AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070355527
Éditeur : Gallimard (10/01/2008)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 1129 notes)
Résumé :
«Je rêvais d’être ma propre cause et ma propre fin ; je pensais à présent que la littérature me permettrait de réaliser ce vœu. Elle m’assurerait une immortalité qui compenserait l’éternité perdue ; il n’y avait plus de Dieu pour m’aimer, mais je brûlerais dans des millions de cœurs. En écrivant une œuvre nourrie de mon histoire, je me créerais moi-même à neuf et je justifierais mon existence. En même temps, je servirais l’humanité : quel plus beau cadeau lui faire ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (66) Voir plus Ajouter une critique
Jooh
  12 août 2012
J'en termine tout juste avec "Les Mémoires d'Une Jeune Fille Rangée", et je peux le crier haut et fort: oui, ce livre constitue vraiment un joli témoignage sur l'enfance et l'entrée dans l'âge adulte de Simone de Beauvoir, avec la présentation de belles rencontres, qui toutes à leur manière, vont participer à la "construction" du Castor, tout cela agrémenté des questionnements et réflexions de Simone de Beauvoir sur divers domaines comme l'Être, Dieu, la Religion ou encore la Condition Féminine... Même si toutes ne m'ont pas entièrement convaincue, je dois reconnaître que j'en ai aimé beaucoup d'autres, et pour ne pas mentir, la très grande majorité de ses pensées m'a conquise.
Voir au fil des pages la petite Simone se muer progressivement en une jeune femme avide de liberté et de connaissances est extrêmement intéressant, et voir à quel point son évolution entre l'enfance et l'adolescence est importante l'est tout autant.
Ce premier tome des mémoires de Simone de Beauvoir donne assurément l'envie de se pencher un peu plus sur son oeuvre, d'autant que l'écriture et le style du Castor m'ont beaucoup plu, une plume qui semble très juste, sincère, réfléchie mais qui reste toujours accessible.
Bref, j'ai aimé ces mémoires, et j'ai hâte de lire la suite de son autobiographie avec les deux tomes qui suivent, à savoir "La force de l'âge", puis "La force des choses"; et ainsi me replonger dans l'esprit riche de Simone de Beauvoir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          811
Myriam3
  21 juillet 2016
Disons le tout de suite, chaque matin de cette semaine, où j'ai dû ranger ce livre dans mon sac parce que le train entrait en gare, a été douloureux. La seule chose qui me restait à faire, en marchant, était de ressasser ce que je venais de lire, de le relier éventuellement à moi, à ma propre enfance, et d'associer ces mémoires à ce que je savais de Simone de Beauvoir.
Que certaines autobiographies lues récemment me paraissent fades et vides maintenant, face à celle-ci! Simone de Beauvoir saute en effet sur chaque évocation de son enfance pour le décortiquer, l'expliquer, en tirer la substance de ce qui va la construire au fil des années.
Son enthousiasme de petite fille précoce tout comme ses crises de colère quand on l'arrachait à un instant captivant, son adolescence ingrate, ses questionnements sur la foi, pourtant jeune fervente les premières années de sa vie, puis sa farouche volonté de se libérer de la bourgeoisie dans laquelle elle est empêtrée jusqu'au cou tout comme beaucoup de ses amis, , ces rencontres qui la forgeront, l'orienteront sans cesse vers de nouvelles découvertes et des réflexions toujours en mouvement.
On gardera en tête son amitié avec sa soeur Poupette et Zaza, son amie d'enfance, son amour pour son cousin Jacques, son admiration pour Herbaud et enfin, Sartre, qui s'avèrera celui qui restera pour toujours dans sa vie.
Simone de Beauvoir ne se juge jamais, elle analyse, dit le cheminement de sa pensée d'enfant et adolescente, recourant parfois à ses journaux de l'époque et aux lettres reçues alors.
