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ISBN : 2371000361
Éditeur : NOUVEL ATTILA (14/09/2018)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 21 notes)
Résumé :
« On ne pense pas de la même façon le ventre vide et le ventre plein ».
Omar et Greg sont deux enfants d'ouvriers. Deux jeunes nés et grandis dans des ZUP. Le petit fils d'Algérien engagé dans l'armée française, chasseur de skins à l'adolescence, est travailleur social ; l'Italo-Tunisien, cheminot homo formé à la lecture de Jaurès et de Che Guevara, est devenu militant de carrière. Après mille expériences entre Reims et Vaulx- en-Velin, Bordeaux et Marseille,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
frconstant
  01 septembre 2018
Omar et Greg de François Beaune… Quand la réalité est bien plus fécondes que les croyances distillées par les discours!
Interpellant, l'histoire de cette rencontre véridique entre deux citoyens issus de l'immigration, algérienne pour le premier, tunisienne pour le second et ayant passé leur enfance dans des ZUP, ces zones à urbaniser en priorité.
Omar a un lourd passé de ‘fracasseur' de Skins, de violent redresseur de torts. Il est devenu travailleur social dans des mouvements anti-racistes puis en religion. Greg, adolescent mal dans sa peau a brisé le carcan familial ? Fâché à tout jamais avec son père, il a trouvé un lieu où vivre sa révolte, les permanences politiques d'un Jean-Marie qui représente son idéal. Tous les deux ont reçus de la vie leurs lots de bosses, de coups donnés et rendus mais leur vraie souffrance, c'est de ne pas obtenir de réponses satisfaisantes à leur volonté idéaliste d'être citoyen français et reconnus comme tels.
Leurs parcours, leur rencontre ont été recueillis par François Baune, auteur à qui il faut reconnaître une énorme qualité d'écoute. Son récit nous déroule la prise de conscience progressive de la quête identitaire de Omar et de Greg, chacun, différemment, se glissant dans les interstices, les failles parfois, des institutions et systèmes politiques ou religieux qui régissent le Vivre ensemble ou s'y opposent.
Le style choisit par François Baune, s'il n'est pas toujours agréable à lire, ne déclenchant aucune joie, aucun sourire littéraire, est néanmoins d'un accès aisé et d'une efficacité sans faille. L'auteur, très clairement et de manière répétée durant tout le livre, procède par la juxtaposition croisée de flashs souvenirs permettant à Omar et Greg de se raconter, étape par étape, jusqu'à leur rencontre dont naîtra un combat commun... mais hors du commun ! Imaginez-vous un peu : Omar, devenu responsable des jeunes musulmans à la Mosquée de Marseille, propose à Greg, ancien cheminot devenu collaborateur professionnel du FN, de concrètement viser l'intégration des jeunes musulmans dans ce parti d'extrême droite.
Cette volonté de créer des liens entre ces pôles opposés est le fruit de leur croyance que ce n'est pas en diabolisant l'autre qu'on apprendra à le connaître mais que c'est, bien plus sûrement, en se rapprochant de l'autre, pourtant si différent, qu'on pourra le et se comprendre !
On s'en doute, cette vision révolutionnaire d'une telle réponse à apporter à la crise identitaire que traverse la France actuelle, comme tant d'autres pays, n'est pas du goût de tous ceux qui doivent leur place aux appareils politiques ou religieux. François Baune, à travers le récit du combat de Omar et Greg, va démonter les mécanismes d'écartement, de rejet, d'anéantissement de tout qui, au sein d'un parti, se met à penser, réfléchir et passer à l'acte concret, poussé par son idéal. La politique, tous partis confondus est une histoire de discours creux, de maintien de la situation et de la gestion du peuple par les oligarques sans la conscience et l'assentiment de la base... La critique est dure, étonnante mais vivifiante. On ne peut faire l'impasse sur les questions qu'elle pose. Car, c'est certain, après avoir lu ‘Omar et Greg', on n'écoute plus les interviews des hommes politiques de la même façon. On cherche à disséquer les slogans creux et, avant de donner sa voix, on cherche des engagements concrets et durables en lien logique avec le déclaré !
Omar et Greg', un livre qui décille, une leçon d'histoire, de démocratie, une oeuvre d'ouverture intelligente. A lire, sans retenue.
