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EAN : 9782070369607
256 pages
Éditeur : Gallimard (18/02/2000)
  Existe en édition audio
4.01/5   262 notes
Résumé :
Quatrième de couverture:
«- Dis-moi pourquoi tu rentres si tard.
Il n'a rien répondu.
- Vous avez bu ? Joué au poker ? Vous êtes sortis ? Tu as oublié l'heure ?
Il continuait à se taire, avec une espèce d'insistance, en faisant tourner son verre entre ses doigts. J'ai jeté par hasard des mots absurdes pour le faire sortir de ses gonds et lui arracher une explication :
- Qu'est-ce qui se passe ? Il y a une femme dans ta vie ?
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
4,01

sur 262 notes
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kuroineko
  02 août 2014
Dans ce recueil de nouvelles, Simone de Beauvoir présente trois portraits de femmes en prise avec leurs sentiments.
Dans "L'âge de discrétion", l'auteur donne à voir une femme vieillissante, intellectuelle de renom et heureuse épouse d'un scientifique. Mère d'un fils unique, prunelle de ses yeux. C'est là où le bat va blesser puisque ce fils chéri "trahit" sa mère en rejetant ses principes de vie et ses idéaux au profit d'un mariage et d'une carrière aisée et bien rémunérée. Débute une profonde crise pour la mère qui renie son fils. Cette crise atteint par ailleurs son couple puisque son mari, quoiqu'en désaccord avec son fils, ne montre pas à son égard la même virulence que son épouse.
Dans la seconde histoire, "Monologue", la narratrice déverse à longueur de pages rancune et haine à l'égard du monde entier, et du mari qui l'a abandonnée là, seule, dans son appartement à la suite de la mort de leur fille. le ton est âpre et les mots extrêment durs. La narratrice se cache derrière sa haine, masquant ainsi ses propres responsabilités dans l'échec de sa vie.
La troisième histoire, "La femme rompue" présente sous forme de journal la découverte par Monique de la liaison de son époux Maurice avec une autre femme. Son univers, centré autour de son mari, s'écroule. Si elle s'efforce, un temps, d'accepter cette situation en espérant qu'il lui reviendra rapidement, elle sombre peu à peu dans une crise morale où l'abattement succède à des colères monumentales. Loin d'une vision manichéenne femme trompée-mari volage, Beauvoir présente par touches subtiles les caractères des deux époux, leur passé, les prémices de la rupture dans le quotidien que Monique pensait inaltérable et qui se révèle en fait figé et sclérosé. Rien n'est immuable, contrairement à ce que pouvait penser Monique de son grand et bel amour. Beauvoir présente ainsi les dangers de l'immobilisme mental et de la dépendance affective.
L'écriture de Simone de Beauvoir est magnifique, tout en nuances et subtilités mais demeurant aisément accessible. A l'aide de techniques littéraires différentes à chaque récit, elle dresse le portrait de femmes entrant dans l'âge mûr, voire dans les premiers temps de la vieillesse. Chacune de ses protagonistes se retrouvent confrontée au temps qui passe, inexorablement, à l'évolution des mentalités, des sentiments, ...
Un grand, fort et beau moment de lecture en compagnie d'une des femmes les plus marquantes, intellectuellement, du XXème siècle.
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valleg
  14 août 2013
Un recueil de trois nouvelles qui parlent de femmes en pleine crise existentielle écrit par l'une des grandes figures du féminisme français. Non, ne fuyez pas messieurs, car si ces nouvelles sont racontées du point de vu féminin, le ressenti masculin est présent lui aussi et éclairant par ses contrastes.
La relation de couple est au coeur de ce recueil au même titre que la capacité d'un individu à se remettre en cause et à réagir lorsque tout ce en quoi il croit s'effondre. Cela peut être l'amour qui fiche le camp, la jeunesse, la capacité de création, d'innovation, ou le gout de vivre (pas spécifiquement féminin !).
Trois femmes donc, confrontées à des situations de rupture qui remettent en cause leurs certitudes et bouleversent leur vie.
