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EAN : 9782377314652
388 pages
Sarbacane (19/08/2020)
4.25/5   553 notes
Résumé :
La Présidente de la République l’a décidé : tout élève doit faire, entre sa troisième et sa seconde, une année de service civique quelque part en France. Valentin Lemonnier n’a pas de chance : ses vœux ne sont pas respectés, et il est envoyé dans le Pas-de-Calais, dans un centre pour personnes âgées atteintes d’Alzheimer, minutieusement reconstitué pour ressembler à un village des années 60.

Sa première mission semble assez simple : écrire une lettre ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (165) Voir plus Ajouter une critique
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(Lu dans le cadre du Prix Littéraire des Lycées Professionnels)

Un roman jeunesse original, tant par le sujet que sur la forme, que j'ai pris grand plaisir à lire même si j'ai été un peu désarçonnée au départ. En effet, il s'ouvre sur une circulaire du Ministère de l'éducation nationale sur le Service Civique Obligatoire (SCO) des jeunes, qui devra s'effectuer entre la 3ème et la 2nde pendant 10 mois et fera l'objet d'un rapport à son issue. le tout dans le jargon propre à cette institution, jargon qui m'exaspère au quotidien dès que j'ouvre ma messagerie…
Il est bien précisé que le rapport en question ne devra pas dépasser 30 pages.
Celui de Valentin Lemonnier en comptera finalement 378…
Valentin voulait effectuer son année de stage dans le domaine culturel , ou à défaut celui de l'éducation ou du social, et de préférence dans une région pas trop éloignée de sa ville d'Albi. Mais comme trop souvent, ses voeux ne seront pas pris en compte, et il va se retrouver dans les Hauts-de-France, dans le secteur « santé », et plus précisément dans la section B de l'unité mnémosyne de Boulogne-sur-Mer « spécialisée dans la fin de vie des personnes atteintes de démence (et qui) reconstitue de manière minutieuse les environnements de jeunesse des patients ». Et tout au long de cette année particulière, il nous décrira son expérience à travers son Journal de Stage, et nous donnera ses « Impressions Rétrospectives » « de manière à donner à son récit autonarratif une dimension réflexive ». (Vous commencez à comprendre ce que je voulais dire avec le jargon de l'éduc'nat' ?)
Petites précisions contextuelles : la France est dirigée par une présidente au nom exotique et pas d'extrême-droite depuis deux mandats, et le confort de vie des seniors atteints de maladies type Alzheimer semble nettement amélioré par rapport à ce que nous connaissons. Quant à Valentin, c'est un jeune homme qui souffre de la séparation de ses parents et est sujet à des crises d'angoisse, notamment lorsqu'il se trouve dans un environnement inconnu, ou entouré de beaucoup de gens. Il n'a jamais voyagé ni quitté sa mère et ses frère et soeur. Autant vous dire qu'il est ravi d'aller partager le quotidien de personnes séniles dans un village des années 60-70 reconstitué… Et en plus il va vivre en coloc' avec quatre autres jeunes un peu plus branchés que lui dans une maisonnette, sous la tutelle bienveillante de Serge.
Ce qui s'annonçait comme un cauchemar pour lui va prendre une tournure inattendue, et il va très vite et si bien s'acclimater à son environnement de travail qu'il en viendra à redouter les vacances. Il fera de belles rencontres, découvrira la culture des Trente Glorieuses, et notamment Françoise Hardy qui jouera vite un rôle prépondérant dans sa vie. Les personnes qui gravitent autour de lui sont pour la plupart étonnamment bienveillantes, ce qui m'a légèrement agacée par moment, parce que dans la vraie vie, on croise aussi des sales c…s, là j'ai parfois eu l'impression d'être un peu chez les Bisounours. Parmi ces personnes, le docteur Sola Perré, son encadrante, avec laquelle la relation est difficile à établir, d'abord parce qu'elle est absente à son arrivée, puis un peu abrupte lors de leurs premiers contacts. Mais bien sûr ça va vite s'arranger !
Cette lecture m'a plu par de nombreux aspects, et notamment cet ancrage dans un environnement années 60-70, même s'il est artificiel. Ce sont les années de mon enfance et mon adolescence, et l'évocation de certains objets, événements ou artistes m'a souvent fait monter un sourire un peu béat aux lèvres. Alors oui, je n'avais pas les mêmes goûts musicaux que les patients de l'Unité Mnémosyne section B, j'étais plus Pink Floyd que yéyés, mais cela m'a évoqué toute une atmosphère plus spontanée et plus enthousiaste que maintenant.
Et puis je l'ai trouvé bien sympa, ce jeune Valentin, avec ses questionnements et ses difficultés, sa volonté de bien faire et son système de valeurs bien à lui. Il pourra paraître complètement décalé à d'autres ados de son âge, mais j'en ai croisé de ces jeunes un peu « à l'ouest » en apparence parce qu'ils ont d'autres critères que ceux de la majorité.
L'écriture alternant journal de bord, notes rétrospectives et dialogues retranscrits (sans oublier les fameuses « consignes ministérielles ») m'a dans un premier temps un peu agacée, mais je m'y suis rapidement habituée, d'autant plus qu'elle colle bien à la personnalité de Valentin. le bémol s'il y en a un, c'est le décalage entre la situation actuelle dans les unités Alzheimer et le rêve qui nous est vendu là ; mais c'est plutôt que ça m'a un peu fâchée qu'on ne soit pas fichu de donner des moyens pour réaliser des structures convenables et encadrer la fin de vie de nos aînés décemment. Et une autre toute petite critique concerne l'âge des stagiaires qui me semble en décalage avec la maturité moyenne d'un ado en fin de 3ème. Pour moi ils auraient plutôt 16-17 ans, et non 14-15. Mais c'est du détail, dans l'ensemble ce roman m'a conquise, et je vais certainement le proposer à mes lycéens si j'ai encore l'occasion de le faire…

