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EAN : 9782764404560
115 pages
Éditeur : Québec Amérique (25/01/2006)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 36 notes)
Résumé :
" C'est un livre que j'ai écrit presque malgré moi, sans doute parce que je tremble à la simple évocation des faits que j'y raconte.
Cependant, une petite voix intérieure me disait : "Mais oui, écris cette histoire. Ce sera le point final, ta façon d'avoir le dernier mot sur ces événements terribles." Mais je sais aujourd'hui que la mort seule mettra le point final à cet épisode de ma vie si fondateur, si semblable à une naissance douloureuse. Jamais, je croi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
cafeaulait
  17 février 2017
Contrairement à « Turkana Boy » et « Le jour des corneilles », lus il y a quelque temps et dont le style littéraire ne me plaisait pas, avec cette trilogie, l’écriture tout en dentelles exprime une grande profondeur et sensibilité. C’est intimiste, quasi autobiographique, remplie d’une réflexion profonde sur le sens de la vie avec la mort comme dernier passage. Comme l’auteur l’indique dans le premier tome : « La fabrication de l’aube », il est entre la vie et la mort et l’essentiel, pour lui, prend forme par les gens qu’il aime. Sa famille devient son socle et sa mémoire, et par cette mémoire il consolide son existence tout en affirmant son athéisme. Par opposition, dans le deuxième tome : « Ceci est mon corps », il relate la vie de Jésus, comme s’il avait voulu donner deux points de vue sur le sens de la vie. Le dernier tome : « Cette année s’envole ma jeunesse » est un récit poétique qui relate sa jeunesse, mais surtout le souvenir de sa mère, personne la plus importante de sa vie qui le suit partout, comme si elle n’avait jamais cessé d’être vivante en lui
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Malice
  30 juin 2013
Récit sur la vie de Jean François Beauchemin et de sa famille.
Rapprochement entre sa vie et son écriture. Générosité de sa part il nous fait part de son univers, sur la création. Un beau jour, Jean François a perdu la vie, il a été dans le coma,un séjour à l'hôpital s'est imposé. Il évoque ses proches, sa femme Manon, ses frères et sa soeur, tous ceux qui lui ont sauvé la vie par leur présence. La lecture de "La fabrique de l'aube" est appréciable pour comprendre, et pour facilité la lecture du livre "Jour des Corneilles" . C'est un livre extrêmement touchant remplit d'humanité, l'importance de la terre de nos racines. La fin de l'enfance, et ce récit de sa vie est un tournant dans son rapport à l'écriture.
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gielair
  09 septembre 2018
Ce récit datant de 2006 ne pourrait d'aucune façon être plus personnel. Cette tranche de vie que nous narre Jean-François Beauchemin n'est ni plus ni moins qu'une expérience traumatisante. Terrassé par une grave maladie, il vivra un coma de plusieurs jours. On l'accompagne dans ses réflexions, ses émotions, son retour à la vie, son retour à l'amour, à travers ses proches et ses expériences d'écriture. Sa famille, ses parents, ses frères, sa soeur et sa conjointe occupent des places privilégiées dans ce récit. On aurait pu craindre que cette expérience de presque mort entraîne un regard larmoyant ou celui d'une victime, mais la plume de Beauchemin nous entraîne plutôt vers une renaissance, une refondation, une nouvelle aube pour son écriture.
C'est probablement un ouvrage particulier dans l'oeuvre de Beauchemin, mais je ne suis pas déçu d'aborder cet auteur sous cet angle autobiographique et foncièrement intime. Libre à moi, maintenant, de découvrir d'autres romans qu'il a commis.
Lien : http://rivesderives.blogspot..
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Aifelle
  19 novembre 2015
En 2004, l'auteur est atteint d'une maladie grave. Plongé dans le coma quelques jours, il pense sa dernière heure venue et le livre est le récit de son retour inespéré à la vie.
Je commence par préciser que ce n'est pas un livre sur la maladie, il n'y a pas de description de son état physique, hormis la douleur envahissante, mais plutôt de son état d'esprit devant cette vie qui lui est redonnée et des bouleversements qu'elle implique.
Il est surtout question d'amour et de vie dans ce récit. L'amour que lui porte sa famille, sa femme, ses quatre frères et sa soeur et celui qu'il a pour eux et pour ses parents disparus. Les longues heures passées à l'hôpital l'incitent à visiter ses souvenirs d'enfance et à les revoir autrement. Par ailleurs, les médicaments lui donnent des hallucinations qui l'entraînent dans des rêveries étranges.

