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ISBN : 2070355527
Éditeur : Gallimard (10/01/2008)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 972 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture - Sartre répondait exactement au voeu de mes quinze ans : il était le double en qui je retrouvais, portées à l'incandescence, toutes mes manies. Avec lui, je pourrais toujours tout partager. Quand je le quittai au début d'août, je savais que plus jamais il ne sortirait de ma vie.
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Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
Jooh
  12 août 2012
J'en termine tout juste avec "Les Mémoires d'Une Jeune Fille Rangée", et je peux le crier haut et fort: oui, ce livre constitue vraiment un joli témoignage sur l'enfance et l'entrée dans l'âge adulte de Simone de Beauvoir, avec la présentation de belles rencontres, qui toutes à leur manière, vont participer à la "construction" du Castor, tout cela agrémenté des questionnements et réflexions de Simone de Beauvoir sur divers domaines comme l'Être, Dieu, la Religion ou encore la Condition Féminine... Même si toutes ne m'ont pas entièrement convaincue, je dois reconnaître que j'en ai aimé beaucoup d'autres, et pour ne pas mentir, la très grande majorité de ses pensées m'a conquise.
Voir au fil des pages la petite Simone se muer progressivement en une jeune femme avide de liberté et de connaissances est extrêmement intéressant, et voir à quel point son évolution entre l'enfance et l'adolescence est importante l'est tout autant.
Ce premier tome des mémoires de Simone de Beauvoir donne assurément l'envie de se pencher un peu plus sur son oeuvre, d'autant que l'écriture et le style du Castor m'ont beaucoup plu, une plume qui semble très juste, sincère, réfléchie mais qui reste toujours accessible.
Bref, j'ai aimé ces mémoires, et j'ai hâte de lire la suite de son autobiographie avec les deux tomes qui suivent, à savoir "La force de l'âge", puis "La force des choses"; et ainsi me replonger dans l'esprit riche de Simone de Beauvoir.
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Myriam3
  21 juillet 2016
Disons le tout de suite, chaque matin de cette semaine, où j'ai dû ranger ce livre dans mon sac parce que le train entrait en gare, a été douloureux. La seule chose qui me restait à faire, en marchant, était de ressasser ce que je venais de lire, de le relier éventuellement à moi, à ma propre enfance, et d'associer ces mémoires à ce que je savais de Simone de Beauvoir.
Que certaines autobiographies lues récemment me paraissent fades et vides maintenant, face à celle-ci! Simone de Beauvoir saute en effet sur chaque évocation de son enfance pour le décortiquer, l'expliquer, en tirer la substance de ce qui va la construire au fil des années.
Son enthousiasme de petite fille précoce tout comme ses crises de colère quand on l'arrachait à un instant captivant, son adolescence ingrate, ses questionnements sur la foi, pourtant jeune fervente les premières années de sa vie, puis sa farouche volonté de se libérer de la bourgeoisie dans laquelle elle est empêtrée jusqu'au cou tout comme beaucoup de ses amis, , ces rencontres qui la forgeront, l'orienteront sans cesse vers de nouvelles découvertes et des réflexions toujours en mouvement.
On gardera en tête son amitié avec sa soeur Poupette et Zaza, son amie d'enfance, son amour pour son cousin Jacques, son admiration pour Herbaud et enfin, Sartre, qui s'avèrera celui qui restera pour toujours dans sa vie.
Simone de Beauvoir ne se juge jamais, elle analyse, dit le cheminement de sa pensée d'enfant et adolescente, recourant parfois à ses journaux de l'époque et aux lettres reçues alors.
Cette correspondance, parlons-en, tourne autour d'un aspect de la haute bourgeoisie oublié aujourd'hui, qui est celui des mariages arrangés autour des dots et de la respectabilité des familles, les jeunes filles souffrant d'amours contrariés et impossibles, les garçons incités à se faire la main sur de jeunes femmes de basse condition avant de se lancer dans le mariage. Dans les années 20, pourtant relativement indépendante, passant l'agrégation et déjà enseignante, Simone en est encore à demander l'autorisation à ses parents d'aller au théâtre avec untel. Perdre sa virginité avant le mariage, bien sûr, est impensable, et une fille qui étudie encore à 20 ans se gâche. Qui voudra d'elle?