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Aujourd'hui, tous les jeunes doivent dorénavant effectuer, entre l'année de 3e et l'année de 2nde, un Service Civique Obligatoire (SCO), d'une durée de 10 mois au cours desquels ils devront rédiger un rapport, noté en fin d'année par des professeurs. Si les élèves peuvent, en amont, exprimer des préférences quant au champ professionnel et à la région, visiblement, personne ne semble en tenir véritablement compte. Valentin Lemonnier est de ceux, parmi tant d'autres. S'il a souhaité effectuer son serci dans la culture, l'éducation et le social en Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhônes-Alpes et Grand Est, il est évidemment déçu et un brin stressé par ses résultats. Ce sera la santé dans les Hauts-de-France ! le voilà donc quittant sa soeur, son frère, sa mère et Albi pour s'installer dans une maisonnette, avec 5 colocataires, dont Serge, son tuteur, à Boulogne-sur-Mer centre. le matin du 1er septembre, il franchit les portes de l'unité Mnémosyne, un centre pour personnes âgées atteintes d'Alzheimer. Dans la Section B où il officiera, il est littéralement replongé dans les années 60. Si tout, à ses yeux, lui paraît négatif et stressant, il va pourtant y passer une année inoubliable...

Ce roman n'est, ni plus ni moins, que le Rapport de Service Civique Obligatoire de Valentin Lemonnier. Et heureusement que ce jeune adolescent est bavard car en nous livrant, sur 378 pages, ses impressions, ses ressentis, ses émotions, son quotidien au sein de l'Unité, ses liens qu'il aura noués, il a largement dépassé les 30 pages dactylographiées demandées. Et, évidemment, toutes ses impressions, pour la plupart, très négatives ou négatives au début de son stage, vont progressivement devenir neutres puis positives. Grâce à ce stage, Valentin va évoluer, grandir, apprendre sur les autres et sur lui-même et reconsidérer certaines choses plus positivement, notamment grâce aux pensionnaires, en particulier madame Laurel qui lui fera connaître Françoise Hardy, à Sola Perré, son encadrante, ses colocataires, ainsi que Serge, son tuteur. Aussi, l'adolescent, plutôt réfractaire, intolérant et peu social va peu à peu s'effacer et s'ouvrir aux autres, devenant par là même de plus en plus attachant et drôle. D'ailleurs, les notes rétrospectives, ajoutées à la fin de son stage, en sont la preuve. Ce rapport, loin d'être gonflant, est très agréable à lire, tant il se dégage d'humanité, de tendresse, de malice, de sensibilité, d'humour et d'émotions.

