouvez toutes les vidéos ici : http://goo.gl/23DkUZ
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