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Sylvie Le Bon de Beauvoir (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070407262
304 pages
Éditeur : Gallimard (12/03/1999)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 85 notes)
Résumé :
De 1947 à 1964, Simone de Beauvoir écrivit à Nelson Algren des centaines de lettres d'amour.
Au sortir du confinement dû à la guerre, cet "amour transatlantique" l'entraîne dans une aventure aussi risquée que les vols Paris-New York de ce temps-là. C'est pour elle, à la fois, la découverte enthousiaste de l'Amérique, jusque-là mythique, et l'irruption dans sa vie d'une brûlante passion. Nelson ne sachant pas le français, elle lui écrit en anglais.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
musanostralecture
  21 octobre 2012
Sartre et Simone de Beauvoir couple mythique ! Je savais qu'il y avait eu beaucoup de coups de canif dans le contrat mais j'ignorais qu'il y avait eu un tel amour dans sa vie pour quelqu'un d'autre que Sartre.

J'ai donc découvert que cette femme avait vécu une relation passionnée pendant plus de 15 ans avec Nelson Algren (Romancier américain, mort dans la misère et l'indifférence totale au point que personne n'a réclamé son cadavre. Son intérêt pour la face sombre de la société américaine lui aurait valu de la part du FBI un dossier de 500 pages bien qu'aucun élément précis n'atteste du caractère subversif de ses écrits.
En France, il avait été introduit dans le milieu existentialiste par Simone de Beauvoir rencontrée vers 1947).
Les lettres de Simone de Beauvoir (plus de 300) ont été publiées par Sylvie le Bon de Beauvoir mais elle n'a pas eu l'autorisation de traduire et de publier celles de Nelson Algren.

Les lettres sont passionnantes pour plusieurs raisons :
D'abord elles nous font entrer dans l'intimité, dans l'esprit, les espoirs, les angoisses d'une femme qui nous semble en général très forte, très libre.
Or on découvre une femme déchirée entre sa fidélité à un homme qu'elle admire, Sartre, et un homme qu'elle aime et qu'elle appelle « mon crocodile adoré » mais surtout « mon mari », Nelson. En effet, malgré son amour, elle n'acceptera jamais d'abandonner Sartre disant qu'il a besoin d'elle : en 1948 elle écrit « Mais ce que vous devez savoir aussi prétentieux que cela puisse paraître de ma part, c'est à quel point Sartre a besoin de moi. Extérieurement il est très isolé, intérieurement très tourmenté, très troublé, et je suis sa seule véritable amie, la seule qui le comprenne vraiment, l'aide vraiment, travaille avec lui, lui apporte paix et équilibre. Depuis presque vingt ans il a tout fait pour moi, il m'a aidée à vivre, à me trouver moi-même ; il a sacrifié dans mon intérêt des tas de choses. A présent, depuis quatre ou cinq ans, est venu le moment où je suis en mesure de lui rendre la réciproque de ce qu'il a fait pour moi, où a mon tour je peux l'aider, lui qui m'a tellement aidée. Jamais je ne pourrais l'abandonner. le quitter pendant des périodes plus ou moins longues, oui, mais pas engager ma vie entière avec quelqu'un d'autre. Vous devez comprendre, Nelson… »
En1951 dans une de ses lettres elle réexplique à Nelson « Depuis le tout premier jour je me suis sentie coupable envers vous parce que je pouvais si peu vous donner, alors que j'avais pour vous tant d'amour. Je sais que vous m'avez crue, que vous avez compris mes explications. (..) Je ne veux pas plaider à nouveau ce point : je ne pouvais pas abandonner Sartre, l'écriture, la France. »

