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EAN : 9782848657684
270 pages
Sarbacane (01/04/2015)
  Existe en édition audio
4.1/5   1422 notes
Résumé :
On les a élues "Boudins de l'année" sur Facebook. Mais Mireille Laplanche et ses "boudinettes", Hakima et Astrid, n'ont pas l'intention de se lamenter sur leur sort ! Elles ont des mollets, des vélos, et elles comptent bien rallier Bourg-en-Bresse à Paris... pour s'incruster à l'Elysée ! Place aux Petites Reines !!!


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Critiques, Analyses et Avis (559) Voir plus Ajouter une critique
4,1

sur 1422 notes

Gwen21
  13 mars 2017
Si j'étais ado, nul doute que j'attribuerais à ce roman la note maximale mais c'est avec mon regard d'adulte que je vous livre ici mon avis.
Le défi de l'auteur est de taille : faire rire de ce qui blesse et faire naître la valorisation de l'humiliation.
Hakima, Astrid et Mireille sont trois adolescentes boulottes qu'un crétin de leur collège a élu "Boudins d'Or, d'Argent et de Bronze", reines de "mocheté" d'un concours de son cru, tout aussi crétin. A l'heure de la génération Z et des "digital natives", cette initiative immorale qui touche selon moi à la maltraitance et au harcèlement, a pourtant tous les atouts pour faire le buzz. Plus ou moins dissimulées derrière leurs pseudos et avatars, des hordes d'ados boutonneux et méchants - comme peuvent si bien l'être des ados boutonneux - lâchent la bride à leurs bas instincts : se moquer, humilier, s'acharner sur un souffre-douleur... Les trois jeunes filles prennent la chose avec plus ou moins de recul mais la blessure est bien là. Quelle réaction adopter pour faire la nique aux cons et pour se protéger ? Relever un challenge et prouver que leur physique disgracieux ne les empêche pas d'être belles d'altruisme et d'intelligence. En quelques jours, elles mettent sur pied un improbable voyage à vélo de Bourg-en-Bresse à Paris, exclusivement financé par la vente itinérante de... boudins.
Nous avons tous été ados, donc nous avons tous été confrontés de près ou de loin à ce type de discriminations. Perso, j'étais plutôt du côté des victimes et j'ai ressenti en profondeur l'injustice et l'humiliation rapportées par cette fiction si proche de la réalité de bien des jeunes gens en milieu scolaire. De tous les harcèlements, celui qui touche au physique compte sans doute parmi les plus douloureux, si tant est qu'on puisse hiérarchiser les différentes formes de persécution. C'est donc consciente de tout ce contexte que je me suis lancée dans la lecture de ce roman jeunesse ciblé adolescence. Merci au passage à petitsoleil qui me l'a procuré.
J'ai trouvé beaucoup de subtilité et d'humour dans le traitement que fait Clémentine Beauvais de son thème : un sujet tabou qu'elle s'acharne à faire tomber et même si parfois les personnages sont un peu outrés, on lui pardonne parce qu'elle s'adresse à un jeune public pour qui la vraisemblance de la narration est peut-être moins importante que l'identification aux personnages. Les chapitres sont courts et s'imbriquent avec logique dans une trame assez fertile en rebondissements. Les personnages sont plus ou moins attachants selon leur personnalité ; on se prend facilement à leur jeu, on les encourage dans leur défi et pour un peu, on partagerait un peu de leurs courbatures.
Pour avoir lu et apprécié "La liste" de Siobhan Vivian qui traite un peu du même sujet, j'ai trouvé chez "Les petites reines" une construction plus originale et davantage de légèreté et de tendresse ; cette même tendresse dont les ados ont tant besoin et qu'ils mettent très souvent toutes leurs forces à repousser.