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Une fois n'est pas coutume, suite à quelques critiques élogieuses et parce que l'autrice m'a déjà séduite dans le passé, j'ai jeté mon dévolu sur un livre pour adolescent, déjà, doublé d'une dystopie, encore plus rare pour moi. Celle-ci reste légère, quoique jugez, une femme est présidente... Et elle n'est pas d'extrême droite.

Dans ce futur proche, chaque élève doit avant son entrée au lycée effectuer une année de service civil. Il exprime ses choix et une application (cela rappellera des souvenirs plus ou moins heureux à beaucoup de parents) va l'affecter sur un stage. Pour Valentin, ce sera une unité pour patients atteints de la maladie d'Alzheimer, un centre où les années 60-70 sont recréées de toutes pièces.
Le roman est son rapport de stage.

J'ai été séduite par l'humanité qui se dégage de ce roman. L'autrice, ainsi que rappelé dans la conclusion du rapport, a décidé d'occulter les aspects les plus déplaisants de ce service à des personnes âgées. C'est un parti-pris qui est cohérent avec le ton du livre.

Valentin est un surdoué, capable de mémoriser, lui, énormément d'informations en peu de temps, mais quasiment inapte aux relations sociales. Il est même je dirais psycho-rigide, traumatisé par la séparation de ses parents et en veut terriblement à son père qui a refait sa vie. Cette année sera pour lui l'occasion de grandir, de s'ouvrir aux autres et d'appréhender le monde tel qu'il est, plein de nuances, et non en noir et blanc.
Il est entouré de personnes bienveillantes (peut-etre est-ce un peu trop, cela manque un peu de c..) et notamment sa tutrice, au caractère beaucoup plus fantaisiste, qui va d'abord dérouter Valentin, avant que leur relation ne devienne essentielle pour lui et pour elle. Il saura l'aider à surmonter un épisode douloureux.

Je me suis beaucoup attachée à ces deux personnages, j'ai aimé les voir s'apprivoiser, se dévoiler et évoluer pour finalement être capables l'un et l'autre de reprendre leur vie en main, hors de l'atmosphère rassurante de ce centre.

L'autre atout de ce roman pour moi est la forme, un peu surprenante au premier abord. le rapport de Valentin, ou journal de stage, est ponctué de remarques rétrospectives, souvent pleines d'humour, Valentin auto-analysant l'ado qu'il était et qu'il ne trouve pas très aimable.

Un choix de lecture que je n'ai pas regretté.

