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ISBN : 2874261629
Éditeur : Alice (01/03/2012)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 82 notes)
Résumé :
Des manifestations de liesse populaire ont lieu dans tout le pays : le Parti de la Liberté a gagné les élections...

Mais, très vite, le nouveau pouvoir exclut tous ceux qui s'éloignent un tant soit peu de la norme - les "mal-habillés", les "trop-fonçés", les "pas-assez-valide"...- et instaure des règles de plus en plus contraignantes : une heure de lever obligatoire pour tous, des jours de congés fixes, des choses que l'on ne peut pas dire, faire, man... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
MllePeregrine
08 janvier 2014
"On n'a rien vu venir "est un livre à 7 voix, autrement dit écrit par 7 auteurs différents, chacun prenant la charge d'un chapitre. C'est un livre très déroutant à la portée d'adolescents, qui "parle de ce qui peut arriver si l'on n'y prend garde", pour reprendre Stéphane Hessel dans la préface.
Ce qui peut arriver quand un parti politique trompe ses électeurs et instaure peu à peu une dictature. Plus le droit de s'habiller comme on veut, plus le droit de manger ce que l'on veut, plus le droit de rire, plus le droit de sourire, plus le droit d'être différent, surtout...
Tout cela se passe dans un pays jamais nommé et de ce fait universel, les narrateurs des 7 chapitres sont à chaque fois des adolescents, qu'ils s'appellent Hector, Walid ou Léonie, leur point de vue et leur récit sont à chaque fois marquants.
Je ne connaissais pas ce livre qui m'a gentiment été prêté par une élève du club lecture au collège, mais il m'a marquée.
"Je considère que c'est un livre important, et je vous encourage à le lire", pour reprendre à nouveau S.Hessel.
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LoupAlunettes
19 février 2013
La nouvelle éclate, le « Parti de la Liberté » fait entendre sa victoire dans les rues.
Et pourtant, les rideaux des fenêtres se tirent, des pas se hâtent vers leurs domiciles. Derrière les murs des maisons, bon nombre de personnes accusent le choc de ce qui vient de se déclarer.
On n'a rien vu venir.Et pourtant, les nuanciers recensant chacun sur le critère de sa couleur et accrochés à l'entrée du Ministère des Origines Nationales, catégorisant ainsi la population, on aurait du s'en méfier.
On n'a rien vu venir.
Jour par jour, l'appréhension laisse place à l'inquiétude.
Hector, Walid, sa soeur et d'autres adultes sentent les regards du voisinage se voiler de suspicion, assistent à la division, rencontrent la délation.
Les collèges de la Liberté imposent des couleurs d'uniforme pour les uns et les autres, le Parti interdit certaines musiques, imposent le régime alimentaire adéquat pour tous.
L'handicap de Simon sera entièrement pris en charge désormais par le Ministère de l'Hygiène Physique et Mentale. Il croit à une mauvaise blague de ses parents, de celles qui doivent le tirer du lit et le mettre dans ce fauteuil qu'il exècre . Les imprimés ont l'air authentique cependant. Alors ?
A la peur s'oppose la fuite. La liberté n'a plus le même écho, elle ne chante plus mais crache son air de rassemblement. Une mélodie qui sonne faux pour certains.
La mamie de Mathieu et Léonie, Lisel revoit le passé la rattraper et s'installer.
On n'a rien vu venir mais les gens n'attendront pas de réagir.
: 7 auteures qui prêtent et engagent leur talent sur ce roman sur la Liberté, la vraie, celle qui laisse libre chacun de disposer de lui-même, de se poser les bonnes questions et de faire ses propres choix sans subir l'oppression. Au travers de cette dystopie, pas si éloignée du monde que nous connaissons afin de nous faire réfléchir, ces sept auteures racontent la montée de ce régime totalitaire qui s'impose et qu'aucun ne semblait avoir vu venir en votant pour son "parti de la Liberté". le choix de son nom, symbolique d'une utopie patriotique, est extrêmement ironique à plusieurs titres pour qui saura distinguer.
Afin de nous faire vivre cette aventure étrange et pourtant pas si fictive, les auteures donnent la parole à des personnages différents, des enfants d'origines diverses qui se connaissent, fréquentent les mêmes quartiers et les mêmes écoles, vont être séparés par les évènements et raconter du coup les changements que vont générer ces lois répressives sur leur quotidien en prônant la xénophobie.
Le ton n'est pas dramatique, nul pathos, nous avons la perception d'enfants qui racontent le changement, les amitiés contrariés, les vies compliquées, les faits suffisent d'eux-même pour faire réagir. Ce ton permettra à un lectorat de Pré-ados d'aborder le sujet sans en souffrir de quelques façons que ce soit. L'intention est à la graine de réflexion et le propos est aborder avec maîtrise et tact.
Ce roman sensible et excellent, qui collerait à une certaine forme d'actualité mondiale est à rapprocher du titre incontournable et fort" Il faut Désobéir" de Didier Daeninckx et Pef, pour le devoir de mémoire.
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murielan
09 mai 2013
Lundi 4 juin, le Parti de la Liberté gagne les élections. Dès le lendemain, de nouvelles lois apparaissent, réduisant les libertés individuelles puis, peu à peu, excluant les minorités. A travers le regard d'adolescents de différentes familles, on suit la mise en place de cette dictature mais aussi les débuts de la résistance...
Dans ce texte à 7 voix, on découvre un parti politique extrémiste qui n'a pas dit son nom mais qui se révèle raciste, homophobe et excluant les handicapés. Certains ont voté en connaissance de cause, d'autres non et c'est bien là le propos de ce récit : éveiller les consciences et l'esprit critique des jeunes générations pour ne pas avoir à vivre une telle situation.
Un formidable roman qui se doit d'être lu car il fait réfléchir, pour ne pas dire un jour "On n'a rien vu venir" !
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canel
06 juillet 2012
Et si, du jour au lendemain, on passait d'une démocratie à une dictature ? Cela paraît énorme lorsqu'on lit ce petit livre où tout bascule dans les minutes qui suivent la proclamation du résultat de la présidentielle. Et pourtant, L Histoire et certains pays actuels sont là pour prouver que nul n'est à l'abri. "On n'a rien vu venir", disent certains compatriotes, étonnés, après des résultats d'élections dans notre démocratie. Heum... vraiment ?