Cette correspondance, parlons-en, tourne autour d'un aspect de la haute bourgeoisie oublié aujourd'hui, qui est celui des mariages arrangés autour des dots et de la respectabilité des familles, les jeunes filles souffrant d'amours contrariés et impossibles, les garçons incités à se faire la main sur de jeunes femmes de basse condition avant de se lancer dans le mariage. Dans les années 20, pourtant relativement indépendante, passant l'agrégation et déjà enseignante, Simone en est encore à demander l'autorisation à ses parents d'aller au théâtre avec untel. Perdre sa virginité avant le mariage, bien sûr, est impensable, et une fille qui étudie encore à 20 ans se gâche. Qui voudra d'elle?
C'est tout le contexte bourgeois de cette époque qui petit-à-petit va donner naissance aux idées féministes De Beauvoir, dont l'ambition d'être quelqu'un est à la mesure de son intelligence.
Enfin, on y découvre un jeune Jean-Paul Sartre philosophe jusqu'au bout et très attachant.
Une lecture-clé.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          593
olivberne
  27 août 2012
C'est l'une des meilleures autobiographies que je connaisse. En osant montrer comment on se dégage d'une éducation bourgeoise, Simone de Beauvoir donne un exemple de courage, de conviction et de lucidité assez rare. Cette fille était faite pour devenir écrivain et rencontrer Sartre. Bien sûr, l'enfance est réécrite avec un point de vue existentialiste mais le texte est fluide et on s'embarque vite dans cette révolte face à sa condition. le titre a lui seul résume la pensée De Beauvoir: elle veut déranger et ne plus se ranger.
Commenter  J’apprécie          511
Fortuna
  09 août 2017
Née en 1908, Simone nous raconte ses premières années de petite fille puis de jeune fille élevée avec sa soeur dans une famille bourgeoise aisée, catholique, plutôt unie. Elle évoque sa passion pour les études, le manque de liberté dont elle souffre, les interdits et les devoirs, les différences de l'éducation des garçons et des filles, qui malgré tout ne l'ont pas découragée car elle se considérait comme unique. Après la première guerre mondiale, le grand-père maternel ayant fait faillite, la famille va mener une existence beaucoup plus modeste dans un appartement exigu.
On y découvre ses amours platoniques, ses premières découvertes intellectuelles, ses années au cour Désir, ses vacances en Corrèze chez son grand-père, son abandon de la foi religieuse mais pas de sa morale, ses journée à la "Nationale" où elle rencontre d'autres intellectuels, les soirées arrachées à la vigilance familiales, ses amitiés féminines et masculines, Zaza, Jacques dont elle se croit amoureuse, Herbaud, Nizan, et très tôt sa volonté de devenir écrivain.
Les Mémoires se terminent par sa rencontre avec Sartre avec lequel elle révise l'agrégation de philosophie et la mort de sa meilleure amie qui avait choisi celui qu'elle voulait épouser, ce qui ne se faisait pas dans les bonnes familles...
Toute une époque à la fois proche et lointaine car on peut retrouver dans les doutes, les révoltes, les contradictions de cette jeune fille rangée certaines de nos propres interrogations au même âge...Et si son combat reste d'actualité et continue à déranger c'est aussi parce que l'égalité des hommes et des femmes est encore loin d'être une évidence universelle en ce début de 21ème siècle...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          350
Roxylya
  29 juillet 2013
Je sais pas pour vous mais habituellement, je ne suis pas vraiment portée autobiographie.
Mais celle-ci, je n'ai pas pu y résister (si on ne compte pas les mois que le livre a passé sur mon étagère !) : on sourit, rit, s'énerve, se révolte, compatit, s'interroge. Bref, Pleins d'émotions !
Comment vous décrire le livre pour que vous ayez envie de le lire ?!?
Léger et profonde à la fois, intime et universel le livre, nous parle de bien plus que d'une personne et d'une vie (ce qui à bien y réfléchir, ne serait déjà pas mal)
Une belle « analyse » de soi, de ce qui nous rend semblable aux autres et pourtant unique, l'affirmation d'une identité.
Plus exactement, ce que c'est que d'être une enfant, une jeune fille puis une femme au début du 20émé siècle ... Pas si loin de nous, pas si différent et pourtant...