C'est tout le contexte bourgeois de cette époque qui petit-à-petit va donner naissance aux idées féministes De Beauvoir, dont l'ambition d'être quelqu'un est à la mesure de son intelligence.
Enfin, on y découvre un jeune Jean-Paul Sartre philosophe jusqu'au bout et très attachant.
Une lecture-clé.
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olivberne
  27 août 2012
C'est l'une des meilleures autobiographies que je connaisse. En osant montrer comment on se dégage d'une éducation bourgeoise, Simone de Beauvoir donne un exemple de courage, de conviction et de lucidité assez rare. Cette fille était faite pour devenir écrivain et rencontrer Sartre. Bien sûr, l'enfance est réécrite avec un point de vue existentialiste mais le texte est fluide et on s'embarque vite dans cette révolte face à sa condition. le titre a lui seul résume la pensée De Beauvoir: elle veut déranger et ne plus se ranger.
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Roxylya
  29 juillet 2013
Je sais pas pour vous mais habituellement, je ne suis pas vraiment portée autobiographie.
Mais celle-ci, je n'ai pas pu y résister (si on ne compte pas les mois que le livre a passé sur mon étagère !) : on sourit, rit, s'énerve, se révolte, compatit, s'interroge. Bref, Pleins d'émotions !
Comment vous décrire le livre pour que vous ayez envie de le lire ?!?
Léger et profonde à la fois, intime et universel le livre, nous parle de bien plus que d'une personne et d'une vie (ce qui à bien y réfléchir, ne serait déjà pas mal)
Une belle « analyse » de soi, de ce qui nous rend semblable aux autres et pourtant unique, l'affirmation d'une identité.
Plus exactement, ce que c'est que d'être une enfant, une jeune fille puis une femme au début du 20émé siècle ... Pas si loin de nous, pas si différent et pourtant...
On traverse toute une époque à travers la vision d'une adulte sur l'enfant et l'adolescente, qu'elle a été - en effleurant parfois la guerre qui semble passer au loin - on visite l'intimité de l'être en devenir face à une société en plein bouleversement qui, l'entoure et (malgré tout) la façonne !
(les époques changent, les sociétés diffères mais les être humains semble rester les même malgré ce que l'on veut bien croire - en partie pour se rassurer face à notre faiblesse et nos propres limites - Cependant, c'est un autre sujet !)
Pour en revenir au livre :
Des questionnements sur la vie, les limites qu'on peut parfois ressentir ou au contraire leurs absences étourdissantes ... Comment malgré tout on devient adulte et on fini par accepter les contraintes et contradictions de nos vies, les concessions et sacrifices que nous sommes prêts à faire pour obéir aux conventions sociales (euh... ou pas!)
Bref! Si moi je peine à vous décrire tout cela Simone (oui Rho! Ok, Mme de Beauvoir) le fait avec un naturel qui frôle l'ironie tellement ça à l'air simple pour elle ! Par instant c'est irritant de ne pouvoir en faire autant !
Il faut dire aussi que le niveau culturel et linguistique de cette époque était tout autre. (Oserai-je ajouter : ainsi que le niveau de "réflexion" ? ouais bon ça sens mauvais la contradiction qui pourtant n'en ai pas vraiment une, Dixit l'aparté...) Il est donc normal que cela vienne se refléter dans l'écriture ! (mais tout de même c'est rageant !)
Donc en résumé :
Un classique français, à lire sans hésiter (si ce n'est pas déjà fait) où vous pourriez bien vous y retrouver !
Une autobiographie réaliste et convaincante. Loin de s'apitoyer sur elle ou de se cajoler sa petite personne, on assiste a une réelle introspection. A nous de vouloir ou non partager ce « chemin » de vie.