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Dans un futur proche mais à une date non précisée, Valentin doit accomplir son service civique (« serci ») d'un an entre la classe de 3e et celle de 2nde, dans une région autre que la sienne, selon les directives de la présidente de la République. A la suite d'un dysfonctionnement informatique, Valentin, qui habite Albi, est envoyé à Boulogne-sur-mer, dans une unité Mnémosyne. Ces unités reconstituent fidèlement les époques antérieures (par exemple les années 60 ou 70) pour que les patients atteints de la maladie d'Alzheimer croient revivre leur jeunesse. de telles unités ont été rendues possibles grâce à la puissance économique que l'industrie nucléaire a redonnée à la France. Valentin, qui est légèrement non-« neurotypique », habite avec cinq colocataires dans une maison, sous la supervision d'un adulte. Ce que nous lisons est son rapport de « serci », qui devait faire une trentaine de pages mais qui « a dépassé » et en fait trois cents. ● le thème du roman est original et la lecture en est plaisante, au moins au début. J'aime beaucoup les romans dont le narrateur n'est pas neurotypique, même s'ils ont tendance, ces derniers temps, à se multiplier, avec un bonheur inégal. ● Mais le livre est trop long, il aurait gagné à avoir une bonne centaine de pages en moins ; la forme du rapport de stage finit par lasser et il y a beaucoup de répétitions : les multiples notes rétrospectives, les adresses au professeur correcteur, les nombreuses versions de l'histoire de Sola... ● Au début, on s'amuse du langage très « Education Nationale » des questions posées pour le rapport de stage, des mesures du niveau de stress de Valentin, de sa façon d'écrire « mon impression fut : négative / positive / neutre », mais à la longue cela devient fastidieux. ● Il y a aussi beaucoup de poncifs ; le quotidien des personnes âgées Alzheimer et de leurs soignants est très nettement enjolivé (comme c'est d'ailleurs dit clairement à la fin) pour les rendre touchants et attachants ; l'autrice saupoudre son récit d'allusions LGBTQIA+ pour faire moderne, comme si on ne pouvait y échapper ; le ton général est assez mièvre, plein de bons sentiments qui finissent par produire de la guimauve bien collante. ● En conclusion, une lecture pas désagréable, mais qui ne m'a pas complètement convaincu.
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En découvrant les dernières nouvelles de l'épidémie de Covid, du changement climatique, du chômage ou des nouveaux succès de l'extrême-droite à travers le monde, n'avez-vous jamais rêvé de pouvoir faire un bond dans les années 1960-1970 ? Imagine ! La tapisserie fleurie aux couleurs psychédéliques, un air de musique yéyé, des blousons noirs qui croisent des hippies dans un combi Volkswagen – et je serais en train de taper cette chronique sur une vieille machine à écrire…

Décidément, Clémentine Beauvais sait nous prendre de court ! On croit ouvrir son nouveau roman, on tombe sur une circulaire du ministère de l'éducation nationale instituant une année de Service Civique Obligatoire entre l'année de troisième et celle de seconde. Intrigué(e), on tourne la page pour tomber sur la page de garde du rapport de « serci » de Valentin Lemonnier, 378 pages (il a « dépassé »). Aucun de ses souhaits n'ayant été pris en compte par l'algorithme, il est envoyé à l'autre bout de la France, dans un établissement de soin à des personnes atteintes d'Alzheimer au concept peu commun : il s'agit de reconstituer le décor de leur jeunesse, dans les années 1960 (oui, le roman joue dans un futur où la France serait gouvernée par une présidente, ce qui n'aurait pas risqué d'arriver pendant les Trente Glorieuses, mais là je m'égare…). Et voilà que Valentin n'a pas le coeur d'annoncer à Mme Laurel qui a participé à un concours organisé par Salut les Copains (année 1967) qu'elle n'a pas gagné – et que Françoise Hardy ne pourra malheureusement pas venir chanter chez elle. Il va donc falloir se débrouiller pour qu'elle vienne !

J'ai tourné les pages, avide de savoir comment Valentin s'en tirerait, mais aussi de mieux comprendre ce garçon particulier, mais très attachant. Très vite, aussi, on brûle d'en savoir plus sur les personnes qu'il rencontre, notamment son impénétrable encadrante. Et notre curiosité est alimentée habilement par les notes rétrospectives que Valentin insère çà et là qui nous font pressentir l'ampleur des évolutions à venir…

L'intrigue est farfelue, la forme réjouissante, le propos optimiste : j'ai pris un grand plaisir à lire ce roman. J'ai adoré la malice avec laquelle les réponses de Valentin, qui reprennent, avec une bonne volonté touchante, les termes de la trame standardisée du rapport, tournent en dérision le vocabulaire néo-libéral de la « détermination de ses champs de compétences préférentiels » à la « stratégisation de carrière » et au « plein déploiement de ses potentiels ». Vous vous en doutez, il ne s'agit pas vraiment de cela : Clémentine Beauvais évoque joliment et justement « l'âge tendre » de l'adolescence – ce moment de prendre son envol, de réaliser que certaines choses sont plus nuancées qu'on ne le pensait et de partir à la recherche de son identité.