On traverse toute une époque à travers la vision d'une adulte sur l'enfant et l'adolescente, qu'elle a été - en effleurant parfois la guerre qui semble passer au loin - on visite l'intimité de l'être en devenir face à une société en plein bouleversement qui, l'entoure et (malgré tout) la façonne !
(les époques changent, les sociétés diffères mais les être humains semble rester les même malgré ce que l'on veut bien croire - en partie pour se rassurer face à notre faiblesse et nos propres limites - Cependant, c'est un autre sujet !)
Pour en revenir au livre :
Des questionnements sur la vie, les limites qu'on peut parfois ressentir ou au contraire leurs absences étourdissantes ... Comment malgré tout on devient adulte et on fini par accepter les contraintes et contradictions de nos vies, les concessions et sacrifices que nous sommes prêts à faire pour obéir aux conventions sociales (euh... ou pas!)
Bref! Si moi je peine à vous décrire tout cela Simone (oui Rho! Ok, Mme de Beauvoir) le fait avec un naturel qui frôle l'ironie tellement ça à l'air simple pour elle ! Par instant c'est irritant de ne pouvoir en faire autant !
Il faut dire aussi que le niveau culturel et linguistique de cette époque était tout autre. (Oserai-je ajouter : ainsi que le niveau de "réflexion" ? ouais bon ça sens mauvais la contradiction qui pourtant n'en ai pas vraiment une, Dixit l'aparté...) Il est donc normal que cela vienne se refléter dans l'écriture ! (mais tout de même c'est rageant !)
Donc en résumé :
Un classique français, à lire sans hésiter (si ce n'est pas déjà fait) où vous pourriez bien vous y retrouver !
Une autobiographie réaliste et convaincante. Loin de s'apitoyer sur elle ou de se cajoler sa petite personne, on assiste a une réelle introspection. A nous de vouloir ou non partager ce « chemin » de vie.
Alors, certes, on est pas dupe, on sait bien que l'auteur a pensé et remanié ces souvenirs, idées et phrases pour le bien du livre quitte à se jouer parfois de la "vérité" et donc à prendre quelques distances avec les faits réels mais, dans l'ensemble ça reste plausible comme sujet d'étude du "soi", on a presque l'impression que c'est fait "à chaud" : ce que l'on nomme, plus communément, en littérature "l'illusion du réel".
Et puis de vous à moi, je n'étais pas a ses côtés pour pourvoir dire ce qui relève de l'invention et ce qui n'en relève pas :
« En écrivant une oeuvre nourrie de mon histoire, je me créerais moi-même à neuf et je justifierais mon existence. En même temps, je servirais l'humanité : quel plus beau cadeau lui faire que des livres ? »
L'auteur a tenue sa promesse et vous l'aurez compris ce n'est pas moi qui irai attaquer l'oeuvre.
A suivre : la force de l'âge
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          273
Citations et extraits (146) Voir plus Ajouter une citation
melidremelidre   03 février 2019
Je considérais toujours avec déplaisir le mariage. Je n'y voyais pas une servitude, car maman n'avait rien d'une opprimée ; c'était la promiscuité qui me rebutait. "le soir, au lit, on ne peut même pas pleurer tranquillement si on en a envie !" me disais-je avec effroi. Je ne sais pas si mon bonheur était entrecoupé de crises de tristesse, mais souvent la nuit je me faisais pleurer pour le plaisir ; m'obliger à refréner ces larme, c'eut été me refuser ce minimum de liberté dont j'avais un impérieux besoin.

Tout le jour, je sentais des regards braqués sur moi ; j'aimais mon entourage, mais quand je me couchais le soir, j'éprouvais une vif soulagement à l'idée de vivre enfin quelques instants sans témoin ; alors je pouvais m'interroger, me souvenir, m'émouvoir, prêter l'oreille à ces rumeurs timides que la présence des adultes étouffe. Il me fallait échapper au moins quelques instant à toute sollicitude et me parler en paix sans que personne m'interrompît.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
melidremelidre   03 février 2019
La vérité, c'est que, séparée de ma famille, privée des affections qui m'assuraient de mes mérites, des consignes et des repères qui définissaient ma place dans le monde, je ne savais plus comment me situer, ni ce que j'étais venue faire sur terre. J'avais besoin d'être prise dans des cadres dont la rigueur justifiait mon existence.