Alors, certes, on est pas dupe, on sait bien que l'auteur a pensé et remanié ces souvenirs, idées et phrases pour le bien du livre quitte à se jouer parfois de la "vérité" et donc à prendre quelques distances avec les faits réels mais, dans l'ensemble ça reste plausible comme sujet d'étude du "soi", on a presque l'impression que c'est fait "à chaud" : ce que l'on nomme, plus communément, en littérature "l'illusion du réel".
Et puis de vous à moi, je n'étais pas a ses côtés pour pourvoir dire ce qui relève de l'invention et ce qui n'en relève pas :
« En écrivant une oeuvre nourrie de mon histoire, je me créerais moi-même à neuf et je justifierais mon existence. En même temps, je servirais l'humanité : quel plus beau cadeau lui faire que des livres ? »
L'auteur a tenue sa promesse et vous l'aurez compris ce n'est pas moi qui irai attaquer l'oeuvre.
A suivre : la force de l'âge
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Fortuna
  09 août 2017
Née en 1908, Simone nous raconte ses premières années de petite fille puis de jeune fille élevée avec sa soeur dans une famille bourgeoise aisée, catholique, plutôt unie. Elle évoque sa passion pour les études, le manque de liberté dont elle souffre, les interdits et les devoirs, les différences de l'éducation des garçons et des filles, qui malgré tout ne l'ont pas découragée car elle se considérait comme unique. Après la première guerre mondiale, le grand-père maternel ayant fait faillite, la famille va mener une existence beaucoup plus modeste dans un appartement exigu.
On y découvre ses amours platoniques, ses premières découvertes intellectuelles, ses années au cour Désir, ses vacances en Corrèze chez son grand-père, son abandon de la foi religieuse mais pas de sa morale, ses journée à la "Nationale" où elle rencontre d'autres intellectuels, les soirées arrachées à la vigilance familiales, ses amitiés féminines et masculines, Zaza, Jacques dont elle se croit amoureuse, Herbaud, Nizan, et très tôt sa volonté de devenir écrivain.
Les Mémoires se terminent par sa rencontre avec Sartre avec lequel elle révise l'agrégation de philosophie et la mort de sa meilleure amie qui avait choisi celui qu'elle voulait épouser, ce qui ne se faisait pas dans les bonnes familles...
Toute une époque à la fois proche et lointaine car on peut retrouver dans les doutes, les révoltes, les contradictions de cette jeune fille rangée certaines de nos propres interrogations au même âge...Et si son combat reste d'actualité et continue à déranger c'est aussi parce que l'égalité des hommes et des femmes est encore loin d'être une évidence universelle en ce début de 21ème siècle...
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Citations et extraits (132) Voir plus Ajouter une citation
JoohJooh   05 août 2012
Un seule chose, par instants, m'assombrissait: un jour, je le savais, cette période de ma vie s'achèverait. Cela ne paraissait pas vraisemblable. Quand on a aimé ses parents vingt ans, comment peut-on, sans mourir de douleur, les quitter pour suivre un inconnu ? et comment peut-on, alors qu'on s'est passé de lui pendant vingt ans, se mettre à aimer du jour au lendemain un homme qui ne vous est rien ?
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CarotteCarotte   15 mars 2008
Depuis sept ans , je me confessais deux fois par mois à l'abbé Martin; je l'entretenais de mes états d'âme; je m'accusais d'avoir communié sans ferveur, d'avoir prié du bout des lèvres, trop rarement pensé à Dieu; à ces défaillances éthérées, il répondais par un sermon d'un style élevé. Un jour, au lieu de se conformer à ces rites, il se mis à me parler sur un ton familier. "Il m'est venu aux oreilles que ma petite Simone a changé... qu'elle est désobéissante, turbulente, qu'elle répond quand on la gronde... Désormais il faudra faire attention à ces choses." Mes joues s'embrasèrent, je regardait avec horreur l'imposteur que j'avais pendant des années pris pour le représentant de Dieu : brusquement il venait de retrousser sa soutane, découvrant des jupons de bigote; sa robe de prêtre n'était qu'un travesti; elle habillait une commère qui se repaissait de ragots.
