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EAN : 9782874261626
112 pages
Alice (01/03/2012)
4.16/5   140 notes
Résumé :
Des manifestations de liesse populaire ont lieu dans tout le pays : le Parti de la Liberté a gagné les élections...

Mais, très vite, le nouveau pouvoir exclut tous ceux qui s'éloignent un tant soit peu de la norme - les "mal-habillés", les "trop-fonçés", les "pas-assez-valide"...- et instaure des règles de plus en plus contraignantes : une heure de lever obligatoire pour tous, des jours de congés fixes, des choses que l'on ne peut pas dire, faire, man... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
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"On n'a rien vu venir "est un livre à 7 voix, autrement dit écrit par 7 auteurs différents, chacun prenant la charge d'un chapitre. C'est un livre très déroutant à la portée d'adolescents, qui "parle de ce qui peut arriver si l'on n'y prend garde", pour reprendre Stéphane Hessel dans la préface.
Ce qui peut arriver quand un parti politique trompe ses électeurs et instaure peu à peu une dictature. Plus le droit de s'habiller comme on veut, plus le droit de manger ce que l'on veut, plus le droit de rire, plus le droit de sourire, plus le droit d'être différent, surtout...
Tout cela se passe dans un pays jamais nommé et de ce fait universel, les narrateurs des 7 chapitres sont à chaque fois des adolescents, qu'ils s'appellent Hector, Walid ou Léonie, leur point de vue et leur récit sont à chaque fois marquants.
Je ne connaissais pas ce livre qui m'a gentiment été prêté par une élève du club lecture au collège, mais il m'a marquée.
"Je considère que c'est un livre important, et je vous encourage à le lire", pour reprendre à nouveau S.Hessel.
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La nouvelle éclate, le « Parti de la Liberté » fait entendre sa victoire dans les rues.
Et pourtant, les rideaux des fenêtres se tirent, des pas se hâtent vers leurs domiciles. Derrière les murs des maisons, bon nombre de personnes accusent le choc de ce qui vient de se déclarer.
On n'a rien vu venir.Et pourtant, les nuanciers recensant chacun sur le critère de sa couleur et accrochés à l'entrée du Ministère des Origines Nationales, catégorisant ainsi la population, on aurait du s'en méfier.
On n'a rien vu venir.
Jour par jour, l'appréhension laisse place à l'inquiétude.
Hector, Walid, sa soeur et d'autres adultes sentent les regards du voisinage se voiler de suspicion, assistent à la division, rencontrent la délation.
Les collèges de la Liberté imposent des couleurs d'uniforme pour les uns et les autres, le Parti interdit certaines musiques, imposent le régime alimentaire adéquat pour tous.
L'handicap de Simon sera entièrement pris en charge désormais par le Ministère de l'Hygiène Physique et Mentale. Il croit à une mauvaise blague de ses parents, de celles qui doivent le tirer du lit et le mettre dans ce fauteuil qu'il exècre . Les imprimés ont l'air authentique cependant. Alors ?
A la peur s'oppose la fuite. La liberté n'a plus le même écho, elle ne chante plus mais crache son air de rassemblement. Une mélodie qui sonne faux pour certains.
La mamie de Mathieu et Léonie, Lisel revoit le passé la rattraper et s'installer.
On n'a rien vu venir mais les gens n'attendront pas de réagir.

: 7 auteures qui prêtent et engagent leur talent sur ce roman sur la Liberté, la vraie, celle qui laisse libre chacun de disposer de lui-même, de se poser les bonnes questions et de faire ses propres choix sans subir l'oppression. Au travers de cette dystopie, pas si éloignée du monde que nous connaissons afin de nous faire réfléchir, ces sept auteures racontent la montée de ce régime totalitaire qui s'impose et qu'aucun ne semblait avoir vu venir en votant pour son "parti de la Liberté". le choix de son nom, symbolique d'une utopie patriotique, est extrêmement ironique à plusieurs titres pour qui saura distinguer.

Afin de nous faire vivre cette aventure étrange et pourtant pas si fictive, les auteures donnent la parole à des personnages différents, des enfants d'origines diverses qui se connaissent, fréquentent les mêmes quartiers et les mêmes écoles, vont être séparés par les évènements et raconter du coup les changements que vont générer ces lois répressives sur leur quotidien en prônant la xénophobie.

Le ton n'est pas dramatique, nul pathos, nous avons la perception d'enfants qui racontent le changement, les amitiés contrariés, les vies compliquées, les faits suffisent d'eux-même pour faire réagir. Ce ton permettra à un lectorat de Pré-ados d'aborder le sujet sans en souffrir de quelques façons que ce soit. L'intention est à la graine de réflexion et le propos est aborder avec maîtrise et tact.

Ce roman sensible et excellent, qui collerait à une certaine forme d'actualité mondiale est à rapprocher du titre incontournable et fort" Il faut Désobéir" de Didier Daeninckx et Pef, pour le devoir de mémoire.
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Lundi 4 juin, le Parti de la Liberté gagne les élections. Dès le lendemain, de nouvelles lois apparaissent, réduisant les libertés individuelles puis, peu à peu, excluant les minorités. A travers le regard d'adolescents de différentes familles, on suit la mise en place de cette dictature mais aussi les débuts de la résistance...
Dans ce texte à 7 voix, on découvre un parti politique extrémiste qui n'a pas dit son nom mais qui se révèle raciste, homophobe et excluant les handicapés. Certains ont voté en connaissance de cause, d'autres non et c'est bien là le propos de ce récit : éveiller les consciences et l'esprit critique des jeunes générations pour ne pas avoir à vivre une telle situation.
Un formidable roman qui se doit d'être lu car il fait réfléchir, pour ne pas dire un jour "On n'a rien vu venir" !
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Et si, du jour au lendemain, on passait d'une démocratie à une dictature ? Cela paraît énorme lorsqu'on lit ce petit livre où tout bascule dans les minutes qui suivent la proclamation du résultat de la présidentielle. Et pourtant, L Histoire et certains pays actuels sont là pour prouver que nul n'est à l'abri. "On n'a rien vu venir", disent certains compatriotes, étonnés, après des résultats d'élections dans notre démocratie. Heum... vraiment ?