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sylvaine
  22 août 2018
Omar et GregFrançois Beaune le Nouvel Attila 14 septembre 2018.
Résumé de l'éditeur:
Omar et Greg sont deux enfants de la ZUP. le premier, né à Orgeval, un quartier de Reims, est chasseur de skins, avant de s'impliquer dans l'anti-racisme, puis d'entrer en religion. le second grandit à Vaulx-en-Velin, trouve à 15 ans sa famille de substitution dans un parti nationaliste, et finit par en devenir salarié.
C'est à Marseille qu'ils se croisent. Deux types inconciliables en apparence. Deux idéalistes cabossés, deux redresseurs de torts jamais vainqueurs, jamais vaincus. Entre eux naît une amitié hors norme. Et une alliance politique pour le moins inédite. Avec, au coeur de leur projet, une obsession : qu'est-ce qu'être français ?
Un jour, ils rencontrent l'écrivain François Beaune. Lui, écoute les gens, se met à leur place, restitue leur voix, au plus près de ce qu'elles peuvent dire du monde. Omar et Greg est l'histoire vraie de deux citoyens engagés et enragés qui, par leurs contradictions, incarnent un destin français.
François Beaune est né en 1978 à Clermont-Ferrand, a grandi à Lyon et vit à Marseille. Depuis son premier livre, Un homme louche, suivi par Un ange noir, Une vie de Gérard en Occident et La Lune dans le puits (www. histoiresvraies.org), et jusqu'à son dernier, L'Esprit de famille, il oeuvre à la création de l'Entresort, une galerie de portraits et de personnages attachants capables d'incarner le monde actuel, dont Omar et Greg sont les nouvelles recrues. Il a aussi travaillé pour plusieurs metteurs en scène et réalisé des reportages radio.
Ajoutez la citation de Milena Agus en exergue:"Je crois que si l'on veut qu'une personne nous reste antipathique, il nous faut absolument refuser de la connaître. "
Vous connaissez maintenant le contexte de ce récit à deux voix. Je ne peux que saluer François Beaune pour aller au devant d'autres personnes, d'autres idées et de nous faire découvrir leur cheminement personnel. Une lecture qui apporte un éclairage différent sur ce parti extrême. A lire pour savoir de quoi et de qui l'on parle. Intéressant.
Un grand merci aux éditions le Nouvel Attila via NetGalley pour ce partage.
#OmarEtGreg #NetGalleyFrance
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ZeroJanvier79
  02 septembre 2018
J'ai relativement de la chance en ce moment avec mes lectures en service de presse. Toujours grâce à NetGalley.fr qui m'avait permis récemment de découvrir l'excellent roman Un gentleman à Moscou, j'ai eu l'occasion cette fois de lire en avant-première cet ouvrage de François Beaune : Omar et Greg, qui sortira le 14 septembre prochain dans toutes les bonnes librairies (et sans doute également dans les mauvaises).
François Beaune est un journaliste et écrivain que je ne connaissais pas, même si j'ai découvert pendant ma lecture qu'il était l'auteur d'un roman intitulé Un homme louche que j'avais lu il y a plusieurs années et qui ne m'avait pas particulièrement plu. Comme quoi, il ne faut jamais se contenter de la première impression avec un écrivain !
Ici, François Beaune nous propose une rencontre avec deux hommes au parcours à la fois typique et atypique de beaucoup de concitoyens français :
« On ne pense pas de la même façon le ventre vide et le ventre plein ».
Omar et Greg sont deux enfants d'ouvriers. Deux jeunes nés et grandis dans des ZUP. le petit fils d'Algérien engagé dans l'armée française, chasseur de skins à l'adolescence, est travailleur social ; l'Italo-Tunisien, cheminot homo formé à la lecture de Jaurès et de Che Guevara, est devenu militant de carrière. Après mille expériences entre Reims et Vaulx- en-Velin, Bordeaux et Marseille, tous deux se retrouvent un jour à proposer au Front national un projet politique aberrant : faire entrer la communauté musulmane au FN.
L'itinéraire de ces deux citoyens engagés et enragés témoigne de la manière dont la France accueille et forme (ou pas) ses enfants de l'immigration : quartiers, racisme, religion, éducation, sexualité, engagement, rapport à l'autre … Omar et Greg cherchent leur place avec une interrogation obsédante sur ce que c'est qu'être français.