Challenge Petit Bac 2016 - 2017
Challenge ATOUT PRIX 2016 - 2017
Challenge MULTI-DÉFIS 2017
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Cancie
  14 juillet 2022
Les petites reines de Clémentine Beauvais est un roman jeunesse qui comprend trois parties.
Dans la première, intitulée Bourg-en-Bresse, nous faisons connaissance avec Mireille, Astrid et Hakima qui, à cause de leur physique ingrat, ont été élues respectivement Boudin d'or, Boudin d'argent et Boudin de bronze, au concours de Boudins du collège-lycée Marie Darrieussecq de Boug-en-Bresse. le dit concours est organisé depuis trois ans par l'ancien meilleur copain de Mireille, en maternelle et en primaire, Malo. Entraîné par des potes dès la sixième, ça a commencé par un groupe Facebook, puis tout est allé très vite, jusqu'au lancement de ce concours.
Mais pas question de se lamenter. Elles découvrent en discutant que chacune d'elle pourrait avoir une bonne raison de se rendre à Paris, à la garden-party de l'Élysée pour y taper l'incruste, gate-crasher la petite fiesta annuelle, l'interrompre, quoi. Alors Mireille, suite à une boutade de sa mère, a cette idée géniale : on va y aller à vélo ! Après quelques entraînements et quelques heures passées avec la boîte à outils pour traficoter un pick-up et pouvoir le fixer aux trois vélos, nos trois vilains petits canards vont pouvoir voler de leurs propres ailes. Pour financer le projet, elles vendront, sur le trajet, ironiquement, du boudin. Elles sont escortées par le frère aîné d'Hakima, Kader, alias le Soleil, 25 ans, seul survivant d'un massacre et cet ancien soldat se déplacera quant à lui en chaise roulante.
C'est parti ! Et la seconde étape, La route, nous conte toutes les péripéties du trajet (une carte de l'itinéraire des petites reines est d'ailleurs fort judicieusement placée en début de roman, pour les plus faibles en géographie).
Une dernière partie Paris relate leur arrivée à la capitale et leur accueil à la garden-party.
Vont-elles réussir à réaliser ce qu'elles ont projeté ?
Avec Les petites reines, la jeune autrice Clémentine Beauvais réussit à nous embarquer dans un rocambolesque road-trip, absolument déjanté. Outre le passage à l'abbaye de Cluny ou encore au château de Longuemort, l'un des mérites de ce livre est de nous faire aussi découvrir ces fabuleuses richesses du terroir que sont par exemple à Sancerre, capitale du vin, l'inimitable crottin de Chavignol, fromage préféré de Mireille. Pour ce qui est du boudin et de ses divers accompagnements, ces « succulents boudins frétillant doucement dans leurs poêlons...la compote qui clapote, et les oignons caramélisés s'enroulant sensuellement sur eux-mêmes… la moutarde poivrée, adoucie par la crème... », de quoi faire frétiller les papilles en lisant ces lignes !
Si Les petites reines est une véritable et splendide ode au vélo, c'est aussi un roman sur l'amitié. Ce sentiment puissant né durant leur périple va permettre aux trois filles d'affiner et d'affirmer leur personnalité. Une belle solidarité également les aidera à faire face aux aléas du trajet, notamment quand Hakima aura ses premières règles. Mais c'est aussi de l'amour filial dont il est question dans le livre, et ce toujours avec beaucoup de drôlerie et d'émotions retenues.
La romancière excelle à montrer les nombreuses dérives de la presse et des réseaux sociaux, sans toutefois omettre les quelques côtés positifs, car si tout avait été assez minutieusement préparé, ce que les filles n'avaient pas prévu, c'est que leur périple attirerait une telle attention des médias…
C'est avant tout les diktats de l'apparence féminine que l'écrivaine fustige, le harcèlement qui touche au physique étant particulièrement douloureux à vivre. Ce récit prouve combien la notion de beauté est relative et montre que les gens peuvent se montrer généreux pour peu qu'on leur en donne l'exemple et la possibilité.
Les petites reines n'a d'ailleurs pas été sans me rappeler certaines pensées du Petit prince de Saint Exupéry.
C'est un magnifique roman plein d'énergie et de vitalité qui m'a fait passer d'excellentes heures de lecture (j'étais pliée de rire dès les premières pages) auprès de ces audacieuses collégiennes, prêtes à tout pour aller au bout de leur rêve. Il est un bel hommage à la ville de Bourg-en Bresse « une ville qui nourrit bien ses habitants » et de belles pages lui sont dédiées, qui n'ont pas été sans me faire saliver.
J'avais particulièrement apprécié Brexit romance de cette même autrice et je dois remercier ma petite-fille Jeanne pour m'avoir incitée à découvrir celui-ci.
Non seulement je ne le regrette pas mais je conseillerais vivement aux ados et aux moins jeunes qui ne l'auraient pas encore fait, à découvrir rapidement Les petites reines de Clémentine Beauvais.
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iris29
  09 février 2019
Troisième roman de Clémentine Beauvais que je lis en quelques semaines… mine de rien , elle est en train de devenir une de mes meilleures "écrivains /amies" … je me sens bien dans ses livres parce qu'ils sont très amusants, frais et complétement farfelus .
Cette année Mireille Laplanche (15 ans ), a été détrônée par Astrid pour le titre de boudin d'or , elle ne sera qu'argent et la petite Hakima (12 ans) fait son entrée à la place de boudin de bronze. Cette compétition est hors la loi, et d'ailleurs elles n' y ont pas postulé , car il faudrait être folle pour aimer être élue "boudin" : la fille la plus moche de l'école…
Mais quand Astrid débarque chez elle, désespérée, Mireille comprend qu'il faut faire quelque chose et être solidaire, la petite Hakima ,à douze ans, n'aura jamais le recul nécessaire pour que cette insulte glisse sur elle comme l'eau sur les plumes d'un canard.
Elles ne savent pas encore, que se rencontrer est ce qui pouvait leur arriver de mieux .
Action / réaction et pas lamentations !
Après moults discussions, elles se rendent compte qu'elles ont un point commun toutes les trois, une personne à voir à la Garden Party de l'Elysée . Ni une , ni deux, les voilà qui décident de se rendre à Paris , sur des vélos et de vendre du boudin sur la route , chaperonnées par Kader en fauteuil roulant , (surnommé le Soleil ) , le frère d' Hakima .
Les "Boudinettes" sont rentrées en rébellion, appelez-les : " Les Petites Reines", désormais !
Dans leur périple, elles rencontreront tout un tas de personnes qui les feront mûrir , jusqu'au bouquet final du 14 Juillet à Paris, où leur quête trouvera le repos et la satisfaction…
Ne comptez pas sur Clémentine Beauvais pour coller à la réalité, son histoire est hautement improbable mais on s'en fout, car : quelle leçon !
Les adolescents y apprendront que même dans l'horreur, le harcèlement, l'humiliation la plus absolue, on peut réagir, qu'on est pas tout seul, que si certaines personnes sont abjectes , d'autres sauront vous tendre la main. On y apprend que l'humour , l'intelligence, la répartie peuvent renverser les choses , que l'union fait la force ,que l'amitié , c'est super important , etc...
C'est donc une histoire qui sous des dehors rigolos, en dit bien plus qu'un long discours, une histoire à placer dans tous les lieux (écoles, médiathèques) où peuvent passer des ados en détresse.
Lire peut sauver des vies et rire peut sauver de tout .
Merci à Clémentine Beauvais , une auteure acidulée et vitaminée ,de rendre le monde plus beau…