Une lecture très originale, drôle et émouvante !
Lien : https://ileauxtresors.blog/2..
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critiques presse (1)
Ricochet
18 novembre 2020
Cette comédie douce-amère pointe du doigt les dysfonctionnements du système : par exemple, l'inutilité de remplir des formulaires officiels qui, au final, ne servent à rien ou encore les disparités de répartition entre les différents départements.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (72) Voir plus Ajouter une citation
Moi : (…) Les pensionnaires sont quand même grave attachants.
Camille : Tu trouves ? Moi, j'ai du mal à m'attacher, vu qu'ils disent rien du tout, ou presque.
Moi : Il y en a des comme ça et il y en a qui sont plutôt actifs.
Camille : En plus ils meurent tout le temps.
Moi : Hein ? Mais c'est horrible ! Moi pour l'instant, j'ai jamais eu de morts, je touche du bois.
Je suis vite allé toucher une pancarte en bois (elle disait DANGER RISK OF DEATH avec une tête de mort, alors je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur bois à toucher pour conjurer le mauvais sort).
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Jeudi 11 décembre


Aujourd'hui, j'ai reçu un coup de téléphone par l'intermédiaire de Sola. C'était Monsieur Quasi.
Monsieur Quasi : Allô ? Monsieur Lemonnier ? [...] J'ai trouvé un sosie qui vous irait bien pour Françoise Hardy. [...] C'est une chouette petite nana, à la base elle est sosie de Jane Birkin mais bon, c'est exactement la même chose, Jane Birkin et Françoise Hardy. Vous voyez qui c'est, Jane Birkin ?

Je vois très bien qui c'est, et j'aime beaucoup Jane Birkin, mais je trouve pas du tout que ce soit exactement la même chose.

Moi: Je trouve pas du tout que ce soit exactement la meme chose.
Monsieur Quasi: Si, quand même.
Moi: Non, quand même pas.
Silence grésillant.
Monsieur Quasi: Vous voulez pas la voir, juste pour voir ?
Moi: Bon, d'accord.
Monsieur Quasi: OK. Si je vous l'amène demain, ça vous va ?

Moi : D'accord.

J'ai dit ce qu'il avait dit à Sola. Elle était morte de rire.

Sola : Je suis morte de rire. Moi non plus, j'ai jamais pu les différencier.
Moi : Mais ça va pas la tête ! Elles sont pas du tout pareilles !
Sola : C'est juste des meufs à frange qui chantent suraigu.

C'est incroyable d'être injuste comme ça, ou alors d'autant se fourvoyer.

Moi : Tu as tort.

Pour aider Sola à comprendre son erreur, jai mis des disques de Jane Birkin et des disques de Françoise Hardy tout l'après-midi dans la salle de soins où elle s'occupait ds pensionnaires, ça l'a rendue folle et à la fin j'ai dit :

Moi : Alors t'entends la différence ?
Sola : Nettement. Ça n'a rien à voir.
Moi : C'est vrai ?
Sola : Non, mais je dirai tout ce que tu veux pour que t'arrêtes de m'infliger ça.
J'ai remis un disque de Françoise.
Sola: J'AI COMPRIS MON ERREUR ! JE LE JURE !
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Le pire dans la vie, ce n'est pas la disparition de quelqu'un, une relation qui se délite, un lieu qu'on quitte. Tout cela continue à exister, transmis de tête en tête et partagé autour d'un verre avec des rires, quand on s'en souvient en commun.
Le pire, c'est quand il n'y a personne d'autre pour se rappeler tout ça, personne à part toi.
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Parfois, je me dis que ces conversations servent plus à moi qu'à eux, mais en fait je n'en sais rien. On n'en sait rien. Peut-être que loin quelque part dans leur cerveau tout rongé, il y a mes mots qui viennent mettre des petites caresses. La recherche ne montre rien de très concluant à ce sujet, c'est difficile de dire ce qui les émeut ou pas, les touche, reste, part.
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Ainsi, mourir quand on très aimé par une personne atteinte de démence est une mauvaise chose d'un côté, parce que la personne ne se souvient pas très souvent qu'on est mort ; mais c'est une bonne chose d'un autre côté, parce qu'on est pleuré fraîchement à chaque fois qu'elle se souvient, de sorte que notre absence ne devient jamais banale et jamais une habitude.
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