Lien : http://legoutdeslivres.canal..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
magenestmagenest   15 mars 2018
Je songe à ma mère […] elle aurait voulu apprendre à conduire une auto. Les leçons de mon père, expéditives et consternantes d’anti-pédagogie, eurent cependant vite raison de ses ambitions. Assis en rang serré sur la banquette arrière de l’interminable Pontiac familiale, nous assistions, hilares et épouvantés, à ces brefs enseignements pilotés d’une main de fer par papa. Cela commençais invariablement de la même façon. Maman devait faire reculer l’engin de l’allée pour le mener, comme il se doit, dans la rue. Cette action simple devenait pour nous une sorte de roman d’anticipation assez terrible. D’abord, en raison de sa durée. Il se passait toujours un temps infini avant que nous sentions, sous nos fesses, les premiers ébranlements du moteur. C’est que mon père, crispé, le son ruineux d’une caisse enregistreuse lui résonnant déjà dans le cerveau, prodiguait à son épouse, avant même que la clé ne soit insérée dans le contact, d’abondantes consignes. Cependant, nous lisions sur les traits et la nuque raide de papa que toutes les consignes du monde n’arriveraient jamais à lui rendre son sang-froid. Sa terreur nous parvenait : massive. Et déjà, alors que la Pontiac roulait ses premiers centimètres à reculons, le tapis ras du plancher était couvert de nos rognures d’ongles. C’est en cela surtout que nous nous sentions en plein roman. Dès la fin de la première page de cette histoire qui nous promettait d’être rebondissante, nous redoutions ce que la suivante nous réservait. Derrière les vitres, le décor commençait à bouger. Nous attendions, haletants, nos cheveux coupés en brosse hérissé sur le crâne. S’ensuivait une série de manœuvres chaotiques, évoquant pour nous la valse-hésitation d’un cheval perplexe. Notre première angoisse passée, nous pouvions ensuite nous taper les cuisses et commenter bruyamment le style de conduite de maman. Cela jaillissait de nos jeunes cervelles, puis sortait de nos bouches comme une fête; une sorte de chansons à boire. D’un seul coup, la banquette arrière était transformée en taverne, dont nous étions les clients assoiffés et viveurs. Je ne sais pas ce que maman, concentrée extrêmement sur le volant, pensait de ce remue-ménage. Je n’ai pas de souvenir précis d’une quelconque réaction de sa part. Peut-être parce que celle de papa était tellement plus spectaculaire. Car alors, lorsque, courroucé au possible, mon père en avait assez de nos cris, de nos rires et de nos prières d’hérétiques, il nous administrait ce que mon frère Jacques a baptisé, bien plus tard : la claque inversée. Cela consistait pour lui, tout en gardant son regard fixé sur le pare-brise, le torse aussi bien assuré dans le même axe, à allonger le bras par-dessus la banquette avant et, du revers de la main, à nous expédier en rafale, six mornifles dupliqués mais, rendant, assez inexplicablement, le son d’une seule. Tout se jouait en une seconde ou deux. Il nous laissait moins corrigés que stupéfaits. Presque admiratif tant l’opération avait due exiger de lui une gymnastique et un sens du synchronisme dont nous le savions bien incapable en temps normal. Nous apprenions ainsi deux choses. Il fallait, pour que papa sorte de ses gonds avec autant de savoir-faire, d’une part, l’outrageuse supériorité de la Pontiac sur maman et, d’autre part, le petit carnaval dont nous accouchions sur la banquette arrière. Le pire était qu’aucun coup de semonce n’annonçait cette raclé sommaire, mais impétueuse. Un moment, nous nous vautrions dans notre fricassé de clameurs, et le moment d’après, réduit au silence, le sourcil bas, nous nous frottions la joue et testions nos mâchoires.
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AifelleAifelle   19 novembre 2015
C'est de ma mère que j'ai appris à vivre lentement. Les matins d'été, à la maison familiale, elle venait souvent s'asseoir sur la balcon. Je l'y rejoignais, elle me disait : "écoute cet oiseau dans l'orme ; c'est le même que j'ai entendu hier, et avant-hier encore. Il a ses habitudes". J'avais dix, douze ans. Je tendais l'oreille sur le monde, et le monde me renvoyait sa rumeur chantée. C'était avant que je ne perçoive le fracas venu du fond de la terre, charriant avec lui la colère des peuples entrechoqués, le bruit de la bêtise faite homme
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cyclocyclo   08 décembre 2013
Celui qui souffre plus que le permet la décence, que ce soit dans son corps ou dans son âme, n'a déjà plus autant accès à la grande et haute famille humaine. Il en est pour l'essentiel exclu, en ce que la dignité qui lui était donnée avec la paix de la chair et de l'esprit est à présent niée.
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frajulufrajulu   14 avril 2011
Un jour, je suis mort. C'était vers le milieu de l'été, le ciel était d'un bleu immaculé. C'est l'un des souvenirs les plus précis que je conserve de ce jour-là.
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Th4lieTh4lie   19 mars 2015
Il y a dans cette mise en terre de la chair qui nous inventa bien plus qu'une ablation: il y a la négation de notre propre commencement, autrement dit le rappel brutal de notre appartenance au néant. En devenant orphelin, nous devenions donc fils et fille de la mort, et peut-être la tristesse tranquille qui parfois vient se mêler à nos rires s'abreuve-t-elle à cette eau trouble.
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