Ce roman est en cours d'adaptation cinématographique.
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petitsoleil
  28 juin 2015
J'ai beaucoup aimé ce livre ! Je n'aurais pas forcément eu l'idée de le lire sans les nombreux échos sur Babelio, mais ca m'a intriguée, à la fois le titre, la couverture très sympa, et le côté humoristique, le trio de filles ...
Lu quelques semaines après le livre sur le périple "so british" de Harold Fry (qui personnellement m'avait moyennement plu). J'ai nettement préféré ce livre, plein d'humour donc on l'a dit, avec un trio de filles, mais comme les Mousquetaires il y a quatre personnes, car la famille de Hakima ne les laisse partir que si elles sont accompagnées par le grand frère Kader.
Quatre personnages intéressants, qui vont être de plus en plus complices, qui vont changer, mûrir ... pas seulement en devenant célèbres, plus minces ... même si ca intéresse les journalistes, mais surtout, en relevant leurs défis personnels et leur défi collectif : Bourg-en-Bresse - Paris, à vélo et en vendant des boudins lors des étapes ! Puisque les 3 filles ont été élues "Boudins" lors d'un concours idiot. Une bonne occasion de rappeler que le harcèlement par Internet reste du harcèlement. Une occasion aussi de montrer que ces 4 personnes sont bien plus courageuses que l'organisateur du "concours", on le verra ...
J'ai été touchée aussi par d'autres personnages que les 3 filles, notamment par Adrienne et Kader.
Une lecture plaisir, détente, mais qui aborde aussi pas mal de thèmes sérieux. Une histoire dans laquelle on a une Présidente et beaucoup de mairesses, une blogueuse féministe ... La réflexion sur les femmes et leur corps est présente, même si elle reste divertissante grâce à l'humour et l'aplomb de Mireille.
A découvrir
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La_Bibliotheque_de_Juju
  23 septembre 2020
C'est l'histoire de trois nanas.