La première nouvelle « le temps de la discrétion » présente une femme d'âge mûre, intellectuelle, bouleversée par les choix de vie de son fils, en opposition complète avec ce qu'elle avait décidé pour lui. Mère (trop) aimante, niée dans ce qu'elle croyait être sa légitimité de mère, refusant d'accepter cette nouvelle relation qui doit s'instaurer avec son fils adulte. Cette remise en cause de ses certitudes maternelles ouvre la porte à d'autres questionnements sur sa vie de couple, ses compétences intellectuelles, ses convictions, la vieillesse.
Cet automne de la vie n'est pas vécu de la même façon par les deux partenaires. L'un y voit la perte de « la stamina : la sève qui permet d'aimer et de créer » là ou l'autre découvre « la douceur d'avoir derrière moi un long passé… qui veloute mes émotions, mes plaisirs ». Comment se comprendre et s'entendre encore lorsque le passage du temps nous marque si différemment ?
« Monologue », la deuxième nouvelle est un hurlement de haine envers la terre entière, à la hauteur du ressentiment de Muriel pour son entourage depuis la disparition de sa fille. Simone de Beauvoir montre par le biais d'un texte violent et cru, toutes les échappatoires que se fabrique le personnage pour fuir la réalité et ses responsabilités. Stupéfiant !
Dans « la femme rompue » nous partageons par le biais du journal intime de Monique, femme trompée, les sentiments multiples qui l'assaillent et le combat qu'elle mène pour que le monde qu'elle s'est construit ne soit pas englouti. Elle qui pensait « Il m'aimait, c'est tout. Et pour toujours puisque ce serait toujours moi ».
L'écriture de Simone de Beauvoir est d'une simplicité déconcertante, teintée parfois de philosophie et de poésie, mais toujours extrêmement aisée à lire. Les sentiments sont forts et justes, emprunts d'un réalisme bouleversant. Chaque nouvelle a son style propre comme chacune de ces femmes est unique et pourtant universelle et intemporelle.
Il faut lire et relire Simone de Beauvoir, c'est indéniablement une grande dame de la littérature.
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Marti94
  30 décembre 2016
Ce texte est très dur et d'une rare violence. C'est un cri qui sort des tripes. Simone de Beauvoir à donner un titre très juste à ce texte : « La femme rompue ».
Car c'est le monologue d'une femme qui est seule un soir d'hiver et qui laisse jaillir de son corps toutes ses douleurs enfouies. le fardeau est trop lourd, celui du manque d'amour de sa propre mère, de la perte de sa fille suicidée, de la responsabilité que la famille lui fait porter dans ce drame, de l'absence de son fils dont elle n'a pas la garde.
Le problème est que j'ai écouté ce texte la première fois dans une version audio. le monologue a été enregistré au théâtre par Evelyne Bouix qui le massacre littéralement. Je n'ai pas l'habitude de dire ça mais c'est très mauvais. Elle raille, se gausse, écorche les mots et sa vulgarité fait de cette femme un personnage inintéressant.
Je me suis dit que, quand même, écrit par Simone de Beauvoir en 1967, ce texte devait avoir du sens. Je l'ai donc lu mais la voix persifleuse d'Evelyne Bouix était toujours en écho. Et puis, j'ai eu l'occasion d'aller écouter Josiane Balasko jouer le monologue de « La femme rompue » mis en scène par Hélène Fillières au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris.
Et là, j'ai enfin pu apprécier ce texte. Quelle grande actrice ! Je l'ai trouvé formidable.
Elle a su prendre la parole donnée à une femme qui, anéantie et déchirée, laisse jaillir sa rage, la douleur des souvenirs et son lot de culpabilité remontant à la surface.
Je reste pourtant sur une note moyenne car j'ai fait le grand écart entre les différentes versions qui m'ont permis de découvrir ce texte est très perturbant et qui ne laisse pas indemne.