Commenter  J’apprécie          10
melidremelidre   03 février 2019
Mme Mabille, à la naissance de Zaza, était déjà solidement installée dans sa condition de matrone ; spécimen accompli de la bourgeoisie bien pensante, elle allait son chemin avec l’assurance de ces grandes dames qui s'autorisent de leur science de l'étiquette pour l'enfreindre à l'occasion ; ainsi tolérait-elle chez ses enfants d'anodines incartades; la spontanéité de Zaza, son naturel, reflétait l'orgueilleuse aisance de sa mère. [...] Moi, si j'avais commis une incongruité, ma mère l'eût ressentie dans la honte : mon conformisme traduisait sa timidité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
melidremelidre   03 février 2019
Mais son grand-père mort, ni Mme Larivière ni Mme Mabille ne se piquant de culture, il n'y avait personne pour dicter à Zaza des principes ou des goûts; elle fut amenée à penser par elle-même. A vrai dire, sa marge d'originalité était fort mince ; fondamentalement, Zaza exprimait, comme moi, son milieu. Mais au cours Désir et dans nos foyers, nous étions si étroitement astreintes aux préjugés et aux lieux communs que le moindre élan de sincérité, la plus minime invention surprenait.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
melidremelidre   03 février 2019
Ainsi vivions-nous, elle et moi, dans une sorte de symbiose, et sans m'appliquer à l'imiter, je fus modelée par elle. Elle m'inculqua le sens du devoir, ainsi que des consignes d'oubli de soi et d'austérité. Mon père ne détestait pas se mettre en avant, mais j'appris de maman à m'effacer, à contrôler mon langage, à censurer mes désirs, à dire et à faire exactement ce devait être dit et fait. Je ne revendiquais rien et j'osais peu de chose.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Simone de Beauvoir (77) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Simone de Beauvoir
Retrouvez vos livres dans notre librairie en ligne ! :
Mémoires. Coffret en 2 volume. Tomes 1 et 2 De Beauvoir Simone de, Jeannelle Jean-Louis, Lecarme-Tabone Eliane, le Bon de Beauvoir Sylvie, Collectif aux éditions Gallimard https://www.lagriffenoire.com/114188-romans--coffret-de-beauvoir-2v.html
La culture décontractée !!!!! ABONNEZ-VOUS A NOTRE CHAINE YOUTUBE ! http://www.youtube.com/user/griffenoiretv/featured (merci) La boutique officielle : http://www.lagriffenoire.com
Facebook ? http://www.facebook.com/lagriffenoire Twitter ? http://twitter.com/lesdeblogueurs?lang=fr
Retrouvez l'ensemble des coups de coeur de Gérard Collard et de vos libraires préférés ici : https://www.lagriffenoire.com/11-coups-de-coeur-gerard-coll? https://www.lagriffenoire.com/
#soutenezpartagezcommentezlgn
Merci pour votre soutien et votre fidélité qui nous sont inestimables. Gerard collard? Jean-Edgar Casel
#soutenezpartagezcommentezlgn #librairie #livres #livre #lecture #culture #passiondulivre #lirepourleplaisir #lirerendheureux #bookstagram #livrestagram #instaculture #instalecture #instalire #romans #roman #bd #bandedessinée #gérardpartenlive #émission
+ Lire la suite
autres livres classés : autobiographieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Simone de Beauvoir

Comme beaucoup de femmes des années 40, Simone de Beauvoir a adopté un accessoire (ou une coiffure) qu'on lui a vu sa vie entière. Lequel ?

Un chapeau à voilette
Un turban
Un canotier

10 questions
166 lecteurs ont répondu
Thème : Simone de BeauvoirCréer un quiz sur ce livre
.. ..