Ensuite comme ces lettres s'adressent (et moi c'est ce qui m'intéresse le plus) à un Américain qui ignore tout de la France et des « grands noms » français, elle va brosser des portraits (souvent savoureux) des auteurs, acteurs de l'époque … Ainsi elle décrit Boris Vian, Colette, Gide, Genet etc…
De Colette, elle dit qu'elle « est en France le seul grand écrivain femme (…) » et résume sa vie et son oeuvre avec beaucoup de tendresse.
De Gide, elle dit qu'il est « le plus vieil écrivain français vivant, je pense (il a eu le prix Nobel, vous savez, pour avoir écrit sa vie durant qu'il était bien d'être pédé) (…) ». A sa mort elle écrit : « le vieux Gide est mort (…) Deux catholiques [le] haïssaient : le romancier Mauriac et le poète Claudel. La petite « cassoulet » a fait une excellente plaisanterie : le lendemain de la mort de Gide elle a télégraphié à Mauriac : ENFER N'EXISTE PAS. POUVEZ VOUS MARRER. PREVENEZ CLAUDEL. Signé : André GIDE. Mauriac a piqué une colère rouge (il ignore l'identité de l'expéditeur) »
Elle évoque Boris Vian : « Sartre et Queneau se sont attristés sur Vian, qui leur a donné le manuscrit de son prochain livre pour avoir leur avis. Or ils pensent que c'est très mauvais et ne savent comment lui dire, sans le désespérer (…) »
Elle parle de ses livres, de ceux de Nelson ou de Sartre. Des difficultés rencontrées lorsqu'ils veulent monter les pièces de Sartre (Mains Sales etc…) car les acteurs, metteurs en scène, se
disputent, etc… (C'est très cocasse)
Elle lui parle du prix Goncourt, des hauts lieux de la bohème parisienne, le café de Flore, les Deux Magots où on se rencontre, on travaille, on refait le monde. Les caves où l'on écoute de la musique
et où l'on boit beaucoup…. Mais aussi les problèmes d'argent, de logement ou d'approvisionnement au sortir de la guerre. Enfin, elle évoque ses nombreux voyages, la politique, le colonialisme, l'avortement, tous les problèmes de la France, de l'Amérique aussi, car elle sera en but aux tracasseries
administratives pour aller le voir du fait du maccartisme…..
Bref, un livre à l'image de la vie : drôle, triste, émouvant, profond. Avec en plus l'impression que dans les lettres on triche moins que dans l'autobiographie. Si dans Mémoires d'une Jeune Fille rangée on peut avoir parfois l'impression qu'elle se reconstruit un peu, là on la sent plus sincère, plus nue. Même si on ne s'intéresse pasfondamentalement à Simone de Beauvoir ce livre est avant tout
l'histoire d'une femme et d'une époque passionnante !
Marie Anne Perfettini juin 2010
Lien : http://www.musanostra.fr
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kastelanka
  24 février 2014
Comme il est dommage que de cette magnifique correspondance pleine d émotions nous ne puissions avoir les lettres retour. Nous sommes loin de la femme maîtresse de Sartre toute sa vie qui n eut jamais le courage de l épouser car trop sous l emprise de sa mère qui n acceptait pas Simone ( la possessivité de la mère de Sartre n est pas sans rappeler l univers clos de l enfance de Sartre dans les Mots). Quelle douceur et quel bonheur elle ressent!
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lauriassie
  25 novembre 2015
Ce livre révèle une Simone de Beauvoir méconnue, loin de l'image de l'intellectuelle des cafés et des salons: une femme passionnée et passionnante, amoureuse, éprise d'absolu, et n'ayant pas peur ni des transgressions, ni des concessions, ni des remises en question: une vraie femme libre.
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lotusmauve
  20 mars 2011
Il s'agit d'une très belle correspondance, de Simone de Beauvoir à Nelson Algren, où nous sommes témoins de l'amour passionnel qui unit les deux amants malgré la distance. Ce livre constitue une source d'informations sur la vie littéraire, artistique et politique bien sûr. Mais cette histoire d'amour est d'autant plus touchante qu'elle est réelle.
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Job2229
  20 octobre 2019
L'amour, la vie de ces années-là, à lire, garder, ne jamais s'en éloigner.
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critiques presse (1)
Liberation   21 août 2015
Pour Sartre et Beauvoir, l’amour ne se conçoit que libre. Cette liberté, le Castor l’a exercée aux Etats-Unis avec l’écrivain Nelson Algren, dont un souvenir la suivra dans la tombe.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Alice_Alice_   15 septembre 2014
Je ne suis pas triste. Assommée, plutôt, très loin de moi-même, incapable de croire vraiment que désormais vous serez si loin, si loin, vous qui étiez si proche. Avant de partir, je veux vous dire deux choses seulement, après je n’en parlerai plus jamais, promis. La première, c’est mon espoir de vous revoir un jour. Je le veux, j’en ai besoin. Cependant, souvenez-vous, je vous en prie, que jamais je ne demanderai à vous voir, pas par fierté, avec vous, je n’en ai pas, vous le savez, mais parce que notre rencontre n’aura de sens que si vous la souhaitez. J’attendrai donc. Quand vous le souhaiterez, dites-le. Je n’en conclurai pas que vous avez recommencé à m’aimer, pas même que vous désiriez coucher avec moi, nous ne serons nullement obligés de rester ensemble longtemps – juste quand et autant que vous en aurez envie. Sachez que moi je désirerai toujours que vous me le demandiez.
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crapahutevidacrapahutevida   18 juin 2017
Peut-être l'angoisse provient-elle aussi de mon extrême fatigue, je dors à peine depuis trois nuits à cause des 'Mains sales', jeudi je ne me suis couchée qu'à 5 ou 6h du matin, vendredi on affrontait le moment dangereux : critiques littéraires, journalistes, non sans anxiété. Or ça a été un vrai triomphe, on répète que c'est la meilleure pièce de Sartre, la meilleure montée en France depuis longtemps. Nous jubilions, mais après, il a fallu assister à un grand souper, qui lui n'a pas été une réussite (.. .) Pourquoi faut-il que les gens de théâtre soient malhereusement de la pire espèce ? De vraies élégantes au dos et aux seins nus, couvertes de bijoux, en longues robes du soir de soie à traîne et faux cheveux (.. .) Des richards déplaisants, des snobs, pour la plupart ex-collabos reconvertis à de Gaulle (.. .) Cocteau qui paraissait très vieux, Bérard pleurant d'amour dans sa barbe sale pour son danseur russe chauve éthéromane...
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LouAdamireeLouAdamiree   24 janvier 2017
 Je veux tout de la vie, être une femme et aussi un homme, avoir beaucoup d'amis, et aussi la solitude, travailler énormément, écrire de bons livres, et aussi voyager, m'amuser, être égoïste et aussi généreuse… Vous voyez, ce n'est pas facile d'avoir tout ce que je veux. Or quand je n'y parviens pas, ça me rend folle de colère.
Simone de Beauvoir, Lettre à Nelson Algren 3 juillet 1947
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Alice_Alice_   15 septembre 2014
Autre chose à propos de nous. L’an dernier notre amour a débuté dans la facilité d’un film rose –très bien. Désormais, il s’est transformé en une aventure humaine, bien terrestre, ce qui peut valoir infiniment plus pour peu que nous nous en donnions la peine, êtes-vous de mon avis ?
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Alice_Alice_   23 février 2012
Une autre lettre de vous est arrivée. Oui je connais bien Jack London, dont j’ai presque tout lu quand j’étais petite, et plus tard j’avais beaucoup de goût pour certains de ses livres. Martin Eden surtout.
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Simone de Beauvoir : la révolution par la répartition des tâches ménagères
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