Lu en décembre 2016
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jfponge
  12 juillet 2015
Trois nouvelles, ou plutôt trois courts romans, écrits à l'âge de la maturité par une auteure devenue célèbre tant par son oeuvre littéraire et philosophique que par ses prises de position politiques et surtout en faveur de la condition féminine. Trois portraits de femme, chacune atteinte par une crise existentielle. Crise de la quarantaine ("La femme rompue"), de la cinquantaine ("Monologue"), de la soixantaine ("L'âge de discrétion"), Simone de Beauvoir ne veut juger ni l'homme, ni la femme, ni même la société, et dresse seulement un portrait tout en finesse des situations inextricables dans lesquelles le couple s'engage au fil du temps, et dont la femme est la première victime. Écrit avec beaucoup de sincérité et un style épuré, proche de la langue parlée (comme on le ferait dans un journal intime), ce recueil dresse un constat, toujours d'actualité, des espoirs que chacun(e) d'entre nous met dans l'amour. Amour toujours ? La réponse est contrastée, puisque l'une des protagonistes va retrouver l'amour au sein de son couple, les deux autres non, bien que la fin de la troisième nouvelle reste entrouverte...
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Auboutdupetitmatin
  20 novembre 2020
J'ai été encore une fois terrassée par la finesse et la poésie de la plume de de Beauvoir. Comme après chaque livre, je me suis dit : maintenant que De Beauvoir a écrit, rien ne sert d'écrire car personne ne décrit les choses avec une telle précision empreinte de poésie.
Lorsque je lis « Cet instant avait la douceur d'un souvenir et la gaieté d'une promesse » ou encore : « Autrefois je me berçais de projets, de promesses; maintenant, l'ombre des jours défunts veloute mes émotions, mes plaisirs ». Je me dis que tout est dit sur les promesses, les souvenirs et le temps qui passe.
La femme rompue est un recueil de trois nouvelles narrant trois femmes, trois mères prises dans les tribulations de la vie. La première réalise avec douleur que son fils n'est pas le prolongement d'elle même, qu'il vit sa propre vie indépendamment, crée sa propre religion de vie loin, très loin des préceptes et dogmes érigés par sa mère. C'est le délicat moment où la mère prend conscience des limites de l'éducation face à la singularité de chaque individu. le moment où le fils rompt le cordon, refuse d'être l'oeuvre de glaise modelée par les mains d'une mère avide de transmettre. C'est aussi l'histoire du temps qui passe dans un couple dans la fleur de l'âge. Accepter le temps qui passe, en voir les conséquences sur l'autre comme un écho de ce qui se passe en soi même.
La seconde femme rompue est esseulée, une femme Almodovarienne, jeune, blessée, lessivée, usée par la vie. Je n'ai eu aucun mal à imaginer ce monologue de la femme rompu mis en scène (j'ai appris que la pièce a été créée au moins 2 fois, peut-être plus). Son passé, son présent se télescopent dans le huis clos de son appartement et de son cerveau embrumé par un passé trop lourd et par l'oubli. Aucune virgule dans ce long monologue pourtant riche en énumérations. Les idées ne sont pas hiérarchisées, occupent toutes l'esprit du protagoniste avec la même intensité.
Dans la troisième nouvelle une femme découvre par un hasard calculé, que le mensonge s'est niché dans l'univers qu'elle s'était créée. Découvre que le vers est dans le fruit qu'elle croyait parfait et que sa réalité est à des lustres de la réalité. La honte, la culpabilité, le regard des autres, et la nécessité des « innommables concessions » font irruption dans son univers. « On me scie le coeur avec une scie aux dents très fines ». C'est l'électroencéphalogramme ou l'électrocardiogramme d'une femme qui voit ses certitudes s'écrouler. Son introspection l'amène à passer de la colère à la résignation puis de nouveau colère, à la solitude torturée par la jalousie, aux concessions, à la nostalgie, à l'incompréhension, la tristesse, la dégradation de son image et au nécessaire besoin de la redorer, à la désillusion. Petit à petit les yeux de cette femme se dessillent sur ces détails que l'étoffe moelleuse de la vie bourgeoise lui masquait.