Voici donc un très bon petit roman sur le thème, écrit à quatorze mains, pas moins ! Stéphane Hessel en a signé la préface et chacun des sept auteurs a rédigé un petit paragraphe autour de quelques enfants d'une dizaine d'années, concernés de près (étrangers, handicapés, parents homos) ou de loin (amis en péril) par les nouvelles lois d'un régime totalitaire. Trois options pour survivre : collaborer, fuir ou résister...

A faire découvrir dès 10-12 ans lorsque nous parents, éducateurs, avons du mal à exprimer :
- pourquoi voter,
- à quoi risquent de conduire les sympathies pour les partis extrémistes, de quelles façons ceux-ci peuvent menacer dignité et libertés humaines.
En discuter ensuite pour relativiser, car ce court ouvrage, très pédagogique, est quand même un peu caricatural (mais cela simplifie les choses et c'est très bien ainsi).
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Un roman à 7 voix. Voici un court aperçu de ce que certaines de ces voix pourraient dire :

Hector, dit Toto : « Comment peut-on aimer ce Parti de la Liberté ? Pourquoi détester à ce point ceux qui viennent d'ailleurs ? Comment peut-on haïr Walid ? Walid, mon meilleur pote !
Le Parti a fait croire à mes parents que les problèmes de notre pays venaient d'ailleurs.
Et, à cet instant, moi, Hector Darchant, dans ma propre famille, je deviens résistant. »

Mamie Miquelon : « Pendant la guerre, Papi et moi avons utiliser ce voilier pour fuir la France et rejoindre l'Angleterre. J'espérais que ni mes enfants ni mes petits enfants n'auraient un jour, eux aussi à fuir leur pays. »

Samia : « Ma mère est désespérée : nous n'avons pas la bonne nuance de peau. Trop foncés ! Mais mon père a la solution… »

Critique :

Instituteur en 5e primaire, (CM2, si vous préférez) je trouve ce livre admirable pour traiter de l'instauration d'une dictature. Tout est amené de façon très réaliste et très plausible. Les 7 voix permettent aux enfants de s'identifier aisément. Mes élèves ont été bouleversés par ces récits. J'ose espérer qu'après la découverte de ce magnifique roman, ils seront attentifs à ne pas suivre ceux qui prêchent l'exclusion et qui divisent au lieu d'unir.
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
J'ai envie de dire qu'avec le Parti, ça ne va pas s'arranger. Les vieux, ils ne sont pas en odeur de sainteté. Comme les homos, les gros, les roux, les bigleux, les chevelus, les artistes, les écolos et tous les autres qui ont le tort de dépasser un peu. Les handicapés, c'est pire. Il paraît qu'ils les parquent dans des espèces de centres "adaptés à la mesure de leurs capacités". Je pense à Simon Nogent, et mes oreilles bourdonnent. Quand il s'agit de quelqu'un qu'on connaît en vrai, ça prend une tout autre tournure qu'un nom de catégorie sur un papier.
Comment on en est arrivé là? On n'a rien vu venir...
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N'attendez pas de devenir des adultes! Aujourd'hui, déjà, vous avez le pouvoir de dire non à ce qui ne vous semble pas juste, de vous indigner face à ce qui vous révolte, de faire preuve d'esprit critique vis-à-vis de ce que vous lisez, de ce que l'on vous donne à regarder à la télévision. Vous avez un avis. Vous pouvez le partager, avec vos amis, vos parents, vos professeurs. Il est bien sûr souhaitable que lesjeunes apprennent de l'expérience accumulée des vieux, mais les vieux ont aussi beaucoup à recevoir des jeunes. Il n'est jamais trop tôt pour s'engager. Et ce beau roman est une des voies qui vous encourageront à résister et à persévérer. (Préface de Stéphane Hessel)
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Les semaines qui ont suivi [l'élection], le Parti a édicté une loi par jour. La première a consisté à dire que cette élection avait été la dernière. Maintenant, l'avis des gens, ils n'en ont plus besoin. Tout est décidé, planifié, ordonné. On a vite compris la vie qui allait avec ce nouvau parti : bien huilée, bien réglée, propre et nette, sans rien qui dépasse. (p.65-66)
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Mon père était clown, avant les élections. Mais évidemment, dans la semaine qui a suivi, il s'est retrouvé au chômage. Supprimés, les cirques, fermés les théâtres, dissoutes, les compagnies et les troupes. Aujourd'hui, il faut être productif. Et produire du rire ou du plaisir, ça ne sert à rien. Point. (p.44)
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Que feriez -vous si un de vos amis devait quitter le pays à cause de sa couleur de peau ? Que diriez-vous si vos parents choisissaient eux-mêmes les copains avec qui vous pouvez parler ? Que penseriez-vous si une discipline radicale était instaurée à l'école ? C'est de ça que parle 'On n'a rien vu venir', de ce qui peut arriver si l'on n'y prend garde. (p.5-préface)
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