L'écrivain François Beaune, connu pour ses Entresorts et ses Histoires vraies, a connu Omar et Greg dans le quartier de la porte d'Aix, à Marseille. Il les a rencontrés, écoutés, enregistrés, et en a tiré cette fresque sociale, récit d'une amitié hors norme et portrait croisé de deux citoyens qui, par leurs contradictions, incarnent un destin français.
Le livre commence doucement, je n'ai pas tout de suite accroché, peut-être parce que je n'avais pas de sympathie particulière pour les deux protagonistes. le récit de leur jeunesse respective à Reims et dans le Rhône n'est pas passionnant, même s'il est symptomatique de la société française et de son évolution, entre montée des tensions sociales et « ethniques » et déclassement des classes moyennes et populaires.
La suite m'a plus emballé, avec le récit de leur engagement militant : d'abord dans deux camps opposés, l'un à gauche au Parti Socialiste et à SOS Racisme, l'autre au Front National ; puis ensemble, à la tête d'une initiative un peu folle de créer un pôle « patriotique social » au FN, avec en toile de fond une tentative de réconciliation du Front National avec les musulmans de France.
Je ne partage évidemment pas toutes les opinions d'Omar et Greg, mais j'ai aimé le récit de leurs combats politiques et la part d'honnêteté intellectuelle que je dois leur reconnaître en lisant leurs propos tels que François Beaune les relate. Même sans me reconnaître dans leurs idées, je dois saluer la cohérence de leur parcours et une certaine noblesse dans leurs combats.
Au-delà de la personnalité et du parcours des deux protagonistes qui donnent leur nom au livre, c'est le portrait d'une France blessée, divisée, contrastée, en souffrance, un panorama de cette France dite périphérique, déclassée, délaissée dont on nous parle en permanence dans les médias en feignant de s'y intéresser mais sans s'attaquer aux causes du phénomène. C'est en cela que ce livre est passionnant, par son interrogation sur ce qu'est la France, sur ce que c'est d'être français. Omar et Greg sont deux exemples de ce peut être la citoyenneté française, avec des parcours différents, des croyances différentes, mais un même sentiment d'appartenance à une même communauté, une même nation.
J'ai relevé de nombreuses citations en lisant ce livre, et je vous propose d'en découvrir quelques unes, pour mieux comprendre le propos de ce livre assez particulier mais passionnant :
Sur l'immigration :
L'immigration, ça existera toujours. Tu mets un enfant qui sait marcher au milieu d'une pièce, tu fais plus attention, le gosse il est déjà à l'autre bout de la rue. Les gens sont faits pour marcher, voyager, bouger. Les migrations, en soi, c'est naturel. Maintenant quand ces vagues sont créées dans les intérêts de Bouygues, Bolloré, Vinci, Total, qui ne payent pas leurs impôts en France, et qu'on envoie nos soldats se faire crever pour leurs projets à l'étranger, on doit réagir. Il faut arrêter toutes ces guerres coloniales. le devoir universel de la France, c'est de tout faire pour instaurer la paix. Alors que là c'est nous qui déclarons la guerre.

Sur le système qui divise :
Je crois que le système diviseur joue sur les cordes sensibles, un coup sur la religion, un coup sur les ethnies, un autre sur les classes sociales. Un anarchiste, un skinhead, un Maghrébin, tous ceux-là se tapent dessus, alors que le système est en train de s'engraisser et tire tous les marrons du feu.

Sur les politiques culturelles dans les banlieues :
C'est un drame de faire des gens acculturés, qui n'ont aucun sentiment d'appartenance à ce pays. L'éducation nationale est dévoyée, parce que la pensée dominante, majoritaire, est de gauche, et eux visent à virer tout ce qui est patriotique, à faire de nos gosses des citoyens déstructurés, sans appartenance charnelle avec la France. Exactement ce qu'on a vécu dans les centres sociaux. Toutes les MJC où j'ai été, où j'ai grandi, on ne t'apprend pas la culture française, au contraire, on te maintient dans ta culture d'origine, djembé, rap, raï, on accentue l'appartenance ethnique, on fait la promotion des cultures communautaires. Les animateurs sont pas payés pour faire de toi un bon Français, mais pour te tenir au calme.