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lapucelaurencelapucelaurence   04 mai 2011
Demain j'allais trahir ma classe et déjà je reniais mon sexe; cela non plus, mon père ne s'y résignait pas: il avait le culte de la jeune fille, la vraie. Ma cousine Jeanne incarnait cet idéal: elle croyait encore que les enfants naissaient dans les choux.

Mon père avait tenté de préserver mon ignorance; il disait autrefois que lorsque j'aurais dix-huit ans il m'interdirait encore les Contes de François Coppée; maintenant, il acceptait que je lise n'importe quoi: mais il ne voyait pas beaucoup de distance entre une fille avertie, et la Garçonne dont, dans un livre infâme, Victor Margueritte venait de tracer le portrait.

Si du moins j'avais sauvé les apparences ! Il aurait pu s'accommoder d'une fille exceptionnelle à condition qu'elle évitât soigneusement d'être insolite: je n'y réussis pas. J'étais sortie de l'âge ingrat, je me regardais de nouveau dans les glaces avec faveur; mais en société, je faisais piètre figure.

Mes amies, et Zaza elle-même, jouaient avec aisance leur rôle mondain; elles paraissaient au "jour" de leur mère, servaient le thé, souriaient, disaient aimablement des riens; moi je souriais mal, je ne savais pas faire du charme, de l'esprit ni même des concessions.

Mes parents me citaient en exemple des jeunes filles "remarquablement intelligentes" et qui cependant brillaient dans les salons. Je m'en irritais car je savais que leur cas n'avait rien de commun avec le mien: elles travaillaient en amateurs tandis que j'avais passé professionnelle.

Je préparais cette année les certificats de littérature, de latin, de mathématiques générales, et j'apprenais le grec ; j'avais établi moi-même ce programme, la difficulté m'amusait; mais précisément, pour m'imposer de gaieté de cœur un pareil effort, il fallait que l'étude ne représentât pas un à-côté de ma vie mais ma vie même: les choses dont on parlait autour de moi ne m'intéressaient pas.
Je n'avais pas d'idées subversives; en fait, je n'avais guère d'idées, sur rien; mais toute la journée je m'entraînais à réfléchir, à comprendre, à critiquer, je m'interrogeais, je cherchais avec précision la vérité: ce scrupule me rendait inapte aux conversations mondaines.

Somme toute, en dehors des moments où j'étais reçue à mes examens, je ne faisais pas honneur à mon père; aussi attachait-il une extrême importance à mes diplômes et m'encourageait-il à les accumuler. Son insistance me persuada qu'il était fier d'avoir pour fille une femme de tête; au contraire: seules des réussites extraordinaires pouvaient conjurer la gêne qu'il en éprouvait.
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JoohJooh   05 août 2012
Malgré les promesses du ciel, je suffoquais d'horreur en pensant à la mort qui sur terre sépare à jamais les gens qui s'aiment.
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Myriam3Myriam3   16 juillet 2016
Mais ce qui m'enchanta surtout, c'est la partialité décidée que Louisa Alcott manifestait à Joe. Je détestais, je l'ai dit, que la condescendance des grandes personnes nivelât l'espèce enfantine. Les qualités et les défauts que les auteurs prêtaient à leurs jeunes héros semblaient, ordinairement, des accidents sans conséquence: en grandissant, ils deviendraient tous des gens de bien; d'ailleurs ils ne se distinguaient les uns des autres que par leur moralité: jamais par leur intelligence; on aurait dit que, de ce point de vue, l'âge les égalisait tous. Au contraire, Joe l'emportait sur ses soeurs, plus vertueuses ou plus jolies, par son ardeur à connaître, par la vigueur de ses pensées; sa supériorité, aussi éclatante que celle de certains adultes, lui garantissait un destin insolite: elle était marquée.
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Simone de Beauvoir sur la vieillesse.
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