Trois nanas moches qui partent faire du vélo.
Voilà, merci. Au-revoir.
Bon, je me rends compte que je vais devoir développer !
Elles s'appellent Astrid, Hakima et Mireille. Bon, ce ne sont pas des reines de beauté ces héroïnes là, loin de là. Elles ont même été élues sur Facebook respectivement Boudins d'or, d'argent et de bronze !
Loin de se décourager, elles vont partir à vélo, heu, En vélo ? Bref, à bicyclette, quoi, pour rejoindre l'Elysée et chacune accomplir une quête personnelle, en vendant du boudin à chacune de leur étape !
Je ne connaissais pas Clémentine Beauvais, pauvre naze que je suis, et quelle découverte !
Ce road trip entre Bourg-en-Bresse et Paris fut pour moi une parenthèse enchantée et hilarante ! Ou comment pédaler dans la choucroute, ou plutôt ici dans le boudin, lorsqu'on est une ado au physique ingrat mais qu'on peut quand même être un sacré bout (de boudin ? Je sais, j'suis lourd, là) de femme !
C'est compliqué de faire rire et d'émouvoir en même temps et je décerne le maillot jaune, rouge et vert (je ne sais pas s'il existe) à Clémentine Beauvais. Chaque page souffle un vent de liberté et d'impertinence à la face de notre petite société !
Roman atypique sur des nanas extra très ordinaires, mention spéciale pour les dialogues entre Mireille et sa mère où j'ai ri de bon coeur à chaque fois !
Si tu aimes les anti-héros, les ballades en vélo (à vélo ?) et le boudin blanc, tu dois absolument découvrir ces reines-là.

Et même si tu préfères le rallye, le saucisson et les super héros, en fait, il faut tout simplement découvrir ce roman qui mérite un bien joli petit détour ! Mollets d'acier et crise de rire garantie !

Lien : https://labibliothequedejuju..
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critiques presse (2)
Ricochet   04 août 2015
Les « livres qui font du bien » débarquent dans la littérature jeunesse. Faut-il s'en féliciter ou craindre le pire ? Au lecteur de juger.
Lire la critique sur le site : Ricochet
HistoiresSansFin   01 juillet 2015
Au détour de ce road trip, l'auteur dresse un portrait peu flatteur mais indulgent des médias et de leurs icônes éphémères propulsées à vitesse grand V au sommet de la célébrité.
Lire la critique sur le site : HistoiresSansFin
Citations et extraits (200) Voir plus Ajouter une citation
CancieCancie   02 août 2022
On ressemble exactement à ce qu’on est : trois Boudins habillés de robes de bal synthétiques et maquillées comme des voitures volées. Astrid et moi ressemblons, en plus dodues, à Javotte et Anastasie dans la version Disney de Cendrillon, Hakima a l’air d’un petit pruneau en robe de jambon fumé.
On reste silencieuses un moment, et puis…
… et puis on n’y tient plus : on éclate de rire, on se plie de rire – un rire qui monte du fond de nos ventres grassouillets, qui secoue nos bijoux, nos cheveux et nos robes, qui nous force à nous adosser aux lavabos, un rire qui donne envie de faire pipi, un rire immense, libérateur, extatique, nouveau, grandiose – aussi immense, libérateur, extatique, nouveau et grandiose que le bal qui nous ouvre ses portes et aussitôt nous avale.
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CancieCancie   18 juillet 2022
Peut-être que vous faites souvent du vélo. Dans ce cas-là, vous avez peut-être trop l’habitude pour continuer à remarquer.
À remarquer la magie.
La magie d’un vélo, c’est que c’est un balai ; un balai volant qui perce les paquets d’air, obéissant à la moindre pensée ; il répond aux doigts, aux pieds, au bassin, on n’a pas besoin de dire à un vélo où il doit aller, il le sait ; c’est un balai volant.
La magie d’un vélo, c’est que c’est aussi un cheval… oui, un cheval fier et athlétique – qui a parfois des problèmes de sabots, qui halète et qui grince des dents quand il heurte un nid-de-poule ; alors il faut caresser son vélo et lui parler, c’est important, c’est un cheval.
La magie d’un vélo, c’est que c’est une machine cliquetante et métallique, un miracle de mécanique ; il faut s’émerveiller de ses rouages.
Et quand on se rend compte de la magie d’un vélo, toutes ces choses qu’il est se mêlent à nous, et on sent à la fois l’air qui éclate sur son passage, la route dans toutes ses craquelures, les sursauts du plus infime de ses engrenages, et le sang à l’intérieur de nous, pompé à chaque coup de pédale. Et soudain, c’est un miracle d’amalgame, une seule et même chose, rapide et bouillonnante, et on est dans l’univers comme si on l’avait créé nous-mêmes.
+ Lire la suite
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petitsoleilpetitsoleil   28 juin 2015
Klaus affirme que le propre de l'être humain, c'est de planifier et de cartographier. L'être humain fait des programmes, des plannings, des cartes, des prévisions. L'être humain, c'est celui qui sait qu'il y aura un demain et qu'il faut le prévoir, le préparer, le prophétiser.