Sur la jeunesse :
Quand on renie l'Histoire, quand tu as pour référent Cyril Hanouna ou Nabila, le mépris des politiques et la misère dans des centaines de ghettos, quand il y a pas d'avenir, pas de vision globale, à un moment tu fais quoi ? La jeunesse, elle cherche un idéal, trouver une place dans la société, accomplir quelque chose et s'accomplir. le jeune, il est responsable de ses actes, mais il est pas coupable. Les coupables c'est ceux qui ont créé cette situation, qui alimentent la division, qui laissent partir ces jeunes en les montrant du doigt avec leurs pseudo-lois ridicules de déchéance de nationalité, comme si ça allait empêcher un type de se faire sauter. Les coupables c'est les Valls, les Hollande, les Sarkozy, les Macron.
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Sallyrose
  04 octobre 2018

Extrait de la 4ème de couverture : « histoire vraie de deux citoyens engagés et enragés qui, par leurs contradictions, incarnent un destin français ».
L'auteur donnent la parole à deux hommes que tout semble opposer sauf peut-être leur adolescence délinquante, appartenant chacun à un groupe luttant contre l'autre.
Il est difficile d'entrer dans les détails sans faire de politique mais il faut savoir que l'entretien porte sur les engagements politiques et que ces deux hommes, à des moments différents de leur vie et pour des raisons diamétralement opposées, ce sont rapprochés du FN.
Par des juxtapositions de l'histoire de chacun, l'auteur apporte un éclairage sur leurs motivations, met en exergue les circonstances de leur prise de conscience politique.
Loin de toute idéologie, ces deux hommes défendent des valeurs semblables qui par leur évidence, leur simplicité et sans doute par leur nature optimiste voire utopique, ne trouvent aucun écho dans les structures existantes, ce que l'on appellera « le système ».
C'est très intéressant car l'expérience et l'engagement de ces hommes mettent à mal beaucoup de clichés qui alimentent la polémique identitaire.
A lire
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Bazart
  21 septembre 2018
Avec Omar et Greg le lyonnais - qui habite désormais à Marseille, mais bon lyonnais un jour, lyonnais toujours- François Beaune fait le portrait croisé de deux citoyens qui incarnent un destin français
Beaune retrace ainsi en reprenant fidèlement leurs propos, le récit de leur engagement militant : d'abord dans deux camps opposés, l'un à gauche au Parti Socialiste et à SOS Racisme, l'autre au Front National.
Après mille expériences entre Reims et Vaulx-en-Velin, Bordeaux et Marseille, Omar et Greg se croisent un jour aux portes du Front National, porteurs d'un projet politique aberrant : faire entrer la communauté musulmane au FN.
Certes, leurs parcours et leurs convictions sont différents, mais ils ont en eux ce même sentiment d'appartenance à une même communauté, une même nation.
François Beaune a connu Omar et Greg dans le quartier de la porte d'Aix, à Marseille. Il les a rencontrés, écoutés, enregistrés, et en a tiré cette fresque sociale, récit d'une amitié hors-norme et portrait de ces deux citoyens engagés et enragés. qui sonde avec cruauté et intelligence la façon dont la France accueille ses enfants d'immigrés
Au-delà de la personnalité et du parcours des deux protagonistes qui donnent leur nom au livre, c'est le portrait d'une France contrastée,et délaissée dont Omar et Greg nous parlent sans fard ni faux semblants .
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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critiques presse (1)
LeMonde   03 décembre 2018
Leurs mots, tels quels. Par courtes anecdotes d’une ­demi-page, parfois moins, que François Beaune monte en alternance, Omar et Greg se racontent. Leur amitié, leur engagement – leur identité vagabonde, leur position instable dans le monde d’aujourd’hui.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
manU17manU17   01 août 2018
Après quelques verres, l’ambiance est aux confidences. Stéphanie nous raconte ces jeunes qu’elle suit au quartier des Rosiers, les familles aussi, pour lesquelles elle s’échine à faire mettre tous les papiers à jour. Puis elle parle de moi, de ce métier d’écrivain et de cette manie que j’ai de collecter des histoires, de fouiner un peu partout. En fait si j’ai bien compris, toi tu fais le lien, c’est ça ? Tu fais remonter l’info aux Parisiens pour que les mecs qui nous dirigent comprennent mieux qui on est ? Comme un passeur qui relie les deux mondes, en vrai c’est pas un peu ça ton taf ?