Voici donc un très bon petit roman sur le thème, écrit à quatorze mains, pas moins ! Stéphane Hessel en a signé la préface et chacun des sept auteurs a rédigé un petit paragraphe autour de quelques enfants d'une dizaine d'années, concernés de près (étrangers, handicapés, parents homos) ou de loin (amis en péril) par les nouvelles lois d'un régime totalitaire. Trois options pour survivre : collaborer, fuir ou résister...

A faire découvrir dès 10-12 ans lorsque nous parents, éducateurs, avons du mal à exprimer :
- pourquoi voter,
- à quoi risquent de conduire les sympathies pour les partis extrémistes, de quelles façons ceux-ci peuvent menacer dignité et libertés humaines.
En discuter ensuite pour relativiser, car ce court ouvrage, très pédagogique, est quand même un peu caricatural (mais cela simplifie les choses et c'est très bien ainsi).
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c.brijs
29 avril 2012
Dans la préface d'un recueil de témoignages et réflexions sur la lecture (1), les directeurs de l'école des loisirs, Jean Delas et Jean-Louis Fabre, écrivaient ceci:

"Connaissez-vous deux verbes plus proches que lire et élire? Connaissez-vous deux mots plus proches que lecteur et électeur?
C'est souvent en ces temps d'effervescence politique que l'on comprend le mieux le lien vital qui existe entre lecture, éducation, liberté et donc... démocratie."

Ce récit s'inscrit également dans cette philosophie: "De l'enfant lecteur au libre électeur".

Comme l'écrit Stéphane Hessel dans la préface de "On n'a rien vu venir":

"N'attendez pas de devenir des adultes! Aujourd'hui, déjà, vous avez le pouvoir de dire non à ce qui ne vous semble pas juste, de vous indigner face à ce qui vous révolte, de faire preuve d'esprit critique vis-à-vis de ce que vous lisez, de ce que l'on vous donne à regarder à la télévision. (...) Il n'est jamais trop tôt pour s'engager."

La sagesse populaire retient d'ailleurs cette citation célèbre: "Si tu ne t' occupes pas de politique, la politique s' occupe de toi".

Avec des mots simples mais des images fortes, les sept auteurs de ce récit mettent en garde contre les partis qui avancent masqués... Si on n'y prend garde, si on se laisse bercer par des propos démagogiques, populistes, on peut mener démocratiquement au pouvoir un parti qui ne l'est pas!

"Ils promettaient du nouveau, une société en mouvement, ça m'a plu. Si j'avais su..."