Patricia Laplanche, ma mère, pense le contraire. Elle pense que le propre de l'être humain, c'est qu'il se délecte de l'étonnement, de l'imprévu, du nouveau.

L'être humain planifie et cartographie, certes - mais ce n'est pas ce qui le rend humain. Au contraire, ça, c'est son côté animal. L'animal aussi planifie. L'abeille sculpte des alvéoles hexagonales, le chat calcule la trajectoire de sa patte vers le papillon qu'il veut attraper (...)
Mais l'être humain, lui, est proprement humain au contraire parce qu'il tire de la nouveauté et de l'inattendu de tout cet ordre. L'art, les émotions et la vie sont ce qui arrive quand les prévisions, les programmes et les prédictions échouent.
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ZilizZiliz   22 novembre 2016
- Quinze ans ! éructe ma mère. Quinze ans... c'est vraiment l'âge le plus idiot du monde !
[...]
- Tu sais ce qu'on a appris en Histoire-Géo, Mamounette ? Après la Deuxième Guerre mondiale, on a tondu toutes les Françaises qui avaient couché avec des Allemands. Alors tu imagines, à quelques années près...
Elle m'a dévisagée, on aurait juré qu'elle se repassait mentalement ce que je venais de dire sans y croire. Ça m'a un peu fait peur mais j'ai quand même ajouté, pour rire :
- Couic, ta touffe !
SPLAF la baffe.
- Monte dans ta chambre. Je ne veux plus te voir.
Je ne sais pas pourquoi j'aime à ce point exténuer ma mère. Je ne sais pas pourquoi j'ai jeté dans les toilettes tout le flacon de parfum 'Flower by Kenzo' que Philippe Dumont [mon beau-père] m'avait gentiment offert pour mon anniversaire [...] et sans tirer la chasse, histoire de bien lui faire comprendre que ses 45 euros de fragrance avaient fini dans les égouts.
Je ne sais pas pourquoi, mais c'est comme ça.
(p. 12 & 16)
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HimbereisHimbereis   25 septembre 2015
 Je ne sais pas si vous avez fait du vélo, récemment ? Peut-être que vous faites souvent du vélo. Dans ce cas-là, vous avez peut-être trop l'habitude pour continuer à remarquer.
A remarquer la magie.
La magie du vélo, c'est que c'est un balai ; un balai volant qui perce les paquets d'air, obéissant à la moindre pensée ; il répond aux doigts, aux pieds, au bassin, on n'a pas besoin de dire à un vélo où il doit aller, il le sait : c'est un balai volant.
La magie d'un vélo, c'est que c'est aussi un cheval... oui, un cheval fier et athlétique – qui a parfois des problèmes de sabots, qui halète et qui grince des dents quand il heurte un nid-de-poule ; alors il faut caresser son vélo et lui parler, c'est important : c'est un cheval.
La magie d'un vélo, c'est que c'est une machine cliquetante et métallique, un miracle de mécanique ; il faut s'émerveiller de ses rouages.
Et quand on se rend compte de la magie d'un vélo, toutes ces choses qu'il est se mêlent à nous, et on sent à la fois l'air qui éclate sur son passage, la route dans toutes ses craquelures, les sursauts du plus infime de ses engrenages, et le sang à l'intérieur à nous, pompé à chaque coup de pédale. Et soudain, c'est un miracle d'amalgame, une seule et même chose, rapide et bouillonnante, et on est dans l'univers comme si on l'avait crée nous-mêmes. p.53-54
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Videos de Clémentine Beauvais (49) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Clémentine Beauvais
Âge tendre, de Clémentine Beauvais est disponible en poche aux Éditions J'ai lu !
Découvrir le roman par ici : https://www.jailu.com/age-tendre/9782290360965
Forcé de faire un service civique, Valentin Lemonnier atterrit à Boulogne-sur-Mer, dans un centre pour personnes âgées atteintes de démence qui reconstitue un village des sixties. Dans son rapport de stage, l'adolescent solitaire juge ce changement de décor : très radical. Sa première mission : annoncer à une pensionnaire qui a répondu à un concours via Salut les copains en 1967 que Françoise Hardy ne pourra hélas pas venir chanter dans leur ville. Problème ? Valentin déteste contrarier les gens, alors il lui promet rigoureusement l'inverse. Propulsé dans le temps et les ennuis sous l'oeil amusé de Sola, sa tutrice, Valentin va découvrir que l'amitié n'a pas d'âge. La preuve ? On peut être un grand mélancolique à 14 ans, avoir reçu son lot de chagrins pour toute une vie à 30 ans, et éprouver une irrépressible envie de danser à 80 ans…
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