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BazartBazart   15 septembre 2018
L’immigration, ça existera toujours. Tu mets un enfant qui sait marcher au milieu d’une pièce, tu fais plus attention, le gosse il est déjà à l’autre bout de la rue. Les gens sont faits pour marcher, voyager, bouger. Les migrations, en soi, c’est naturel. Maintenant quand ces vagues sont créées dans les intérêts de Bouygues, Bolloré, Vinci, Total, qui ne payent pas leurs impôts en France, et qu’on envoie nos soldats se faire crever pour leurs projets à l’étranger, on doit réagir. Il faut arrêter toutes ces guerres coloniales. Le devoir universel de la France, c’est de tout faire pour instaurer la paix. Alors que là c’est nous qui déclarons la guerre.
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Charybde2Charybde2   06 octobre 2018
Omar : Quand le mouvement skinhead s’implante dans les années 80, Reims est la ville de France où il y a la plus forte concentration, avec par-dessus les troupes de bat-skin de Serge Ayoub qui font les allers-retours de Paris.
Plus personne des quartiers osait aller en centre-ville, c’était chaud. Comme j’étais au lycée Europe, à l’opposé d’Orgeval, il fallait changer deux fois de bus. Pendant des semaines avec les potes on allait plus en cours parce qu’on se faisait défoncer.
Sur Reims, si tu veux, nous, les Arabes, on est interdits de sortie de ZUP. Fini la patinoire, la piscine municipale. Les skins faisaient la loi, et les policiers voulaient pas intervenir contre leurs gosses, et aussi des enfants de magistrats, de notables, des mômes qui avaient rien à voir, des bourgeois, mais c’était l’effet de mode, ils suivaient. Au début, les pouvoirs étaient très complaisants avec eux, parce qu’ils nettoyaient les rues des bougnoules.
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manU17manU17   31 juillet 2018
Je crois que si l’on veut qu’une personne nous reste antipathique, il nous faut absolument refuser de la connaître.

Milena Agus
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Charybde2Charybde2   06 octobre 2018
Tu écris quoi, comme genre de livres ? me demande Greg. Alors je lui explique ce plan, mon projet de vie, cette série de portraits fictionnels ou réels, que j’ai appelée « l’Entresort », ma Comédie humaine à moi.
Un « entresort », au début du siècle, c’est une baraque foraine où tu entres par un côté, tu payes tes cent sous, tu passes un moment dans l’intimité d’un monstre, une femme à barbe, un avaleur de sabre, un nain, un géant, puis quand tu t’es bien imprégné, tu ressors par une porte opposée, d’où le nom. C’est du cirque, alors, ce que tu fais ? Oui, sauf que la piste est plongée dans le noir, et qu’il s’agit de s’immerger dans la voix du personnage. D’abord il y a eu Jean-Daniel Dugommier, l’Homme louche, puis Alexandre Petit, l’Ange noir, puis tous mes Méditerranéens dans La lune dans le puits, et maintenant Gérard, un ouvrier de campagne rencontré en Vendée, qui est devenu un ami.
Mon artisanat, si tu veux, Greg, c’est le portrait. J’écoute les gens, je me mets à leur place, et j’essaie de restituer leur voix, au plus près de ce qu’ils peuvent dire sur le monde à partir de l’endroit où le hasard les a placés. Comme toi avec ton histoire du FN. Je trouve ça bien intéressant, avec les élections présidentielles qui arrivent, le retour des nationalismes en Europe. Peut-être qu’il serait bon, si on veut mieux comprendre les choses, d’un peu écouter ce que des gens comme toi ont à dire, plutôt que te traiter de facho et faire comme si tu n’existais pas. Il me répond François, nous ne sommes plus des parias comme au début. Les idées du FN, c’est la norme maintenant. Je lui réponds que moi, ce ne sont pas les idées qui m’intéressent, mais les types qui les portent, et comment ils vivent avec.
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Videos de François Beaune (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Beaune
Retour sur l'événement du Prix du Livre du Réel, organisé par la librairie Mollat et le journal Sud Ouest à la Maison de la Poésie.
En présence des deux lauréats, François Beaune pour "Omar et Greg" aux éditons le Nouvel Attila et Chris de Stoop pour "Ceci est ma ferme" aux éditions Christian Bourgois.
Cette rencontre est animée par Florence Aubenas et Yves Harté, membres du jury.
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