« A vingt ans, j'aimais l'amour en même temps que je t'aimais, toi.»
« Je croyais au couple, parce que je croyais au nôtre. A présent, je voyais des individus disposés au hasard l'un en face de l'autre ».
de Beauvoir nous donne à voir la mère indispensable qui s'oublie dans les autres, la mère potière qui modèle son oeuvre, la mère rompue par la culpabilité. Ce ne sont pas les femmes mais la femme qui est rompue, détruite, brisée, dispersée, partagée, sérieusement blessée mais par quoi, sinon que par ses propres certitudes et ses aveuglements, par les oeillères dont elle s'est elle même affublée, oú celles que les conventions sociales l'ont forcée á porter ?
« On peut toujours descendre plus bas, et plus encore, et encore plus bas. C'est sans fond. (…) Les tragédies, ça va un moment, on s'intéresse, on est curieux, on se sent bon. Et puis ça se répète, ça piétine, ça devient assommant (…) »
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Citations et extraits (91) Voir plus Ajouter une citation
KlinyaKlinya   10 juin 2021
En Maurice, comme chez la plupart des hommes, sommeille un adolescent pas du tout sûr de soi.
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KlinyaKlinya   10 juin 2021
Il y a entre eux cette intimité qui n'appartenait qu'à moi.
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Maxime12Maxime12   18 juillet 2015
Je m'en branle de l'Humanité, qu'est ce qu'elle a fait pour moi je me le demande. S'ils sont assez cons pour s'égorger, se bombarder, se napalmiser, s'exterminer, je n'userais pas mes yeux à pleurer. Un million d'enfants massacrés et après? Les enfants ce n'est jamais que de la graine de salauds, ça désencombre un peu la planète, ils reconnaissent qu'elle est surpeuplée alors quoi? Si j'étais la Terre, ça me dégouterait tout cette vermine sur mon dos, je la secourais. Je veux bien crever s'ils crèvent tous. Des gosses qui ne me sont rien je ne vais pas m'attendrir sur eux. Ma fille à moi est morte, et on m'a volé mon fils.
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AlixoneAlixone   18 juillet 2015
J'ai choisi de me terrer dans mon caveau ; je ne connais plus le jour ni la nuit. Quand je vais trop mal, quand ça devient intolérable, j'avale de l'alcool, des tranquillisants ou des somnifères. Quand ça va un peu mieux, je prends des excitants et je me jette dans un roman policier: j'en ai fait une provision. Quand le silence m'étouffe, j'ouvre la radio et m'arrivent d'une planète lointaine des voix que je comprends à peine: ce monde a son temps, ses heures, ses lois, son langage, des soucis, des divertissements qui me sont radicalement étrangers. A quel degré de laisser-aller on peut atteindre, quand on est entièrement seul, séquestré !
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BookaddictBookaddict   30 octobre 2014
Je m'en branle de l'Humanité, qu'est ce qu'elle a fait pour moi je me le demande. S'ils sont assez cons pour s'égorger, se bombarder, se napalmiser, s'exterminer, je n'userais pas mes yeux à pleurer. Un million d'enfants massacrés et après? Les enfants ce n'est jamais que de la graine de salauds, ça désencombre un peu la planète, ils reconnaissent qu'elle est surpeuplée alors quoi? Si j'étais la Terre, ça me dégouterait tout cette vermine sur mon dos, je la secourais. Je veux bien crever s'ils crèvent tous. Des gosses qui ne me sont rien je ne vais pas m'attendrir sur eux. Ma fille à moi est morte, et on m'a volé mon fils.
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#Beauvoir #Féminisme #CulturePrime Qu'est-ce qu'une femme ? En interrogeant son propre parcours, Simone de Beauvoir voulait écrire un court essai sur la question... Ce sont finalement 1 000 pages qui composeront "Le Deuxième Sexe".
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