Ce texte comporte donc une préface rédigée par Stéphane Hessel, ancien ambassadeur, ancien déporté, ancien combattant de la France libre, écrivain et poète qui a participé à la rédaction de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme; de sept chapitres rédigés par sept auteures de talent: Anne-Gaëlle Balpe, Clémentine Beauvois, Sandrine Beau, Agnès Laroche, Séverine Vidal, Fanny Robin, Annelise Heurtier et d'un épilogue rédigé par Séverine Vidal.

Le changement de plume ne nuit en aucun cas à la fluidité du récit. Les récits s'entremêlent et les personnages sont tous liés. le tout forme donc un ensemble cohérent, agréable à lire.

Les illustrations d'Aurore petit (vous pouvez les découvrir sur le blog de l'illustratrice), en noir et rouge, apportent encore davantage de poids à ce qui est dit.

A l'issue de la lecture de cet ouvrage où chacun se sentira à un moment ou l'autre personnellement concerné, on ne peut que s'interroger sur nos choix et nos non-choix...

Comme le dit Sacha, un des enfants-narrateurs de l'histoire,

"Ca me fait penser à ce qui est écrit dans mon livre d'histoire. Pourtant, le chapitre se finissait par "plus jamais ça". Ca avait l'air si évident."

Et si nous aussi on ne voyait rien venir!

En conclusion:
7 auteures
7 chapitres
7 familles
7 enfants
7 fléaux engendrés par un état totalitaire
qui a volé le mot "Liberté".

Un livre engagé à mettre dans de très nombreuses mains!

(1) Lire est le propre de l'homme - Témoignages et réflexions de cinquante aurteurs de livres pour l'enfance et la jeunesse, école des loisirs, 2011
Lien : http://lacoupeetleslevres.bl..
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Citations & extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
c.brijsc.brijs29 avril 2012
J'ai envie de dire qu'avec le Parti, ça ne va pas s'arranger. Les vieux, ils ne sont pas en odeur de sainteté. Comme les homos, les gros, les roux, les bigleux, les chevelus, les artistes, les écolos et tous les autres qui ont le tort de dépasser un peu. Les handicapés, c'est pire. Il paraît qu'ils les parquent dans des espèces de centres "adaptés à la mesure de leurs capacités". Je pense à Simon Nogent, et mes oreilles bourdonnent. Quand il s'agit de quelqu'un qu'on connaît en vrai, ça prend une tout autre tournure qu'un nom de catégorie sur un papier.
Comment on en est arrivé là? On n'a rien vu venir...
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c.brijsc.brijs29 avril 2012
N'attendez pas de devenir des adultes! Aujourd'hui, déjà, vous avez le pouvoir de dire non à ce qui ne vous semble pas juste, de vous indigner face à ce qui vous révolte, de faire preuve d'esprit critique vis-à-vis de ce que vous lisez, de ce que l'on vous donne à regarder à la télévision. Vous avez un avis. Vous pouvez le partager, avec vos amis, vos parents, vos professeurs. Il est bien sûr souhaitable que lesjeunes apprennent de l'expérience accumulée des vieux, mais les vieux ont aussi beaucoup à recevoir des jeunes. Il n'est jamais trop tôt pour s'engager. Et ce beau roman est une des voies qui vous encourageront à résister et à persévérer. (Préface de Stéphane Hessel)
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canelcanel05 juillet 2012
Les semaines qui ont suivi [l'élection], le Parti a édicté une loi par jour. La première a consisté à dire que cette élection avait été la dernière. Maintenant, l'avis des gens, ils n'en ont plus besoin. Tout est décidé, planifié, ordonné. On a vite compris la vie qui allait avec ce nouvau parti : bien huilée, bien réglée, propre et nette, sans rien qui dépasse. (p.65-66)
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canelcanel05 juillet 2012
Mon père était clown, avant les élections. Mais évidemment, dans la semaine qui a suivi, il s'est retrouvé au chômage. Supprimés, les cirques, fermés les théâtres, dissoutes, les compagnies et les troupes. Aujourd'hui, il faut être productif. Et produire du rire ou du plaisir, ça ne sert à rien. Point. (p.44)
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canelcanel05 juillet 2012
Que feriez -vous si un de vos amis devait quitter le pays à cause de sa couleur de peau ? Que diriez-vous si vos parents choisissaient eux-mêmes les copains avec qui vous pouvez parler ? Que penseriez-vous si une discipline radicale était instaurée à l'école ? C'est de ça que parle 'On n'a rien vu venir', de ce qui peut arriver si l'on n'y prend garde. (p.5-préface)
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